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 beyond the mermaids alley | eleesha

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MessageSujet: beyond the mermaids alley | eleesha   Ven 2 Mar - 21:20



Acte I ; Scene IV
beyond the mermaids alley
EXORDIUM.

Par delà l'allée des sirènes, là où les livres se rangent, ce minuscule couloir qu'il a nommé de cette manière comme tant d'autres également, Ronnie laisse l'azur de ses prunelles se perdre sur les quelques flocons qui se déposent contre le muret qui borde la baie vitrée. Il s'en berce, s'en apaise aussi certainement que Emy, couchée non très loin de l'unique radiateur que possède la librairie. Sa présence et ce temps parviennent à arracher un rictus au roux qui, néanmoins, ne cesse de s'en faire pour le vieillard encore hospitalisé, dans un état critique délaissé parce qu'il n'avait pas le pouvoir de rester. Longues furent les années passées en sa compagnie, longs furent ces instants à se perdre entre ces colonnes de livres oubliés et longs furent les instants à voir ce vieil homme se reposer au côté de cette chienne qu'il avait pu sauver, par le passé. Deux âmes éperdues au dernier moment relevées. Ils sont sa fierté, la raison pour laquelle il ne perd pas de sa force, de sa volonté, de tout ce qu'il peut être en mesure de donner. Ronnie est un pilier, une aire stable contre laquelle se reposer et cet homme-là, le propriétaire de ces lieux enchantés avait su le comprendre dès lors qu'il s'était, à lui, présenté. Alors oui, c'est vers lui que se glisse ses songes, la plupart de ses pensées. C'est à lui qu'il songe alors que, dans un recoin de la petite bouteille à peine éveillée, il se sert l'un des nombreux thés laissés de côté. Remède dit-on efficace pour celui qui s'y risque, réconfort certain pour les grands froids, les crises de manque d'alcool contre les parois de son foi. Ronnie soupire, Ronnie sifflote finalement, essayant au mieux de songer à autre chose, revenant à son allée préférée pour s'y perdre avec tellement de volonté, tellement d'admiration d'ordinaire tue aux regards piqués de curiosité. En ces pages résident une passion qu'il n'ose évoquer, ni même étendre. En ces pages résident une échappatoire qu'il aime à côtoyer, l'impression que le monde puisse davantage s'élargir à celui qui n'a jamais pu partir ; là, au-delà des frontières d'une ville dont il aurait voulu s'enfuir. Et les minutes s’enchaînent, et les heures passent tandis qu'il s'installe, là, dans une impasse faite de mondes parallèles. Dawson prend place aux côtés de la seule femme qui ne l'est jamais quitté, la seule sur qui il puisse compter. Il s'installe là, tout près d'une Emy endormie, sur l'un des coussins que le vieil homme avait pris la peine de lui installer, sachant que Ronnie ne pourrait jamais s'en défaire. Il l'avait accepté, il les avait accepté et sa présence entre ces murs, sa présence sûre : il ne pouvait que la lui offrir. Une parole fut faite et Ronnie, depuis, n'a jamais cessé de la tenir. Aussi, c'est le regard allant et venant, l'esprit parti sur quelques pages jaunies qu'il garde l'endroit d'une possible faillite.

Et, malgré les heures passées, la neige n'a eu de cesse de tomber ; celle qu'il n'a néanmoins pas daigné regarder. Parce que prit, parce qu'avaler dans des écrits romancés, Ronnie s'est fait prendre au piège de ce qu'il a commencé. Il en oublie ses petites faims, ce manquement auquel il aurait pu faire face. Il en oublie cette insatiable envie de rejoindre le premier bar du coin, la première échappatoire qui lui soit possible d'atteindre. Il en oublie tout, tout jusqu'à ces tourments, ces possibles revirements d'un monde un peu plus beau, un peu plus attrayant. Il en oublie tout pour n'avoir d'attention que pour ce dont on le coupe, une légère brise fraîche venant s'engouffrer dans la boutique et sa petite entièreté. Et, en cette caresse glacée, il se souvient qu'attend sagement la réalité ; celle dont il s'était défait. Alors il s'en relève, aussitôt, venant faire face à la silhouette tout juste entrée ; peut-être par erreur, peut-être pas. Dans la foulée, il s'attend à croiser la jeune femme dont il s'est rapproché, celle qui avait pu le soigner après qu'il ait tenté, bêtement, de la sauver de mains qu'elle aurait pu, à elle seule, contrôler ; des coups qu'elle aurait pu esquiver, rendre avec un peu plus d'habilité que celle dont il avait pu prétendre pouvoir user, très alcoolisé. Mais celle qu'il vient trouver, finalement saluer, n'a rien de la belle un soir côtoyer. Et, Emy à peine levée, Ronnie lui fait signe de ne pas bouger, de sagement rester là où elle se trouve pour ne rien brusquer, ne pas l'effrayer cette femme-là tout juste arrivée. Il lui faut quelques secondes pour apercevoir ses traits, ses joues quelques peu rougies par le froid qui s'installe avec hargne. Ronnie s'en apaise, légèrement, retrouvant une posture un peu plus détendue que professionnel, connaissant celle qui s'est invitée en ces lieux égarés, ne craignant pas de ternir l'image qu'il pourrait d'ordinaire et en ce rôle essayer de donner. « J'en connais que trop peu qui aurait braver le froid pour venir jusqu'ici. » Sa voix vient rompre le bref silence depuis qu'ils se sont aperçus, laissant le temps à Dawson pour se glisser derrière le comptoir délaissé durant un temps qu'il n'a pas calculé, un peu surpris quand son regard se pose sur l'horloge murale pour comprendre que tombe déjà les premiers tiers de cet après-midi. « Qu'est-ce qui t'amène dans ce petit coin de paradis ? » Et la question, la volonté d'essayer de la renseigner malgré les quelques regards qu'elle lui a déjà donné ; de ceux qui n'approuvent pas forcément certains de ses choix, certains de ses comportements, peut-être à tord. Les premières images sont trompeuses et, venant se le dire, y penser, Ronnie choisie de ne pas rester sur ce qu'il croit avoir pu apercevoir. « Café, le temps de choisir ? Ou autre chose ? Je sais que Gustave en offre parfois à ceux qui viennent souvent et comme je te vois souvent... » Raisonnement logique dans la tête du rouquin qui, déjà, remet l'eau à bouillir ; depuis ce matin ayant eu le temps de bien refroidir et son thé, désormais aux côtés des deux déjà préparés, des deux également oubliés.    

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MessageSujet: Re: beyond the mermaids alley | eleesha   Lun 5 Mar - 9:52

~Lundi 8 janvier – Début d’après-midi ~

Sa nouvelle vie avait commencé et Eleesha ne pouvait nier que c’était difficile. Elle était forte, elle le savait, elle l’avait toujours su et elle avait la tête suffisamment dure pour affronter les épreuves de la vie. Pourtant, être confronté à des scènes violents chaque jour, c’était particulier. Elle avait vu des horreurs en tant qu’infirmière et pensait être blindée. Pourtant, là c’était différent. Voir un corps être ouvert c’est une chose, on s’y fait, parce que l’être est inconscient, parce qu’on sait que la douleur n’est pas ressentie et que c’est pour le mieux. Là, c’était différent. Les victimes étaient souvent conscientes, paniquées, terrorisées. Comme à l’entrée des urgences certes mais dans la rue, sur les lieux des accidents, Eleesha n’avait pas de repères. Pas les mêmes. Alors oui, il ne cessait de prendre des claques depuis sa première garde mais elle gardait la tête haute. Elle était prête à affronter ça, elle le voulait. Elle était convaincue qu’elle ferait un très bon pompier avec du temps et de l’expérience alors non, elle n’allait pas baisser les bras si vite. Pour autant, les jours de repos restaient salutaires. Prendre le temps de respirer un coup, de se distancer de tout ça. Pour le moment, Eleesha n’avait pas envisagé de prendre un second travail. Son emploi du temps était déjà bien chargé avec les réunions des nombreuses associations dans lesquelles elle s’était engagée après le décès de son frère. Elle était toujours à courir partout, à fouiller des dossiers, de vieilles affaires policières. Ce lundi-là pourtant, elle avait décidé de s’accorder une véritable pause. Ou plutôt, une nouvelle l’avait poussée à dévier de son quotidien.

Eleesha avait gardé contact avec ses anciens collègues de l’hôpital et c’était une infirmière avec qui elle avait passé de longues gardes qui lui avait envoyé un message le matin même. Gustave, le libraire chez qui elle se rendait régulièrement et pour qui elle avait beaucoup de tendresse s’était retrouvé hospitalisé. Une fois encore. Son état était inquiétant depuis un moment déjà et la jeune femme avait ressenti un pincement au cœur à l’entente de la nouvelle. Elle s’était donc rendue à l’hôpital le jour-même pour lui passer le bonjour, prendre de ses nouvelles. Elle fut surprise d’apprendre que la librairie était ouverte malgré son hospitalisation et qu’un client habitué l’aidait, comme toujours, à maintenir la boutique à flots. Cette seconde nouvelle piqua la curiosité de la jeune femme qui trouva alors quoi faire de la seconde partie de sa journée.

Emmitouflée dans son manteau, Eleesha avançait tête baissée dans les rues du South Side. Le froid était mordant, incisif et à partir de là, il n’était pas étonnant de voir les organismes s’affaiblir et se faire attraper par les virus et autres maladies qui tournaient. La jeune femme elle résistait au vent et à la neige et atteignit sa cible rapidement, en raison de son pas pressé. Lorsqu’elle poussa la porte de librairie, elle sentit une vague de chaleur l’atteindre. Le froid était cependant encore bien incrusté dans sa chair et elle prit quelques secondes pour se secouer un peu, faire tomber la neige collée à ses vêtements. La voix du libraire par interim se fit entendre et Eleesha releva la tête vers lui.


