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 After

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MessageSujet: After   Lun 5 Mar - 18:34

After
Maximilian & Gabriel

Monday the 1st of December, 2017.

Le cigare diffuse sur le bord d'un cendrier au rebord de verre crasseux. La fumée âcre volette dans la pièce, imprègne les murs blancs passés, les photos et les objets rares posés sur un minimum restrictif de mobilier bon marché. Le cigare diffuse et avec lui ses cendres, ses foutues putains de cendres. Grises, froides, enveloppées des résidus cramés du corps en décomposition, du corps marron de son bâton cubain acheté hier soir, au milieu d'un surplus de verres de whisky avalés dans le noir. D'un œil morne et bas il observe, contemple l'orangé, la combustion, le brasier des copeaux volatiles s'éteindre au contact de l'air gelé de son appartement. D'un œil morne et bas il observe, se souvient de l'énorme feu qu'ils ont allumé, de ces litres d'essence aspergés, de ce briquet qu'ils ont déclenché. La flamme danse, vacille, invisible jusqu'au creux le plus profond de ses pupilles rétrécies de fatigue. Des cendres. Des cendres partout réduites par les heures à force de brûler jusqu'au petit matin, jusqu'au rougeoiement solaire sur le fil de l'horizon, jusqu'à l'extinction des braises tordues et desséchées. La scène marque la rétine, ne dégage pas malgré la mâtinée qui s'est écoulée, malgré son enfermement depuis ce temps à ne plus bouger. Il est resté bloqué là, sur son canapé ikea, celui que les filles ont acheté et qui lui défonce le cul avec sa forme soit disant moderne conçue par ces abrutis de suédois. Il se relève, dans un soupir las. Ses pas lents et boiteux le mènent dans la salle de bain, là où il se jette un peu d'eau fraîche contre les traits tirés, contre les cernes violacés de sa gueule de plus en plus ridée. Face au miroir, un cheveux blanc sur sa mèche relevée semble avoir échappé à la teinture de la semaine dernière, il vient de le remarquer, à moins que ce ne soit le stress subit qui vient de le créer. Il ne sait pas mais ce truc l'emmerde quand même et il se tâte à l'arracher, à le pincer entre ses doigts pour le faire dégager. Seulement, la calvitie probable à venir n'est pas un risque qui le fait fantasmer alors il abandonne, il oublie l'idée, bien heureux soudain d'avoir réussi à penser à autre chose l'espace de quelques minutes à poil devant son reflet défait. Les fringues souillées, le falzar couvert d'une suie macabre, tout est fourré dans un sac poubelle avec les bouteilles de bières de la nuit. Seul son cuir est balancé avec lui sous l'eau glacée d'une douche en ruine, à la faïence par ci, par là pétée. Il se fout à genoux, émet un râle puissant pour se réveiller, pour tendre et crisper ses muscles le temps que la flotte se mette à se réchauffer. Il se met à genoux, recouvre allégrement son blouson de gel qu'il fait mousser frénétiquement pour faire disparaître au creux du siphon la poussière, les morceaux de chair carbonisés, collés. Tandis qu'il frotte, tandis qu'il essuie il revoit ses mains, ils revoit ses paumes gantées ramener au sol les amas, tenter de capturer vainement chaque parcelle, chaque plus infirme particule de son être, de son corps envolé, balayé par l'incendie qu'il a regardé se consumer, partir en fumée épaisse. Il se rappelle avoir hésité, avoir cherché une balayette, une connerie du genre pour ne rien perdre de lui. Des cendres, des putains de cendres partout ; sur la tronche, sous les paupières, sur les cils, contre la barbe, contre la langue et les parois sèches de la bouche ouverte, dénuée de mots quand le tout est déposé dans le fond minable d'un tupperware transparent.

Aujourd'hui on est le premier, cette pensée le fait se redresser. On est le premier, le premier du mois et avec lui son rituel mensuel de gonzesse à potins. Depuis plusieurs années, peu importe le jour de la semaine, le numéro un du calendrier est un rendez vous avec Max entre les murs bleus d'un grill abordable et franchement pas dégueu. Trempé, il sort de la cabine de plastique qui crisse et met son cuir à égoutter sur un cintre déformé. Au bout d'une bonne demie heure il va même jusqu'à prendre le sèche-cheveux qu'Ayleen lui a acheté pour finir de le sécher, pour accélérer le processus. Il ne sort pas sans, même malgré ce qui peut toujours y coller, malgré ce qui s'est passé. Il se fringue rapidement en voyant midi doucement approcher sur le cadran ; un jean et un pull sombres, banales, ordinaires accompagnés d'un coup de peigne sur le crâne, contre la barbe et quelques gouttes d'un after-shave boisé. Il ne l'appelle pas, ne lui envoie pas de texto parce qu'il ne sait pas où il a foutu ses lunettes et s'en branle d'ailleurs. Il se contente juste de sortir de chez lui, de prendre sa bécane et d'y aller. Avant de commander il fait un plein dans la station service, juste en face et il se paie le luxe de regarder Mandy derrière la vitrine. Elle est entrain de s'agiter, de faire voler les pans de sa jupe de serveuse contre son boule pas désagréable à regarder. Quand il entre enfin, elle lui claque une bise et annonce qu'elle a déjà préparé leur table dans le fond, comme à l'accoutumé. Un bref signe de tête pour la remercier et il va poser son cul contre la banquette. Il ne sait pas si il va se ramener, si il a besoin comme lui de ne rien changer aux habitudes, de faire des trucs un peu routiniers pour ne pas avoir à songer, à se retaper l'horreur dans laquelle lui même ne s'est pas retrouvé. Il attendra qu'il se pointe et si il ne vient pas il se tirera après avoir bouffé ; du moins si il en a la force, si il obtient l'accord capricieux de son estomac. L'humidité résiduelle de son cuir lui donne des courbatures dans le dos mais c'est le maigre prix à payer pour ces conneries qui le laissent aussi vide que les couverts qui sont disposés sous son nez. Après une dizaines de minutes, quand il s'apprête à commander, il le voit enfin débarquer, se levant pour l'accueillir, le gratifiant de quelques tapes dans le dos, affection virile qu'il aurait pu un peu plus éterniser, au moins pour cette fois. « On s'prend l'entrecôte comme d'hab ou on vise plus petit aujourd'hui ? » Il se rassoit, chope la carte et dévisage son ancien prospect. « T'sais quoi ? On va viser plus grand même t'en pense quoi ? »

