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 When people see good, they expect good | taylor

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MessageSujet: When people see good, they expect good | taylor   Dim 18 Fév - 18:35



When people see good, they expect good.
[11 décembre 2017]
EXORDIUM.
Les mots ne viennent pas, coincer au creux de sa gorge comme destinés à le torturer jusqu'à ce que ne se brise sa volonté. Cette volonté d'avancer, d'aller la retrouver après l'horreur qu'elle ait pu tenter. Leo soupire, prend sur lui, tente de vaincre le haut le cœur qui s'immisce jusqu'aux abords de ses lèvres pincés en une moue défaite, fatiguée. Il aurait voulu que les choses soient différentes, il aurait voulu pouvoir être là, prévoir le moindre de ses gestes pour finalement la garder près de ses bras. Et, instinctivement, Leo s'en veut de ne pas avoir su prévoir une telle issue. Parce qu'il sait les démons qui la hante, parce qu'il sait la terreur qui submerge son cœur. Telle noirceur ne devrait pas être à gérer, pas en sachant sa vulnérabilité. Il en sert alors entre ses doigts les fleurs tout juste achetées, manquant de s'ouvrir la paume contre les épines des roses bien aiguisées. Et tandis qu'il essaie de se reprendre, de se retrouver, l'air glacial de cette fin de journée continue à s'installer. Violent, prenant, envoûtant. Finalement salvateur pour celui qui s'essaie à réprimer ses peurs. Il n'a pas la moindre idée de ce qu'il trouvera dans cette chambre, pas la moindre idée de ce qu'il pourrait dire, faire, entreprendre en sachant qu'il aurait pu ne plus y prétendre. C'est ça, finalement, le plus douloureux pour le blond qui termine par s'asseoir, savoir qu'elle était là, à s’approprier sa fin quand lui rentrait simplement comme chaque soir. Il en devient pâle, le blond, décidé à faire taire ses réflexions. Celles qui s'emmêlent, qui contre lui se démènent. Il croit perd pied, il croit perdre tout ce qui, à ce monde, pouvait le lier. L'étau se resserre sur ses espoirs, sur tout ce qui le maintient encore loin d'un épais brouillard. Sa vie semble ne plus avoir aucun sens, pas en sachant qu'il aurait peut-être dû faire sans elle. Elle qui l'a tant soutenu, elle qui l'a tant remonté malgré ses folies d'aliéné. Elle qui s'était fait pilier pour les années passées, les années à venir. Leo tousse bruyamment, contrôle l’écœurement qu'il en ressent. Parce que les secondes continuent de s'écouler, parce qu'une heure s'est déjà consumée. Et il est toujours là, les doigts bleutés à cause du froid, venant s'adosser contre l'un des pans de murs de l'entrée, fermant les yeux avant de se mettre à respirer. A chaque inspiration un peu plus fort, luttant pour ne pas s'offrir davantage de tord dans cette histoire encore. Il lui faudra du temps. Du temps pour accepter que rien n'aurait pu empêcher Taylor et ses idées, que rien n'aurait peut-être pu la raisonner. Parce qu'elle sait, elle a toujours su ce qui serait préférable pour elle. Mais cette solution-là ? Cette finalité ne lui convient pas. Égoïstement, certes, mais Leo survie déjà à bien trop de pertes.

Et il lui faudra encore une demi-heure pour se décider, prendre son courage à deux mains pour enfin avancer. Il ose, fuit du regard chaque couloir, chaque angle dans l'obscurité devenu noir. Leo s'élance, s'avance, se souvient de la chambre indiquée, de l'étage à rejoindre pour la trouver. Alors il ne s'arrête pas, ne prenant pas le risque de revenir sur ses pas. Ça jusqu'à relever l'azur de ses prunelles, ça jusqu'à l'apercevoir ce cœur frêle. Le sien s'en sert, offrant à ses esprits la possibilité d'imaginer ce que pourrait être cet instant, dans d'autres couloirs, dans d'autres pièces plus mornes qu'il ne les imagine déjà. Il déglutit, respire, constate que malgré tout ses efforts les couleurs à ses joues ne lui reviennent pas. Tant pis pour l'image, tant pis pour la sûreté qu'il aurait pu être à nouveau dans sa vie. Leo échoue, le sait, et prend le risque d'y parer, cherchant à se convaincre de sa force avant que ses pieds ne franchissent la porte. Et elle tombe, la première bombe. Brutale, phénoménale, dévastatrice au fur et à mesure qu'il contemple Taylor étendue, probablement assoupie ; mais dans son esprit. Putain, dans son esprit, l'idée est toute autre que celle qu'il devrait voir ici. Sous sa poitrine semble imploser sous les battements chaque parcelle de ses sentiments. Raison pour laquelle il s'avance, silencieusement, cherchant à ne pas briser le répit de la jeune femme malgré sa présence imprévue, l'image qu'il viendra donner à sa vue. Leo s'avance seulement, ses fleurs en main, ses sanglots retenus presque en vain. Mais il s'essaie à cela, il tente le tout pour le tout, s'installant dans l'un des fauteuils voisins en attendant qu'elle ne se remette. Parce qu'il est loin d'imaginer que cet instant serait des plus courts, loin de savoir que les heures ne sont désormais comptées avant qu'elle ne puisse se défaire de ces lieux et les quitter. Il est loin d'imaginer que bien des jours ont déjà passé sans qu'il n'est été présent, sans qu'il n'ait été informé. Et s'il le savait, peut-être que sa douleur n'en serait qu'encore plus grande, peut-être qu'il ne s'en relèverait pas. Non, Leo ne saurait l'accepter, d'avoir été si peu présent pour celle qu'il s'était promis de protéger. Une de plus à ajouter sous les lettres rouges calligraphiées qui, au fond de lui, désigne Claudia et son incapacité à la sauver des dangers qui l'entourent depuis bientôt une année. Finalement, les fleurs rejoignent l'un des comptoirs voisins, déposées soigneusement avant que sa main ne vienne trouver la sienne, avant que les larmes ne lui échappent, avant que toute contenance ne lui échappe. Des sanglots silencieux pour celui qui, un jour, pourra peut-être un jour avoir le luxe de se dire heureux. Mais pas cette fois, non pas cette fois, pas en sachant qu'il aurait pu ne plus entendre sa voix.        

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MessageSujet: Re: When people see good, they expect good | taylor   Mer 21 Fév - 23:54

When people see good, they expect good
EXORDIUM.
- C’est pas une bonne idée Tay’, c’est beaucoup trop tôt pour ça.
- Ca, c’est moi qui le décide ou non.

Il est là, les mains sur les hanches, signe qu’il veut se foutre en boule. Mais il ne va pas le faire même si ça fait deux jours qu’il se retient. Passé l’inquiétude, passé la culpabilité, c’est la colère qui lui vient dans la gueule. Celle de me voir insisté pour partir d’ici, sortir, parce que j’veux pas rester une journée de plus dans cet hôpital où tout le monde me connait, où j’croise ces visages avec qui je bosse juste en allant acheter un truc à la cafet’ ou pour aller prendre un peu l’air, autre celui que je gratte en ouvrant qu’à moitié la fenêtre qui est bloqué.
Oui, on ne va certainement pas laisser la possibilité à une suicidaire d’aller se jeter du cinquième pour finir ce qu’elle a si bien commencé mais si mal terminé.

- T’es pas en état de le faire. Ca fait même pas 72 heures que t’es là, t’as besoin de te reposer.
- J’en ai pour un mois d’arrêt et de suivi, minimum, j’aurai tout le temps de le faire chez moi.  
- C’est ridicule.

J’hausse les épaules, déjà lassé par cette discussion. J’suis fatiguée et surtout complètement vidée. J’ai juste envie de me tirer d’ici, c’est pas plus compliqué que ça. J’ai plus envie de voir ces visages, j’ai plus envie de recevoir de la visite que j’suis obligée d’affronter et qui me donne la gerbe à chaque fois parce que cette culpabilité est décidément bien trop grande pour mon petit gabarit. Je ne tolère que peu de personnes et si j’dois les revoir, ça ne sera pas entre ces murs.
J’peux pas. J’peux tout simplement plus.

- C’tout ce que t’as à me dire ? Juste « hm ». Il hausse les épaules, m’imite grossièrement. Mais t’en as rien à foutre de ce que je te dis ou quoi.
- Qu’est-ce que tu veux que je te réponde Luka ? J’ai déjà vu avec les toubibs, la psy doit passer dans la journée, pour en discuter.