« Pourtant, il y a peu de choses plus réconfortantes qu’un bon livre par ce froid. »


Eleesha sortit alors ses mains qui avaient trouvé refuge dans ses poches jusque-là et les frictionna rapidement avant de faire quelques pas dans la librairie. Elle connaissait l’homme qui se tenait là. De loin, il semblait être de ceux un peu lourds, un peu fatigants que la jeune femme avait tendance à fuir. Pourtant, sa présence ici envoyait des signaux tout à fait différents. Il l’accueillit d’ailleurs avec le sourire, lui proposant même un café comme Gustave avait l’habitude de le faire.

« Je ne dirai pas non à un café. Merci. »

Eleesha s’avança alors dans les allées de la librairie d’un pas à la fois assuré et rêveur, comme elle avait l’habitude de le faire. Elle s’arrêta alors devant une table sur laquelle était étendue une série de romans mit en avant par Gustave, selon ses choix. Eleesha en attrapa un qu’elle commença à feuilleter. Elle le reposa finalement et releva alors enfin le regard vers l’homme qui se trouvait là.

« Je suis passée voir Gustave à l’hôpital ce matin. C’est bien que tu sois là pour ouvrir la librairie. »

Eleesha avait détourné le regard juste après avoir dit cela, posant de nouveau ses yeux sur les livres devant elle. Elle avait lâché ça sur un ton neutre, presque détaché pourtant, elle demeurait profondément sincère. Oui, elle était heureuse de voir cette librairie ouverte autant parce que cela signifiait que Gustave pouvait conserver une petite source de revenues malgré sa maladie mais aussi parce qu’elle aurait trouvé triste de voir cette devanture close…
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MessageSujet: Re: beyond the mermaids alley | eleesha   Dim 11 Mar - 18:55



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EXORDIUM.

« Pourtant, il y a peu de choses plus réconfortantes qu’un bon livre par ce froid. » Le regard qui se relève quand les mots de la jeune femme l'atteigne, Ronnie se risque à un sourire, à un clin d’œil à l'égard de la jeune femme qui laisse ses mots s'installer, gagner de leur vérité. Parce qu'elle n'a pas tord et Ronnie n'en démordra pas ; jamais. En tout cas, pas sur ce sujet. Raison pour laquelle il se fait un peu plus amical, déjà. Raison pour laquelle il la laisse jusqu'à lui vagabonder, elle qui d'ordinaire se tient à l'écart de sa présence parfois imposée. Et il croit savoir pourquoi, comment, son comportement un peu lourd en guise de cause à cela. Ce même comportement qu'il essaie de maintenir, de taire en allant pour agir normalement. Un café, un sourire, une discussion des plus banales ; songeant qu'elle ne s'attardera pas, de toute manière, puisque Gustave étant absent. « Je ne dirai pas non à un café. Merci. » De quoi s'offrir un peu plus de temps que ce qu'il s'imaginait, un peu plus de temps que celui qu'elle aurait pu s'offrir ici en d'autres circonstances, si sa présence n'avait pas été la seule et qu'il s'était trouvé là, le rire un peu gras brisant le calme des lieux ; aujourd'hui bien loin de ce froid. Et, si lui s'affaire à rendre l'espace un peu plus accueillant, la jeune femme s'éloigne, guettée par Ronnie, l'azur de ses prunelles et celles de Emy qui cherche à avoir un peu d'attention malgré l'ordre de son maître à ne pas bouger de son petit coin ; précédente cage à ses propres réflexions. Un pas, peut-être plus et elle disparaît jusque la table à laquelle il n'a pas touché. Ronnie n'a rien dérangé depuis le départ du propriétaire pour sa santé, depuis que Gustave lui a fait entendre qu'il ne pourrait peut-être pas survivre à sa librairie fermée. Il n'a fait que rendre l'endroit vivant, il n'a fait qu'offrir de son temps ; tout comme elle, finalement. Parce que sa voix lui revient, parce qu'elle vient froisser le silence tout juste installé, le briser de ses tonalités. Ronnie en relève le regard, cherchant de nouveau sa présence jusqu'à l'entrapercevoir, au détour de quelques montagnes de livres laissées là par soucis de place et d'équilibre. « Je suis passée voir Gustave à l’hôpital ce matin. C’est bien que tu sois là pour ouvrir la librairie. » Une petite once de surprise le long des traits, lui qui ne pensait pas qu'elle serait assez proche pour s'oser jusque là-bas, même lui ne l'a pas trop fait ; bien que pour des raisons assez personnelles, cette douleur constante dès lors que ses pieds se risquent d'eux-même jusque là-bas. Il n'a pas la force de faire face aux souvenirs de ses comas, des visites à sa mère bien que les lieux soient tout à fait différent. C'est bien assez à sa mémoire pour pouvoir le hanter, parfois le tenir à l'écart de ses possibles volontés. Et dieu sait qu'il aurait aimé aller le voir plus souvent, ce vieillard qui tente de conserver son temps.

« C'est gentil pour lui ; qu'il laisse entendre, laissant l'eau bouillir avant de pouvoir la servir, dans l'une des tasses achetées, offertes au vieil homme pour des occasions parfois inutiles. C'était sa manière à lui d'offrir un peu de vie dans cet endroit qu'il affectionne, qu'il affectionnera aussi longtemps qu'il le faudra. D'être aller le voir, je crois qu'il a besoin de compagnie, dernièrement. » Et il aurait voulu faire partie de ceux qui iraient jusque là-bas. Mais Ronnie tient ses mots, tait cette vérité qui lui fait honte rien qu'à y penser. Penser qu'il puisse se tenir là sans avoir le cran de franchir le pas de porte d'une chambre dans laquelle il se tient là-bas. Non, le courage n'y est pas. Pas encore en tout cas. « Il n'a plus franchement de famille. Son frère est un salaud de riche qui se fout de savoir si Gustave a besoin de quoi que ce soit. » Oui, au lieu de ça, c'est la vie de ce vieillard qu'il raconte parce qu'elle a le droit de savoir, elle qui se risque jusqu'à son chevet pour lui épargner les heures longues qui défilent sans qu'il ne puisse en profiter. Puis, comme souvent, comme toujours, c'est sur autre chose qu'il continue, venant à son encontre, café en main qu'il lui tend sans trop s'imposer. « T'aimes les chiens ? » Qu'il demande, se tournant brièvement vers Emy qui ne manque pas de percevoir qu'on parle d'elle ; bien que de manière sous-entendue. Il veut juste lui permettre d'avoir un peu de compagnie autre que la sienne depuis des heures et des heures puisque aller voir Joan ne lui est pas permis, pas aujourd'hui. Il aurait d'ailleurs pu lui envoyer un message, au moins la prévenir ; chose qu'il remet à plus tard, chose qu'il oubliera très certainement jusqu'à ce soir. Sans oublier que Rose attend également de ses nouvelles et il irait presque s'en maudire de la faire patienter maintenant qu'ils commencent à finalement bien s'apprécier. Petit rictus en y songeant, la réalité venant de nouveau s'imposer au-travers de ses récentes pensées en attendant Emy aboyer. « Parce qu'elle aime les gens en fait et tu passes devant elle depuis tout à l'heure. » De quoi expliquer où il veut en venir, essayant de se justifier quant à cette question sur le vif posée. « T'inquiète, c'est Gustave qu'à installer tout ça récemment. Elle avait déjà ce qu'il faut mais derrière le comptoir et comme elle est pas méchante, il s'est permit de l'installer dans la boutique directement. Si ça te dérange, je peux la mettre au moins derrière. » Il se fait accueillant, il essaie de rendre l'instant moins difficile qu'il n'aurait pu l'être par le passé. Ronnie s'essaie à se faire moins lourd, à se rendre plus sage ; à prouver que ses écarts ne font pas non plus toute sa personne mais plutôt le quart. « Comment il allait, Gustave ? » Termine-t-il par demander dans sa lancée, venant retrouver le golden qui s'anime et qui, à son approche, saute presque sur lui en attendant l'autorisation d'aller saluer la jeune femme qu'elle n'a plus en tête de faire fuir ; fidèle gardienne des lieux qui l'ont accueilli tout autant que lui.     

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MessageSujet: Re: beyond the mermaids alley | eleesha   Mer 14 Mar - 10:31

« Avoir des visites amicales, des soutiens sincères, ça aide toujours les malades. »

Eleesha avait prononcé ces quelques mots sur un ton simple et détaché. Il ne s’agissait là en aucun cas d’un reproche à qui que ce soit. Simplement, en tant qu’infirmière, elle avait pu observer les patients et le constat était sans appel. Ceux qui avaient des proches à leur chevet, des gens qui étaient sincèrement là pour les soutenir, leur apporter un peu de réconfort avaient plus de force pour s’en sortir, pour relever la tête. La pompier savait qu’elle n’était pas la plus proche de Gustave mais c’était sans doute cette idée qui l’avait poussée à se rendre à son chevet ce jour-là. Sachant qu’elle pourrait rompre un peu la monotonie de sa journée sur un lit d’hôpital. Elle fut encore plus convaincue de sa démarche alors que l’homme lui expliquait que la famille de Gustave n’était pas vraiment là pour remplir son rôle. Eleesha poussa alors un léger soupir. C’était toujours triste à entendre ce genre de choses. Le libraire était un homme généreux, doux et sympathique. Il semblait impossible que sa famille puisse le mépriser et pourtant… La jeune femme aurait aimé avoir le frère en question en face pour lui remettre un peu les idées en place mais bon. Elle devrait se contenter d’apporter un peu de réconfort à l’homme quand elle le pourrait.
Relevant les yeux des bouquins, elle se tourna finalement vers l’apprenti libraire qui s’approchait d’elle, un café à la main. Elle s’en saisit, le remerciant sincèrement. La chaleur de la tasse dans ses mains lui fit le plus grand bien. Elle la souleva alors jusqu’à son visage, soufflant doucement à la surface du liquide pour le refroidir suffisamment pour qu’elle puisse le boire. L’homme enchaîna alors, de manière légèrement surprenante, lui demandant si elle aimait les chiens. Surprise, Eleesha arqua un sourcil avant de baisser les yeux sur la chienne qui se trouvait juste là. Elle en apprit un peu plus alors sur la petite bête, sur son installation dans la libraire et son amour pour les êtres humains. Elessha esquissa ce qui ressemblait à un sourire avant de s’accroupir. De sa main libre, celle qui ne tenait pas la tasse de café, elle vint caresser doucement l’animal.

