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 Change is good. [Andrew]

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MessageSujet: Change is good. [Andrew]   Lun 12 Fév - 20:16

Change is good.



January, 2018

Mes doigts pianotent sur la table à côté des deux feuilles de papier. Je n'ai plus qu'à les mettre dans l'enveloppe et après ça, je n'aurai plus qu'à me lever, qu'à prendre la voiture et qu'à me rendre au Chicago Medical Center. Je n'ai plus qu'à et pourtant je ne le fais pas. C'est pourtant ce que je veux véritablement. Je le sais ça. Je sais que je veux reprendre mon ancien travail, je sais que je veux redevenir infirmier et je sais que je veux travailler aux urgences du Chicago Medical Center parce qu'au-delà du drame de ce jour-là, au-delà de l'horreur qui s'est produite et à l'hôpital et ailleurs, moi, pendant ces nombreuses minutes où j'ai aidé Taylor, où je me suis occupé du patient, je me suis enfin senti bien, plus en paix parce qu'à ma place. Pourtant, j'aime aussi le métier de secouriste mais c'est différent. Peut-être que revenir à ma première vocation est une façon de revenir en arrière, une façon de me raccrocher au passé, je n'en sais rien. Tout ce que je sais c'est que pendant ces instants, être « moi » a été plus facile, plus supportable. Et ces sensations-là, je veux pouvoir les ressentir de nouveau. Je veux pouvoir de nouveau me sentir mieux alors il faut que je glisse mon C.V et ma lettre de motivation dans l'enveloppe pour les emmener jusqu'au service des ressources humaines du C.M.C. Qu'est-ce qui me fait hésiter ainsi ? Je ne devrais pas hésiter puisque j'ai déjà donné ma démission et mon préavis prend fin dans un peu moins d'une semaine. C'est d'ailleurs un pari risqué j'en ai conscience. Rien ne dit que je vais être engagé mais je n'ai pas su faire autrement. La décision est prise, rester secouriste par défaut ne me rendrait pas heureux et j'ai besoin de ça, de cette pointe de bonheur parce que j'ai ce fol espoir que ça va m'aider au final. Je me fourvoie peut-être. Je risque sans doute de vite déchanter mais c'est pourtant là : j'ai espoir. C'est parce que j'ai espoir que je termine par enfin me décider et par glisser les deux papiers dans l'enveloppe marron avant de prendre une profonde inspiration et de me relever. Je sors du bureau dans lequel s'enfermait Donna pour s'occuper de tout ce qui concernant le côté administratif de la maison, les comptes, dans lequel je m'enferme moi depuis qu'elle n'est plus là, pour m'occuper de tout ça. Je passe devant les chambres des garçons, devant la chambre d'Emilio toujours fermée à laquelle j'adresse un regard en coin.

Peut-être un jour y arriverai-je.

Lorsque je me gare devant l'hôpital, il me faut encore de longues minutes avant de réussir à me décider à sortir de la voiture. Et même encore une fois devant, je reste un long moment-là, dans le froid très vif de Chicago, à regarder la bâtisse, ma main gantée refermée sur l'enveloppe. Je m'imagine pénétrer par cette porte tous les jours et derrière mon écharpe, j'esquisse un petit sourire bien malgré moi. Oui, ce serait tellement fantastique, une véritable renaissance, une lumière au bout d'un tunnel bien trop sombre. Alors je m'avance, laissant mes traces de pas dans la neige avant d'enfin passer les portes de l'hôpital. L'écharpe est défaite mais laissée autour du cou, le bonnet est plié et placé à l'intérieur de la poche de mon manteau à l'instar de mes gants. Et, enveloppe en main, je m'approche de l'accueil pour demander où je peux trouver les ressources humaines. La personne à l'accueil me fixe un moment, sans répondre, tout à coup un petit plus pâle. Et elle termine par me demander pourquoi. Alors, le plus naturellement du monde, j'esquisse un geste pour tendre l'enveloppe tout en lui disant que je viens pour postuler à un emploi d'infirmier et elle derrière son bureau elle a un mouvement de recul. C'est là que je comprends. Elle devait être là ce jour-là. Elle a dû la voir. Ou, si elle n'était pas là, elle l'a forcément appris quand elle est revenue à son poste. J'esquisse un petit sourire que j'espère réconfortant.

« Excusez-moi de vous avoir fait peur, tenez. »

J'ajoute à l'enveloppe mes papiers d'identité. La main tremblante elle se saisit du tout et je la laisse prendre son temps pour lire. Je l'observe moi-même faire, et je me demande si elle a de l'aide pour gérer ce stress, cette peur. Elle s'excuse en me rendant mes papiers d'identité et mon enveloppe. Mon sourire s'élargit davantage.

« Pas besoin de vous excuser, je comprends. J'étais là ce jour-là. » que je me décide finalement à ajouter. Je ne saurais dire si c'est du soulagement que je lis sur son visage mais en tout cas, la peur quitte ses traits. Pour le moment, il est clair que la peur reviendra dès que l'occasion se présentera. « Je me mêle de ce qui ne me regarde pas mais... Si vous ne voyez personne, vous devriez le faire. Pour vous aider à surmonter ça. »

Elle esquisse un petit sourire et marmonne un « merci » auquel je réponds par un hochement de tête avant de m'éloigner sans avoir pris la peine de lui demander dans quelle direction aller en réalité. Et je ne m'en rends compte que lorsque je suis dans l'ascenseur. Je regarde les touches des étages dans l'espoir que les différents services soient indiqués mais non, il n'y a que le numéros. Bon. Je vais sortir au premier étage et demander mon chemin, tout simplement. Sauf qu'une fois arrivé au premier étage, la secrétaire à l'accueil du service ne sait pas me renseigner. L'hôpital est grand et il lui semble que c'est au sous-sol mais elle n'est pas certaine. Elle ajoute rapidement qu'à l'époque où elle a été engagée, les ressources humaines n'étaient pas au même endroit. Je m'éloigne en la remerciant et regarde autour de moi avant de reprendre la direction de l'ascenseur : il va me falloir redescendre au rez-de-chaussée.



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MessageSujet: Re: Change is good. [Andrew]   Jeu 15 Fév - 16:36