J’en ai marre de cette violence, j’en ai marre qu’on me balance leur colère à la gueule. C’est égoïste, je sais. C’est injuste. Ça aussi j’le sais. Et encore, si j’en crois Lockhart, c’est tout simplement normal de ma part que de vouloir faire face à autre chose que des reproches. Surtout venant de lui.
Je sais aussi que j’ai de la chance d’être bien entourée, d’avoir du monde qui m’aime autour de moi, même si leurs sentiments me touchent une fois sur trois. Je me sens monstrueuse de ressentir un truc pareil devant tant de démonstration de tendresse, d’amour, de présence. Mais rien n’y fait, j’arrive pas à combler ces vides qui, même après 72 heures de réveil et de discussion, ressemblent à un néant.  

La seule chose que je commence à ressentir, c’est de la colère. A tord et à travers. Et mon frère est l’une des cibles.
Forcément. Luka = KoS = dette & emmerdes. Tout est partie de là. Si j’en suis là aujourd’hui, c’est parce qu’il a eu la connerie d’aller voir ces foutus bikers de merde pour aller emprunter de l’argent au lieu de m’en parler à moi ou à nos parents. Si j’ai toujours cette envie de crever tapisser au fond de moi, dans l’ombre, c’est parce qu’il a été bien trop con pour faire cette connerie.
Et la rage monte, violente.

- Tu peux m’laisser maintenant ? J’veux prendre ma douche avant que la psy arrive.
- … très bien. Comme tu veux.

Il prend son manteau, vexé. Et moi j’lui tourne le dos avant de craquer et de lui cracher toute ma haine à la gueule.

- T’as besoin de quelqu’un pour te ramener ?
- Non, Maeve s’en chargera.

Luka s’approche, me dépose un baiser rapide sur le sommet du crâne et s’éclipse.
A la seconde où la porte se referme, je relâche la pression, lâche un lourd soupire entrecouper de larmes. Poings serrés, mâchoire crispée, je lutte pour ne rien balancer, pour ne pas marteler cette vitre de mes phalanges. J’comprends pas comment est-ce qu’il est possible de passer d’un vide profond à cette colère noire, brûlante, violente. Une haine qui me donne envie de gueuler sur la moitié du monde pour des raisons plus ou moins justifiées.
Il me faut dix bonnes minutes pour me retourner et faire face à ce sachet qu’Ayleen m’a déposée ce matin. Elle est l’une des seules que je tolère, dont j’ai même besoin pour apercevoir un bout d’équilibre. Je me dirige vers la petite table en bois et ouvre la boite qui contient de la nourriture, celle qu’elle me ramène tous les jours, par peur que j’me laisse mourir de faim. Probable vu la bouffe peu ragoûtante de l’hosto.
Je m’installe sur le lit, pieds dans le vide et prend la fourchette qu’elle m’a bien évidemment glissé avec, prévoyante comme elle est. Et trois bouchées plus tard, je replonge direct dans ce vide, tête la première, sans rien voir venir.

¥

J’ai mangé, prit ma douche puis me suis couchée. Instant de profonde lassitude avec l’envie de rien d’autre que de retrouver des draps, une source de chaleur et surtout me plonger dans un sommeil sans rêve si possible. J’ai dû rapidement m’endormir puisque je ne me souviens de rien et pour l’absence de rêves, on repassera.
Cauchemars à foison, parsemé de hurlements, de larmes, de médocs multicolores et c’est le cœur battant, la conscience en vrac que j’ouvre doucement les yeux pour plonger de nouveau dans une réalité que j’aimerai effacer.

Mais ça ne sont pas mes cauchemars qui me réveillent, qui me poussent vers la sortie, mais une présence, là sur ma main.
Son prénom me reste coincé dans la gorge alors que je le vois là, assit dans ce fauteuil, le visage ravagé par les larmes.

Uppercut en plein estomac, je n’ai pas la force de me redresser.
Voilà pourquoi j’veux partir d’ici et vite. Pour éviter ce genre de situation, ce genre de supplice qui me bouffe littéralement de l’intérieur. Et s’il y avait une personne que je ne voulais pas décevoir ici, Leo en fait partie. Les larmes me viennent, se bloquent dans ma gorge, humidifient mes yeux. Je n’sais pas quoi lui dire, lui murmurer. Ni de désolé, ni de pardon, ni quoi que ce soit. Qu’est-ce que ça changerait ?

- T’es là depuis longtemps ?

Je me retrouve face à celui à qui j’ai dis que non, il ne ferait pas la connerie de se foutre en l’air, parce que je ne le laisserai pas faire. Et regardez où nous en sommes aujourd’hui ?

- Fallait pas que tu viennes ici. Pas comme ça.

Mes doigts se resserrent brusquement sur les siens. Ça n’est pas un reproche, juste que j’aurai préféré qu’il me voit en d’autres circonstances, plutôt qu’à l’hôpital. Le lieu donne toujours un aspect plus dur à la situation, la preuve en est cet instant. Et ma culpabilité se rajoute une couche en me rappelant que Leo est de ceux qui a dû être au courant par les lettres envoyées, qu’il a certainement dû l’ouvrir, la lire et me maudire comme certainement beaucoup.
Peut-être que ses excuses, finalement, je le lui dois à lui aussi.

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MessageSujet: Re: When people see good, they expect good | taylor   Jeu 1 Mar - 16:24



When people see good, they expect good.
[11 décembre 2017]
EXORDIUM.
Il essaie de se rendre à l'évidence des choses, il essaie de retrouver le chemin de cette vérité qu'il peine à réaliser. Parce qu'elle est encore là, parce qu'elle respire, se lève sûrement. Parce qu'elle respire et pourra encore l'engueuler peut-être sévèrement. C'est ce qu'il essaie de se faire entendre, ce qu'il essaie d'ancrer dans son esprit malgré ses troubles, ses impressions que le monde entier est en train de s'effondrer autour de lui, là, juste sous ses pieds. Leo en ferme les yeux à nouveau, Leo se défait du vertige qui commence à le prendre avec un enclin qu'il ne parvient pas à parer. C'est douloureux, brutal, sévère. C'est prenant, oppressant, tortionnaire. Raison pour laquelle sa main use d'un peu de force, la raison pour laquelle sa présence pourrait se trahir rien qu'en ce geste. Leo ne fait pas attention, Leo ravale ses sanglots avec autant de discrétion qu'il est en mesure d'user. Il est fatigué. Exténué par la pauvreté de ce monde, les douleurs qu'il inflige et la manière dont ceux qui lui sont proches y dépérissent. Et, tandis qu'il s'écroule un peu plus entre ses bras, tandis qu'il commence à perdre complètement ses dernières parcelles de foi, elle s'invite, cette voix. Elle lui revient, instinctive, encore faible mais bien réelle. Bien trop réelle, d'ailleurs pour qu'il n'ose l'ignorer. Le regard relevé, les songes qui se perdent dans les profondeurs d'un chagrin à peine contrôlé ; il ose lui faire face. Il ose relever ses traits abîmés vers ceux de la Belle qu'il est venu trouver. « T’es là depuis longtemps ? » Il hésite à répondre, n'y parvient pas encore, les mots bloqués dans sa gorge bien trop serrée. Leo déglutit, Leo peine à soutenir ce regard qu'il a bien cru pouvoir perdre jusqu'à récemment. Et bordel, que c'est douloureux. « Fallait pas que tu viennes ici. Pas comme ça. » Et ses petits doigts commencent à forcer sur les siens, sa main trouvant rapidement la chaleur de la sienne. Leo fait au mieux pour ne pas craquer, pas complètement, pas après avoir ainsi failli. Parce qu'elle était parvenue à lui faire entendre qu'il ne serait pas de ceux qui abandonnent aussi facilement, Taylor était parvenue à lui faire entendre que la toute petite étincelle d'espoir qui lui restait pourrait le sauver, et elle avait eu raison : car son esprit résidait aussi dans sa présence. Chose qu'il n'a pas su lui offrir pour éviter cette finalité-ci, cette tentative échouée mais pourtant de trop. Il aurait pu être cette aide qu'elle avait su être quand tout lui semblait perdu d'avance. Un nouvel échec, une nouvelle idée que de penser qu'à son égard, il n'a jamais fait assez. Aussi, il se retient de hurler, de lui faire entendre qu'il est désolé. Parce qu'il sait, Leo sait que sa voix ne sera pas assez lisse pour pleinement se faire comprendre. La parole lui manque tout comme la décence. La décence de se retenir de se lever, contre son front déposer un baiser. Tremblant, hésitant.