« Non non, ne la dérange pas pour moi. Elle est très bien là. »

Eleesha accorda alors encore un peu de douceur à la petite chienne avant de se relever en entendant la question de l’apprenti libraire. Elle poussa un léger soupir et but une gorgée de café, comme si cela lui laissait un peu de temps pour réfléchir à sa réponse, pour trouver les mots justes. La petite chienne pendant ce temps s’était animée alors que l’homme s’était rapproché d’elle.

« Il était fatigué. Il a besoin de beaucoup de repos. Mais je crois que voir quelqu’un de temps en temps, parler un peu d’autre chose que de son état de santé lui fait du bien. »

La jeune femme prit alors une nouvelle gorgée de café. Elle commençait enfin à être complètement réchauffée. Cette sensation était agréable, surtout alors qu’elle se trouvait là, au milieu des livres. C’était ce qu’elle aimait dans l’hiver, ce genre de moments. Parce qu’il fallait bien avouer qu’entre son ancien métier et celui qu’elle occupait actuellement, l’hiver était plutôt une période délicate. Beaucoup d’accidents, beaucoup de solitude. Bref, des périodes où la misère avait tendance à ressortir de manière éclatante, où les histoires tristes étaient nombreuses. Heureusement, il y avait encore le café chaud dans une bonne librairie pour redonner toute sa saveur à cette saison.

« Et je suis certaine qu’avoir des nouvelles de sa librairie lui ferait plaisir. »

Eleesha ne savait pas vraiment si l’homme avait rendu visite à Gustave ces derniers temps ou pas. Et elle n’était pas là pour lui faire un procès, le fait qu’il soit là, dans la boutique, montrait bien qu’il était tout à fait disposé à aider le libraire. Alors si elle disait cela, c’était plus pour l’encourager s’il avait une hésitation que pour lui adresser un reproche. Elle n’avait aucun souci à franchir les portes de l’hôpital, c’était devenu presque une seconde nature. Elle savait bien pourtant que ce n’était pas le cas de tout le monde, que ça pouvait faire peur. Même si, au fond d’elle, elle demeurait persuadée qu’il était important parfois de mettre ses peurs de côté pour ceux à qui on tient.

« Le café est très bon au fait. Et… Je suis désolée mais je me souviens plus de ton prénom ? »

Eleesha commençait à en avoir marre de se poser la question alors qu’elle détaillait les traits de l’homme en face de lui alors autant poser la question frontalement.
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MessageSujet: Re: beyond the mermaids alley | eleesha   Ven 16 Mar - 21:11



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« Non non, ne la dérange pas pour moi. Elle est très bien là. » Bien-sûr qu'elle l'est et elle semble vouloir le faire comprendre, réclamant un peu plus de caresses avant que la jeune femme ne se redresse. Ronnie en laisse un sourire lui échapper, quelque-chose de sincère qu'il ne cherche pas à cacher. Qu'on l'ignore, il saurait le pardonner mais elle, bon dieu elle, elle mérite toute l'attention du monde. Et il n'en démordra pas de cette pensée, jamais. Aussi, voir leur nouvelle invitée s'y risquer l'apaise plus qu'il n'y paraît, Ronnie accueillant l'attention de manière plus importante que le reste. Tout autant que les nouvelles qu'elle lui apporte, la voix qui de nouveau s'élève pour répondre à sa dernière question, celle à laquelle il appréhende les réponses tant les temps sont durs et le hasard plus violent au fur et à mesure. « Il était fatigué. Il a besoin de beaucoup de repos. Mais je crois que voir quelqu’un de temps en temps, parler un peu d’autre chose que de son état de santé lui fait du bien. » Un bref sourire et il acquiesce. Évidement que ça lui fait du bien, à cet homme-là. Parce qu'il a besoin d'autre chose que des nouvelles de l'avancée de son trépas. Chose qu'il s'abstient de dire, gardant cette vérité pour lui, lui et cette douleur qui – un jour, le plus tard possible – s'installera dans sa vie. « Et je suis certaine qu’avoir des nouvelles de sa librairie lui ferait plaisir. » Peut-être oui, et la revoilà cette culpabilité. Celle qui revient et se heurte, encore et encore, aux portes de sa conscience. Un soupire, une idée, l'imagination qui tente de lui faire ressentir le prix qu'aurait rien qu'une visite. Une seule petite visite. Un élan de courage qui pourrait se faire un peu plus régulier. Parce qu'il pourrait s'y essayer, braver les souvenirs torturés pour pouvoir lui apporter un peu de soleil, de meilleures nouvelles. Il tique, dans son coin, remuant sa propre tasse comme pour tenter de ne pas sombrer dans des songes tout juste ravivés. Il n'est pas doué pour faire les choses bien et sa nouvelle compagnie momentanée vient aisément lui rappeler. « Le café est très bon au fait. Et… Je suis désolée mais je me souviens plus de ton prénom ? » Il peine à entendre mais s'y concentre, aussitôt, revenant à elle et cette question qui se pose. Celle qu'elle laisse en suspens pour laisser à Ronnie un instant pour retrouver sa contenance, toute sa présence ; ce qui subsiste de sa conscience.

« Ronnie, pardon. Et elle, c'est Emy. » Il s'excuse, vient lui rappeler le prénom qu'elle n'a peut-être pas assez entendu. Et, en vérité, il n'est même pas en mesure de la blâmer ; parce que là n'est pas son genre, parce qu'il se souvient aussi que Gustave a gardé cette habitude de l'appeler « gamin ». Ça n'aide pas forcément à décrire l'identité d'une personne et il se fait à même de comprendre qu'elle ait pu oublier. Tout comme lui, d'un certain côté. Et s'en rendre compte, aussi stupidement qu'en cet instant, ça lui arrache un petit rire qu'il ne dissimule pas ; à quoi bon. « J'suis pas doué pour retenir les noms aussi mais j'suis joueur ; une toute autre approche, un moyen de rendre cet instant moins gênant. Parce qu'il croit le ressentir de cette manière maintenant qu'elle s'apaise, qu'elle semble revoir un peu le jugement qu'elle pouvait avoir sur lui. Car au-delà de cet instant des plus banales, il se souvient des regards de la jeune femme, ceux qui laissaient simplement entendre qu'il pouvait être chiant. Du coup, j'peux tenter de deviner, en fait. » Et malgré toutes ces vérités qui lui reviennent en tête, Ronnie propose tout de même ce jeu stupide que d'accrocher des prénoms aux traits de la jeune femme. Parce qu'il est ainsi, à savoir trouvé une alternative à la plus ennuyante des tâches. Le roux saura toujours faire comme bon lui semble, aussi tordu que ça puisse être et il le laisse deviner, là, tandis qu'il sent le regard de la jeune femme de nouveau peser sur lui. « Nadia ? Rachel ? Ashley ? » Il essuie des négations avant de s'adosser à l'un des pans de mur encore libre, le seul qui ait survécu à l'assaut des livres empilés. Et il cherche, le roux, il cherche quel prénom pourrait s'apposer contre ce visage-là avant de se rendre à l'évidence même qu'il avait raison sur un point : il n'est pas doué. « Dommage que mon joker ne soit pas là pour m'aider. » Un triste sourire et la main qui, instinctivement, se porte sur ce foutu comptoir contre lequel le vieil homme se tient si souvent. Non, tout cet endroit n'aurait pas cette âme s'il n'était plus là. « J'essaierai de passer le voir ; qu'il vient faire entendre, se résignant lentement à prendre sur lui quant à ce qu'il pourrait au moins faire, offrir au vieillard qui lui a tant apprit. Bientôt, je pense. Dès que j'en aurais le courage. » Un maigre sourire, un silence lourd de sens et de secrets qu'il n'a pas forcement envie de dire, pas ici en tout cas, pas à cette âme-là qu'il ne connaît finalement pas plus cela. Non pas qu'elle puisse lui sembler malfaisante mais Ronnie à toujours fait partie de ceux qui restaient réservés peu importe les gens et les lieux qu'ils arpentent. Il ne rejoint pas les bavards, les arrogants, les égocentriques ; ceux dont la vie est connue de tous parce qu'ils s'en vantent, parce qu'ils cherchent à être vus. Non, Ronnie fait partie de ceux dont le passé réside inaudible, invisible derrière le masque qu'il n'a de cesse de porter. Chaque jour, depuis trop d'années. « Bon, et sinon, ce prénom ? »      

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MessageSujet: Re: beyond the mermaids alley | eleesha   Ven 23 Mar - 12:00

« Salut Emy… »