change is good.
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Il fait l'état des lieux, revient dans ce couloir comme par nécessité, comme par besoin de s'en rappeler. Parce qu'ils ont tous perdu quelque-chose, ce soir-là. Lui, une employée, une collègue, une femme au grand cœur qui n'aura pas pu assez en user. Alors il soupire, le trentenaire, se risquant à faire bouger son bras encore douloureux, jouant avec ses nerfs comme dans l'espoir de ne rien perdre de sa motricité ; parce qu'il n'y survivrait pas. Pas à ça. Andrew soupire, ose quelques pas, croit encore entendre le cri de cette femme et le coup de feu qui a suivi, il croit encore entendre Fuller s'étendre au sol dans un fracas, les mains sur la poitrine, dans ses yeux la peur du vide, du néant qui s'était installé ; sans s'y attarder. Maigre réconfort au vu des âmes que ça a touché, maigre réconfort au vu des séquelles qu'elle pourrait désormais en garder. Linch en devient pâle, Linch sent son cœur de nouveau battre un peu plus fort. Alors il fuie, finalement. Il fuie l'étage, s'en retournant aux couloirs adjacents, s'en retournant là où ne subsiste que ce quotidien incessant. Il lui faut un courage monstre pour de nouveau reprendre ses esprits, il leur en faut à tous un peu en un sens. Davantage ces derniers temps. L'enterrement passé, ces banalités retrouvés, Andrew choisie de ne pas s'y arrêter. Il lui faut continuer, gérer tout ce qui doit désormais l'être, revenir sur des histoires passées, se concentrer néanmoins également sur de nouveaux patients récemment entrer ; certains dans cette spécialité acquise avec enclin par le passé. Il est des choses capables de lui faire oublier ô combien tout est à rattraper. Et s'il sait qu'il doit désormais se bouger, il n'en oublie pas la raison et les nombreuses démissions qu'on lui a envoyé. C'est sur celles-ci qu'il doit se pencher, cet après-midi s'arrêter. Le manque de personnel commence à se ressentir et beaucoup d'entre eux n'ont pas la force nécessaire pour tout vaincre après ce qu'ils ont vécu, le pire du pire. Il soupire de nouveau, s'offre un instant dans un recoin de l’hôpital, là où nulle âme qui vive ne viendrait se perdre. Aucune si ce n'est la sienne, par le passé accompagnée de celle d'une Irene absente depuis désormais bien longtemps. Il ne la blâme pas, lui a fait entendre qu'il lui faudrait revenir en pleine forme. Parce qu'il va avoir besoin d'elle, peut-être plus que jamais à l'avenir. Cette fameuse nuit-là s'est installée un doute dans sa tête, un doute concernant tout ce qu'il aurait pu faire s'il avait su, tout ce qu'il aurait pu faire sur le coup. Peut-être que celle qu'ils ont perdu aurait survécu, peut-être que Fuller ne serait pas en convalescence, peut-être qu'autant de personnel n'aurait pas démissionné s'il avait été à même de faire ce qu'il faut. Tant de questions, de suppositions. Tant de doutes qu'il n'est pas à même d'éclaircir. Pas seul en tout cas, pas cette fois. Premier échec et, finalement, dans l'ombre d'un couloir trop peu fréquenté, Andrew en essuie brièvement les larmes qu'il n'a pas senti monter. Un premier échec dans cette ligne verte bien que celui-ci ne soit pas de son fait. C'est d'autant plus horrible, d'autant plus lourd. Il a été impuissant pour ceux qu'il aurait dû protéger, ceux dont il se fait responsable dès lors qu'ils passent la porte d'entrée. Et l'admettre fait mal, ça le hante depuis bien assez longtemps malgré son refus à l'idée de séance avec l'un de ses psychiatres. Jamais, jamais il ne fera entendre l'horreur qui réside en sa tête, les souvenirs que ça vient faire remonter, le cœur éteint d'une fillette qu'il n'a pas su sauver malgré les promesses qu'il lui avait énoncé. Il n'a rien fait, cette nuit, il n'a rien fait comme lorsque sa fille s'arrachait à ses bras. Il soupire, prend sur lui, brave l’innommable tempête qui s'est installée en lui, ce chaos ambiant avec lequel il apprend doucement à vivre ; celui avec lequel il avance, reprenant la direction de son bureau, s'engouffrant dans un ascenseur pour rejoindre le rez-de-chaussé ; passer devant des portes désormais bien surveillées. Il tient à s'assurer que toutes les précautions prises soient honorées, il tient à s'assurer que son personnel ne perdra pas davantage de membres qu'il n'en manque déjà. Et tandis qu'il perd son regard sur son téléphone, tandis qu'il s'assure qu'aucune mauvaise nouvelle ne soit venue joindre toutes celles pour l'instant surmonter, il n'en remarque pas encore la présence de l'homme qui vient à peine d'entrer, ne levant pas encore les yeux de son écran, pianotant sur les touches pour prendre des nouvelles de celle qu'il visitera probablement bientôt. « Au rez-de-chaussé pour moi, merci. » Qu'il laisse entendre sans encore s'intéresser au nouvel arrivé, sans encore prendre conscience que son état n'est pas forcément des plus plaisants qu'on puisse vouloir contempler. Il est fatigué, aux songes esquintés.        

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MessageSujet: Re: Change is good. [Andrew]   Mar 20 Fév - 18:36

Change is good.


En soi, perdre du temps n’est pas gênant puisque je n’ai pas rendez-vous, que je viens déposer cette canditature de manière spontanée. Donc, rallonger un peu le temps qui me sépare n’est pas grave du tout si ce n’est qu’à fait doucement mais sûrement monter le stress. Je ne risque rien à déposer ma canditature, c’est le refus qui va poser problème. J’ai bien conscience que je ne vais rien savoir aujourd’hui mais j’aurai peut-être au moins quelques informations, s’ils recherchent ou non. J’aurais pu vérifier, dû vérifier. Après la fusillade, des annonces ont bien dû paraître mais… J’avais d’autres choses en tête et si j’ai réussi à me pencher sur cette envie de reprendre mon ancien travail, je n’ai pas eu la jugeotte de faire des recherches. Idiot. Mais c’est trop tard de toutes les façons. J’aperçois l’ascenseur ouvert et accélère le pas. Je me glisse in extremis à l’intérieur où se trouve déjà quelqu’un, un docteur qui, sans relever le regard vers moi me dit qu’il va au rez-de-chaussé.

« Moi aussi. » je réponds machinalement avant d’appuyer sur le bouton.

C’est ensuite que je m’attarde un peu plus sur le docteur parce que sa silhouette ne m’est pas inconnue. Sa coiffure non plus. Son visage… Je penche un peu le mien de visage pour pouvoir mieux l’observer et le reconnais soudain. Lorsque je l’ai vu, les circonstances étaient bien plus sombres, bien plus monstrueuses. Il était lui-même blessé mais s’occupait de ce docteur aux cheveux très blonds qui avait pris une balle en pleine poitrine. Je ne sais pas ce qu’elle est devenue. Je ne sais pas si elle s’en est sortie. Il faut dire que je ne connais même pas son nom. Le sien, à lui, par contre je le connais. J’ai su après le poste qu’il occupe par ailleurs.

« Docteur Linch ? » je demande alors afin d’être bien certain de ne pas me tromper et je sais que je vois juste quand il relève son regard vers moi.

Je ne sais cependant pas s’il se souvient de moi. Je suis passé rapidement dans le couloir ce jour-là, en portant avec trois autres hommes un patient calé au mieux dans des draps pour l’amener jusqu’au bloc. Et il avait d’autres choses en tête alors…

« On s’est vus… Nous nous sommes croisés le jour de… De la fusillade. Dans le couloir ? Je ne sais pas si vous vous rappelez. » J’ai bien conscience que je ravive des souvenirs difficiles et douloureux mais il faut bien que je m’expliquer sur d’où je le connais. « J’emmenais un patient allongé dans un drap jusqu’au bloc mais vous étiez occupé de votre côté et blessé également. » Et je sais que je perds un peu de ma couleur mentionnant ces faits, craignant que ce soit déplacé. « Tito Hernandez. » j’ajoute finalement en tendant ma main libre vers lui.

Situation délicate d’accord, mais qui ne dois pas empêcher la politesse.



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MessageSujet: Re: Change is good. [Andrew]   Ven 23 Fév - 1:04



change is good.
EXORDIUM.


« Docteur Linch ? » La question se pose tandis qu'il relève les yeux de son téléphone, tandis qu'il se défait de ses messages, de ses mails, de tout ce qui pourrait lui épargner les souvenirs douloureux de cet instant. Andrew s'en extirpe pour faire face de nouveau à cette réalité, à cette présence bien réelle à ses côtés ; celle qu'il contemple un instant, sourcil froncé, attendant que la suite ne lui parvienne puisque désormais interpellé. « On s’est vus… Nous nous sommes croisés le jour de… De la fusillade. Dans le couloir ? Je ne sais pas si vous vous rappelez. » La bombe se lâche tandis qu'il essaie de vaincre les images qui, aussitôt, lui reviennent. Tous ces hurlements, tous ces ordres gueulés comme dans l'espoir que Fuller ne soit au moins sauvée, à défaut de Christensen décédée ; désormais enterrée. Il soupire en y songeant, abaisse le regard pour ne pas avoir à lui offrir les tourments qui se trahissent trop aisément. Et maintenant qu'il le dit, maintenant qu'il énonce ces mots douloureux, il se souvient d'une ombre semblable à la sienne. Il se souvient de cette équipe-là, de la manière dont ils ont dû gérer une urgence malgré le protocole appliqué. Celle-ci même qu'il en vient à énoncer, à évoquer, à rappeler pleinement à sa mémoire déjà surmenée. « J’emmenais un patient allongé dans un drap jusqu’au bloc mais vous étiez occupé de votre côté et blessé également. » Il acquiesce, laisse un léger signe de sa main se trahir comme pour lui faire entendre qu'il peut s'arrêter là concernant cette journée-là ; peu apte à pleinement supporter les mémoires d'une terrible journée. Il soupire silencieusement. Il soupire parce qu'il n'a pas la force de faire face, pas encore. Chose qu'il saura comprendre, probablement. Parce qu'ils ont vécu la même chose, en soit, à quelques étages d’intervalles. Malgré ça, il enchaîne, se défait de ce sujet, venant perdre quelques syllabes qu'il n'assimile pas de suite avant de pleinement se pencher dessus, lui offrir toute l'attention qui lui est dû. « Tito Hernandez. » L'une de ses mains qui se lève pour le saluer, Andrew venant machinalement lui empoigner, la serrer. « Andrew. » Qu'il laisse entendre. Pas de 'directeur', pas de 'docteur'. Rien, rien si ce n'est Andrew et ses souvenirs, Andrew et ses démons. Chose qu'il tait, qu'il n'amène pas. Parce que ces choses-là, toutes ces images-là doivent rester silencieuses, secrètement enfermées dans sa tête avec l'espoir naïf qu'un jour, la souffrance qu'elles immiscent ne s'estompent. Lorsque le deuil pour son chirurgien sera passé, lorsque Fuller retrouvera sa pleine santé. Lorsque les gens qui tiennent encore la route seront capables de se rendre entre ces murs avec d'autres idées que celles qui continuent jour et nuit de les hanter. Ces mêmes images qu'il croit percevoir dans le regard de son nouvel interlocuteur, celui qui se tient là, cet air penaud qu'il aborde également. Ces derniers jours furent longs, compliqués. Ces derniers jours furent des plus lourds à porter, à braver.