« Tu voulais que je fasse quoi ? » Qu'il demande néanmoins, osant venir lui faire face comme dans l'espoir qu'elle comprenne que sa présence même s'avère plus fort que sa volonté propre. Parce qu'il aurait aimé que ça n'arrive pas, finalement. Il aurait aimé la voir ailleurs qu'ici, dans d'autres circonstances. Il aurait voulu que les choses se passent bien autrement. C'est la raison pour laquelle, cette fois, il se met à soupirer, à prendre sur lui pour ne pas continuer sur cette lancée. Il sait que certains mots ne sont pas à prononcer, il sait qu'il est des choses qui ne doivent pas lui échapper car la culpabilité n'a pas sa place ici, pas maintenant, pas en sachant tout ce qui l'a poussée dans ces retranchements-là. Puis, finalement, il retrouve sa place sur la chaise tirée silencieusement un peu plus tôt. Leo retrouve sa place assise, le bleu de son regard posé sur la jeune femme qu'il est venu visiter ; celle à qui il ne sait même plus comment parler. Parce qu'il craint tout ce qui pourrait être dit, parce qu'il craint tout ce qu'il pourrait entendre. Leo craint de ne pas avoir su le rôle qu'il s'était attribué à l'égard de la Belle, Leo craint également de terminer par lui reprocher de s'être risquée à cette stupidité quand elle faisait au mieux pour le lui épargner cette finalité. Trop de choses se passent dans sa tête, trop de paradoxes, trop de chemins qu'il n'est pas à même de suivre ; pas tous en même temps en tout cas. « Je ne sais pas quoi te dire, Taylor. » Parce qu'il n'y a pas grand-chose qui puisse être énoncer, en vérité. Et il le sait, peut-être mieux que quiconque. Il est le roi des situations à la con, le roi des choses qui nous échappe, des choses qui vont, viennent sans qu'on ne puisse pleinement les apprivoiser, ni même – finalement – les appréhender. Le choix de Taylor fait partie de ces choses-là et s'il est des questions qu'il aimerait lui poser, des remarques qu'il se ferait une joie de lui exposer ; il sait que d'autres, avant lui, sûrement prévenus bien plus tôt, s'en sont forcément chargé. Alors il soupire. Impuissant, plus détaché de la vie de la Belle qu'il ne pensait l'être depuis maintenant quelques années. C'est douloureux mais cette souffrance-là, aujourd'hui, n'a pas à se faire entendre. Pas cette fois. Il est celui qui écoute, celui qui porte. Celui qui essaie d'arranger une situation qui aurait pu ne pas se passer s'il avait su pleinement lui épargner ces pensées. Un soupire, le regard qui se perd un peu plus loin. Leo hésite, Leo cherche, Leo lutte pour pleinement se ressaisir. Elle n'a pas besoin de ses larmes, de ses sanglots, de ses complaintes. Elle a besoin de force, de détermination, de volonté. « Toi, en revanche, tu peux me parler. » Qu'il ose dire, faire entendre, sa main finalement toujours dans la sienne comme pour réussir à l'y inciter.        

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MessageSujet: Re: When people see good, they expect good | taylor   Ven 9 Mar - 22:44

When people see good, they expect good
EXORDIUM.
- Tu voulais que je fasse quoi ?

Je n’sais pas mais pas venir ici. C’est ce que j’ai envie de lui répondre mais n’y arrive pas, gorge bloquée par les larmes. Les face à face n’en finisse pas et rien que d’y penser, j’ai mal au crâne. J’ai affronté Maeve, Milo et Ayleen. Maintenant Leo. Et je n’ose pas imaginer la suite, ne veux pas. Je n’sais pas si je pourrais encaisser ces regards, cette tristesse et cette incompréhension plus longtemps, dans le regard de chacun. Je me doute que je dois des explications, d’essayer de les rassurer, de leur faire comprendre que ça ne vient pas d’eux… mais comment réussir quelque chose que je n’arrive pas avec moi-même ?

Je dois sortir en fin de journée mais quand j’vois mon état en cette seconde, je me demande si c’est une bonne idée, si mon frère n’a pas quelque part raison. Fuir cet hôpital me permettra-t-il vraiment de fuir les autres ? De ne pas faire face à Justin par exemple ? Ou même Saoirse ?
J’ai la gerbe, je me redresse dans mon lit, dos contre mon oreiller alors que j’ai qu’une envie : Crever au fond de mon lit, qu’on m’oublie, que je m’oublie.

- Je ne sais pas quoi te dire, Taylor.

Leo est assis dans ce fauteuil et je ne l’ai jamais vu si fatigué, si usé. Ou peut-être que si. Cette fois-là où je l’ai trouvé hors de lui, en plein délire, gorgé de colère. Ce soir-là où je lui ai dis que non, il ne ferait pas de connerie, qu’il n’irait pas se foutre en l’air parce que je l’en empêcherais, que je le laisserais pas faire un truc pareil…
Et regardez-nous aujourd’hui. Comme deux cons, situations et rôles inversés. Ayant oser commettre l’acte que je lui ai interdit… La honte me submerge, la culpabilité avec et dans un geste de défense ou de je ne sais quelle autre connerie, je ramène mes jambes contre moi, les englobes de mes bras. J’ai l’impression de réduire le monde qui m’entoure et stupide ou pas, moins ce dernier est grand, mieux je me porte.

- Toi, en revanche, tu peux me parler.
- Non.

Je secoue la tête, serre les lèvres. Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise, putain ? La rage refait surface, la même que celle qui m’habitais lorsque mon frère m’emmerdait avec ses « c’est trop tôt », « c’est pas le moment ». J’t’emmerde putain, j’vous emmerde tous.
C’est faux. Mais j’suis paumé, je sais plus très bien ce que je veux, ne veux pas. Qui je déteste ou non. Qui je juge responsable. Et si quelqu’un savait ce qu’il se passe sous mon crâne, il me prendrait pour une putain de folle bonne à interner. Je me passe une main tremblante sur mon visage fatigué, creusé par la fatigue et parce que je peine à me nourrir.

- Je n’sais pas quoi dire Leo. Je n’sais pas quoi vous dire à tous.

Je serre les dents, tremblante. Il n’a pas à subir ce qui va suivre, il n’a pas à être récepteur de tout ce feu qui m’anime. Il a toujours été comme un frère pour moi et peut-être que si ça avait été lui et non Lucas, j’en serais pas là aujourd’hui. Je déglutis, m’agite.

- Vous êtes tous là avec vos questions mais j’sais pas quoi vous répondre. Je sais pas quoi vous dire et je sais même pas si j’ai envie de parler.

La folie gagne son terrain, celle-là même qui m’a poussé à me dire que Maeve finira de toute façon par me plaquer pour mon geste qu’ils doivent tous juger comme étant une connerie. J’ai vu les regards, compris les reproches d’avoir voulu les abandonner. Mais et moi putain, dans tout ce bordel ? Le texto de Saoirse me reste encore au travers de la gorge, me donne envie de flinguer mon portable et de le jeter contre un mur, de gueuler, de tout balancer.

- C’était pas pour m’faire remarquer, c’était pas pour faire la meuf qu’avait besoin qu’on la regarde. ‘Chier. Une main dans mes cheveux, je me mords l’intérieur de la joue. J’suis pas conne, je sais que tu m’en veux, que Maeve m’en veut, que ça va être le cas pour tout le monde et que j’vais pas avoir le choix que de m’en prendre plein la gueule parce que c’est apparemment mérité.

Amer, colère, rancune. Ce que vous voulez. Peu importe, ça ne change rien aux faits.
J’ai soudainement chaud, l’envie de chialer persiste et je m’en veux au fond de lui balancer ça à la gueule alors qu’il ne le mérite pas. Lui moins que quiconque. Il a toujours été là, même dans les moments les plus durs, même quand j’me suis faite taper sur la gueule par cet enculé de camé. Pour tout et n’importe quoi.
Et là, j’ai qu’une angoisse, qu’il se tire. Qu’il juge que c’est bien trop pour lui à supporter parce que lui aussi à ses propres emmerdes, suffisamment énormes pour ne pas avoir à subir les miennes.