Sourire aux lèvres, Eleesha s’était adressée directement à la petite chienne avant de lui faire de nouvelles caresses. Cette dernière avait l’air plutôt enchanté de la situation. Elle releva ensuite la tête vers Ronnie, lui adressant un signe de tête pour signifier qu’elle avait bien retenu son prénom à lui aussi. Elle se voyait mal pourtant avoir la même réaction qu’avec l’animal… Oui ce serait franchement bizarre, autant pour lui que pour elle. L’homme de son côté avoua qu’il n’était pas non plus très doué pour retenir les prénoms mais qu’il gardait un côté joueur. Eleesha haussa alors les sourcils, intriguée. Il pouvait bien essayer mais quelque chose lui disait que s’il n’avait pas retenu son prénom, il n’avait quasiment aucune chance de le deviner. Pourtant, plutôt que de couper court au petit jeu ou de s’offusquer, Eleesha porta tranquillement sa tasse de café à ses lèvres et laissa son regard se promener sur Ronnie. Elle attendait ses propositions. Ces dernières ne tardèrent pas à se faire entendre. A chacune d’elle, la jeune femme secoua négativement la tête, affichant parfois une grimace. Sans offense pour les Ashley mais clairement, elle était bien contente que ses parents aient choisi un prénom un peu plus classe que ça. Parce qu’elle l’appréciait son prénom, elle le trouvait fort et cela lui allait très bien. Mais alors que Ronnie semblait décidé à continuer son petit jeu, une ombre passa sur son visage. Et irrémédiablement, Gustave fut rappelé dans la conversation. Son joker. Eleesha poussa un très léger soupir. Le libraire aurait certainement su l’aider. L’homme enchaîna alors, comme s’il avait à se justifier, expliquant qu’il irait bientôt voir le vieillard à l’hôpital, quand il en aurait le courage. La pompier réprima un sourire sarcastique. Ce genre de phrases, elle les avait entendues des centaines de fois quand elle travaillait à l’hôpital. Quand après avoir dit à la famille que leur présence était importance, certains fuyaient. Par peur, par lâcheté, par souffrance… Sans forcément les accuser, Eleesha avait toujours eu envie de les secouer. Elle se garda cependant de réagir tout de suite et Ronnie enchaîna de son côté, revenant sur le sujet du prénom. Finissant la dernière gorgée de café, Eleesha posa sa tasse sur le comptoir.

« Eleesha… Et je me plais à croire que ça a bien plus de classe qu’Ashley. »

Eleesha avait alors arqué un sourcil, un air presque amusé sur le regard. Parce que jusque là, il fallait bien avouer que l’attitude de Ronnie avait été plus qu’agréable. La jeune femme ne pouvait nier qu’elle n’avait pas une image de lui très reluisante, le trouvant lourd, fatiguant. Il lui avait montré autre chose et sa compagnie était agréable en ce froid d’hiver. Pourtant, la pompier n’arrivait pas à oublier ce qu’il venait de dire. Cela ne la regardait pas et, comme elle le faisait souvent, elle aurait pu se taire. Pourtant, après quelques légères secondes de silence, elle reprit la parole.


« On a tous un passé et des raisons qui font qu’on souffre, que certains lieux nous font peur. Et en tant qu’ancienne infirmière, j’en ai vu des gens pour qui l’hôpital était un sacré repoussoir. »


Marquant une pause, Eleesha prit le temps de remettre les bons mots à leur place. Elle ne voulait pas paraître agressive ou donner une leçon à Ronnie. Parce que ça ne servirait à rien, cela n’apporterait rien de plu à Gustave. Elle voulait juste essayer de lui ouvrir un peu les yeux sur la situation, de le pousser à voir les choses sous une autre perspective et donc, par ce biais, à trouver la force de franchir les portes de l’hôpital. D’aller voir cet homme vieillissant qui n’avait besoin de rien d’autre au fond que de sentir que de la vie continuait de s’opérer autour de lui. Qu’il n’était pas seulement entouré par les murs blancs et sa maladie. Qu’il y avait autre chose de plus fort et de plus beau.

« Mais ce sont les patients qui ont besoin de plus de courage. Ce sont eux qui souffrent et qui passent tout leur temps allonger dans un lit. Alors il ne s’agit pas de soi, de sa propre mauvaise expérience ou de sa propre souffrance. Mais bien de celui qui a besoin de nous. »

Eleesha avait fait de son mieux pour prendre une voix calme et posée, presque douce. Les mots qu’elle employait pouvaient paraître durs et en même temps, à ses yeux, ils étaient le reflet parfait de la réalité. Elle pensait sincèrement ce qu’elle disait et pour elle, Ronnie devait trouver la force d’aller voir Gustave, qu’importe ce qui le retenait. Parce qu’en cet instant, le vieil homme avait besoin de lui et qu’il n’avait pas le droit de ne regarder que sa propre peine. Il devait accepter qu’actuellement l’autre était plus dans le besoin. Il panserait ses plaies plus tard, il trouverait quelqu’un pour se confier. Alors que Gustave lui, avait besoin de ça maintenant et ne pouvait pas l’obtenir de quelqu’un d’autre.

« Gustave a besoin de toi et pas seulement dans cette librairie. »

Eleesha laissa son regard se perdre dans celui de Ronnie quelques instants. Et puis, comme pour ne pas lui rajouter de poids sur les épaules, comme pour ne pas le forcer à répondre, elle tourna son attention sur les livres qui se trouvaient à côté d’elle. Elle lui offrait une porte de sortie parce qu’elle n’était pas là pour lui donner une leçon de morale. Mais au fond, elle espérait sincèrement qu’il prendrait en compte ses paroles.
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MessageSujet: Re: beyond the mermaids alley | eleesha   Jeu 29 Mar - 15:39



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Le regard hésitant et la volonté de bien faire, Ronnie n'en demande pas plus. Ronnie n'insiste pas. Parce qu'il n'est pas dans son droit, parce qu'il se doute déjà de l'opinion de la jeune femme à son égard pour l'avoir déjà croisé quelques fois, au hasard, au détour des allées de cette même librairie qu'ils animent tous deux aujourd'hui. Aussi, il s'abstient tout nouveau commentaire, rapportant son attention sur la jeune femme quand elle se risque à reprendre la parole, répondre à cette question qui met fin à son jeu de devinettes ; ce jeu pour lequel il lui reste des progrès à faire. « Eleesha… Et je me plais à croire que ça a bien plus de classe qu’Ashley. » Il acquiesce et offre une tête qui laisse sous-entendre qu'en effet, ces syllabes-là ont bien plus de classe que les autres ; chose qu'il n'ira pas contredire, gardant alors un maigre sourire. Il s'était en effet attendu à tout sauf à ce prénom, celle-ci de diction. C'est original, assez nouveau pour celui qui tente encore à ravaler ce qu'il a laissé lui échapper, cette peur aisément perçue du lieu dans lequel il n'a pas encore été vu. Ce même sujet sur lequel elle termine par revenir, lui laissant gentiment encore entendre ses dires. « On a tous un passé et des raisons qui font qu’on souffre, que certains lieux nous font peur. Et en tant qu’ancienne infirmière, j’en ai vu des gens pour qui l’hôpital était un sacré repoussoir. Mais ce sont les patients qui ont besoin de plus de courage. Ce sont eux qui souffrent et qui passent tout leur temps allonger dans un lit. Alors il ne s’agit pas de soi, de sa propre mauvaise expérience ou de sa propre souffrance. Mais bien de celui qui a besoin de nous. » Des dires qui diffèrent de ceux de Joan, des dires qui viennent le mener sur une toute autre voix que celle de l'égoïste qu'il aurait dû suivre selon d'autres. Ronnie n'en baisse que simplement la tête, avalant les paroles de la jeune femme qui lui fait face de sorte à peser les pour, les contre ; tout ce que ça vient inspirer à ses songes pour une voix pleins et entiers. Il a la possibilité de pleinement pouvoir penser, sa lucidité soignée, de tout son alcool enfin épongé. « Gustave a besoin de toi et pas seulement dans cette librairie. » Et il sent son regard se perdre sur lui, il sent son léger jugement, cette impression qu'elle pourrait le faire se sentir le plus con du monde. Et, en soit, dans ces moments-là, où l'alcool n'aide pas sa confiance, il est aisé de le mener sur ces chemins d'ordinaires évités. Ronnie laisse un bref sourire s'installer, contre ses lèvres se perdre pour lui faire savoir qu'il a entendu, qu'il a écouté mais les mots, encore, restent bloqués. Ils ne viennent pas, demeurent dans sa gorge bien cachés. Parce qu'il n'a pas la moindre idée de la manière dont il doit aborder les choses, dont il doit les surmonter si tant est qu'il en soit capable derrière cette assurance qu'il laisse supposer.