Et, finalement, il s'en redresse. Andrew s'essaie à retrouver toute sa hauteur, toute sa prestance. Il s'essaie à venir faire bonne figure malgré le chagrin qu'il sent encore peser contre son cœur. Mais ces émotions-là ne sont pas un luxe qu'il peut se permettre, pas en ces temps si durs et il le sait ; probablement mieux que personne. Raison pour laquelle il essaie de faire impasse sur tout ce qu'il sent essayer de remonter jusqu'à sa conscience, jusqu'à cette mémoire déjà brisée, abîmée par ce qu'elle doit d'ors et déjà abriter. « Pardon pour cette mine affreuse. Nous commençons à manquer de personnel. Il avoue, vient faire part de ce qui le tracasse ; bien qu'en infirme partie. Mais il n'ira pas confier ses états d'âmes, il n'ira pas faire entendre que ses nuits commencent à se faire courtes, que les temps se font un peu difficiles. Qu'au cours de chaque soirée passée entre ces murs décolorés, il s'attend à un nouveau danger, pensant encore entendre les coups de feu au détour de quelques couloirs. Andrew secoue la tête, Andrew se ressaisit, venant faire face à Tito à qui il parvient enfin à soutenir le regard. Vous êtes venus voir quelqu'un ? » La question se pose, n'imaginant pas du tout la raison de sa visite, la coïncidence avec tout ce qu'il vient d'énoncer à l'intéresser. « Si je peux faire quoi que ce soit pour vous assurer que cette personne-ci ne manque de rien, n'hésitez pas. » Qu'il poursuit dans sa lancée, se souvenant de ce que cet homme était parvenu à apporter quand tout s'était bloqué. Ils ont fait au mieux, ils ont pris les décisions qui devaient être prises ; chose que peu sont parvenus à faire. Chose qu'il n'a pas su entreprendre à temps, sans quoi au moins Fuller ne serait pas dans cet état. C'était son rôle de les protéger, ils étaient tous sous sa responsabilité, ils devaient être en sécurité. Un nouveau haut le cœur rien que d'y penser, cette sensation horrible que de savoir que bien du sommeil et de la raison commencent à manquer. Mais c'est du passé. Et le passé n'est plus ce qui le concerne. Il doit laisser les choses où elles sont désormais, se concentrer sur ce qu'il devrait désormais faire pour – la prochaine fois – pleinement les parer. Et l'ascenseur termine par s'ouvrir, Andrew s'en extirpant avant d'inviter Tito à le joindre dans ses allers, au moins jusqu'à ce bureau qu'il doit désormais gagner.         

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MessageSujet: Re: Change is good. [Andrew]   Sam 10 Mar - 19:03

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Il vient serrer ma main, me donne son prénom, que je connaissais déjà mais au moins c'est plus officiel de cette façon. Je suis ceci dit un peu surpris qu'il se présente ainsi. J'aurais cru qu'il allait plutôt dire Docteur Linch, quelque chose de plus protocolaire dirons-nous. En me donnant ainsi son prénom, cela me donne une impression de... Proximité en fait. Moins de distance. Moins de froideur. Et cela ne me déplaît pas, au contraire. Cela me détend même un peu. Lorsqu'il se redresse un peu, je lui adresse un sourire. Il a une mine... Ma foi, il n'a franchement pas l'air au mieux de sa forme et d'ailleurs il s'en excuse, ayant visiblement parfaitement conscience de cette dite mine. Je me tends un peu quand il ajoute que l'hôpital commence à manquer de personnel. Je pourrais lui rétorquer un « ça tombe bien, je viens justement pour remplir vos rangs » mais n'en fais rien, jugeant que ce serait déplacé de ma part. Il vient se placer face à moi, plante son regard dans le mien et je ramène mon enveloppe à moi, essayant de lui donner une certaine discrétion. Et c'est là qu'il me demande si je viens voir quelqu'un. Non. Du tout. Mais là encore je reste silencieux parce que lui avouer que non c'est m'expliquer sur ma présence ce qui, encore une fois, serait déplacé en fait à mon sens. Vu l'endroit. Vu... Les circonstances. Et en plus il propose de faire tout pour que la personne que je ne viens pas voir et qui n'existe pas en réalité ne manque de rien. Cela me met encore plus mal à l'aise. C'est véritablement très gentil de sa part de proposer cela et je me retrouve ainsi dans l'impossibilité de mentir parce que j'aurais pu en fait. J'aurais pu lui dire que oui, je viens voir quelqu'un mais si je lui confirme, il va vouloir savoir de qui il s'agit pour pouvoir faire en sorte que le séjour de cette personne se passe le mieux possible mais pour le coup, je n'aurai aucun nom à donner. Aucune chambre. Rien. C'est là-dessus que la porte de l'ascenseur s'ouvre et je m'en extirpe, tout comme Andrew dont je suis les pas à ses côtés. Je suis d'abord silencieux, jette un coup d'oeil à la personne à qui j'ai oublié de demander les informations tout à l'heure et la voix d'Andrew me rappelle à lui en me redemandant qui je viens voir.

« Oh hum... En fait... » Pourquoi diable est-si compliqué ? « Je ne viens voir personne. » Et bien sûr que ça attise sa curiosité. Je me gratte nerveusement la tête de ma main libre avant de pincer les lèvres puis de poursuivre. De toute façon maintenant, je ne peux pas vraiment faire autrement. « Je suis venu pour postuler ici. » j'avoue enfin. Mes doigts se resserrent nerveusement autour de l'enveloppe alors que je n'ose pas glisser mon regard sur Andrew. « Je suis infirmier de formation en fait. Je l'ai été dans l'armée un moment et après j'ai dû quitter l'armée et je suis devenu ambulancier mais... Enfin... » Et je m'arrête dans le couloir parce que je me sens de plus en plus mal à l'aise, surtout à l'idée d'évoquer pour la seconde fois en l'espace de quelques minutes ce jour sordide. Je soupire. « Ce jour-là, quand j'ai aidé aux urgences, ça m'a redonné l'envie de retrouver mon ancien travail. J'ai mis du temps à me décider mais j'ai fini par venir. Et vous me dites qu'il y a besoin, ça me rassure. J'ai plus de chances au moins. » Petit rire nerveux. « Vous sauriez m'indiquer les ressources humaines du coup s'il vous plaît ? Parce que j'ai discuté avec une jeune femme à l'accueil et dans la conversation j'ai oublié de demander et... Enfin c'est tellement grand ici. »

Parce que non, il est absolument hors de question que je lui demande à lui de récupérer mon enveloppe. Il a autre chose à penser, autre chose à faire.