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MessageSujet: Re: When people see good, they expect good | taylor   Mar 13 Mar - 22:26



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[11 décembre 2017]
EXORDIUM.
A peine ses mots ont été prononcé qu'il a vu cette détresse dans son regard se teinter. Et il aurait voulu lui épargner ça, il aurait voulu que les choses soient différentes de ce qu'elles sont ici. Parce qu'il n'a nullement l'envie de supporter sa douleur, parce qu'elle ne mérite pas de souffrir de cette manière, parce qu'il aurait voulu que ça n'arrive jamais ; pas à elle. Pas en sachant qu'elle était parvenue à lui ôter cette idée de la tête. Leo soupire quand, dans la précipitation, Taylor répond à la négative. A la négative avant de continuer sur sa lancée, malgré sa légère pause installée. Imposée. Leo prend sur lui, s'y essaie. Leo fait au mieux pour retenir ses larmes, cette incompréhension qu'il sent le dominer plus qu'il ne l'aurait penser. « Je n’sais pas quoi dire Leo. Je n’sais pas quoi vous dire à tous. » Il s'en recule, Leo. Il s'en recule parce qu'il sent la vanne s'ouvrir, parce qu'il sent toute sa colère, toute sa tristesse, tout ce qu'il n'a pas su appréhender ; le soit-disant frère qu'elle aurait dû avoir. Et il s'en veut de s'en rappeler, il s'en veut d'entendre encore la jeune femme, dans ses souvenirs, lui faire entendre cette phrase qu'il n'a pas su honorer, épargner du pire. Alors il se tait, le trentenaire, il se tait parce qu'il n'a aucun mot à répondre à cela, aucune phrase à énoncer pour contrer ce qu'elle essaie de faire entendre : à savoir que, peut-être, rien n'est à dire. « Vous êtes tous là avec vos questions mais j’sais pas quoi vous répondre. Je sais pas quoi vous dire et je sais même pas si j’ai envie de parler. » Et s'il s'était fait silencieux, reclus jusqu'à alors, Leo en fronce désormais les sourcils, perdant un peu de cette tristesse qu'il n'arrive jamais à réprimer. C'est brutal, ce qu'elle vient dire, le ton qu'elle emploie. C'est glacial et soudain, laissant ses mots se poser là entre ses mains. Ça a le mérite d'être clair, peut-être même trop. Leo sent son cœur s'affoler, sous sa cage thoracique s'emballer. Jamais, jamais il ne l'aurait imaginé ainsi lui parler. Parce qu'il ne fait qu'aider, il n'a toujours fait que cela, Leo. « C’était pas pour m’faire remarquer, c’était pas pour faire la meuf qu’avait besoin qu’on la regarde. ‘Chier. J’suis pas conne, je sais que tu m’en veux, que Maeve m’en veut, que ça va être le cas pour tout le monde et que j’vais pas avoir le choix que de m’en prendre plein la gueule parce que c’est apparemment mérité. » Tout se déverse sur lui sans qu'il ne s'y soit préparé ; parce qu'il s'attendait à mieux pour cette entrevue, parce qu'il s'attendait à mieux pour cette visite imprévue. Et c'est peut-être de sa faute ici d'avoir cru qu'il trouverait sa place ici ; entre des murs qu'ils détestent autant l'un que l'autre. Leo soupire alors, cet air outré de teinté contre ses traits, l'une de ses mains venant essuyer les larmes qu'il n'a pas senti couler. Ça a été soudain, instinctif sûrement. C'est ça le plus dur, finalement ; de devoir admettre qu'il n'a même le courage de la blâmer pour la manière dont elle vient de lui parler. Lui qui ne faisait qu'un pas vers elle pour tenter de l'aider.

Pourtant, quelque-chose vient se bloquer dans sa gorge, là, brûlant sa trachée. Il en ressent les nausées puis, finalement, au détour d'un couloir, il en ressent une pointe de colère tout de même. Quelque-chose de léger mais qui, aisément, vient s'installer. Parce qu'il croit encore entendre ses mots résonner, dans sa tête se perdre jusqu'à s'imposer sur chacune des parois qu'ils en viennent à passer. Ça vient, ça frappe, ça creuse avec insistance jusqu'au plus profond de lui. Alors elle est là, l'image qu'elle se fait de sa visite ? « Tu crois que je viens juste parce que je crois que t'as besoin d'attention ? » Elle se pose la question, elle vient avec un ton un peu dédaigneux ; blessé en vérité. « C'est vraiment l'idée que tu te fais, là, tout de suite ? Une pause, Leo qui ose quelques pas avant de venir plus ou moins lui faire face, tentant de garder pour lui toutes ces émotions qui s'entrechoquent sans qu'il ne puisse y parer. Hm ? » Et il craque, comme souvent dernièrement. Il craque parce qu'il n'a que cette issue, que cette solution, parce qu'il n'est pas à même d'expliquer calmement que s'il est là, c'est pour elle ; elle et ses tourments. Et, dans la foulée, ce sont les fleurs qu'il vient rattraper pour finalement lui balancer, les laisser légèrement s’abîmer quand elles arrivent sur elle et ses draps à peine défaits. « Si j'avais été à ta place, si j'avais pas écouté tout ce que tu m'as dit la dernière fois qu'on s'est vu et que les rôles, là, étaient inversés ? Si je te claquais cette merde dans la gueule, dis-moi par curiosité Taylor comment tu réagirais ? Parce qu'il faut que je sache ce que je suis censé dire là, en fait ; ce que je suis censé faire. » Il attend, cet air abîmé d'installé contre son visage fatigué. Il s'inquiète tellement, derrière cette colère qu'il ne contient pas vraiment. Parce que ça le dépasse, parce qu'il n'a pas la moindre idée de la manière dont les choses auraient dû normalement se passer. Alors, oui, finalement c'est sur lui qu'il porte la conversation. Pour la première fois depuis longtemps, Leo se fait égoïsme. Mais n'est-ce pas là tout ce que les gens font dans ce genre de situations, finalement ? Venir accuser une douleur qu'ils auraient peut-être eu à endurer si ceux qui leur font face leur avaient presque causé ? Il soupire en y songeant, laissant ses traits se perdre sous l'une de ses mains tremblantes ; à bout de force, à bout de nerfs. Car les nuits sont courtes et les journées intenses. Parce que les démons règnent et rongent sans qu'il n'ait contre eux la moindre défense. « J'étais venu pour te dire que j'étais content de pouvoir peut-être t'aider à te relever comme j'aurais dû le faire avant tout ça... ; qu'il souffle finalement, dos presque tourné à celle qui se fait pourtant principale concernée. Mais il n'a pas encore la force de pleinement la regarder, pas après ce haussement de voix injustifié ; Leo croulant aisément sous sa culpabilité. Que j'étais soulagé de pouvoir prétendre à te rappeler que tu aurais pu perdre bien des choses au-delà de ce que tu as du surmonter. » La voix basse, le ton calme mais cet étranglement dans la gorge. Il se doute que ses mots sont mal choisis mais il a essayé, il a essayé de lui faire entendre qu'il ferait tout pour soulager sa vie.         

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MessageSujet: Re: When people see good, they expect good | taylor   Lun 26 Mar - 16:16

When people see good, they expect good
EXORDIUM.
- Tu crois que je viens juste parce que je crois que t'as besoin d'attention ? C'est vraiment l'idée que tu te fais, là, tout de suite ?

Il me regarde, braque son regard bleu dans le mien, presque choqué. J’me sens mal à l’aise, j’sais pas où me foutre.

-Hm ?
- J’en sais rien.

J’en sais foutrement rien ouais. Parce que j’sais même plus quoi penser de qui, sur quoi, de moi-même et de la situation. De ce que je veux réellement lorsque tout le monde s’attend à ce que je veuille de nouveau vivre, reprendre mon train-train habituel et réafficher un air concerné et souriant. Et vu le sms de Saoirse que j’ai reçu, j’me dis qu’ils doivent à peu près tout se dire la même chose, Léo plus que les autres vu que lui aussi était là à l’hopital, qu’il aurait pu y passer, se prendre une balle.
Mais la chose que je n’vois pas arriver c’est le bouquet de gueule en pleine gueule dont les pétales s’étiolent sur les draps. J’ai à peine le temps de me mettre les bras devant le visage pour pas me recevoir le tout dans les yeux et la réaction est immédiate. Des émotions sur ressorts qui bondissent à la moindre occasion.