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MessageSujet: Re: After   Mar 6 Mar - 5:09




Max & Gabriel



After  


Honnêtement je ne sait plus vraiment quelle heure il est lorsque j'ouvre les yeux. La baraque silencieuse et vide est baignée dans une lumière déjà bien haute qui m'indique que l'heure est déjà avancée. Je pousse un soupir et cherche du regard la pendule de ma cuisine derrière moi, je me suis endormi sur mon canapé comme un sale con. Je pose un pied par terre et il me faut plusieurs tentatives pour trouver un espace vide, je fronce les sourcils et regarde autour de moi c'est un véritable champ de bataille qui s'offre à moi. Putain de merde. Ma main droite remonte le long de ma nuque et vient finalement rencontrer mon front, j'ai la tête qui bourdonne, j'aurai jamais dû m'enfiler ces quelques verres. Un peu plus de onze heures...ouai j'ai dû pioncer genre une heure et demie tout au plus et je suis censé retrouver Gabriel pour déjeuner...est-ce que c'est encore d'actualité en réalité ? J'en ai pas la moindre idée. Probablement pas. Je hausse machinalement une épaule. Peu importe, de toute façon je crève la dalle et j'ai clairement besoin d'avaler quelque chose de consistant. Je finis par me dresser sur mes pieds et constate que mon salon est dans un état bien pire encore que je ne l'avais cru, maintenant que j'ai pris un peu de hauteur, ouai ba je jouerais les fées du logis plus tard ou mieux je ferais venir une abuelita là qui fait ca pour quelques dollars. L'immigration avait parfois du bon finalement.

Ok direction la cuisine, j'enquille environ six mille litres de flottes avant de me diriger vers ma douche, histoire d'essayer de faire disparaître toutes traces des dernières heures. J'y retrouve grossièrement jeté sur le sol, les vêtements que je portais à l'entrepôt et que je vais m'empresser de cramer dès que je serais revenu. Excepté mon cuir évidemment.....Je le ramasse et le secoue, regardant la poussière et les cendres s'envoler dans un nuage presque invisible autour de moi. Je préfère ne pas penser à ce que potentiellement s'y est mélangé, je le fais quand même bien évidemment l'espace de quelques secondes avant de chasser avec force cette idée répugnante. Ma mâchoire se serre et je jette mon cuir dans l'évier de la salle de bain, avant d'attraper une éponge et de le frotter avec autant de vigueur qu'il m'en reste, à savoir pas beaucoup, c'est sans doute pourquoi ca prend un certain moment et que je finis par abandonner lorsque néanmoins le plus gros est fait, pour me glisser sous la douche, histoire de finir de vraiment me sortir de cette espèce de putain de brouillard duquel je semble pas capable de m'extirper. J'ai l'impression que ces dernières vingt-quatre heures n'ont pas de sens, qu'elles n'existent pas, mais que pourtant elles ne semblent pas vouloir se terminer. Alors que l'eau ruissèle sur son visage, des flashs ne peuvent s'empêcher de venir marquer ma mémoire, ceux de mes frères dont les visages se tordent sous le spectacle abominable auquel ils ont été confrontés, celle de Caleb et de la fumée noirâtre que les roues de nos propres engins ont laissés derrière eux, la colère et l'alcool qui m'ont poussé à saccager mon propre salon, ce besoin d'oublier qui m'a envoyé frapper à la seule porte que j'aurai dû laisser fermer...je rouvre les yeux et vient débarrasser mon visage du surplus de flotte qui s'y est déversé. Bordel de merde.

Je m’habille rapidement, jean sweatshirt à capuche et mon cuir par dessus. J’ai pas envie de faire d’effort, je suis crevé, j’ai une tête de déterré et j’ai la dalle. J’avale deux aspirines avant de partir, histoire de pas laisser le tintement qui vient gêner mes pensées, prendre plus d’ampleur et je me casse, direction l’endroit habituel, un petit diner du West-side. Ca fait un bail qu’on va là-bas, c’est notre rituel, notre truc un peu en dehors du club, club duquel on évite en général de ramener sur le tapis autant que possible, histoire de pas avoir l’impression de participer à une énième réunion. Bien évidemment les gars ou certaines anecdotes reviennent, ca c’est difficile de faire sans, après tout ca reste le centre de notre vie alors…enfin toujours est-il que je ne sais pas trop à quoi risque de ressembler notre rencontre d’aujourd’hui, parce que c’est une situation jamais vu et que j’ai pas la moindre idée de comment on va bien pouvoir s’en remettre.

