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 Just once, I wanna forget myself - Ayleen.

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MessageSujet: Just once, I wanna forget myself - Ayleen.    Mar 6 Mar - 20:51

Just once, I wanna forget myself.
EXORDIUM.
31 Décembre 2017

Le vide. Juste ça, le vide. Profond, infini, qui ne se comble pas. Jamais.
Il y a des matins où je suis complètement paumée, où j’ai l’impression de n’être ni chez moi, ni dans mon pieu. D’autres où je crois apercevoir une lueur, celle qui me fait penser qu’enfin aujourd’hui, c’est la bonne. Que j’vais me relever, prendre conscience de la chance que j’ai d’avoir pu m’en sortir, d’avoir été trouvé par ce connard. Mais ça ne dure qu’une demi-seconde. Juste le temps de me faire croire que tout peut se remettre en place.
Il n’en est rien.
Pourtant, j’essaie du mieux que je peux. De me tirer vers le haut, d’essayer de saisir entre mes mains des petits bonheurs que je tente d’immortaliser, de graver, pour m’en servir de rappel les jours où l’ombre s’étend de nouveau sur mes épaules. Mais rien.
Juste le vide qui n’en finit pas de s’étendre chez moi, en moi. L’écho de mon âme s’y perd, ne s’y retrouve pas. Ce n’est pourtant pas le soutient qui me manque malgré certaines réactions brutales, violentes. Maeve se montre plus patiente que jamais, Milo m’offre ces moments précieux où le monde n’existe pas, Daya me redresse la tête et les épaules pour faire face. A la seconde où ils ont tous le dos tourné, le château s’écroule et je ne marche que sur des ruines. Certains jours je regrette que tout ne se soit pas terminé comme je l’ai voulu, d’autres je culpabilise d’avoir pu faire subir ça à mes proches.
Et plus les jours passent, plus j’ai l’impression d’un peu plus creuser mon trou et que je n’en verrais jamais la fin. Je me retrouve parfois à chialer sans comprendre, énerver contre le monde entier avec l’envie furieuse de hurler, de m’arracher la peau, celle que je ne veux plus habitée. Je suis émotionnellement instable, d’un coup trop rempli d’émotions, un autre totalement vide où rien ne se passe.
J’étais censé remonté la pente, j’étais censé retrouver un équilibre, l’envie des choses, d’une vie. Peu importe le temps que ça devait prendre, mais je devrais déjà apprécier ne serait-ce que respirer.
Alors, putain, pourquoi il ne se passe rien là-dedans. Pourquoi est-ce que ça ne se remplit pas.

Assise dans le canapé, je zappe sur netflix, essaie de trouver quelque chose d’intéressant à regarder, de quoi m’accaparer l’esprit pour me donner l’impression de me remplir d’autre chose que de « rien », celui qui me bouffe de l’intérieur comme un poison. Mon portable vibre et j’hésite un instant avant de me dire que c’est sûrement Maeve et que si je ne réponds pas, elle va s’inquiéter, voir s’affoler. Je lui dois au moins de passer quelques heures sans s’inquiéter. Dire que j’suis censé fêter la nouvelle année… mon cul.
J’hausse les sourcils en voyant que ça n’est pas ma petite amie mais Dylan.

« Hey, j’espère que tu te remets doucement mais sûrement. Tu nous manques ici.
On a eu une nouvelle patiente et je crois que c’est l’une de tes potes, celle qui à la muco. »


Mon cœur loupe un battement et je bugue dix bonnes secondes sur les premières lignes de son message.

« Elle va bien, t’en fais pas. Mais je savais pas si t’étais au courant ou pas. »

La suite, je ne la lis pas, parce que je bloque un peu plus.
Ayleen, à l’hôpital ?
Je me redresse, m’assoit sur le bord du canapé et penche la tête légèrement en avant, prête à gerber. C’est violent, un uppercut que je reçois en silence, cherchant profondément mon air.
Certains jours il n’y a rien, d’autres il y a la culpabilité. Et je suis dans un de ces jours-là.
Comment ça s’fait que j’suis pas au courant ? C’est simple et le chemin se fait rapidement. J’ai même pas la force d’en vouloir à qui que ce soit pour ça, pas la force non plus de gueuler. Juste celle de prendre mon portable et de lui envoyer immédiatement un message avant de répondre à Dylan.
Pour la première fois depuis ce qui me semble une éternité, j’oublie ma situation ma propre personne et me concentre sur autre chose. Et ce n’est que lorsque je reçois la première réponse d’Ayleen que je compose le numéro de mon collègue et ami, prise d’une envie spontanée. Je me renseigne, du pourquoi du comment, constate que si elle est là-bas, c’est que le processus qu’on redoutait tous est arrivé.
Elle a besoin de soin plus poussé que ceux qu’elle reçoit quotidiennement chez elle, d’un suivit plus fréquent, avec un personnel qui, au cas où, sera là pour réagir sur le vif.

Je me passe une main sur le visage et me lève, éteint la tv et prend la direction de la douche. Peut-être que c’est le moment de se bouger un peu le cul. Au moins une fois.