- Non mais ça va pas ! Putain !
- Si j'avais été à ta place, si j'avais pas écouté tout ce que tu m'as dit la dernière fois qu'on s'est vu et que les rôles, là, étaient inversés ? Si je te claquais cette merde dans la gueule, dis-moi par curiosité Taylor comment tu réagirais ? Parce qu'il faut que je sache ce que je suis censé dire là, en fait ; ce que je suis censé faire.

Je n’comprends pas comment je peux passer d’une absence d’émotion, d’un vide profond à une envie brutale de tous les envoyer se faire foutre, d’aller leur dire de se faire enfiler par tout l’hopital avec leur moral et leur reproche à la con. Je ne m’y retrouve plus, ne me reconnait plus. J’ai envie de m’exploser le crâne, que tout s’arrête, de ne plus tous les voir défiler un par un pour m’poser un tas de questions auxquelles je ne peux pas répondre, pour ne plus les entendre me demander ce qu’ils sont censés faire quand moi-même je ne sais pas ce que je dois foutre, comme si j’devais tout leur dicter, leur donner des instructions… C’est injuste pour Leo qui n’a rien demandé, injuste pour lui alors qu’il n’est venu dans l’unique but de prendre des nouvelles.
Injuste que ça soit sur lui que tout retombe.

Je le regarde, interdite, sans un mot. Si j’articule, si mes lèvres forment une série de phrase, ça sera pour balancer des saloperies qui ne lui reviennent pas.

- J'étais venu pour te dire que j'étais content de pouvoir peut-être t'aider à te relever comme j'aurais dû le faire avant tout ça... Que j'étais soulagé de pouvoir prétendre à te rappeler que tu aurais pu perdre bien des choses au-delà de ce que tu as du surmonter.

Visage entre les mains, j’ai envie de hurler, le crâne trop rempli. Le cœur au bord des lèvres, je n’veux plus le voir. Ni lui, ni Maeve, ni qui que ce soit qui pourrait venir me présenter sa culpabilité à la gueule parce qu’aujourd’hui, je suis visiblement la belle salope qu’à décrit Saoirse, celle qui n’a aucun cœur, égoïste au possible de leur avoir fait subir ça.

- Mais qu’est-ce que tu veux que je te dise. Qu’est-ce que vous voulez tous que j’vous dise putain !

Je me redresse, jette à mon tour ce bouquet de fleur à l’autre bout de la pièce d’un geste rageur, le visage déformé par la colère, les larmes embrumant déjà mes yeux. Comme à chaque fois que je gueule et que je me fous en rogne, me faisant perdre toute putain de crédibilité.
Je suis déjà hors de mon lit, debout alors qu’il me tourne le dos. Hors de question qu’il reste comme ça, il va me regarder bien en face et me balancer ses reproches cachés en pleine gueule.

- Comment veux-tu que j’vous dise quoi faire quand j’sais même pas moi-même ce qu’il se passe ! Et putain, regarde-moi !

Je lui prends l’épaule, le retourne brusquement.

- Tu veux que j’fasse quoi ? Que j’te dise merci de me rappeler que j’ai été une belle salope de vous abandonner ? T’attends quoi au juste, que je te dise « Non Leo, c’est pas ta faute, t’en fais pas, t’es pas coupable » ? Que j’te présente publiquement mes excuses ? Tremblement des mains, du corps entier. Je vrille. Il n’a rien fait et il s’en prend plein la gueule. Je le pousse avec une force digne d’un gamin de cinq ans en état grippal. Alors OUI LEO, j’suis désolée d’avoir voulu crever parce que j’en pouvais plus. Et de nouveau une poussée, frustrée de ne pas pouvoir faire plus fort, plus brusque. Désolée de pas avoir eu toute la force morale que vous avez l’air de TOUS avoir pour tenir le coup ! Désolée de pas avoir votre PUTAIN DE BON SENS !

Et je chiale à grandes eaux. J’suis complètement paumée, piégée dans un labyrinthe de solitude, visage entre les mains, front sur son épaule. Inconsciemment en recherche de ses bras.



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MessageSujet: Re: When people see good, they expect good | taylor   Jeu 5 Avr - 14:04



When people see good, they expect good.
[11 décembre 2017]
EXORDIUM.
Il sait que tout est à venir, il sait que tout est encore à jouer et pourtant, pourtant il insiste. Parce qu'il n'a pas la moindre idée de la manière dont les choses doivent désormais se passer, parce qu'il n'a pas la moindre idée de la manière dont il devrait réagir, de ce qu'il devrait dire. Et pour dire quoi, finalement ? Est-ce que quelque-chose, de base, est à dire dans ce genre de situations ? Parce qu'il a oublié ses formations, tout ce qui lui fut appris par le passé jusqu'à la fin de ses études qui l'ont mené ici. Non, il ne sait plus, Leo ne sait plus parce que ça le touche, directement. Parce que ça vient heurter son cœur par ce que représente Taylor à ses yeux. Une trop grosse partie de son cœur. C'est ce pourquoi il a réagit de la sorte derrière la tonne de questions pourtant encore bien présentes. C'est ce qui l'a mené jusqu'à s'animer brutalement tandis qu'il le voit enfin, le regard de Taylor, de cette panoplie qu'il ne connaît pas. Il ne la connaît pas, pas ici, pas entre ces draps-là. « Mais qu’est-ce que tu veux que je te dise. Qu’est-ce que vous voulez tous que j’vous dise putain ! » Il fronce les sourcils, n'a pas encore les paroles nécessaires pour répliquer et, de toute manière, elle s'en redresse, la jeune femme. Elle se redresse et l'imite, balançant à son tour les fleurs déjà maltraitées qu'il s'était risqué à ramener. Ce n'est qu'un soupire qui franchie la barrière de ses lèvres, qu'un maigre soupire avant qu'une idée ne vienne naître dans sa tête : peut-être aurait-il mieux valu qu'il ne vienne pas. Pas ici, pas en cet endroit-là. Leo aurait du attendre qu'elle soit chez soi. C'est ce pourquoi il en vient à lui tourner le dos, cherchant s'il ne lui manque rien pour passer une porte qu'il n'atteint pas avant que la voix de la petite brune ne s'élève dans son dos. « Comment veux-tu que j’vous dise quoi faire quand j’sais même pas moi-même ce qu’il se passe ! Et putain, regarde-moi ! » La main qui s'appose, qui amène le blond à faire volte-face, l'azur de ses prunelles désormais bien posé sur les siennes. Et il la toise, un instant, rien qu'un instant, cet air fatigué de tracé le long des traits affaissés. « Tu veux que j’fasse quoi ? Que j’te dise merci de me rappeler que j’ai été une belle salope de vous abandonner ? T’attends quoi au juste, que je te dise « Non Leo, c’est pas ta faute, t’en fais pas, t’es pas coupable » ? Que j’te présente publiquement mes excuses ? » Un énième soupire, l'agacement au creux de sa gorge qui, pourtant, ne se manifeste pas. Comment le pourrait-il ? Il n'est pas de ceux-là, n'a pas cet instinct-là. Non, Leo se contente d'écouter, d'essuyer les légers coups qu'il sent portés à l'encontre de sa personne. « Alors OUI LEO, j’suis désolée d’avoir voulu crever parce que j’en pouvais plus. Désolée de pas avoir eu toute la force morale que vous avez l’air de TOUS avoir pour tenir le coup ! Désolée de pas avoir votre PUTAIN DE BON SENS ! » Et les presque coups s'arrêtent, le torrent s'estompe.