Parce qu'à la vérité, Ronnie est loin d'être celui qu'il aime à faire remarquer, cet homme que d'autres iraient penser comme imbu de sa personnalité ; tout le contraire est à imaginer, bien que ce ne soit pas aisé. Alors il soupire, le roux. Il soupire avant de s'adosser au comptoir, osant une gorgée de ce qu'il est venu leur servir par ce froid tenace qui continue de s'installer. « Ça a au moins le mérite d'être clair. » Et cette remarque-là, il ne l'a fait pas méchamment mais bien consciemment finalement, offrant un sourire à la jeune femme dont les mots semblent résonner encore dans sa tête, derrière d'autres, derrière bien des maux. « Vu comme ça, en tout cas, j'me sens presque con de pas y être aller déjà. » Et un soupire, un souffle plutôt qui franchit la barrière de ses lèvres pour tenter de calmer la chaleur qu'il sent l'envahir, cette impression de honte qui s'appose délicatement sur ses épaules pour lui laisser le temps de la comprendre. Il est stupide, il l'a toujours été et il a encore beaucoup à entendre, beaucoup à deviner de la manière dont les autres fonctionnent, dont marche cette société avec lequel il se tient encore en froid puisque différemment élevé. Des parents hippies, ça voit toujours les bons côtés plutôt que les mauvais. Et maintenant qu'il y pense, ils lui avaient dit que ses prochains seraient à privilégier ; de quoi davantage l’embarrasser, bien qu'en soit, par sa présence ici, il soit en train d'honorer ces mots énoncés par le passé. « Au pire, quand tu iras, passe par ici la prochaine fois, j'viendrais avec toi, une petite heure au moins. Ce sera déjà ça... ; une petite pause, le regard qui se perd sur Emy qui s'est de nouveau couchée, qui sur les lieux recommence à veiller. Ou passe un coup de fil, faudrait que j'dépose ma fille chez une amie. J'doute qu'ils soient aussi cool que l'hospice de ma mère. » Détail qui s'échappe d'entre ses lèvres et qui laisse aisément deviner sa réticence à l'égard de ces lieux. Il perd de sa clarté, là-bas, Joan ayant déjà eu à subir cette perdition qu'on ne lui connaît pas. Celle qu'il tentera de ne pas imposer à la jeune femme qu'il propose d'accompagner, au moins pour rendre visite à ce vieillard qui, à y penser, commence sérieusement à lui manquer. « T'en pense quoi ? T'inquiète, j'la fermerai si t'as peur que j'sois aussi lourd que d'hab. » Et un clin d’œil adressé, l'autodérision l'accompagnant pour ne rien changer. « J'pense pouvoir dire sans me tromper que tu m'portes pas trop dans ton cœur. » Et il ne la blâmera pas, elle n'est pas la première de cette longue liste là.      

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MessageSujet: Re: beyond the mermaids alley | eleesha   Lun 9 Avr - 11:58

Eleesha avait attrapé un livre d’histoire qui se trouvait sur le présentoir. Ou plutôt, un roman historique axé sur les années 60. Une période qu’elle connaissait bien, centrale pour la lutte pour les droits civiques. Elle s’en était donc emparé, observant la quatrième de couverture après avoir donné son avis sur la situation avec Gustave. Avait-elle eu raison de le faire ? Après tout, ce n’était pas ses affaires et Ronnie pouvait très bien prendre ces décisions seul. Mais elle avait senti le besoin de dire quelque chose. Pas pour elle, non, mais pour Gustave qui, au fond de son lit, avait besoin de sentir la chaleur d’un ami, de quelqu’un s’intéressant à lui. Eleesha venait de transgresser une de ses règles, s’occuper un peu trop des affaires des autres, mais elle avait jugé cela important. Elle ne s’acharnerait cependant pas, elle avait donné son opinion, l’homme était désormais le seul à pouvoir prendre une décision. En tout cas, il ne fit pas comme si rien n’avait été dit, au contraire. Il souligna le côté direct des propos d’Eleesha. Cette dernière releva alors les yeux de son bouquin pour diriger son regard vers lui. Avant qu’elle ne puisse répondre à son constat, il enchaîna, expliquant que face aux paroles de la pompier, il se sentait presque con de ne pas être déjà allé voir Gustave. Eleesha retint le sourire amusé qui se pointait sur son visage.

L’espace de quelques secondes, la jeune femme avait hésité à rajouter quelque chose, à répondre à Ronnie mais finalement, elle préféra le silence. Elle voyait bien sur son visage qu’il réfléchissait déjà suffisamment tout seul. Ses mots avaient eu de l’impact, rien ne servait d’en rajouter encore et encore juste pour parler. Alors Eleesha avait ouvert le livre qu’elle tenait dans les mains, le feuilletant rapidement. Elle n’était cependant qu’à moitié concentré sur l’objet et la voix de Ronnie, qui lui fit immédiatement relever la tête, souligna bien le fait qu’elle était encore concentrée sur l’échange qu’ils venaient d’avoir. La jeune femme reposa même lentement le bouquin sur le présentoir alors que Ronnie émettait l’hypothèse qu’elle vienne le chercher la prochaine fois qu’elle se rendrait à l’hôpital. Cette phrase fit plaisir à la jeune femme. C’était un sacré pas en avant et Gustave serait sans doute heureux de voir Ronnie pointer le bout de son nez dans sa chambre. Ronnie ajouta cependant une précision, demandant à Eleesha d’appeler avant pour qu’il puisse faire garder sa fille. Il évoqua alors l’hospice de sa mère et la pompier fit immédiatement le lien, naturellement. Son souci avec les hôpitaux résidait peut-être là.

« Y’a plus subtile comme manière de me filer ton numéro, franchement. »

Eleesha avait dit cela avec un air presque sérieux, seul un mince sourire et une petite lueur dans ses yeux montrait qu’elle plaisantait. C’était aussi une façon de montrer à Ronnie qu’il pouvait respirer un coup et qu’elle n’était pas non plus là pour lui faire son procès. Certes, fidèle à elle-même, elle avait été directe et assez incisive dans ses propos. Mais elle savait aussi prendre du recul et s’adoucir, parfois. Ce qu’elle fit d’ailleurs pour conforter Ronnie dans sa prise de décision, au-delà de sa petite blague.

« Mais je pense sincèrement que c’est une bonne idée. Et ne t’en fais pas, je ne me priverai pas de te le dire si t’es lourd. »

Eleesha adressa alors un sourire plus dessiné à Ronnie. Oh non, il n’y avait aucune inquiétude à se faire à ce sujet. La jeune femme faisait ça pour Gustave mais clairement, elle n’allait pas supporter des blagues vaseuses pour la beauté du geste. S’il fallait le remettre à sa place, elle le ferait sans hésiter. Etre infirmière à l’hôpital, ça forge le caractère, tout comme grandir avec deux grands frères. Eleesha avait toujours sur s’affirmer et faire entendre sa voix, pour le coup, elle n’avait nullement l’intention de s’arrêter de sitôt. Ronnie parvint cependant à la faire taire quelques instants alors qu’il affirmait savoir qu’elle ne le portait pas dans son cœur. Eleesha baissa le regard sur les livres devant elle, légèrement troublé par cette affirmation qu’il venait de faire claquer. Elle se reprit cependant rapidement.

« C’est vrai que tes petits clins d’œil et les blagues un peu lourdes, c’est pas mon truc. »

Eleesha avait dit cela sur un ton se voulant assuré. Pourtant, elle ne l’était pas tant que ça. Non elle n’avait pas peur du conflit, de crier ses quatre vérités à quelqu’un lui tapant trop sur le système. Mais là c’était différent. Il avait dit cela sur un ton tellement léger et résilié que ça en avait quelque chose de désarmant, même pour une forte tête comme elle. Haussant les épaules, elle se sentit dans l’obligation de rajouter quelque chose à cette phrase plutôt rude.

« Il parait aussi que seuls les imbéciles ne changent pas d’avis. Tu as peut-être gagné des points pour ce que tu fais pour Gustave. »

Malgré son assurance habituelle, Eleesha baissa alors de nouveau le regard sur les livres devant elle. Cette situation étrange la sortait de sa zone de confort et, comme pour tout le monde, cela transparaissait dans sa façon d’agir.
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MessageSujet: Re: beyond the mermaids alley | eleesha   Dim 15 Avr - 21:11



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« Y’a plus subtile comme manière de me filer ton numéro, franchement. » Un rire franc qui vient animer l'espace, une légère gêne qui s'inscrit le long de ses traits. En effet, il a plus subtile que de proposer son numéro à l'une des personnes qui ne supporte pas forcement sa présence ou ses manières de faire. Et pourtant, il ose, joue le jeu, fonce dans ce mur en tentant le tout pour le tout. Il a l'audace facile, l'espoir vif et il le trahie, en cet instant précis, sentant néanmoins l'attention de la jeune femme se faire un peu plus présente sur leur échange. « Mais je pense sincèrement que c’est une bonne idée. Et ne t’en fais pas, je ne me priverai pas de te le dire si t’es lourd. » C'est fois, il répond par un clin d’œil, accueillant d'un sourire le maigre soupire qu'elle pousse à cela. C'est tenter le diable que d'agir de cette manière après ce qu'elle vient de lui dire. Mais il n'en est pas méchant, seulement taquin. De cette taquinerie qui lui permet d'affirmer qu'elle ne semble pas l'apprécier et qu'il le sait, qu'il le sait autant que d'autres les ayant déjà croisés, aperçus dans une même pièce à partager ; cette même pièce qu'actuellement finalement. « C’est vrai que tes petits clins d’œil et les blagues un peu lourdes, c’est pas mon truc. » Et ça vient vers lui comme une légère claque, quelque-chose qu'il savait mais qu'il n'aime pas forcément à entendre. Parce que ça vient lui rappeler bien des instants, des moments qu'il préférait oublier. A l'époque, Natalia l'avait laissé parce qu'il ne valait pas assez, Ayleen lui avait fait comprendre qu'il n'était qu'un bon à rien et, finalement, cette image le poursuit jusque dans le banal courant de sa vie. Un bref sourire, quelque-chose de défait tandis qu'il n'ose plus vraiment la regarder. Peut-être devrait-il apprendre à bien la fermer, à se tenir autant qu'on a déjà pu lui demander. « Il parait aussi que seuls les imbéciles ne changent pas d’avis. Tu as peut-être gagné des points pour ce que tu fais pour Gustave. » La voix qui revient, qui adoucit un peu la dureté des propos à peine énoncés. Ronnie relève le regard, tente d'apercevoir la jeune femme qui, quant à elle, s'essaie à y fuir. Il comprend, ne la blâme pas, n'a pas le cœur à ça. Parce qu'il est des personnes qui savent apprécier, d'autres qui finalement ne peuvent que détester.