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MessageSujet: Re: Change is good. [Andrew]   Jeu 15 Mar - 16:53



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« Oh hum... En fait... » Il n'écoute encore qu'à moitié, allant dans les allées trouvées pour rejoindre ce dans quoi il doit s'enfermer pour la fin de journée ; paperasse oblige au vu de ses responsabilités, de tout ce qui est en train de changer. Mais il attend, il attend un nom qu'il saura retenir, un nom demandé comme dans l'espoir de pouvoir arranger certainement choses concernant ceux qui ont le malheur de vivre les mêmes choses que celles qui hantent ici ses pensées. Andrew patiente alors jusqu'à accorder un regard interrogatif à celui qui le suit, loin d'imaginer ce qui l'a ici mené. « Je ne viens voir personne. » Il les fronce un peu plus, les sourcils, venant enfin offrir toute son attention à celui qui le joint, celui qu'il a invité à le suivre d'un rapide geste de la main. Parce qu'il veut en savoir plus, parce qu'il tient à pouvoir l'aider ; lui qui s'était vraisemblablement perdu dans les couloirs de plus en plus désertés. « Je suis venu pour postuler ici. » Premier coup, léger mais efficace. Ça attise la curiosité et la peine d'un Andrew qui, encore, n'en dit rien. Il le laisse continuer, marchant à ses côtés, allant là où il aurait pu finalement aller s'ils ne s'étaient pas rencontrés. Le hasard, disent-ils, fait bien les choses. « Je suis infirmier de formation en fait. Je l'ai été dans l'armée un moment et après j'ai dû quitter l'armée et je suis devenu ambulancier mais... Enfin... » Il tend l'oreille, perçoit que son orateur s'arrête finalement, laissant ses mots en suspens. Alors il s'arrête aussi, il s'arrête et porte son regard sur l'homme dont les traits s'affaissent un peu. Il sait, il sait déjà ce qu'il compte évoquer et c'est l'appréhension qui vient assécher sa gorge. C'est l'appréhension qui vient alarmer un peu ses poumons qui manquent presque d'air. « Ce jour-là, quand j'ai aidé aux urgences, ça m'a redonné l'envie de retrouver mon ancien travail. J'ai mis du temps à me décider mais j'ai fini par venir. Et vous me dites qu'il y a besoin, ça me rassure. J'ai plus de chances au moins. » Un bref sourire, quelque-chose qui s'essaie à se faire le plus sympathique possible mais les raisons qui font que ce soit possible, quant à elles, continuent de le torturer intérieurement. Andrew aurait voulu qu'il en soit autrement. « Vous sauriez m'indiquer les ressources humaines du coup s'il vous plaît ? Parce que j'ai discuté avec une jeune femme à l'accueil et dans la conversation j'ai oublié de demander et... Enfin c'est tellement grand ici. » Il sent l'atmosphère se faire un peu plus légère mais elle demeure tout de même abîmée, le regard de Andrew s'étant abaissé sur un sol jonché de souvenirs inoubliés. Il s'est passé bien trop de choses, d'un seul coup. Et s'il est des âmes qui ont fui, il apprécie à voir quelques lueurs d'espoir comme celle-ci. Parce qu'ils ont besoin de force et de courage ; plus que jamais désormais.

« Laissez, venez. » Qu'il laisse entendre, reprenant sa marche, laissant toute sa silhouette de nouveau s'animer, vers les profondeurs des bureaux se diriger. Andrew s'essaie à faire les choses bien, s'essaie à l'instinct. Et il se souvient que ce dernier l'a toujours aidé, en a beaucoup sauvé. Il sait, il sait qu'il pourrait beaucoup gagné à s'y risquer, en cet homme placer ne serait-ce qu'une étincelle d'un renouveau bien plus fort que par le passé. C'est à tenter. Tout est à tenter. « C'était pour ça, ce que vous tenez ? » Il questionne, se renseigne, s'apprête déjà à réfléchir aux questions qu'il lui faudra poser, aux réponses qu'il pourrait obtenir. Et, derrière tout ça, il se risquera à lui demander ce qu'il irait faire, dans un cas similaire à celui déjà vécu, un cas comme celui qui lui a valu une blessure au bras. Andrew, malgré tout, tente de vaincre les images qui n'en finissent plus de remonter, celles qui continuent de hanter ; celles qui continuent d'en affaiblir en vérité. Il sait que bien du personnel ne sera pas à même de reprendre de sitôt. Il le sait, tout comme il sait qu'il ne pourra pas les blâmer, jamais. Andrew n'ira que les encourager à se relever ; du mieux qu'ils y parviendront, tant qu'ils y sont aidés. Loin de la manière dont lui gère les choses et ces images répétées. « Du coup, j'imagine que vous en avez vu des pires par le passé que nous dernièrement. J'imagine que c'est un bon point pour nous... » Parce qu'il saura faire face, probablement mieux qu'Andrew lui-même, probablement mieux que la plupart du personnel. Un soupire, une main qui s'abandonne sur la poignet d'un bureau dont il croit déjà ressentir une certaine sérénité. Du calme, de la solitude derrière la présence de cet homme-là. Ça a l'effet de le calmer malgré tout ça, d'apaiser ses tourments, bien des tracas.          

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MessageSujet: Re: Change is good. [Andrew]   Sam 7 Avr - 11:35

Change is good.


Refus. De m'indiquer l'endroit où se trouve les ressources humaines. Mais non pas pour m'envoyer sur les roses ou me dire de m'en retourner de là où je suis venu mais pour le suivre directement lui. Je pense un instant à protester, ne tenant pas à l'ennuyer avec ma candidature mais il a l'air d'y tenir. Véritablement puisqu'il ne me laisse pas le choix et reprend sa marche, visiblement décidé à me recevoir. C'est particulièrement sympathique de sa part mais cela me gêne. J'ai cependant conscience que c'est une chance et qu'il se pourrait bien qu'un refus de ma part soit mal perçu alors, gêné ou pas, je lui emboîte le pas, ma main serrant un peu plus l'enveloppe qui contient mon C.V et ma lettre de motivation faite comme j'ai pu. J'ai dû en rédiger trois dans ma vie en tout et pour tout alors je ne suis sincèrement pas certain du résultat. Et je commence à angoisser à mesure que je suis Andrew parce qu'en réalité, je percute que je vais passer directement par la case entretien sans m'y être préparé. Peut-être que cela rendra les choses plus faciles, peut-être que l'improvisation et le naturel seront de bonnes armes. Ou pas du tout. Puis vient la question sur l'enveloppe tenue et un hochement à la positive de ma part. Oui, c'est bien de cela dont il s'agit. J'esquisse un petit sourire que j'espère naturel, peu crispé. Et voilà qu'Andrew enchaîne en mentionnant le fait que j'ai sans doute vu pire par le passé que ce qui s'est passé ici. Si c'est un bon point ? Sans doute mais ça ne devrait pas être le cas... Que j'aie été formé au combat, que j'aie été formé à garder mon sang-froid en toutes circonstances, que j'aie dû faire face à des blessures de guerre monstrueuses ne devrait pas être un bon point pour un hôpital de ville... Et pourtant, nous vivons dans un monde où oui, cela sera sans doute pratique et utile. Alors je hoche de nouveau la tête tandis que nous pénétrons à l'intérieur de son bureau.

« Oui, j'ai vu pire sur le terrain mais je vous avoue que je n'avais jamais été confiné dans un hôpital en présence d'un tireur fou. » que j'avoue sur un ton posé mais grave. « C'était différent de ce que j'ai pu voir mais oui, je sais rester calme dans ce genre de situation. L'improvisation est importante quand on est au milieu du désert et qu'il faut assister un chirurgien au mieux. »

Des images me reviennent. Des images désagréables auxquelles se superposent d'autres images désagréables, celles d'Emilio qui n'a pas pu être sauvé, qui est passé entre les mains d'un infirmier et d'un chirurgien qui n'ont pu que constater son décès. Je tente de balayer les images d'un geste vif de la tête tout en m'installant sur un fauteuil montré par Andrew, prenant ainsi place en face de lui qui s'installe derrière son bureau. Tout ceci prend soudain des allures très protocolaires et officielles et je m'accroche à la raison qui m'a poussé à venir jusqu'ici. L'enveloppe est déposée sur le bureau et alors que j'ai parfaitement conscience que ce n'est clairement pas à moi de poser des questions, je le fais. Parce que je repense à la conversation que j'ai eue avec la jeune femme à l'accueil et que ça me tord les entrailles de l'imaginer morte de peur derrière son ordinateur.