Il sent les larmes se perdre contre son haut, il sent toute la détresse qui émane d'une si petite personne et, en cet instant précis, il en sent son cœur s'en briser davantage. Davantage que lorsqu'il l'a su, davantage que lorsqu'il s'est risqué à imaginer un monde sans Claudia, sans Abraham, sans Daniel... puis sans elle. Elle a la lisière de tout, de rien, du paradoxe du monde. Un frisson vient parcourir son dos tandis qu'il retient tout, tout ce qui se joue en lui. Les bras qui se ferment contre le corps fatiguée de la jeune femme, Leo y met autant de cœur qu'il pourrait en mettre, imaginant tout ce qu'il aurait pu faire pour lui épargner ça, lui épargner d'avoir à sombrer comme ça. « Sauf que je te demande rien Tay... ; qu'il souffle à son oreille, la gardant précieusement dans ses bras, l'empêchant d'ailleurs de fuir quant à ce qu'il pourrait avoir à dire. Parce qu'il a à dire, parce qu'il a à faire entendre. Et c'est ce qu'il essaie de faire, cherchant ses mots, laissant sa vue se perdre sur un point qu'il ne perçoit finalement même plus. Concentré, concentré dans cette nouvelle tâche donnée, l'arracher à cette perdition à moitié essuyée. J'te demande rien. J'sais juste pas quoi dire, pas quoi faire parce que je t'aime et je supporte pas de te savoir si loin. Des mots un peu hésitants mais vrais, vrais parce qu'il y met toute son essence en ceux-là. Leo essaie au mieux de lui faire comprendre sa présence en cet endroit. Et si elle n'en veut pas... si elle n'en veut pas, il s'en ira. Parce qu'il n'a nul autre choix que celui-là. Et j'venais juste te dire que j'étais désolé de pas avoir été là pour ça. J'venais parce que c'est toi qui devrait nous en vouloir, dans l'fond Tay. Ce putain de bon sens dont tu parles, cette force c'est toi qui me l'a donné en ce qui me concerne. Si j'tiens c'est en partie grâce à toi. Une petite pause, le visage qui enfin se défait de sa cascade brune pour chercher son regard, chercher sa conscience. Il faut qu'elle entende. Qu'elle entende que rien n'est de sa faute ; mais bien de la leur. À tous. Tous sans exception. C'est à nous, à moi de m'excuser. Et je suis désolé. » Les mots viennent se perdre dans la pièce tandis que le visage du blond s'abaisse un peu. La honte, possiblement. La culpabilité de ne pas avoir été à la hauteur des tortures qu'elle essuyait. Parce qu'elle l'avait été, elle, avec lui. Elle l'a été quand tout s'effondrait. « Juste ne dit rien, accepte-les, Tay. » Les mots qui viennent se perdre avec son pouce contre la joue féminine qu'il essuie d'un revers du doigt. Et il se retient quelques-mots, quelques-mots qu'il n'a pas le droit de prononcer, pas encore, pas de cette manière-là. Non, il tait que tout ira bien, parce que tout doit bien aller. Leo le voudrait pour son utopie concernée, cette remontée tremblante mais bourrée de volonté.        

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MessageSujet: Re: When people see good, they expect good | taylor   Sam 21 Avr - 19:38

When people see good, they expect good
EXORDIUM.
Un jour, je vais finir par ne plus pouvoir chialer, ne plus pouvoir verser une seule putain de larme tellement j’en verse des litres depuis trois jours. Un jour, ça ne viendra plus parce que j’aurai pleuré tout ce que je peux et ce jour-là, peut-être que je pêterais de nouveau les plombs parce que je n’arriverais plus à évacuer de cette façon.  
Mais pour le moment, j’évacue avec l’envie bouillante de hurler contre cette épaule, de mordre le tissu de son vêtement et y crier ma fureur étouffée jusqu’à ce que j’en perde le souffle. Mais je ne fais rien de tout ça, je pleure juste après avoir gueuler, après avoir faiblement cogner contre ce corps qui me soutient. Si je ne sentais pas ses bras autour de moi, je me demande si je serais déjà à genoux ou non.

- Sauf que je te demande rien Tay...

Eteint tout. Les images qui s’accumulent dans mon cerveau, mes envies morbides, mes pensées qui m’étouffent, j’ai envie qu’une bombe atomique m’explose la cervelle.

- J'te demande rien. J'sais juste pas quoi dire, pas quoi faire parce que je t'aime et je supporte pas de te savoir si loin.

J’ai l’impression d’entendre Maeve, mon frère. Mais si vous ne savez pas quoi dire c’est qu’il n’y a RIEN à dire, juste à contempler les morceaux que j’ai consciemment éclaté. Mais ses mots m’atteignent, se fraie un chemin et me pousse à me blottir un peu plus contre lui, à lâcher prise juste un peu. Quelques secondes. Rien à foutre de cette fierté déjà bafoué de toute façon.

- Et j'venais juste te dire que j'étais désolé de pas avoir été là pour ça. J'venais parce que c'est toi qui devrait nous en vouloir, dans l'fond Tay. Ce putain de bon sens dont tu parles, cette force c'est toi qui me l'a donné en ce qui me concerne. Si j'tiens c'est en partie grâce à toi.

Je ne sais pas si ce qu’il me dit me fait du bien ou si ça me fait mal, d’une manière que je ne pourrais même pas expliquer. Je me recroqueville un peu plus contre lui, me laisse enfermer entre ses bras parce que j’suis pas capable de le regarder dans les yeux en écoutant ça. Trop vulnérable, comme si j’étais littéralement nue devant lui. J’ai du mal à croire en ce qu’il me dit, aujourd’hui, j’ai du mal. J’sais qu’il me dit pas ça pour faire beau, pour faire plaisir mais j’ai du mal à l’entendre, à me dire que j’ai pu être utile à sa propre survie, à sa propre remontée quand j’suis pas foutue de mettre de l’ordre dans ma propre existence. Je ne vaux rien, n’est bonne à rien et tout ce que je touche, ce détruit autour. Et quand il dit que c’est à eux que je devrais en vouloir… je n’arrive pas à avoir une opinion claire sur ce sujet. J’en veux à mon frère, j’en veux à d’autres de manière complètement injustifiée. Mais à savoir si j’ai raison, j’en sais rien.

Je le sens me redresser légèrement, que c’est le moment de devoir affronter ses deux billes bleues. Je peine à lever le regard vers lui, de mes yeux rougis et explosé, baigné de larmes. J’suis pathétique.

-  C'est à nous, à moi de m'excuser. Et je suis désolé.

Les larmes redoublent, je ne les contrôle pas mais je reste face à lui.
San savoir pourquoi, ce qu’il me dit là me fait presque du bien, me soulage d’un poids que je ne saurais pas nommer, ni identifier. Je ne sais même pas pourquoi ils devraient tous s’excuser. De quoi, d’avoir rien vu ? J’ai tout fait pour que ça soit le cas, ils ne peuvent pas se reprocher de pas avoir capter quelque chose que je ne montrais pas. Leo n’a pas été moins présent qu’un autre, il a toujours su être à la hauteur, comme tout ceux qui m’ont entouré. Le problème ne vient pas d’eux mais de moi, de toutes les merdes qui me sont tombés sur la gueule. J’ai pas le temps ni la force d’ouvrir la bouche pour le lui expliquer.

- Juste ne dit rien, accepte-les, Tay.

J’acquiesce alors qu’il essuie ma joue du bout du pouce. J’me sens vulnérable, une vraie brèche ouverte et j’me sens presque avec le droit de me laisser aller. Comme lorsque Ayleen et Milo sont venu, me répétant qu’on allait tous les trois régler tout ça, qu’on allait en voir le bout. Ici, c’est encore différent. Leo m’offre cette possibilité d’être entièrement vulnérable sans craindre de me prendre un vent de panique dans la gueule, sans craindre de ne pas pouvoir être récupérer derrière. Un mur solide, un pilier fondamental. Et même si je n’en prends pas totalement conscience, le plus important est qu’il soit tout simplement là.

- J’dois sortir tout à l’heure, Maeve vient m’chercher. Tu veux bien rester en attendant ?

Aucunement l’envie d’être seule, aucunement l’envie de m’écrouler comme une merde sans pouvoir me raccrocher à ce qu’il représente.
Je  me recule de quelques pas pour venir m’assoir sur mon lit, les pieds dans le vide parce que j’suis décidément trop petite. Comme si j’étais une gamine de 7 ans dans un pieu beaucoup trop grand pour elle. Je chope les mouchoirs sur ma table de nuit et me mouche, me donnant un air un peu moins morveuse peut-être. Je tousse dans le creux de mon poing, la gorge serrée, douloureuse.

- Je sais pas comment me comporter, comment j’vais faire pour la suite Leo. J’ai l’impression d’être déjà fatiguée alors que j’ai même pas encore essayée. Que j’en verrais jamais le bout.