Je gare ma moto devant le resto et ôte mon casque avant de passer dans un geste automatique une main dans mes cheveux. De l'extérieur je constate que c'est pas vraiment rempli ce qui n'est pas plus mal dans la mesure où j'ai pas forcément envie de me retrouver au milieu d'une foule bruyante et relou. Je pénètre à l'intérieur de l'établissement, ce sentiment de doute et de regret qui me bouffe toujours les entrailles et c'est pas le sourire de la jolie serveuse qui me fait me sentir mieux. « Pile à l'heure ! Gabriel est déjà installé, tu connais le chemin. » Me souffle Mandy avec un sourire mutin. Je lui rends même si ca me demande plus d'efforts qu'à l'accoutumé. Je rejoins mon ancien mentor et il se lève pour me gratifier d'une tape dans le dos et mes gestes imitent les siens avant que je ne finisse par me laisser retomber sur la banquette face à lui.« On s'prend l'entrecôte comme d'hab ou on vise plus petit aujourd'hui ? A son tour il s’assoit et reprend presque immédiatement. T'sais quoi ? On va viser plus grand même t'en pense quoi ? » Un rictus vient éclairer légèrement mes lèvres et je me mets à hocher la tête. - Je pourrais bouffer une vache. Je secoue la tête à la négative, ca fait franchement longtemps que je ne m'étais pas pris une cuite comme ca, je sais quels effets ont l'alcool sur moi et sur mon comportement et c'est bien pour ca que je préfère habituellement m'épargner de telles déconvenues. Je pousse un soupir. T'as réussi à fermer l'oeil ? Parce que lui aussi présente pas super. Parce que je suis bien conscient de ressembler à rien, mais toi aussi t'as une sale gueule papy ! » C'est pas facile d'agir normalement, tout semble déplacé et étrange.

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MessageSujet: Re: After   Sam 31 Mar - 15:38

After
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Monday the 1st of December, 2017.

A vrai dire, il ne sait pas vraiment si il a faim. A vrai dire, à la réflexion qu'il est entrain de se faire au moment même où il propose de se taper une entrecôte, il ne sait pas vraiment si il a faim. Est-ce qu'il a soif ? Est-ce qu'il a au moins l'envie de dormir après cette nuit d'insomnie ? Est-ce qu'il est encore capable de sentir ne serait-ce qu'une envie de pisser et d'être en mesure d'y remédier ? A vrai dire, il n'en sait rien. A vrai dire, il n'y a rien à dire, rien à savoir, rien à sentir ; Gabriel est un amas d'os, de muscles et de peau sans envies, sans une quelconque idée de ce que va bien pouvoir être l'avenir. Il a beau chercher, il a beau creuser au fond de lui même, de sa boite crânienne fatiguée pour choper un simulacre d'émotions, ne serait-ce qu'autre chose qu'un no man's land de sentiments ; il a beau creuser, il a beau chercher mais tout ce qu'il récolte ce ne sont que des lopins de sable entre les doigts, des trucs informes qui contiennent queudal, pas même des larmes, pas même une douleur dans le cœur. Il a le palpitant qui lancine dans le vide. Alors il laisse tomber. Ce n'est pas grave. C'est bien mieux comme ça, ça lui va. C'est préférable surtout de pouvoir tenir encore debout, d'avancer malgré le peu d'heures qui se sont écoulées depuis tout ce bordel imposé. La routine reprend déjà ses droits. La vie reprend son cours ; il faut se lever, bouffer, bouger alors les voilà, comme tous les premier du mois, les voilà à échanger des commentaires et des vannes habituelles, d'une affligeante banalité. « Bordel, abuse pas, j'reste pas dégueulasse même comme ça. Elle m'a encore fait un clin d’œil en arrivant je t'f'rai dire, t'en n'a pas eu autant apparemment alors qu'elle a ton âge mon grand. » D'un sourire accompagné d'un coup de nez, il pointe en face de lui la serveuse entrain de prendre une commande auprès d'un type chauve, ratatiné sur son auge et ses couverts. Elle fait virevolter les pans de sa jupette sur son passage pour rattraper le bar et Max se retourne vers le cul galbé qu'il vient tout juste de désigner. Il ne sait pas pourquoi, mais à chaque fois qu'elle fait ça, elle semble disperser avec ce piètre morceau de tissus, un voile de bonheur dans ce trou à rat. « Mais ouais t'as raison, j'dois avoir une sale gueule. J'ai pas réussi à pioncer, enfin j'ai pas eu l'temps plutôt. J'suis resté une bonne partie de la nuit avec les filles, elles avaient b'soin d'en parler t'sais, fin bref. » Les banalités se font entacher malgré tout, malgré eux alors il y met un bref pour la forme, surtout pour la finalité. Gabriel se rend compte qu'il n'a pas franchement le désir de ressasser ce qu'il a fait immédiatement après avoir foutu les cendres de la personne la plus proche de lui – bien plus que sa propre gosse - dans une vulgaire boite de plastique.