« Est-ce que tous les employés présents ce jour-là voient quelqu'un ? Est-ce qu'ils ont un suivi ? Quelqu'un est venu leur parler après ? »

C'est fait dans les écoles quand il y a des fusillades. Des cellules de crise sont installées, les élèves sont conviés à venir parler et en groupe, et individuellement à un professionnel. Et c'est certainement la meilleure chose à faire. Pense celui qui n'a vu aucun professionnel depuis la mort de son fils...



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MessageSujet: Re: Change is good. [Andrew]   Ven 13 Avr - 23:26



change is good.
EXORDIUM.


« Oui, j'ai vu pire sur le terrain mais je vous avoue que je n'avais jamais été confiné dans un hôpital en présence d'un tireur fou. » Un triste soupire s'extirpe d'entre ses lèvres tandis que le fameux Tito en vient à oser l'évoquer, cette femme-là, cette détresse matérialisée en quelques traits féminins et meurtriers. Personne n'aurait pu le prévoir et personne ne pourrait en avoir l'habitude. C'était stupide, stupide que d'imaginer qu'il puisse y avoir pire. Car rien n'est comparable, rien ne peut l'être. Toutes ces situations sont différentes en matière d'actes mais similaires en matière de dégâts. « C'était différent de ce que j'ai pu voir mais oui, je sais rester calme dans ce genre de situation. L'improvisation est importante quand on est au milieu du désert et qu'il faut assister un chirurgien au mieux. » Il acquiesce seulement, n'a pas forcement le courage de continuer. Le pourrait-il en sachant ce qu'il vient de lui rappeler ? Ce qu'il vient de leur rappeler, à tous les deux en vérité ? Bien-sûr que non. Andrew se contente d'en chercher ses lunettes, soupirant lentement en se redressant. S'installe finalement un blanc, un silence salvateur mais pesant. Si pesant qu'il en regretterait presque le son assourdissant de la ville au-dehors. Le calme avant la tempête, qu'ils appellent tous ça. Lui le premier, se souvenant aisément de cette absence de son semblable à celle qui s'était imposée à lui lorsque le cœur de sa propre fille s'éteignait. Un haut le cœur, le palpitant qui – en un battement – ravive toute sa douleur jusqu'à celle d'avoir récemment perdu un chirurgien brillant ; mais aussi une amie. A défaut de sauver bien des vies, il n'a pas été en mesure de contrôler celles qui furent chères à la sienne lors de ces fameuses nuits. Puis, elle lui revient la voix de son nouvel interlocuteur. Elle revient briser le silence répandu trop rapidement, plus qu'il ne l'aurait dû. « Est-ce que tous les employés présents ce jour-là voient quelqu'un ? Est-ce qu'ils ont un suivi ? Quelqu'un est venu leur parler après ? » Le regard qui se relève tandis qu'il essaie de trouver les mots les plus justes à ces questions, ravalant son arrogance et cette nouvelle manie de ne voir que le mal – parfois inexistant – dans les paroles de ceux qui s'osent vers ce sujet encore tremblant. Non, Andrew sait, dans le fond, qu'il doit prendre sur lui. Parce que cet homme-là, celui auquel il fait face n'est pas là pour lui mettre sur le dos tous les échecs de cette journée-là.

« Oui, chacun d'entre eux ont eu la possibilité de rencontrer quelqu'un ; qu'il laisse d'abord entendre, relevant le regard sur son invité improvisé, sur ce rendez-vous qu'il s'est autorisé malgré tout ce qu'il doit encore gérer, le recrutement d'un personnel dernièrement envolé, paralysé par les traumatismes endurés. Ça en plus des dépenses à régler, des contributions à récupérer ; de sa réputation à redorer. Il soupire, le trentenaire. Il soupire parce qu'il en ressent de nouveau le poids qui pèse sur ses épaules, tout ce qu'il n'imaginait pas pouvoir être aussi lourd jusqu'à la blessure à son bras, jusqu'à la mort de cette amie, les blessures graves subies par ceux qui s'étaient trouvés là jusqu'à la fin de cette horrible nuit. Pardonnez ce ton, certaines paroles ne sont pas aussi bienveillantes que les vôtres ; j'ose espérer en tout cas. » Il lui doit au moins ça, des excuses polies quant à la manière dont il réagit, n'en prenant conscience qu'ensuite, lorsque le mal est fait. « Certains ont refusé l'aide proposée, d'autres l'ont pris. Je doute pouvoir faire davantage mais, soyez sûr que rien ne fut oublié. Je m'efforce de leur rappeler qu'ils sont tout aussi humains que ceux qu'ils voient à longueur de journée, que craquer n'est pas forcément une honte ou un échec à cacher. » Des mots qu'il pourrait aisément répéter qu'il ne les suivrait pas de son plein gré. Faites ce que je dis, pas ce que je fais ; expression qui le résume finalement bien assez.           

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MessageSujet: Re: Change is good. [Andrew]   Dim 20 Mai - 11:32

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C'est rassurant d'apprendre qu'effectivement, un suivi a été proposé mais c'est également là que c'est problématique : c'est proposé, c'est possible, mais ce n'est pas une obligation. Alors que ça devrait l'être. Chaque personne concernée, chaque personne potentiellement traumatisée devrait voir un professionnel qui pourrait ainsi juger de l'état mental de cette personne, de sa capacité à reprendre son travail mais cela reste délicat car tout le monde n'est pas ouvert à une thérapie, moi le premier mais je n'ai pas vécu cette situation de la même manière, et je n'ai pas le même passif que la plupart des employés ici sans doute. Le ton qu'emploie Andrew pour me répondre me fait penser que lui aussi, il aurait peut-être besoin d'un suivi ou en tout cas d'être davantage épaulé. Et je regrette d'avoir eu ces mots-là, je regrette de m'être sans doute mêlé de ce qui ne me regarde pas, plus particulièrement parce que je ne fais même pas partie du personnel hospitalier. Pas encore. Peut-être jamais du coup. Andrew s'excuse ceci dit rapidement et je ne peux que lui adresser un sourire on ne peut plus sincère quand il ajoute que certaines personnes ne sont pas aussi bienveillantes que moi. Ce n'est effectivement que de la bienveillance de ma part, que de l'inquiétude quant à ce que ces personnes ont vécu, lui y compris. Et je me demande, intérieurement, qui pourrait manquer de bienveillance à son égard, à leur égard à tous. Une question qui restera pour le moment sans réponse puisqu'Andrew poursuit en parlant de nouveau de l'aide qui a été proposée au personnel, une aide que certains ont refusé, comme je le craignais. Puis quelques mots qui me font de nouveau penser que j'ai été trop loin dans mes propres paroles. Alors je lève légèrement mes mains en secouant doucement la tête de droite à gauche, me sentant pour le coup très mal dans mes chaussures.

« Je ne le pensais pas de cette façon. Je veux dire, je ne remets pas en cause ce que vous avez pu faire et faites encore pour le personnel de l'hôpital. Ce n'était pas dans ce sens-là c'était... »

Un silence alors que je repose mes mains sur le bureau. J'espère réussir à trouver les bons mots cette fois-ci.

« J'ai vu cette jeune femme à l'accueil et quand j'ai posé des questions, elle a eu peur. Peur que je sois là pour m'en prendre à quelqu'un et j'imagine qu'elle doit faire partie des personnes qui ont refusé puisque quand j'en ai brièvement parlé... » Un soupir. « La violence fait partie de cette ville, les fusillades... Mais ça c'était différent parce qu'ils étaient sur leur lieu de travail, un endroit où ils se sentaient jusqu'à présent en sécurité malgré tout. Et tout ça, c'est remis en question maintenant pour eux. C'est normal et vous ne pouvez pas faire plus non, vous faites de votre mieux. » Un petit sourire. « Je pense qu'il faudrait pouvoir dans une certaine mesure forcer ces gens à parler avec un professionnel mais c'est délicat, c'est empiéter sur des libertés alors qu'on a déjà empiété sur leur sécurité... Tout ça c'est... Enfin, ça doit être très difficile à gérer pour vous. Du coup, je ne voudrais pas que vous pensiez que je juge votre travail ou... Ce n'était pas du tout mon but en parlant de tout ça. »

Que les choses soient bien claires.