« C'est gentil d'essayer, en tout cas. » Il n'a que ces mots-là, que ces paroles-là pour pouvoir lui faire entendre qu'il apprécie ce qu'elle vient dire, même malgré ce que ça sous-entend. Il a été trop vite, n'a peut-être qu'endurcir cette mauvaise image mais il tient le coup, cette fois, Ronnie prouve qu'en lui ne réside pas que cette impression-là. C'est dans un rire gêné qu'il se redresse, venant finalement réajuster la distance entre eux deux ; il tient à la savoir un peu plus à l'aise, il tient à raviver le sourire qu'elle portait jusqu'à ses propos, cette mise en avant de l’opinion qu'elle pouvait avoir et qu'il sentait sur son dos. « Concernant ce que je fais, c'pas forcement pour gagner des points ou quoi. J'lui doit beaucoup à Gustave, il m'a évité la rue parfois, si ce n'est pas pire en fait. Il se fait sincère, joue la carte de l’honnêteté pour qu'elle puisse comprendre ce qui le lie ici, à ces pans de mur là. J'fais juste ça parce que j'lui dois, parce que de toute manière j'ai que ça a foutre et qu'il a besoin de quelqu'un pour veiller sur lui. Bon, j'ai pas la gueule du petit ange gardien qu'on pourrait lui imaginer mais je m'en sors pas trop mal jusqu'à maintenant donc ça va. » Un peu d'humour, pour continuer sur ce qu'il peut être, ce qu'il peut laisser lui échapper. Ronnie n'en reste pas moins ce qu'il a toujours été, cette espèce de rayon de soleil qui, peu importe l'heure et le temps, n'a jamais fait que briller. « On se fera ça alors, j'te promets de pas te harceler si jamais tu crains que je t'envoie des messages ou quoi. J'ai pas l'air comme ça visiblement mais j'insiste pas forcement quand je sens que ça colle pas trop, tu vois ? » Oui, il fait vraiment au mieux pour changer tout ce qu'elle peut possiblement s'imaginer, tout ce qu'elle a du placarder sur lui et ses banalités.       

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MessageSujet: Re: beyond the mermaids alley | eleesha   Lun 16 Avr - 12:33

Pas besoin d’être devin ou expert en décryptage de visage pour savoir que les mots, durs, qu’Eleesha avait eu à l’adresse de Ronnie ne laissaient pas ce dernier complètement insensible. Elle se doutait bien que derrière les apparences, derrière ce qu’il montrait au monde, il y avait autre chose. Avant même cette conversation elle s’en doutait. Parce qu’elle n’était pas non plus stupide et savait bien qu’on ne se montrait jamais complètement, que chaque comportement cachait autre chose. Mais parfois, il est plus simple de s’arrêter à ce qu’on voit, de choisir les apparences comme référentielles absolues et ne pas chercher plus loin. C’était sans nul doute ce qu’elle avait fait avec lui, parce que c’était plus confortable. Mais alors qu’elle se retrouvait face au fait, face à la violence de ses pensées, elle se sentait un peu con. Cela ne voulait pas dire qu’elle appréciait pour autant sa façon de faire, simplement, elle ne pouvait qu’admettre qu’elle avait refusé de voir plus loin. Et c’était gênant de voir le mal que cela pouvait faire à l’autre. Ce miroir soudainement tendu à son propre comportement était difficile à regarder. Eleesha avait donc le regard rivé sur les livres se tenant vers elle. La voix de Ronnie se fit entendre de nouveau, brisant le léger silence qui venait de s’installer. Gentil d’essayer ? Eleesha se sentit d’autant plus con en entendant cela. Incapable de répondre, elle se contenta de relever le regard vers l’homme qui laissa finalement échapper un rire et s’approcha d’elle. La demoiselle ne bougea pas de son côté. Ronnie reprit alors la parole, se faisant d’un coup bien plus sincère, laissant glisser une partie du masque qu’il arborait en temps normal. Il n’en perdait pas pour autant son sens de l’humour et Eleesha laissa échapper un sourire alors qu’il admettait ne pas avoir la tête de l’emploi.


« Il vaut sans doute mieux passer inaperçu pour mieux faire son rôle d’ange gardien. »


Eleesha laissa alors son sourire s’attarder sur son visage. Elle laissait aussi de côté son masque de jeune femme sérieuse, fière derrière elle quelques instants. Histoire de rendre l’appareil à Ronnie mais aussi de faire redescendre la tension. Parce que si elle était exigeante, parfois intransigeante elle savait aussi écouter et accepter de refaire ses jugements, parfois.


« Et c’est parce que tu ne cherches pas à de gagner de points que tu en gagnes. »


Eleesha sourit de nouveau et laissa alors quelques instants son regard se perdre sur les couvertures des livres posés devant elle. Si Ronnie avait bien agi envers Gustave simplement pour se faire bien voir, autant dire qu’elle ne se serait pas privée de lui dire que c’était naze. Naze et pas très reluisant. Mais il semblait sincère dans sa démarche, ça elle ne pouvait pas lui enlever. Et cette sincérité, qui contrastait si fort avec l’image qu’elle avait de lui, était en train de lui faire changer d’avis. Une part d’elle avait toujours envisagé qu’il n’était peut-être qu’un homme blessé mais ça ne suffisait pas à ses yeux pour excuser le reste. Du moins, elle n’avait pas envie de prendre la peine de le faire. Peut-être que s’il venait voir Gustave avec elle et se retenait de lui envoyer des messages lourds… Eleesha releva les yeux vers lui.

« Et je te confirme par contre que quand ça devient trop insistant, je sais parfaitement me défendre… »

Un sourire presque carnassier se dessina alors sur le visage d’Eleesha. Oui, elle jouait de son image de fille revêche et cela l’amusait beaucoup. Elle était fière de ne pas se laisser faire, de savoir envoyer chier ceux qui prenaient trop leurs aises avec elle. Pour autant, en disant cela à Ronnie, elle ne se voulait pas menaçante. Non, c’était plus une manière de jouer sur les apparences qui étaient au final au cœur de la méprise des communications difficiles entre eux. Eleesha sortit alors son téléphone de sa poche, ouvrit l’onglet des contacts et le tendit à Ronnie.

« Mais bon, je suis prête à t’accorder le bénéfice du doute et à te faire un peu confiance…. Pour Gustave bien sûr ! »

Eleesha avait ajouté cela sur un ton qui laissait bien sûr présager qu’elle n’était pas parfaitement sérieuse. Oui, elle était prête à se remettre un peu en cause dans cette histoire et à accepter de voir Ronnie différemment. Si elle faisait ça initialement pour Gustave, pour que l’homme trouve du réconfort dans la venue de son ami à l’hôpital, elle le faisait aussi parce que l’homme en face d’elle avait réussi à la capter. A lui donner envie de porter un autre regard. Comme quoi, tout peut arriver…
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MessageSujet: Re: beyond the mermaids alley | eleesha   Dim 20 Mai - 18:15



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« Il vaut sans doute mieux passer inaperçu pour mieux faire son rôle d’ange gardien. Et c’est parce que tu ne cherches pas à de gagner de points que tu en gagnes. » Un sourire qu'il ne pensait pas pouvoir de nouveau voir, persuadé d'en avoir déjà trop usé mais en vérité, Ronnie commence à comprendre qu'elle s'est fourvoyée. Parce qu'elle s'est arrêtée sur ses premières impressions, parce qu'elle est venue se perdre dans l'image qu'il aime à faire valoir plus que sur ce qu'il pourrait être d'ordinaire. Une réussite pour terminer sur un mal, il aimerait que les choses en soient autrement pour l'entourage de ceux qui comptent, qui comptent même plus qu'il ne le croit à ses yeux ; Gustave faisant partie de ceux-là, il ne veut pas avoir à paraître indésirable pour ceux qui lui sont proches. Un soupire tandis qu'il y répond tout de même, à son maigre sourire. Il est de ceux qui ne le perdent jamais vraiment, ce rictus incessant qui cache pourtant tellement. Même malgré la froideur qui émane encore de la jeune femme dans certains de ses dires, des dires pour lesquels le jeune homme n'ira pas la blâmer, jamais. Parce qu'elle n'est pas la seule, elle n'a jamais été la seule à le penser. « Et je te confirme par contre que quand ça devient trop insistant, je sais parfaitement me défendre… » Bien-sûr qu'elle sait. Un maigre rire vient franchir la barrière de ses lèvres, pas de défi mais de compréhension. Le message passe, instinctivement. Il saura la fermer, autant que nécessaire en tout cas, plus que par le passé quand leur chemin avait été amené à être croisé. Il acquiesce alors, mimant le fait qu'il pourrait aisément la fermer avant qu'elle ne vienne lui tendre son téléphone, avant qu'elle ne vienne lui offrir une chance de lui prouver qu'elle s'est en partie tromper. Il était prêt à faire l'effort que de se rendre jusqu'en ces lieux ; à la condition qu'elle l'y accompagne. Car seul, non seul Ronnie n'y serait jamais allé. « Mais bon, je suis prête à t’accorder le bénéfice du doute et à te faire un peu confiance…. Pour Gustave bien sûr ! » Évidement. Il savait désormais que tout pouvait encore changer, ce regard qu'elle avait su poser sur lui par le passé et qui n'avait rien arrangé. Il est prêt à lui offrir une nouvelle vue sur ce qu'il peut être, parce qu'elle fait partie de cet endroit et qu'aucune barrière n'est à dresser, qu'aucun rôle n'est plus à jouer. C'est une chance qu'elle ne saura possiblement pas lui offrir une deuxième fois, une chance qu'il se doit de saisir, une avancée dans la crainte qu'il pouvait jusqu'alors ressentir. Eleesha vient se faire d'une aide précieuse malgré toutes les idées qu'elle avait pu avoir sur lui. Raison pour laquelle son sourire à lui n'en décroit pas, raison pour laquelle il se risque à pouvoir faire face à tout ça.