Et pourtant, rien que d'en parler il revoit la tronche de sa femme, de ses filles. Il se souvient des larmes qui ont coulé, celles qui sont tombées sur les joues rosées, balayées par des paumes furieuses, désemparées. Il a l'odeur du café sans sucre qu'on lui a fait dans les narines, celui qui a refroidit sur le bord en tissus d'une jolie nappe, adroitement brodée. Les mots se sont fait rares, bien plus que les silences encore mais ils ont quand même comptés, suffisamment pour les marquer. Il n'a rien dit, pas évoqué les circonstances, ne leur a rien imposé si ce n'est le fait irrémédiable de sa mort, la fatalité irrévocable de son décès. « Et puis, bah après j'suis rentré, j'ai fais un crochet chez Ayleen rapidos quand même avant. » Il se redresse parce que Max fronce un sourcil, c'est à peine perceptible avec les traits tirés de sa gueule crevée, mais il le connaît assez pour le relever et ainsi ajouter des détails à sa phrase. « J'l'avais envoyée avec Charlie chercher de la bouffe et une gonzesse est venue percuter la boutique en bagnole. J'te raconte pas comment ça a retourné les deux gamines. Charlie, elle a la jambe ou la hanche che pas quoi de pétée, elle a été bloquée par la voiture contre un mur et Ayleen a frôlé la détresse respiratoire parce que ça lui a arraché les fils de son machin à roulettes du pif, elle a la tronche ravagée. Elles sont dans un sale état toutes les deux. » Il accompagne le récit d'une grimace renfrognée et sort son téléphone de sa poche. En quelques clics il le tend à son ancien prospect, il lui tend, lui montre des photos de Charlie et d'Ayleen qu'il a prise après l'accident ; des clichés qu'il a déjà envoyé à Alma pour savoir si ils ne peuvent pas claquer un procès au chauffard et récupérer deux trois clopinettes dont ils ont affreusement besoin. « Je vais voir avec Love pour demander des dommages et intérêts à l'abrutie qui a fait ça, parce que comme ça là, Charlie va plus pouvoir bosser et de toutes façons y'a l'hosto à payer pour Ayleen bientôt pour sa greffe. » Il se ré-adosse, range son portable dans son jean et renifle bruyamment ; parler des soucis d'argent est le genre de conversations qu'il est plus en mesure de tenir pour le moment si il doit parler de sa personne, en ce qui concerne Max, par contre, ça ne le dérange pas de l'entendre déblatérer sur cette nuit là. « Du coup ouais, j'ai pas pioncé, j'suis rentré, j'ai un peu picolé j'te l'cache pas puis j'me suis collé dans le canap' sans voir l'temps passer, j'sais même pas quelle heure il était quand j'me suis posé. Y'a juste un moment j'ai vu onze heure et c'est là que j'ai remué du cul pour venir. C'est tout. T'as tué le temps comment toi ? » Question conne il le sait, la plupart des gars ont dû aller se prendre une sale murge, une taule monumental et doivent à présent arborer le même faciès ternie que son acolyte qui prend une profonde inspiration avant de répondre.
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MessageSujet: Re: After   Jeu 12 Avr - 22:58




Max & Gabriel



After  


C'est étrange, on a l'habitude de se retrouver ici régulièrement et c'est toujours la même chose, juste un moment en dehors du club, parfois pour faire le point, parfois juste pour parler de rien, mais aujourd'hui c'est une véritable enclume qui vacille au-dessus de nos têtes et rend ce déjeuner un peu lourd. C'est franchement pas le genre de truc avec lesquels je suis à l'aise, j'aime pas ne pas savoir quoi dire, quoi faire, j'aime pas ne pas être complètement maître de ma personne et aujourd'hui je ne le suis pas du tout, je me le suis prouvé de plus d'une façon. Abruti. Il me regarde, je le regarde et c'est tout sauf naturel, alors je prends une inspiration et sur moi en même temps pour essayer de causer sans pour autant tomber dans les violons et le drama, c'est pas plus mon truc que le sien de toute façon. Il se redresse et je sais pas s'il s'en rend compte, mais tout de suite il reprend un peu plus d'aplomb qu'il y a une seconde. Ça m'a toujours fait rire qu'il soit aussi soucieux et concerné par son image, faut croire qu'y des choses qui changeront jamais et puis bon c'est pas comme si même à son âge très avancé il continuait pas de chopé de la chatte première fraicheur. Il m'adresse un signe de tête désignant la serveuse et sa jupe parfaitement courte. J'en observe la limite et remonte mon regard sur son cul qu'elle se gêne pas pour remuer presque à outrance, à moins que ça soit juste la fatigue qui me joue des tours. Je me marre un peu et redonne finalement toute mon attention à mon mentor. « T'inquiète pépé t'es toujours du bon côté de la barrière, même si c'est sûr qu'à côté de moi...j'hausse mes sourcils, sourire en coin. Et les meufs font pas de clin d'oeil pour draguer Gab, elles font ça comme elle ferait un sourire attendrit à leur père. Ceci dit c'est pas le fondement de ta technique le complexe d'oedipe ? »