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MessageSujet: Re: Change is good. [Andrew]   Dim 17 Juin - 17:21



change is good.
EXORDIUM.


« Je ne le pensais pas de cette façon. Je veux dire, je ne remets pas en cause ce que vous avez pu faire et faites encore pour le personnel de l'hôpital. Ce n'était pas dans ce sens-là c'était... » Il prend conscience de ses mots, de ses dernières phrases et si des excuses pourraient être de mise pour éviter de la gêne à celui qui se trouve-là, Andrew n'y parvient pas. C'est son travail qu'on met en doute, ou peut-être pas. Toujours qu'il s'en défend, désireux de faire savoir qu'il aura tout fait, qu'il en fait même encore. Pour les autres, non pas pour lui. Lui, ça va. Lui, il croit que ça. Ça ira forcément parce qu'il n'a pas le choix. Aussi, il ne fait qu'écouter, laisser la parole à celui qui se trouve à ses côtés. Andrew se fait patient, luttant intérieurement pour se raisonner. Mais les souvenirs de ce jour-là sont tenaces, profonds, bien ancrées ; tout comme le souvenir de Sydney effondrée. Il déglutit, ramenant sa raison, son attention sur le brun lui faisant face. « J'ai vu cette jeune femme à l'accueil et quand j'ai posé des questions, elle a eu peur. Peur que je sois là pour m'en prendre à quelqu'un et j'imagine qu'elle doit faire partie des personnes qui ont refusé puisque quand j'en ai brièvement parlé... » Un soupire de sa part, comme de celui dont les mots s'énoncent. Il se souvient lui avoir parlé, essuyé sa culpabilité à ne rien avoir vu arriver. Andrew en détourne un instant le regard, rien qu'un instant ; parce qu'il n'en reste qu'un homme avant d'être celui qui dirige, qui mène, celui dont les épaules soutiennent la maison. « La violence fait partie de cette ville, les fusillades... Mais ça c'était différent parce qu'ils étaient sur leur lieu de travail, un endroit où ils se sentaient jusqu'à présent en sécurité malgré tout. Et tout ça, c'est remis en question maintenant pour eux. C'est normal et vous ne pouvez pas mieux faire plus non, vous faites déjà de votre mieux. » Il acquiesce, un bref remerciement silencieux qui s'estompe dans l'espace lourd qu'ils animent à eux deux. Andrew s'essaie à un peu de décontraction, usant de tous ses efforts pour se défaire des souvenirs qui remontent, qui prennent, qui violentent son être. « Je pense qu'il faudrait pouvoir dans une certaine mesure forcer ces gens à parler avec un professionnel mais c'est délicat, c'est empiéter sur des libertés alors qu'on a déjà empiété sur leur sécurité... Tout ça c'est... Enfin, ça doit être très difficile à gérer pour vous. Du coup, je ne voudrais pas que vous pensiez que je juge votre travail ou... Ce n'était pas du tout mon but en parlant de tout ça. » Et le pourquoi de tout ça, de ces mots qui les entraînent jusque-là. A nouveau, il vient porter son regard sur lui, sur cette sincérité qu'il ne peut pas lui reprocher. Au moins, il est des raisons qui entendent encore qu'il ne peut aller plus avant que ce qui fut fait.

« Je n'en doute pas. Vous n'avez pas le profil de ceux qui viennent d'ordinaire m'insulter. » Un bref sourire, un clin d’œil quant à la réalité qu'il vient faire entendre. Mais il en est des plus dures, des plus invivables. Andrew sait comment avancer, comment simplement y passer. Il n'écoute plus, n'entend pas vraiment, continuant son bout de chemin comme il l'entend. Car malgré cette tragédie, la perte de ces vies, le monde n'a pas cessé de tourner. « C'est gentil de votre part, en tout cas. J'essaierai d'en parler à l'avenir, bien que – comme vous vous en doutez – ils n'apprécient pas tellement d'être obligés. » Il s'en redresse, marquant silencieusement cette idée dans sa tête ; bien qu'il y ait pensé, quelques jours après avoir compris que chaque mémoire serait à jamais marquée. « Néanmoins ; une pause, la gorge qui se racle tandis qu'il prend davantage son rôle qu'il se doit d'endosser en cette place. Andrew s'essaie à se défaire de ses émotions, de tout ce qui s'était ravivé rien qu'à l'entente de ce qui s'était passé lors de cette soirée devenue complète damnation. Ça vous dérange si on passe à autre chose ? » Il ose la question, la pose tant qu'il le peut, désireux de ne rien aggraver, décidé à faire entendre qu'il n'est pas à l'aise avec ses pensées. C'est fuir l'inévitable, les spectres qui, plus tard, reviendront à sa surface. « Si j'acceptais votre candidature, quand voudriez-vous commencez ? Des choses qu'il faudrait que je sache ? » C'est reprendre la main qu'il s'essaie à faire, reprendre un peu de poil de la bête pour pouvoir faire bonne figure, se défaire du masque d'impuissance qu'il n'en peut plus de porter. Andrew s'en redresse, rendossant sa fierté, toute cette confiance acquise grâce à son métier. Il se fait roc plus qu'éponge, parvenant à faire taire tant bien que mal ses songes.            

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MessageSujet: Re: Change is good. [Andrew]   Mar 19 Juin - 21:47

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Bienveillance est le maître-mot de cet échange, en tout cas dans mon esprit c'est le cas. Je ne lui veux que du bien à lui, au personnel de cet hôpital. Je ne sais que trop bien les traumatismes. Je ne sais que trop bien à quel point il peut être difficile de gérer un retour à la vie après des événements pareils. Quand la violence frappe véritablement votre quotidien de plein fouet, les choses prennent une toute autre ampleur, une réalité bien différente et plus oppressante. Ils ont beau gérer des blessures par balles au quotidien ici, là, les balles se sont invitées à l'intérieur de l'hôpital, à l'intérieur de ce lieu qu'ils pensaient sûr, sans danger. A l'intérieur de ce lieu dans lequel ils pensaient être en sécurité et cela remet tout en question à bien de égards. Alors j'espère qu'Andrew va comprendre ma démarche et qu'il ne va y voir aucun mal mais simplement mon envie d'aider si je le peux. Et je me trouve sincèrement soulagé quand il me répond qu'il ne doute pas de cette bienveillance de ma part. Un sourire étire doucement me lèvres quand il ajoute que je n'ai pas le profil de ceux qui viennent l'insulter. Un sourire à la fois de soulagement mais également de compassion car je me mets à sa place, lui qui a été face à la meurtrière, lui a vu une collègue et amie mourir, lui qui a dû se dépasser alors qu'il était lui-même blessé, lui a dû tout gérer ensuite... Et on vient l'insulter ? L'être humain tombe tellement bas si souvent que c'en est presque désespérant... Il semble en tout cas sincèrement apprécier mes mots, cette aide que je tente d'apporter à mon niveau et si cela peut le soulager ne serait-ce qu'un peu alors j'en suis moi heureux. Il mérite de pouvoir souffler un peu. Il mérite de se sentir épaulé et soutenu, et j'ai bien l'intention de le faire, qu'il m'embauche ou pas au final. En parlant d'embauche, il choisit de changer de sujet et je ne m'y oppose pas en secouant doucement la tête et en souriant. Il est temps effectivement de parler d'autre chose déjà parce que cela lui pèse sans doute que nous insistions trop là-dessus, d'autre part parce que je ne suis à la base pas venu pour ça. Je suis encore une fois heureux de pouvoir aider mais je suis venu dans un but bien précis : me faire embaucher en tant qu'infirmier aux urgences et va falloir que je prouve à Andrew qu'il ne faut pas qu'il m'embauche juste parce qu'il manque de personne.

Il va falloir que je lui prouve qu'il doit m'embaucher parce que je suis bon dans ce que je fais et que je peux apporter à cet hôpital et au service des urgences.

Alors le sérieux se réinstalle davantage sur mes traits quand il me demande quand je voudrais commencer et ce qu'il faut qu'il sache. Il se redresse un peu et il est clair à présent que le ton de l'échange a définitivement changé. Je suis plus l'homme qui est venu en aide au moment de la fusillade ni l'homme qui lui apporte tout son soutien. Je suis un candidat, un potentiel employé. Je me redresse également un peu croisant mes mains sur le bureau.