Les mots viennent un peu difficilement mais franchisse le bout de mes lèvres, découlent lentement vers lui cachés derrière ces aveux que je  me voyais pourtant pas formuler.

- Je sais que les gens vont se dire que j’suis qu’une sale conne égoïste, que j’ai pensé qu’à ma gueule et j’sais pas si je m’en fout ou si j’ai la trouille d’y faire face. J’ai pas le courage de les entendre gueuler, me reprocher que j’suis stupide, faible ou qu’une pourriture pour ne pas avoir pensée un seul instant à ma famille, à Maeve ou mes proches.

Non, je sais pas, j’en suis sûre. La force, je l’ai pas. Ca va se finir en drame, en cri, en larme, peut-être même en gifle, j’en sais rien. Mais j’repense à ceux à qui j’ai écris les lettres et mon estomac se noue douloureusement.
Tout était si bien orchestré. Le plan presque parfait.



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MessageSujet: Re: When people see good, they expect good | taylor   Sam 9 Juin - 23:17



When people see good, they expect good.
[11 décembre 2017]
EXORDIUM.
La jeune femme qui acquiesce, qui vient laisser ses perles salées contre lui se déverser. Leo les accepte parce qu'il les mérite, il la mérite oui cette douleur lancinante qui danse en lui devant cette image. Celle de l'une des âmes les plus importantes à ses yeux en pleine chute libre ; l'abandon total des maigres parcelles de vie encore palpables. Un soupire, le cœur de Leo qui s'emballe contre lequel sa conscience lutte. Il essaie de tenir, de faire taire cette pression artérielle qui donne l'occasion aux larmes de monter. Cette soirée n'est pas aux lamentations dissimulées. Il aurait dû être présent, savoir voir ce qui avait pu être voyant et l'assumer finalement complètement. « J’dois sortir tout à l’heure, Maeve vient m’chercher. Tu veux bien rester en attendant ? » La réalité qui revient, les songes qui s'éteignent. Leo en revient à ce qu'elle vient dire, à ce qu'elle vient faire entendre, à cette supplice qu'elle chuchote presque contre lui. Et il acquiesce le blond, n'a la possibilité que de répondre comme cela. Parce qu'elle est un tout en son cœur, parce qu'elle représente une majeure partie de bien depuis tous ces instants passés qu'ont été les leurs. Et tandis qu'il y pense, tandis qu'il se souvient de ces nombreuses soirées à rire, à se chamailler, Taylor se défait de l'étreinte instaurée. Elle se recule, rejoint le lit délavé par les années passées, l'usure et l'âge venus le décorer. Les pas un peu tremblants qui s'osent dans sa direction, qui viennent se perdre jusqu'à ses côtés pour finalement lui aussi s'y installer, prendre place sur les draps lissés. « Je sais pas comment me comporter, comment j’vais faire pour la suite Leo. J’ai l’impression d’être déjà fatiguée alors que j’ai même pas encore essayée. Que j’en verrais jamais le bout. » Il ne fait qu'en baisser la tête, il ne fait que fuir à ces mots-là parce qu'il n'a pas encore de réponse adéquate à lui offrir, pas encore les mots nécessaires pour apaiser la détresse qu'il parvient à entendre s'échapper d'entre ses lèvres. « Je sais que les gens vont se dire que j’suis qu’une sale conne égoïste, que j’ai pensé qu’à ma gueule et j’sais pas si je m’en fout ou si j’ai la trouille d’y faire face. J’ai pas le courage de les entendre gueuler, me reprocher que j’suis stupide, faible ou qu’une pourriture pour ne pas avoir pensée un seul instant à ma famille, à Maeve ou mes proches. » Et s'il s'était abstenu jusqu'alors, la pression se fait un peu plus dense contre les parois de sa poitrine, là où tout s'apprête à lâcher sans qu'il ne puisse y parer ; derrière le mur qu'il essaie d'être, Leo n'a toujours été que faiblesse. Alors il essaie de s'élever, au-dessus de sa propre perdition pour pouvoir l'aider, l'épauler ; chose qu'il n'avait pas su faire pour que ses actes ne viennent ici la jeter. Et la culpabilité qui remonte, cette dépression en refonte.

Mais pas maintenant, pas encore, pas en sachant que tout est encore à rattraper, qu'entre ses mains résident la possibilité pour que Taylor puisse de nouveau s'élever. C'est à cela qu'il s'accroche, à cette simple idée qu'il vient se suspendre avec la ferme attention de ne rien lâcher. Leo saura y perdre toute sa volonté jusqu'à la fin de ses réserves les plus cachées. « J'imagine que les laisser penser ce qu'ils veulent reste la meilleure des solutions ; une pause, le regard toujours ailleurs mais la voix bien présente, bien portante. Tu sais ce qui t'a poussé à ça. Tu connais la vérité, s'ils ne sont pas à même d'essayer de la percevoir, ils ne méritent pas vraiment que tu te soucis des pensées qu'ils pourraient avoir. » Et il tient son regard, cette fois-ci. Il vient lui faire face comme dans l'espoir que ses paroles ne s'inscrivent en elle de manière permanente. Elle doit se souvenir que tout ne tient qu'à elle, qu'à cette force qu'elle pourrait s'attribuer si elle savait, si elle savait la présence de cette dernière en elle depuis toutes ces années. « Ils prendront conscience des choses quand ils estimeront le temps venu. D'ici-là, petit chat, il va falloir que tu sois forte... et je suis là, pour ça. » Lui qui tenait jusqu'alors termine tout de même par dévier son regard, le perdre sur les alentours de la petite chambre qu'ils animent à eux deux. « Je le serai plus qu'avant Taylor. » De cette petite phrase découle une promesse ferme et ancrée, quelque-chose qui se fait lourd de sens à la manière dont son ton s'est brisé, dont les larmes lui sont montées. Il espère être à la hauteur de cette remontée à programmer, il espère pouvoir pleinement l'assumer cette parole, l'honorer. « Et ça ira. Une autre pause, la respiration qui cherche à se prendre tant bien que mal. Il voudrait pouvoir être convainquant, au moins essayer de l'être, prétendre, parvenir à faire semblant. Perso, je veux croire que ça ira parce que si y'a bien quelque-chose que je me refuse, c'est à te revoir là. » Et la main masculine qui vient chercher celle de la jeune femme pour la presser, contre la sienne bien l'enserrer.         

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MessageSujet: Re: When people see good, they expect good | taylor   Mer 27 Juin - 1:23

When people see good, they expect good
EXORDIUM.
- J'imagine que les laisser penser ce qu'ils veulent reste la meilleure des solutions

J’en sais rien, j’sais plus vraiment. Je leur en veux déjà, à tout ce qui me jugeront égoïste, de pas comprendre. De pas essayer. Parce que j’en suis rendu à un stade où je ne suis plus capable de voir autre chose que ce qui ne va pas. Comme un brouillard opaque, noir, qui m’entoure jour après jour, jusqu’à m’étouffer et à rendre un quotidien impossible. C’est exactement ce qu’il s’est passé avant que je ne passe à l’acte. Plus rien ne valait la peine, moi-même encore moins. Focalisé sur ce qui me blessait, mes cauchemars, mes angoisses, cette sensation de n’être qu’une pauvre merde qui se retrouve désormais pieds et poings liés, quoi qu’elle fasse. J’ai plus rien, j’vaux plus rien. Alors certains on peut-être encore la force et la volonté d’envoyer tout ça se faire foutre mais moi pas. J’y arrivais pas et j’sais pas si j’y arriverais demain. Et les jours suivants.

- Tu sais ce qui t'a poussé à ça. Tu connais la vérité, s'ils ne sont pas à même d'essayer de la percevoir, ils ne méritent pas vraiment que tu te soucis des pensées qu'ils pourraient avoir.

Il a probablement raison. J’ai encore du mal à me faire une raison, à me dire que ce que Leo me raconte est certainement une vérité. Je suis complètement paumé dans mes cheminements de pensées, je n’arrive à rien.

- Ils prendront conscience des choses quand ils estimeront le temps venu. D'ici-là, petit chat, il va falloir que tu sois forte... et je suis là, pour ça. Je le serai plus qu'avant Taylor.