Je finis par avoir le fin mot, même si en soit aucune explication n'était nécessaire, je suis bien placé pour savoir qu'on a probablement tous finis dans un piteux état hier...certains plus que d'autres j'imagine. Je sais que Gabriel et Caleb c'était à la vie, a la mort, je peux qu'imaginer ce qui se passe dans sa tête et encore j'en suis même pas sûr. Des frères ont en a perdu, mais Caleb c'était plus que ça pour lui. Je pousse malgré moi un soupire fatigué et désabusé, parce que ça continue de me sembler irréel et pourtant les images qui dansent encore sournoisement devant mes yeux, le mélange horrifique de bruits qui font encore bourdonner mes oreilles sont bien là, à me rappeler toute la véracité de cette nuit. La suite me décoche un peu de surprise ou en tout cas de questionnement et si je ne le formule pas oralement, il semble s'en rendre compte puisqu'il vient à me donner quelques précisions. Non mais sans déconner ? Mes mâchoires viennent se serrer sans que je n'y pense vraiment. Comme si c'était pas suffisant que notre prez finisse en charpie, il faut qu'en plus deux des gamines du club finissent à l'hosto ? C'est pas une putain de blague géante ça ? « Excuse-moi ? Quoi ? Il sort son doro phone portable de sa poche et me le tend pour me montrer des photos des deux nanas, je fais défiler les images et putain que ça m'énerve direct, je m'étends pas sur le truc et préfère du coup le lui rendre relativement rapidement. Les flics l'ont topé j'espère, parce que ça, je pointe du doigt le portable qui a maintenant rejoint sa poche. C'est n'imp, elles ont eu de la chance, mais ca aurait pu pas être le cas ! Le vice-président du club m'informe alors qu'il doit faire une mise au point avec Love pour faire raquer ce petit fils de pute. J'hoche la tête en signe d'accord avec l'idée avant de la secouer cette fois à la négative avec un soupir, journée de merde. Bon et en plus ça veut dire une serveuse en moins pour je sais pas combien de temps, clairement je suis bien plus concerné par la santé de Charlie que sur le fait qu'elle pourra pas taffer, mais pourtant je vais bien devoir le prendre en compte et gérer la situation et les changements que ça apportera à l'organisation du planning de chacun au club. Si y en a bien une qui peut faire cracher les billets verts c'est bien Love après tout. J’espère qu’elle tient le coup…Elle aussi ça a dû lui en foutre un sacre coup, ça fait un bail qu'elle traine dans le coin après tout. J'attrape la carafe d'eau qui traîne sur la table et vient remplir les deux verres devant nous, j'ai la bouche pâteuse et je pourrais, je devrais même boire au moins six litres de flottes pour noyer tout l'alcool que j'ai ingurgité cette nuit et qui comme ca avait été le cas par le passé, ne me mène jamais à de bonnes décisions. La nuit de Gabriel défile devant mes yeux fatigués et ressemble étrangement à la mienne tout du moins en partie... la moins problématique je dois dire. Je bois une gorgée de flotte et prend finalement une profonde inspiration : « Sensiblement la même, le bon vieux cocktail alcool, rage, les mauvaises décisions en plus ! Tu sais quoi tout le monde me casse les couilles avec le fait que je picole plus, mais franchement le mal de crâne qui suit, le manque de discernement pendant et la merde que c'est...ca m'avait pas manqué. La prison m'avait franchement calmé, parce que j'avais bien compris que c'était en grande partie à cause des murges que je me prenais bien trop souvent que je me foutais dans la merde, sauf que ce soir-là je l'ai payé foutrement cher.  J'hausse une épaule et secoue la tête devant l'air inquisiteur et intéressé de mon mentor. Évidemment je peux pas m'arrêter là sans faire tomber deux-trois questions et autant les anticiper. Bref, disons que dans le trou noir de mon cerveau après le verre numéro je sais pas combien, je me suis sans doute dit qu'un peu de compagnie me ferait pas de mal et du coup je suis allé frapper à la mauvaise porte. Je roule des yeux. Laisse tomber...erf je vais trouver à gérer ça. »


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MessageSujet: Re: After   Jeu 17 Mai - 22:38