« Je voudrais pouvoir commencer aujourd'hui pour être honnête mais c'est impossible. Je n'ai pas encore terminé mon préavis mais je serai disponible dès la semaine prochaine. » Première information donnée et pas des moindres. « Et j'aimerais travailler aux urgences si cela est possible. Je ne vais pas faire la fine bouche, je prendrai ce que vous me donnerez. » j'ajoute rapidement afin de bien lui faire comprendre qu'il ne s'agit pas d'une exigence mais d'une demande. « Mais je pense sincèrement avoir ma place aux urgences. Je sais travailler sous la pression, rapidement, je sais improviser et ça, je l'ai appris durant me années de service. Je pense pouvoir apporter quelque chose à ce service et je pense également que c'est là-bas que je me sentirai le plus à ma place. » Une silence. Une hésitation. « Je ne vais pas vous mentir : j'ai besoin que ça bouge. » Et pour le coup, aux urgences du CMC, ça bouge oui. « Et je suis plus efficace quand ça bouge. J'ai des enfants. Trois garçons. » Je passe du coq à l'âne et mon cœur se serre. J'aurais pu dire deux mais je serai toujours papa de trois garçons. Toujours. « Deux vivent avec moi mais ils peuvent se gérer, je suis bien entouré donc je pourrai faire des soirées. Pas des nuits par contre vous le comprendrez. » Un autre silence et un bref haussement d'épaules. « Je ne sais pas si je corresponds au profil que vous recherchez mais sachez que si vous choisissez de me faire confiance, je me donnerai pour cet hôpital. Vraiment. »

Quelque chose à ajouter ? Non. Il a les cartes en main à présent. La décision lui revient.



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MessageSujet: Re: Change is good. [Andrew]   Jeu 28 Juin - 23:22



change is good.
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Il a le ton qui change, il doit assumer, reprendre le rôle qu'on lui avait donné par le passé. Parce qu'il est un temps où les esprits doivent se redresser, parce qu'il est un temps où les choses doivent commencer à changer. C'est ce qu'il se dit, ce qu'il n'oublie pas, là, derrière les mots qu'il ne prononce pourtant pas. Certains en tout cas, des états d'âmes qu'il ne partage pas. Il a cette douleur qui n'en finit plus de s'installer, qui souvent lui rappeler tout ce qui s'est passé. Tout ce qu'il n'a pas pu empêcher, tout ce que personne n'aurait pu éviter. Un soupire avant que l'attention ne revienne à son invité, à celui venu se présenter. Un soupire comme pour se défaire de toutes ces mauvaises pensées, n'accorder que du bon à ce qui pourrait désormais arriver. Ils ont besoin d'hommes solides, de personnel capable de tenir, de voir, de ressentir tout ce que d'autres ne pourront plus jamais envisager si ce n'est qu'en certains instants, bien souvent les pires. Malheureusement. « Je voudrais pouvoir commencer aujourd'hui pour être honnête mais c'est impossible. Je n'ai pas encore terminé mon préavis mais je serai disponible dès la semaine prochaine. » Un maigre sourire, l'appréciation qui se fait immédiate. Il lui aurait dit oui s'il l'avait pu mais Andrew se contente seulement d'acquiescer, de lui faire comprendre qu'en soit, le message est passé ; son poste lui sera déjà prêt. « Et j'aimerais travailler aux urgences si cela est possible. Je ne vais pas faire la fine bouche, je prendrai ce que vous me donnerez. » Et s'il s'était vraiment attendu à tout, il n'imaginait pas que cette branche-là lui serait autant sollicitée. Il s'en enfonce dans son fauteuil, Andrew. Tout ouïe des raisons qui pourraient l'y pousser, cet homme-là, au cœur forgé et au sang-froid dans une telle agitation, cet espace où aucun répit n'est à envisager. Mais ces raisons-là, elles viennent se rappeler à lui quant à ce que cet homme-là lui a déjà dit. Ça fait sens, en soit, bien avant que le brun ne reprenne la parole sur ces détails-là, ses motivations, ses arguments. Puis, finalement, la fin de tout ce qu'il aurait pu attendre. « Je ne vais pas vous mentir : j'ai besoin que ça bouge. » Il ose un sourire, rien qu'un sourire. Ils sont rares ceux qui en ont si besoin. Trop rare depuis ce fameux soir. « Et je suis plus efficace quand ça bouge. J'ai des enfants. Trois garçons. » Et ce sourire qui se fane, cette impression que son cœur se serre. Il aurait voulu pouvoir dire cela, il aurait voulu pouvoir le faire entendre de vive voix. Mais elle n'est plus là. « Deux vivent avec moi mais ils peuvent se gérer, je suis bien entouré donc je pourrai faire des soirées. Pas des nuits par contre vous le comprendrez. Je ne sais pas si je corresponds au profil que vous recherchez mais sachez que si vous choisissez de me faire confiance, je me donnerai pour cet hôpital. Vraiment. » Et derrière ses propres souvenirs lui revient la raison.

Aussi, il s'en défait au mieux, de ces images, de ces paroles, de tous ces mots qui n'ont pas eu la chance d'être prononcés. Andrew quitte les abysses pour s'en remettre à la lumière que pourrait être Hernandez pour son hôpital. Son hôpital, sa réussite, sa fierté présente et future. Il sait que des âmes comme la sienne pourront l'y aider, à accomplir cette part de son souhait. « Vous savez être persuasif, je vous l'accorde. » Il s'essaie à cette note, à ce tout autre ton plutôt qu'à trahir la douleur qui lui revient, ce vide incommensurable qu'il n'a jamais su combler. Il espère que cet homme-là n'aura jamais à le vivre. Jamais. Et s'il savait, s'il savait que leur douleur est la même, peut-être serait-il plus à même de comprendre, de voir que ce besoin d'animation n'est nul autre que similaire ; chose qu'il n'a jamais admit, chose qu'il n'a pas imaginé pour sa petite vie. « J'imagine que la semaine prochaine, c'est une bonne chose. » Qu'il vient terminer par dire, réajustant ses manches, prenant soin de garder ce que Tito s'était permis d'apporter. Parce qu'il lui faudra faire les papiers, tout réajuster avant que tout ne soit en règle. C'est ce à quoi il tient, cet ordre carré qu'il aime à faire perdurer. « Je m'assurai de vous faire visiter les lieux moi-même. Disons mardi ? Mon lundi est malheureusement bien chargé. Vos affaires vous attendrons, nous irons vous faire présenter. » Qu'il fait entendre en classant rapidement l'enveloppe dans un dossier, ressorti d'une pile d'autres à peine entamés ; des arrêts à foison qu'il se doit de ranger, d'archiver comme dans l'espoir qu'ils ne soient que temporaires, bientôt terminés. Un esprit marqué n'est jamais à souhaiter ; il aurait voulu tous les épargner de cette folie désormais bien ancrée.             

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MessageSujet: Re: Change is good. [Andrew]   Jeu 12 Juil - 18:38

Change is good.


Et si c'est un non ? J'ai pris un risque en donnant ma démission. Calculé certes car j'avais conscience du manque de personnel et que j'avais de bonnes cartes en main pour pouvoir tenter de remporter la partie mais, on n'est jamais à l'abri d'un non et Andrew peut très bien décider de ne pas m'offrir la moindre chance. Il peut très bien décider que je ne corresponds pas au profil du personnel qu'il recherche pour son hôpital. Oui, il peut très bien mettre à la poubelle ce petit rêve que je me suis construit ces dernières semaines. Et cela me fait peur. Je n'en montre rien, mais j'ai peur que tout soit terminé avant même que ça ait commencé. Et si c'est le cas, que vais-je faire ? J'irai chercher ailleurs, oui, mais je n'y tiens pas. Je préférerais travailler ici, au cœur des urgences de cet hôpital que je connais si bien. Oui, je préférerais mais la décision ne me revient pas. Je ne peux qu'attendre qu'Andrew se décide. Et j'attends. Silencieux. Le regard fixé sur celui qui tient mon avenir proche entre ses mains. Malgré la tension, malgré l'appréhension, je parviens à esquisser un petit sourire quand il souffle que je sais être persuasif. Je l'espère oui, l'avoir été assez sur ce coup-là. Puis vient finalement un début de délivrance quand Andrew qu'il imagine que la semaine est une bonne chose. Bien sûr qu'aussitôt mon visage et mon regard s'éveille et s'éclaire. Encore plus que je vois Andrew rapprocher un peu plus de lui l'enveloppe apportée. Cela est bon signe. Très bon signe. Mais j'attends malgré tout quelques mots de plus pour me confirmer ce que je crois, ce que j'espère être réel et ils viennent ces mots, assez rapidement quand il me dit qu'il me fera visiter les lieux lui même mardi. Mardi... Mes affaires m'attendront, il ira me faire présenter. Alors c'est oui. C'est un oui. Un large sourire illumine mon visage tandis que je hoche la tête à l'affirmative.