La main qui vient se perdre contre le téléphone, le numéro qui se tape de mémoire avant que l'appareil ne soit rendu pour la laisser faire le reste, Ronnie n'ose encore rien dire, profitant de cet instant, désireux de ne rien gâcher bêtement comme ça peut souvent lui arriver. Et pourtant, c'est dans sa nature de s'y risquer, de parler quand rien ne l'y oblige. « C'est gentil, en tout cas ; une pause, une attention qui se pose un peu sur elle avant d'en revenir à Emy, le roux un peu gêné par toute cette situation qu'il n'avait jusqu'alors jamais envisagée. De m'offrir le bénéfice du doute. Pas grand monde s'y serait risqué à ta place t'sais. » Il se fait honnête, au moins. C'est un plus qu'il lui laisse percevoir, un petit plus qui pourrait en laisser découvrir davantage. « J'vais tâcher de pas te décevoir sur ce point du coup quand tu voudras aller le voir ! » Un clin d’œil et l'attention qui lui revient, le sourire qui s'affaisse néanmoins. Il s'imagine le vieil homme dans son lit, sa solitude prête à le ronger, les murs froids de l’hôpital en train de le faire sombrer. Un haut le cœur, une nausée des plus tenaces ancrée à la lisière de sa gorge. Il aimerait pouvoir parer à cela, lui éviter toute cette presque folie là. Mais rien, rien ne peut être fait, le temps seul et les soins prodigués sauront évincer ses maux installés. « Il m'a réclamé, au moins ? » Et la question s'impose, vient se perdre jusqu'à l'attention de la jeune femme qui, elle, est parvenue à lui rendre visite. Dieu sait qu'il aurait aimé avoir son courage, rien qu'une heure. Qu'une petite heure ; une heure à venir au cours de laquelle il lui faudra partager son secret. « J'veux dire, je sais que ça doit pas être drôle ou quoi et que ça pourrait lui faire du bien mais j'veux pas m'imposer non plus si on y va, t'vois ? » C'est ridicule dit comme ça et pourtant, pourtant Ronnie trahi une certaine sincérité quant à ses dires, les ressentis qu'il craint de ressentir.       

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MessageSujet: Re: beyond the mermaids alley | eleesha   Sam 26 Mai - 16:28

Il se détend petit à petit et si Eleesha n’ira jamais formuler cela à voix haute, elle est plutôt contente de voir ça. Elle a dit ce qu’elle pensait et y est plutôt coutumière. Pourtant, ce qu’elle a vu dans le regard de Ronnie l’a légèrement perturbée. Voir ce remord sincère mais aussi, cette blessure a l’idée qu’on puisse mal le juger, qu’on ne voit encore et toujours que la même chose en lui. Eleesha ne changeait pas d’avis en un claquement de doigt mais elle se rendait compte qu’elle n’avait jamais pris le temps de lui accorder le bénéfice du doute. Le catégoriser c’était plus simple, plus rapide. Mais alors qu’elle lui tendait son téléphone portable, elle s’ouvrait à une autre perspective, laissait une porte ouverte et Ronnie pouvait désormais choisir de s’y engouffrer. Il attrape le petit objet et commence à taper son numéro dessus. Quand Eleesha le récupère, elle finalise d’enregistrer le contact. Dans le même temps, elle ouvre un nouveau message et commence à taper quelque chose. Avant qu’elle n’ait eu le temps d’appuyer sur la touche envoyer, Ronnie lui fait relever la tête. Il la remercie. Elle reste silencieuse quelques secondes et lui continue. Finalement, elle affiche un petit air victorieux.

« Je suis pompier tu sais, aller là où les autres ne se risquent pas, c’est mon métier. »

Eleesha détourne légèrement le sujet mais elle accepte ses remerciements. Elle n’aime pas spécialement ces moments pleins d’émotions et les esquive à sa manière. Ronnie lui promet de faire au mieux pour ne pas la décevoir et lui adresse même un clin d’œil. Elle hausse légèrement les sourcils, il restera toujours le même semblerait-il. La jeune femme n’a pas le temps de voir les traits du visage du jeune homme en face d’elle s’affaisser. Elle s’est de nouveau tournée sur son téléphone pour finaliser son message. « Ici la reloue de la librairie ». Un texto qu’elle envoie immédiatement à Ronnie, comme ça il aura son numéro aussi et pourra prendre l’initiative de la contacter pour aller voir Gustave. Sait-on jamais. Le libraire revient alors dans la conversation et Eleesha glisse son téléphone dans sa poche. Son visage est de nouveau sérieux, presque impassible.

« Quand je lui ai posé des questions sur la librairie il a parlé de toi, oui. »


Eleesha poussa alors un léger soupir. Ronnie semble être dans le doute en permanence, il avance, fait quelques pas mais recule aussitôt, effrayé par ce qui s’ouvre devant lui. Elle ne peut pas le blâmer et sait que perdre patience maintenant c’est effacer les chances de Gustave d’avoir un soutien dont il a sincèrement besoin. Elle regarde quelques instants autour d’elle, laissant ses yeux enregistrer quelques images de la librairie. Puis, elle revient vers Ronnie.

« Je ne suis pas assez proche de lui pour qu’il se confie beaucoup à moi. Gustave a apprécié ma présence mais a tout fait pour garder la face devant moi, être souriant, avenant… Etre l’homme de la librairie que je connais. »

Ayant été au chevet de patients pendant longtemps, Eleesha savait désormais reconnaître ceux qui s’ouvraient sans faille à elle et ceux qui cherchaient encore à montrer une certaine image. Elle ne blâmait personne, chacun avait sa façon de répondre à la maladie. Quand on perd une partie de ses capacités, on s’arme à sa façon pour avancer. Elle avait donc bien senti que Gustave cherchait à cacher le fond de ses émotions, il ne voulait pas faire peser sa peine sur la jeune femme même si elle aurait aimé pouvoir l’aider à la supporter. A défaut de pouvoir partager sa douleur physique.

« Mais il a parlé de toi et il avait envie que tu viennes le voir. Il t’a appelé par ton prénom alors forcément au début j’ai pas fait le lien. Mais bref, ce n’est pas important. Ce qu’il compte c’est qu’il parlait de toi et qu’à moins d’être idiot, il était difficile de passer à côté du fait qu’il aurait aimé discuter avec toi. »

Eleesha soupira alors légèrement. Ronnie était bien le Ronnie de Gustave, elle s’en était douté dès qu’elle l’avait vu derrière le comptoir d’ailleurs mais en entendant Gustave parler de lui, elle n’avait pas de suite visualisé ce visage qu’elle avait déjà vu. Enfin. Ce n’était pas le débat.

« Tu le ne dérangeras pas c’est certain. »
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MessageSujet: Re: beyond the mermaids alley | eleesha   Mer 20 Juin - 21:07



beyond the mermaids alley
EXORDIUM.

« Quand je lui ai posé des questions sur la librairie il a parlé de toi, oui. » Il a le doute tenace et la peur facile. C'est ce qu'il vient trahir à la jeune femme qui lui fait face, à celle qui vient raviver un peu de confiance en ce lien qu'il croyait pas si fort. Ou si, en vérité, il a juste ce léger mal à l'assumer. Que l'on puisse s'accrocher à lui lui paraît tellement dépasser ; il est le débris qu'on devrait plutôt éviter. Mais pas ici. Pas en ces lieux, Gustave est parvenu à faire de lui quelqu'un. « Je ne suis pas assez proche de lui pour qu’il se confie beaucoup à moi. Gustave a apprécié ma présence mais a tout fait pour garder la face devant moi, être souriant, avenant… Être l’homme de la librairie que je connais. » Un bref sourire, il voit ce qu'elle vient lui faire entendre et il s'y attendait un peu. Parce qu'il connaît ce vieillard, rien ne l'empêchera de jouer la comédie jusque dans les pires moments. C'est sa manière à lui de protéger les autres, de leur épargner les pires idées qui pourraient s'imposer dans de telles circonstances. « Mais il a parlé de toi et il avait envie que tu viennes le voir. Il t’a appelé par ton prénom alors forcément au début j’ai pas fait le lien. Mais bref, ce n’est pas important. Ce qu’il compte c’est qu’il parlait de toi et qu’à moins d’être idiot, il était difficile de passer à côté du fait qu’il aurait aimé discuter avec toi. » Et la voilà la culpabilité, celle qui parviendrait presque à lui donner un peu de courage, celui qui commence à lui manquer. Ronnie en baisse finalement la tête, fuyant la présence de la jeune femme qui commence à le faire se sentir un peu bête. Parce qu'il aurait aimé pouvoir faire plus. Parce qu'il aimerait pouvoir faire davantage mais ça doit passer par ses craintes, ses peurs, tout ce qui le touche de près, à l'intérieur. « Tu le ne dérangeras pas c’est certain. » Il acquiesce, silencieux remerciement de ses mots rassurants. Parce qu'il en a besoin, en plus de nouvelles faites par son intermédiaire. Elle lui offre la possibilité d'imaginer, de se dire que finalement, il tient encore le coup, que les choses ne sont peut-être pas si grave. Il aimerait se le dire, s'ancrer cette possibilité dans sa tête pour ne lui jamais l'en enlever. Lutte quotidienne depuis qu'ils sont venus le chercher, depuis que sa respiration a commencé à lui manquer. Douloureux souvenir qu'il chasse immédiatement de sa tête, recevant seulement maintenant le message qu'elle s'était permise de lui envoyer. Au moins, les bases sont fixées, Ronnie ne peut plus reculer.