After
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Ils ont les gueules cassées, ravagées. Ça ne se voit pas tout de suite avec les demi-sourires de façade et le reflet du jour contre la vitre ; ça ne se voit pas tout de suite quand on les aperçoit furtivement du regard et pourtant ça s'effrite de tous les côtés. Ils ont les gueules enfoncées, les cernes creusés et des alvéoles violacées autour de leur œil moite, leur œil claqué qui convoite un peu de clarté entre deux battements de cils collés par la crasse épaisse de la fatigue. Ils ont les gueules cassées, ravagées ; les gueules d'un bois brut, élimé et bouffé par des verres insuffisant à effacer les souvenirs ; les images qui laissent un trou béant dans leurs encéphales en sous régime. Ils fonctionnent lentement, tellement que lorsqu'ils évoquent un truc, leur langage corporel s'exprime aussi mollement qu'une trique de vieillard. Il leur faut des banalités, des phrases toutes faites, des sujets simples et pas putassiers pour combler la peur du vide, celle d'être seul et rongé. Parler d'Ayleen ça va, même si elle va sensiblement crever ; parler de Charlie aussi ça va. C'est même, mieux. Il aperçoit une pointe d'agacement quand il évoque la blessure de la demoiselle et les conséquences qui vont en découler. Des mois d'arrêt, pas étonnant que ça le fasse souffler après tout. A l'époque, quand il a commencé à fréquenter les Kings ; ça se trouvait plus facilement des nanas prêtent à bosser dans ce milieu. Il y a une vingtaine d'années les filles comprenaient encore qu'elles pouvaient se faire de l'argent facilement, qu'elles n'avaient pas besoin de faire des boulots de merde derrière une caisse ou le bac à graisse d'un resto pour nourrir leur gosse ou payer leurs études. Elles pouvaient venir les voir, bosser le soir, montrer une quelconque partie de leur anatomie et rentrer avec une centaine de dollars en poche. Maintenant avec les conneries féministes y'a plus que les droguées désœuvrées qui viennent postuler ; alors une Charlie à remplacer, c'est clair que Max est loin d'apprécier. Alma fera en sorte que tout soit réglé et payé en tout cas. Il le sait.
En attendant le repas, il a l'envie soudaine de fumer une clope mais les activités nocturnes de son ancien prospect lui font lâcher le maigre cure-dents qu'il a entrepris de mâchouiller. Ça c'est clairement le sujet sur lequel sauter pour ne pas déprimer. Il en profite. C'est irrémédiable, il va morfler. « Quoi ? La mauvaise porte ? Comment est-ce qu'une foutue porte peut être mauvaise quand quelqu'un t'attend derrière pour tirer un coup Max ? J'ai beau te connaître d'puis un moment y'a franchement des fois ou tu me scies le tronc sous le cul mon vieux. » Il repasse rapidement ses dernières paroles dans sa tête, rembobine la scène comme il a l'habitude de le faire. Il a parlé de gérer ça. Gérer. Gérer une nana. Une mauvaise porte. Ok. Alors soit c'est une ultra reloue, le genre de la mère d'Ayleen ; le genre de poule fanatique au cul galbé mais à la chatte large, aux possibles IST et au comportement de toquée, de camée hystérique. Soit c'est... « Une fille du club hein ? » Les sourcils qui se lèvent et les yeux gris qui déraillent totalement à l'opposé confirment l'hypothèse formulée.
Alorsa part d'un coup. Gabriel se marre. Non. Pire. Gabriel se bidonne. Ratatiné sur lui même, la joue vers la table, la crampe au ventre, légère, le VP met la tranche de sa main devant le rire complice qu'il jette sans vergogne à la face de son ami. « J'le savais ! J'le savais t'façons. Putain. A force de faire ta mijaurée avec tes principes à la con sobrement fixés ça allait forcément te tomber dessus. Tu gères trop de culs au quotidien, ça te guettait ; c'est pour ça qu'j'ai jamais voulu m'en occuper d'ailleurs. » Il se fout ouvertement de lui, applaudis même tandis que la serveuse pose les assiettes aux entrecôtes fumantes. Il détourne deux secondes son attention pour le décolleté qu'elle offre à sa vue quand elle le sert. « Merci. » Pff. Le syndrome d’œdipe qu'il a dit ? Il parle. Elle n'est pas si jeune que ça et il n'est pas si âgé que ça non plus. Elle l'aime bien, il lui plaît et ça se voit. Y'a pas d'excuses de papy là. Petit enfoiré. Elle lui fait un sourire bien plus large qu'aux autres clients et leur souhaite un bon appétit quand elle s'éloigne, roule sa bosse encore sous les plis de sa jupe fendue. Il regarde. Il reprend. « Allez, t'en fais pas, t'es pas le premier à envoyer bouler quelques règles avec les mauvais effets de la picole. C'est pas tant le mal de crâne qui cogne avec la gueule de bois, en vrai dans ces moments là, c'est tout ce que ton inconscient révèle qui a l'effet d'une mandale dans la tronche. Et là, c'est l'inconscient de ta bite qui a parlé faut commencer à te poser des questions. » Il accompagne les mots de petites tapes sur la tempe avec le cul de sa fourchette froide qu'il plonge ensuite dans la carcasse rouge et sanguinolente de la barbaque. « Le tout, c'est que tu fasses le patron ferme, poing sur la table et qu'elle te ramène pas de mioche ou n'espère pas une augmentation. Faudra la virer sinan mais vous pouvez faire les adultes aussi si elle est pas trop conne. » Sans plus lui accorder d’œillade, il sort un couteau de sa poche, le déplie et essuie de deux trois revers la lame contre sa serviette de coton. Et puis, il découpe, il fait gicler la sauce dans l'arrondis blanc de son auge creuse. Il claque la première bouchée, déguste bruyamment. «  Allez, dis moi tout. C'est laquelle que j'me marre un peu. C'était comment ? C'est la petite négresse là ? Je ferai pas dans le café au lait si j'étais toi m'enfin, j'admets qu'elle est pas dégueu, le plus cool avec ça c'est le fessier. Nan ? C'est pas elle ? Nan j'avoue toi ce qui te plaît c'est quand c'est plus farouche. C'est la serveuse peut être ? La blondasse ? »

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MessageSujet: Re: After   Sam 26 Mai - 5:51




Max & Gabriel



After  


On dirait presque que ça tourne au ralenti, comme un mauvais effet au cinéma. C'est une sensation étrange que d'avoir l'impression d'être pour un temps spectateur de sa propre existence et c'est un peu ce qui se passe en l'instant. Je me vois, m'écoute et me juge même, en train de forcer ses plaisanteries de merde dans ma bouche, de faire comme si c'était juste un repas normal avec Gabriel, le même que d'habitude, sauf que ça l'est pas et quand bien même on essaye tous les deux de forcer le trait, ça n'est pas sans failles.

D'ailleurs quand on dit qu'il faut tout dire ou bien fermer sa gueule, c'est pas sans vérité et je sais déjà que j'en ai trop dit à peine arrivé au milieu de ma phrase, alors j'essaye de faire genre je relativise et lui dit de laisser tomber et c'est ce que je devrais faire moi aussi. Clairement. Mais non c'est pas si facile, déjà parce que je suis énervé, fatigué et que parce qu'au final à choisir entre la peste et le choléra, je préfère franchement analyser le truc avec Judith en long, en large et en travers plutôt que de faire la même avec ce que j'essaye d'enterrer. De toute façon c'est fait et quand je le vois se redresser et la curiosité briller comme pas deux dans son regard, je sais que je suis foutu de chez foutu. T'façon dès qu'on parle de cul, Gabriel est pas le dernier à tendre l'oreille, je devrais pas en être étonné.