« Mardi c'est très bien. » je réponds avec ce sourire pour de bon accroché à mes lèvres alors qu'Andrew range l'enveloppe dans un dossier. C'est fait. Bon sang c'est fait. « Je vous promets d'être à la hauteur, vous ne le regretterez pas. »

Pas pour en faire des tonnes ni pour me vendre encore. C'est sincère, ça sort tout seul parce que oui, je vais tout faire pour être à la hauteur de la confiance qu'il daigne m'offrir, tout faire pour qu'il ne regrette pas ce choix.

« Merci. » j'ajoute finalement ému. Car c'est une nouvelle page que je vais pouvoir écrire parce qu'il va me permettre de le faire et ça compte énormément. S'il savait à quel point cela compte. « Est-ce que je dois ramener des papiers supplémentaires ? » Parce qu'il n'y a que le CV et la lettre de motivation dans l'enveloppe. « Vous avez sans doute besoin de ma pièce d'identité. Nous ferons tout ça mardi ? A quelle m'attendez-vous ? »

Et ça fuse, ça fuse. Très vite. Parce que je suis très heureux, voilà tout.
Vraiment heureux.




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MessageSujet: Re: Change is good. [Andrew]   Dim 12 Aoû - 17:03



change is good.
EXORDIUM.


La réponse s'impose d'elle-même, implicitement. Elle vient se perdre dans la discussion, derrière les mots qu'il énonce, de son accent toujours bien anglais, sans vraiment se soucier de la manière dont il pourrait l'entendre. Mais à en juger au sourire qui s'installe sur ses traits, Andrew devine aisément que le mot est passé. Bien-sûr, en ses phrases résident l'approbation de ce que cet homme était venu chercher. Et ils ont besoin d'âmes blindées, de cœurs solides pour les années désormais à passer dans ce sentiment d'insécurité. Il sera long le temps de la guérison, Andrew s'en persuade de ce fait de prendre la bonne décision. « Mardi c'est très bien. » Il acquiesce, lui rend son sourire dans la foulée ; après tout, il apprécie à pouvoir aider, en cela réside l'essence même de son métier. « Je vous promets d'être à la hauteur, vous ne le regretterez pas. » Et il l'espère sincèrement, en soit, quand leur poignée de main vient se conclure. Néanmoins, il sait qu'il n'aura pas à s'en plaindre, qu'en cette présence résidera probablement l'un de ses meilleurs éléments ; deux mots à Irene devrait suffire pour qu'elle ne lui confirme, lorsque le temps lui sera donné de revenir. Elle a cet art de percevoir les choses avant les autres et elle demeure – en ces temps sombres – l'un de ses plus grands soutiens. Comme toujours, comme depuis des années où ce rôle se porte tour à tour. « Merci. Est-ce que je dois ramener des papiers supplémentaires ? » Il y songe, à cette question. Il y songe parce qu'il va lui falloir tout préparer, tout réclamer. Bien-sûr qu'il lui en faut, et son esprit embrumé lui a fait oublier la base même de ce genre d'entrevu. Il s'en passe la main contre ses traits, tente de balayer la fatigue qui tire depuis des nuits et des nuits à rester éveillé. « Vous avez sans doute besoin de ma pièce d'identité. Nous ferons tout ça mardi ? A quelle heure m'attendez-vous ? » Il continue de parler, d’enchaîner. Il voit cette impatience naître dans chaque mot prononcé. Ça lui arrache même un rire, quelque-chose de sincère derrière tous les tourments qu'il semble peiner à porter.

« Dès que vous pourrez, je suis là très tôt en général. Les équipes du matin arrivent vers cinq heure, six parfois. Tout le monde court un peu en ce moment avec les départs que nous avons eu. » Il se fait sincère, espère qu'il ne s'attende pas à une ambiance des plus chaleureuses. Ils ont tous perdu beaucoup, cette nuit-là, lui également. Il l'a vécu, à sa manière. Mais il l'a vécu. C'est ce dont il se souvient avant d'y revenir, avant de lui faire pleinement face. « Il va me falloir votre pièce d'identité, oui, mais aussi votre permis ainsi que vos diplômes. Pour mardi. Ça vous semble faisable ? Je ne voudrais pas vous priver de vos derniers temps libres pour ces paperasses. » Parce qu'il a retenu qu'il avait des enfants, parce qu'il ne sait que trop ô combien le temps avec eux est précieux. Dieu qu'il aurait voulu pouvoir en profiter, de ce cœur trop vite arrêté. Un petit geste de la tête pour chasser ces idées, ces souvenirs profondément ancrés, trop souvent ravivés. « Si ça vous convient, je ne vous retient pas plus longtemps. »

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MessageSujet: Re: Change is good. [Andrew]   Lun 20 Aoû - 20:14

Change is good.


On ne l'arrête plus Tito, motivé qu'il est, pressé également de savoir quand. Pour pouvoir débuter ce nouveau travail. Cette nouvelle vie en somme. Cela pourrait sembler trop mais c'est naturel cette façon de réagir chez lui et fort heureusement, Andrew ne semble pas imaginer que Tito en fait trop puisque plutôt que de calmer son engouement, il se contente de lui répondre qu'il pourra venir dès qu'il le pourra puisque lui-même est en général là très tôt, ce qui a le mérite de faire sourire davantage Tito encore. Il viendra tôt également. Il hoche la tête lorsqu'Andrew ajoute que les équipes du matin arrivent tôt et souvent plus tôt qu'elles ne le devraient car tout le monde court partout. Tito imagine bien les heures supplémentaires que tout le monde doit faire pour combler les départs des uns et des autres et il n'hésitera pas à en faire lui non plus, dès le départ. Il a toujours été travailleur et va l'être d'autant plus qu'il a parfaitement conscience des besoins de l'hôpital actuellement. Bien entendu il va devoir trouver un équilibre pour éviter que les garçons ne souffrent de ce nouvel emploi et des horaires qui risquent de s'étaler. Il y arrivera. Il a confiance. Puis viennent finalement d'autres réponses concernant les papiers qu'il va devoir ramener et il prend note dans un coin de sa tête Tito et quand Andrew demande si cela sera faisable en précisant qu'il ne veut pas priver Tito de son temps libre, ce dernier secoue la tête de droite à gauche avec toujours ce sourire accroché aux lèvres.

« Je n'aime pas rester sans rien faire. Je vais avoir quelques jours pour m'organiser et cela sera bien suffisant, ne vous en faites pas. Merci. »

Oui, merci. Pour sa gentillesse. Pour la chance offerte. Pour son enthousiasme. Merci pour tout. Et les derniers mots arrivent bientôt. Tito hoche la tête en se redressant. Andrew ne tarde pas à faire de même.

« Je vous remercie vraiment de m'avoir accordé du temps et de m'accorder une chance. Je suis vraiment très heureux de pouvoir rejoindre votre équipe. »

Il tend la main et serre celle d'Andrew avec peut-être un peu trop de fermeté mais là encore c'est naturel, une vigueur fraîchement née du nouveau poste qui l'attend dès la semaine suivante.

« Alors à mardi. »

Il rayonne tellement qu'il pourrait presque éblouir les autres. Presque. C'est là-dessus qu'il quitte le bureau d'Andrew. Il pourrait rentrer tout de suite mais à la place, il traîne un peu dans les couloirs juste pour s'imprégner un peu plus de l'endroit avant qu'il ne devienne sa seconde maison car, à n'en pas douter, l'hôpital va véritablement devenir sa deuxième demeure à l'instant où il va prendre officiellement son poste.

Et il a hâte.



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