« On va se prévoir ça alors. » Un maigre sourire bien que déjà plus empli de courage. Il se décide, petit à petit, à force d'entendre ses dires. Il se décide à franchir le pas, à oser braver ses craintes à l'égard des lieux dans lesquels le vieux se tient. C'est prendre sur lui, user de toute sa volonté pour pouvoir ne serait-ce que l'apaiser. Lui épargner l'ennui, rien qu'au cours d'un après-midi. « C'est gentil, vraiment, je le redis, c'que tu fais pour lui du coup. Rien que d'essayer d'pousser mon cul là-bas. » Un rire, un peu gêné mais bien sincère pour celui qui tient sa place, qui s'imagine déjà devoir marcher dans les couloirs froids de ces lieux désastreux. « Enfin, on verra. J'te dis dès que je peux, là j'lui fait quelques journées pour pas qu'il soit dans la merde et j'ai quelques commandes de tatouage à faire avant la fin de semaine donc si j'ai une heure ou deux, on se contacte. » Qu'il propose, qu'il vient faire entendre à la jeune femme tandis qu'il essaie déjà de trouver quand ses créneaux seront le plus accessibles. « Sauf si tu taf, que tu as des horaires de merde et j'en pense bien-sûr, j'impose rien t'inquiète, tu m'dis. Petite pause, l'impression de paraître pour un enfant qui aurait peur de se balader sans sa mère. C'est un peu l'idée vu l'endroit dont ils sont en train de parler. Au pire, j'essaierai d'y aller comme un grand, tout seul, le courage au ventre. Le défi ce sera de pas tomber dans les vapes une fois là-bas. » Petite blague en sachant qu'il manque clairement de confiance pour ce coup-là. Chose qu'elle a clairement du comprendre à sa manière d'en parler, à sa manière d'avoir perdu de sa superbe contrairement aux fois où ils se sont déjà rencontrés. Il diffère de ces instants, bien plus calme, plus avenant.        

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MessageSujet: Re: beyond the mermaids alley | eleesha   Lun 25 Juin - 10:31

La situation avance progressivement, les choses se débloquent à leur rythme et Eleesha en ressent une certaine fierté. Elle sait qu’elle n’aura pas réglé la peur de Ronnie des hôpitaux, qu’elle n’aurait pas changé sa vie sur le long terme. Mais elle sent qu’il est prêt à faire un premier pas pour Gustave, pour un ami qui lui est cher. Et ça, c’est une excellente nouvelle. Ils pourront tous les deux passer un moment ensemble, se sortir de leurs craintes, de leurs quotidiens et s’accorder une pause bien méritée. Eleesha en avait presque le sourire en imaginant la scène. Ronnie explique qu’ils vont prévoir cela. La jeune femme hoche la tête, esquissant un mince sourire. Lui reprend, la remerciant de ce qu’elle fait. Elle lâche un léger rire, très court pour l’accompagner. Elle accepte ses remerciements et s’en sent flattée mais elle ne cherche pas à appuyer dessus. Parce qu’au fond d’elle, il y a presque de la gêne à se dire qu’elle accepte tout ça. Elle ne l’a pas fait pour ça, pas sur ce coup. Elle a juste suivi son instinct, écouté ses tripes en voyant Gustave dans son hôpital, tout seul à attendre de la compagnie, des nouvelles de ceux à qui il tient.

Ronnie reprend la parole, il lui explique qu’il a des choses à faire, des tatouages, la librairie. Eleesha croise les bras et pose un regard aussi neutre que possible sur lui. Il ne peut pas reculer maintenant. Elle ne met en aucun cas en doute son emploi du temps. Mais le fait qu’il parle de ça, qu’il mette en avant ces choses là maintenant, c’était comme s’il cherchait une petite excuse. Il retourne le problème sur elle, sur ses horaires. Cette fois, Eleesha se détend et sourit de nouveau.

« Je suis pompier alors oui, j’ai des horaires assez particuliers. Mais j’ai aussi des jours de repos donc pas de panique. Tu me dis et je fais en fonction. »

Eleesha le regarde intensément quelques instants, comme pour être sûr qu’il a bien compris le message. La jeune femme savait que ses horaires apportaient des contraintes mais elle passait aussi régulièrement par l’hôpital pendant son service et, elle avait des jours de repos entre ses gardes. Donc oui, elle pourrait bien trouver un moyen. Mais Ronnie semblait commencer à envisager une autre solution, y aller seul. Il ponctue sa phrase par une petite plaisanterie, elle sourit mais sent bien qu’il ne dit pas ça que pour la blague.


« Si tu te sens d’y aller seul c’est super, mais évite de tomber dans les pommes ouais, les infirmières ont déjà assez de travail comme ça. »


C’était une blague hein. Une blague à la Eleesha, prononcée avec ce petit air sérieux, ce petit mouvement de sourcils. Mais elle réalisa que Ronnie ne la connaissait presque pas et le risque qu’il ne comprenne pas son sens de l’humour assez particulier n’était pas négligeable.

« Je rigole hein ? »

Elle attend sa réaction avant de se dérider un peu. Finalement Eleesha commence à marcher dans la librairie et revient vers un présentoir qui avait attiré son attention quelques temps auparavant. Elle attrape alors un exemplaire de Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur d’Harper Lee. Elle l’avait déjà lu et il était déjà présent dans sa bibliothèque personnelle. Mais elle voulait en acheter un exemplaire pour l’une des associations où elle passait du temps. Elle jugeait important que les jeunes de sa communauté le lise. Elle s’approcha donc de la caisse et posa le livre sur le comptoir.


« J’attends ton message, quoi que tu décides préviens-moi. Je suis sûre que tu y arriveras. »


Un peu d’encouragement, ça ne faisait jamais de mal. Oui, malgré la froideur qu’elle laissait parfois filtrer, Eleesha pouvait aussi se rendre compte que certains avaient besoin d’un peu de soutien, qu’on leur montre le potentiel qu’ils avaient. Elle aussi, d’une certaine manière, pouvait se glisser dans cette catégorie.

« Et si je n’ai pas de nouvelles, je reviendrais par ici. »

Et ça, il pouvait être sûr qu’elle le ferait.
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MessageSujet: Re: beyond the mermaids alley | eleesha   Jeu 5 Juil - 22:07



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« Je suis pompier alors oui, j’ai des horaires assez particuliers. Mais j’ai aussi des jours de repos donc pas de panique. Tu me dis et je fais en fonction. Après, si tu te sens d’y aller seul c’est super, mais évite de tomber dans les pommes ouais, les infirmières ont déjà assez de travail comme ça. » Elle termine enfin par cerner, par comprendre à quel point ce mal pourrait le toucher. Il est loin de ces gros durs qui peuvent tout supporter, tout surmonter. Dieu sait, pourtant, qu'il aurait aimé ; peut-être parce que ses frères y parviennent, eux, à donner l'illusion que rien ni personne ne pourrait les blesser. Un soupire dans son coin et ce maigre sourire qui demeure malgré la réalité de la chose. En y allant seul, il ne sera qu'un fardeau de plus pour le personnel de l’hôpital et il veut éviter cette image, ce fait-là qui suivra – il le sait – bon nombre de ses pas. « Je rigole hein ? » Le regard qui se tourne vers elle, qui s'impose comme pour lui faire comprendre qu'au pire, ce n'est rien. Ronnie l'encaisse plutôt bien, chose qu'il tait, ne voulant pas rendre les choses plus gênantes qu'elles ne le sont déjà. Raison possible pour laquelle elle ose quelques pas, déambulant dans la librairie tandis que lui conserve sa place, sa présence près du comptoir qu'elle termine par rejoindre, quelques instants ensuite, déposant l'un des livres devant lui. Il ose un sourire, quelque-chose de poli quant à la plaisanterie faite. Parce qu'il n'est pas de ceux qui font cette tête triste durant des heures et des heures. Non, il a l'art de passer d'un état à un autre sans vraiment qu'on puisse le suivre. C'est ce qui fait qu'il soit si dérangeant, parfois, quand certains ne s'en remettent pas, lui poursuit déjà ses pas. « J’attends ton message, quoi que tu décides préviens-moi. Je suis sûre que tu y arriveras. » Un sourire sincère cette fois, l'impression que cette bienveillance puisque encore l'atteindre derrière la carapace qu'il tient à porter ; Ronnie fait au mieux pour ne pas laisser paraître sa légère timidité. « Et si je n’ai pas de nouvelles, je reviendrais par ici. » Des mots prononcés tandis qu'elle termine de régler, prenant soin de ranger le livre dans le sac qu'elle avait amené. Il n'en cache pas son amusement, ce rictus qu'elle a su installer contre ses lèvres maintenant qu'ils sont parvenus à s'entendre. Il était loin de se douter, loin d'imaginer qu'elle puisse se distinguer. Car rares sont ceux qui ont admis s'être trompé, au moins sur son compte et la première impression qu'il puisse donner. « J'en doute pas, t'inquiète. » Un clin d’œil, la preuve même qu'il a bien saisi le message. Il ne pourra pas reculer, ni même lui échapper. Cette visite est à honorer et il fera l'effort nécessaire pour y parvenir malgré ses craintes bien ancrées, malgré cette réticence dont il n'a jamais su se séparer. « Fais attention en rentrant. » Qu'il termine par dire, la voyant sur le départ, venant finalement l'accompagner, changer cette image qu'elle avait trop longtemps gardée. « J'te tiens au courant rapidement. »

END.        

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