Il ouvre la bouche et me questionne. Ouai bonne question sur le principe c'est toujours une porte gagnante par définition, mais juste pas là. Je sais que de toute façon il comprendra pas le souci, tout comme aucun d'entre eux n'a jamais voulu comprendre pourquoi j'instaurai toutes ces règles, sauf que je tiens à mon business et que j'ai pas envie de me prendre la tête avec mes employées tous les quatre matins à cause de coucherie sans importance, c'est pourtant pas les gonzesses avec les cuisses ouvertes qui manques en dehors du Crash sans déconner ! « Une fille du club hein ? » Oui ba oui forcément. Je lui jette un regard, la mâchoire un peu crispée, avant d'acquiescer d'un signe de tête en roulant des yeux de façon carrément indécente. Un « ouai, ça va ! » s'échappe de ma bouche avant qu'un sourire en coin vienne s'afficher sur ma tronche, pas parce que je suis content de moi obviously, mais parce que sa réaction m'amuse plus qu'autre chose. Il se marre comme une baleine ce gros con et il se gêne franchement pas. Je croise mes bras sur ma poitrine comme un gamin de cinq ans en attendant qu'il ait terminé, même si ça ne va pas du tout avec l'air déridé que je fini par afficher.

Ma mijaurée ? Connard va ! Tu m'étonnes qu'il en voulait pas, j'ai peut-être des principes à la con comme il dit, mais ils sont indispensables pour justement par se retrouver à bouffer toutes les chattes que j'embauche et dieu sait que ca en fait un paquet. Je secoue la tête à la négative, puis j'hoche la tête d'un air qui laisse transparaître un message relativement clair et simple. Ouai ouai bien sûr. La serveuse arrive pile au bon moment et je viens appuyer mon dos contre la banquette pour m'éloigner machinalement de la table alors qu'elle dépose les assiettes devant nous. L'odeur est prenante et l'assiette bien remplie, pourtant et si j'avais encore l'impression d'avoir faim y a cinq minutes, la vue de cette bouffe me fait pas faire des bonds franchement, je crois que je suis encore brassé par l'alcool. Putain de gnôle.

Il mate cte gonzesse comme s'il allait la choper directement sur le carrelage du diner et ça me fait marrer, je secoue la tête avec réprobation, mais surtout avec ironie. Forcément il s'en fout, parce que c'est Gabriel et que quand il a un sujet de prédilection il lâche jamais, mais alors JA-MAIS le morceau ! Bon ceci-dit cette fois il temporise un peu, enfin McKinney style quoi. ...c'est tout ce que ton inconscient révèle qui a l'effet d'une mandale dans la tronche. Et là, c'est l'inconscient de ta bite qui a parlé... Nan nan ca révèle rien du tout, bullshit. Je suis sûr qu'y a un truc qui a dû souffler Judith à mon oreille et que c'est pour ça, y a genre zéro explication rationnelle.

J'ai pas encore touché à ma bouffe, je fais que remplir mon putain de verre d'eau, je suis desséché jusqu'à la mort c'est pas possible. Mon mentor essaye de deviner qui est la nana en question et j'en recracherai presque la flotte dans ma bouche...non mais what the fuck ? Dans quel monde c'est si obvious que ça ? Je repose mon verre et vient poser mes avant-bras sur la table sur laquelle je me penche un peu. « Alors, déjà ! Mon inconscient me dit rien du tout papito okay ! Tu dois avoir raison des années de petits culs sous le nez... je pousse un soupir ironique.c'était obligé, ça devait finir par arriver, tout ça pour mieux me rappeler à mon avis dès demain pourquoi je le faisais pas! Parce que je le sens arriver gros comme une maison qu'elle va vouloir « en parler ». J'hausse une épaule, pas besoin de développer ce qui est aussi évident. Tsss en même temps je choisis pas les plus dégueulasses aussi ca aide pas. Peut-être que je devrais changer de game et ouvrir un putain de freak show, ça soulagerait un peu le monstre dans mon froc. Je roule des yeux et me marre, avant d'attraper ma fourchette et mon couteau, ouai je me décide finalement à essayer d'éponger un peu ce qui reste dans mon estomac. Ouai madame Irma c'est la serveuse, t'as trouvé ca bien vite dis-moi tu me surveilles de près ou t'as développé un sixième sens à force de traîner avec Love ? Je lui adresse un sourire et hausse mes sourcils dans une mesure moqueuse avant d'avaler un bout de barbaque. Finalement, maintenant que c'est dans ma bouche ça roule tout seul. Ça commence à piailler t'sait ! Je dis ça, je dis rien ! Par contre toi t'a ptêt quelque chose à me dire ? Je laisse planer une seconde de silence. Et pour ce que je m'en rappelle, ça valait franchement le déplacement. Je ravale un sourire. Farouche ça la définit plutôt pas mal si tu vois ce que je veux dire...et je dis pas ça parce qu'elle m'a foutue dehors après... »Je lâche une exclamation amusée, ouai parce qu'y en a pas beaucoup qu'on eut le loisir de faire ça ou l'envie probablement.


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MessageSujet: Re: After   Mar 3 Juil - 0:21

After
Maximilian & Gabriel

Monday the 1st of December, 2017.