Et on en revient à la même chose. Attendre que les autres soient prêts, que moi, je me fasse patiente, serrer les dents, fermer ma gueule, être compréhensive avec ceux qui m’en veulent quand trop peu d’entre eux le sont avec moi ou tente même de comprendre sans tout ramener à eux.
Leo est l’un des rares à essayer, c’est peut-être pour ça qu’il s’en ait prit plein la gueule gratos tout à l’heure. J’suis désolée.

- Et ça ira. Perso, je veux croire que ça ira parce que si y'a bien quelque-chose que je me refuse, c'est à te revoir là.

Sa main vient serrer la mienne et je jure devant je n’sais qui que j’essaie de le croire quand il me dit que ça ira. Là, présentement, j’ai surtout envie de dormir et de ne pas me réveiller. J’ai l’impression d’être un clébard dans une impasse et que la seule façon que je trouve pour me sortir de là, c’est soit de gueuler, soit de me laisser crever.
J’ai jamais trouvé meilleure comparaison jusqu’à aujourd’hui. Comme si les murs se rapprochaient petit à petit et qu’il n’y a pas d’autre issue qu’une fin définitive. Et c’est pour ça que j’ai avalé tous ces cachetons, parce que j’avais pas d’autres portes de sorties. Et quand je les entends tous me dire que ça ira, j’me dis qu’eux, ils les voient ces putains de portes. Alors pourquoi pas moi ?

- J’vais essayer.

J’préfère pas dire « oui » ou « non » alors j’opte pour la neutralité, pour un peut-être qui n’est ni positif, ni négatif. Juste un entre deux.
Je suis à bout de nerfs, fatiguée, épuisée. Si je m’écoutais, je resterais allonger sur ce lit jusqu’au départ pour mieux me recoucher chez moi. L’idée même de retrouver les murs de mon appartement me tord les intestins mais d’un côté, j’veux pas rester plus longtemps ici.

- J’suis désolée de t’avoir criée dessus.

Il ne le méritait pas, il est venu ici avec toutes les bonnes attentions du monde et comme depuis 72 heures je passe de la rage à la culpabilité.

- Et merci pour tes jolis mots et tes fleurs.


Des attentions qui arrivent à me toucher malgré cette perpétuelle sensation de vide, de creux. Cette impression que je n’arriverais jamais à recombler les espaces béants, à recoller ces morceaux de moi. Je reviens vers le lit, m’y assoit avec toujours cette sensation de fatigue dans les jambes, sur les épaules.

- J’vais m’allonger un peu, juste le temps qu’elle arrive.

Je m’exécute, pose ma tête sur l’oreiller et Leo ne me quitte pas, pas à un seul instant. Une sorte d’ange gardien. J’me fous toujours de la gueule de ces conneries, quand on dit qu’une personne veille sur nous, une sorte de bonne étoile. Peut-être que c’est le cas de Leo…

- Ah Leo… mon être de lumière.

J’esquisse un sourire, qu’il devine moqueur.

- Quoi, tu connais pas Charmed ? T’iras voir, même prénom, même rôle du mec trop protecteur. Mais j’te rassure, t’es quand même vachement plus canon.

Les joies de cet état à la con, où j’me retrouve d’un claquement de doigts à balancer des conneries après lui avoir gueuler dessus comme une merde et m’être mouché sur son épaule.

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MessageSujet: Re: When people see good, they expect good | taylor   Mer 11 Juil - 22:19



When people see good, they expect good.
[11 décembre 2017]
EXORDIUM.
« J’vais essayer. » C'est loin d'être aussi négatif qu'au départ, c'est loin de cette douleur qu'il pouvait apercevoir dans son regard. Ils sont loin des quelques minutes précédentes, de son entrée en matière fracassante. Raison pour laquelle il ose un maigre sourire, quelque-chose qui vient teinter ses lèvres d'une drôle de couleur. A la fois terne et pourtant vive. C'est l'entre-deux, la volonté de croire qu'elle pourra aller mieux, qu'ils le pourraient tous les deux. Et, tandis qu'il se perd dans ses songes, c'est elle même qui le rappelle à lui, à la réalité des choses, à cette impression que tout peut aisément lui échapper. Non, elle revient réinvestir son univers, tout son esprit. « J’suis désolée de t’avoir criée dessus. » C'est un petit geste de la tête à la négative qui lui sert de réponse, qui vient s'offrir à la jeune femme dont la culpabilité commence à s'installer. Si elle pouvait entendre ses pensées, entendre que jamais il ne pourra lui en vouloir, pas même à moitié. Il en est incapable, parce qu'il est ainsi. Bien trop gentil, mais surtout il a comprit. Comprit tout ce qui pèse sur ses épaules, tout ce qui hante ses songes depuis trop longtemps. Elle a du s'élever à la place de ceux qui ne se sont que cachés. « Et merci pour tes jolis mots et tes fleurs. » De nouveau cette volonté de lui faire entendre que ce n'est rien. Parce qu'en soit, ça n'est rien, seulement une banalité, un minimum de respect. Il tient à elle, plus qu'il ne pourra jamais le dire. C'était normal pour lui, normal que de venir lui rendre visible, s'assurer qu'elle ne soit pas définitivement partie. Leo ne s'en serait pas remit. « J’vais m’allonger un peu, juste le temps qu’elle arrive. » Des mots qu'elle vient faire s'installer après l'avoir délaissé, son lit retrouvé. Et il l'imite, Leo. Il y revient, suivant ses pas, venant prendre place non très loin de ses bras. C'est profiter qu'elle soit encore là, se dire silencieusement que sans elle, il ne survivra pas. Un jour, elle le saura. « Ah Leo… mon être de lumière. » Sourire qu'il vient lui rendre quand il croise son regard, quand il vient froncer ses sourcils à ses mots. Il ne s'y attendait pas et elle en profite, cet air taquin de teinté le long des traits. Un brin moqueur. « Quoi, tu connais pas Charmed ? T’iras voir, même prénom, même rôle du mec trop protecteur. Mais j’te rassure, t’es quand même vachement plus canon. » A cette phrase-là, il n'en cache pas son rire. C'est instinctif, immédiat quand il saisit – à moitié – la référence. Parce qu'il ne connaît que de nom mais se souvient des nombreuses années déjà passées, des modes de ces séries bien dépassées, de ces canons de beauté dépassés. C'est ce qui l'effraie, en vérité, dans cette comparaison imaginée. Mais elle se rattrape, parvient à apaiser la fausse susceptibilité du blond ; celle qu'il aurait feint de la plus mauvaise des manières.

« Je préfère pas aller voir, du coup. » Qu'il vient faire entendre, offrant un sourire à la jeune femme dont les traits commencent déjà à s'affaisser. La fatigue, la douleur, il connaît tous ces facteurs, cette impression que rien ne pourrait aller sans avoir la volonté de faire en sorte que les choses puissent s'arranger. Un soupire s'extirpe d'entre ses lèvres tandis que la clarté de son regard ne s'en défait plus de ce visage. Il aimerait y accrocher un sourire, quelque-chose qui puisse aisément perdurer. Leo aimerait lui donner toute cette force et ce courage dont elle manque en cet instant précis. Qu'est-ce qu'il aimerait lui simplifier la vie. « J'vais rester jusqu'à ce qu'elle arrive quand même. Reposes-toi en attendant, tu veux. » Un baiser délaissé contre son front et son épaule qu'il vient lui offrir, un sourire des plus sincères. Oubliées les querelles tout juste passées, ces coups de gueule qui devaient s'écouler. Il ne s'en soucie pas, ne s'en souciera pas, jamais, étant donné ces circonstances-là. Et il se passe possiblement un quart d'heure avant que Taylor ne sombre contre lui, la voix du blond venant raconter bien de ses journées, bien des aventures un peu ennuyantes mais à écouter. Elle n'aura pas su résister, appeler par cette fatigue qu'il a connu par le passé, qu'il connaît encore quand la sombreur de son âme peine à passer. Aussi, il l'a simplement laissée, appuyée contre son oreille, la couette légèrement remontée, les fleurs rafistolées et à ses côtés déposées. Avec en tête la promesse que d'être un peu plus présent, de lui accorder bien plus de temps ; Leo est encore loin d'imaginer toutes les choses qui sont à passer, les tragédies qu'il va devoir essuyer. Parce qu'il part, simplement, convaincu de vivre éternellement ces mêmes jours, les mêmes que depuis qu'Elle n'est plus là. S'il savait la douleur qu'il allait devoir assumer sur ses maigres bras.          



END.

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