Un hochement de tête simple lui confirme tout ce qu'il vient d'avancer. Le langage corporel bien plus avancé et explicite que les paroles qui fusent ensuite. Gabriel écoute avec attention et non sans une certaine pointe d'amusement dans le regard. Dents de sorties sans aucune interruption, même pour avaler sa salive, elles sont blanches et éclatantes d'un plaisir puéril. Il cale la ligne droite et osseuse de son dos contre le dossier de cuir de la banquette qui grince une énième fois. Il ne fait que des allers retours comme ça, des mouvements de balancier qu'il qualifierait volontiers de danse d'autiste ou de simple attardé, d'un point de vue extérieur. Il se penche, se recule, se marre, se bidonne et cramponne le peu de chair détendue qu'il a au niveau de son bide tout en nerfs. Il l'écoute, l'entend, le contemple dans toute sa complexité, dans tous ses tics et ses tocs de langage, dans l'apanage complet de ses gestes qui trahissent et marquent le fond et l'intimité de ses pensées. Il devine. Il n'est pas certain, pas sûr mais il devine. Max tente de dévier le sujet en parlant de lui, en sous entendant ce qui se passe souvent avec Alma et qu'il n'a jamais trop eu a confirmer tant l'évidence est telle. Il tente quand même. Il tente comme les gosses qui s'excusent à grand renfort de « oui mais » et de « c'est pas moi c'est lui ». Il se défile avec des gorgées bruyantes de flotte. Bientôt la carafe ne suffira plus à étancher cette soif de changer de sujet. « Hep hep hep, c'est pas moi le sujet là mon grand. Bien essayé. Fais pas genre tu sais pas que j'couche avec elle depuis des années c'est pas un scoop. Tiens, ouais voilà, je te l'admets en direct live, gros scoop ! Oui je couche régulièrement avec Alma elle prend son pied c'est génial blablabla et tu vas garder ta petite bouche fermée là dessus. Maintenant, on s'occupe de ta bite et madame Irma elle a simplement l'habitude de voir sur quel genre de cul tu lorgnes depuis le temps qu'elle te triture la boule. Elle sait que la petite soumise du quartier toute timide qui tape de la broderie dans de la jupette c'est pas ton fort. Elle sait qu'il t'faut une qui répond et te tire les couettes comme dans la cours de récré mon vieux. » La réponse s'intercale rapidement entre l'énième verre qu'il s'enfonce dans le gosier sans vraiment croiser la prunelle fixe de ses yeux bleus blagueurs. C'est volontaire, à n'en pas douter qu'il détourne le regard comme ça. Le gamin n'est pas gêné, il n'a pas honte, mais dieu que ça l'emmerde et le fait chier d'être dans une situation que lui même à plus d'une fois expérimenté par le passé. Ça lui a rapporté une gosse ces conneries et bizarrement, même si à l'époque ça l'avait totalement foutu en l'air, il ne regrette pas que cette pute ait pondu un bébé après qu'ils aient procréé. Et d'ailleurs, mettre pour la première fois des mots clairs sur sa relation avec Alma, ça non plus il ne le regrette pas. Il aura tout le temps de lui donner des détails ensuite...ça fera un peu plus de grain à moudre afin d'éviter de parler de ce qui les amène ici aujourd'hui, dans cet état là.
« Elle t'a jarté mec ? J'en reviens pas haha putain. Le Grand Max s'est fait mettre à la porte ! Alors ça ! Ça veut dire que soit t'as été une foutue quiche niveau braguette ou alors qu'elle était aussi bourrée que toi quand tu t'es ramené pour qu'elle accepte de se faire sauter ! » Il plante son couteau, taille dans le gras de la côte juteuse qui laisse dégouliner son liquide carmin dans l'arrondie blanc de l'assiette. Il tranche dans le vif, contourne l'os, quadrille de gros morceaux dans lesquels il mord l'un après l'autre portés par la pointe de la lame. Après une gorgée de flotte pour nettoyer tout ça Gabriel lève le bras pour avoir deux bières et une nouvelle carafe. Il glisse un clin d’œil à la jeune femme qui comprend l'ordre du simple geste et continue afin de jeter son analyse à peine constituée. « Donc, si j'résume bien. T'es arrivé raide bourré, assez pour pas t'en souvenir vraiment. Elle l'a forcément vu, et elle a quand même accepté. Tu l'as niquée et elle t'a jeté comme un malpropre. » Il fait aller quelques secondes sa langue contre la propreté réduite à néant par la bouffe qu'il vient d'ingérer. « C'est pas une peur de boss que t'as au cul là mon poussin, c'est pas le truc comme quoi elle va te faire chier ou te pondre un mioche en mode chantage. Là c'est la blessure de l'ego du mâle en toi qui te rend dubitatif parce que tu t'es fais jeter de manière sale. » Il se retient de rire pour la formulation histoire de ne pas en rajouter une couche. Le but de ce repas est de parler de tout, de tout et surtout même de rien si il le faut ; pas de ce qui s'est passé avant cette dernière nuit. Le sujet pourrait bien porter au final sur les théories du complots concernant l'assassinat de Kennedy que ça ne le dérangerait pas. Faire une pseudo psychanalyse de comptoir, de bas étages pour son protégé, c'est le minimum qu'il puisse faire pour leur éviter la léthargie, le spectre insidieux de la fin, celle d'un proche, la leur aussi. « Si elle te reparle pas de ça c'est que t'étais un branque, si elle t'en reparle ça veut dire qu'elle sait pas c'qu'elle veut dans sa vie et que donc tu vas pas pouvoir la niquer comme un adulte sincère mature et consentant. Elle va te porter des soucis au taff. De toutes façons, dans les deux cas t'es pas content et en conclusion t'as raison : recommence jamais la picole. » Il termine sa viande, pointe le couteau vers lui. « Mange ça va pas passer comme ça ta gueule de bois. »



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MessageSujet: Re: After   

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