¥

Impossible de rester chez moi ce soir, pas en la sachant là-bas. Je culpabilise de ne pas avoir prit de nouvelles, culpabilise de m’être faite si silencieuse tout comme je l’ai fait avec Milo ou même Maeve. Dire que je m’en veux à mort est un euphémisme. Si j’veux me laisser crever dans mon coin, c’est mon problème mais j’peux au moins endosser un meilleur rôle pour la soirée. Celui de l’amie qui vient pour lui changer les idées, pour lui faire oublier les murs de cet hôpital maudit, lui faire oublier pour un soir qu’elle se retrouve bloquée là-bas pour un long moment. C’est pas une première que de savoir l’importance d’Ayleen dans ma vie. Encore aujourd’hui, je n’arrive pas à poser des mots sur ce qui s’est établie entre elle et moi… comment en trouver lorsqu’on a frôlé la mort à deux, à deux doigts de se prendre une balle sur un bout de trottoir ?
Je n’suis pas capable de dire comment j’ai réussi à enfiler un truc sur le dos, une vieille chemise noire où j’ai même pas attaché les boutons correctement – putain - un jean que j’ai chopé sur le tas, gros manteau et j’ai même pas pensé à l’écharpe. Je suis entrain de mes les cailler comme pas permis.

Et à la seconde où je me retrouve devant cet hôpital, un pavé me tombe dans l’estomac.
Est-ce que j’ai vraiment envie de refoutre les pieds là-bas ? Sur mon lieu de travail ? Là où j’vais croiser des collègues qui vont me dévisager de la tête aux pieds, certainement me juger comme la putain d’égoïste que je suis ou comme une foutue désespérer. Au choix.
J’peux au moins le faire pour Ayleen et une seconde, je me demande si elle, elle aurait hésité.
La réponse est évidente.
Je déglutis en silence, serre les dents et m’active, me speed même. Il est prévu que Dylan m’attende déjà à l’arrière de l’hôpital, là où il aime prendre sa pause et c’est effectivement là-bas que je le trouve alors qu’il termine tout juste sa clope.

- Putain, c’est bon de t’revoir ! Viens par-là !

Il me prend dans ses bras, je n’bronche pas, le laisse faire alors que je tapote maladroitement son dos.

- J’commençais à me peler les miches. Viens, entre.
- T’es sûr que c’est cool ?
- T’inquiète, c’est moi qui supervise le service ce soir, t’es tranquille. En plus tu croiseras que des nouveaux.

J’entre à sa suite, la boule au ventre. J’essaie de penser à autre chose, à Ayleen, la soirée qu’on va passer ensemble. J’pense  à mon frangin et cet espèce de peluche toute pourrie qu’il m’a ramené mais qui a eu le don de me faire sourire, nous rappelant un vieux souvenir d’enfance.

- Putain, ça sent bon ! Dylan tire légèrement sur mon sac en plastique. C’est quoi que t’as là-dedans !
- Hey, pas touche, c’est pas pour toi là.
- T’abuses, je crève de faim.

Je plonge la main dans mon sac et lui fourre un sandwich tout chaud dans les mains.

- Comme si j’allais rien te ramener, ducon.

Il ricane, me dépose un bisou sur la joue et me guide au travers deux couloirs avant de me donner le numéro de la chambre. Je le remercie, me fait signe que c’est ok et je frappe quelques coups à la porte. Le son de sa voix me parvient et j’entre sans attendre, fuyant ces couloirs comme la peste.
J’inspire et relève les yeux pour croiser son regard.

Ayleen, c’est le soleil d’une vie. D’une existence. Elle chasse vos ombres d’un sourire et d’un battement de paupière, vous avez déjà l’impression d’être quelqu’un de mieux, d’en valoir la peine.
Comment est-ce que j’ai pu songer à l’abandonner ici, ne serait-ce qu’un instant ?
Je sais que Maeve, Ayleen ou même Saoirse auraient toutes les raisons de m’en vouloir alors qu’elles luttent toutes les trois pour leur survie. Mais encore une fois, celle qui se tient devant moi n’a jamais manifesté l’ombre d’un reproche, d’une colère… comme si je n’avais rien à me reprocher, que la faute n’était pas mienne. Je mentirais si je disais que ça n’était pas quelque part apaisante de ne pas se sentir juger d’un regard ou de quelques mots, de ne pas sentir le poids de son geste pesé sur soi.

Et ce soir, c’est à mon tour de chasser les ombres qui la hantent. C’est pas le moment de chialer, ni de s’apitoyer sur mon sort. J’en ai pas envie et elle n’a pas besoin de ça.

- Hey wonder woman ! C’est ton livreur pour le premier de l’an !

Je brandis le sachet qui contient la bouffe et de l’autre, un petit sac à dos avec les films et mon ordinateur portable.

- Repas et films, comme promis.


Je dépose le tout sur son lit, mon manteau suit le même chemin avant que je ne la rejoigne et que je ne la serre contre moi, déposant un baiser sur sa joue.

- J’suis contente de te voir. Je m’attarde quelques secondes, le temps d’apprécier la douceur d’une étreinte avant de m’écarter pour lui faire face. J’ai vu avec Dylan, t’es tranquille jusqu’à demain matin. Si t’as besoin de soin, je m’en charge.

Il a un peu tiqué mais c’est pas comme si on était aux soins intensifs. Ayleen ne risque rien ici, pas ce soir.

- Ca va, tu t’emmerdes pas trop ? Prête à fêter ce passage pour une nouvelle année pleine de résolution non tenue ?

Comme celle de manger mieux, de faire plus de sport, d’arrêter de fumer, de dépenser moins.
Tout une panoplie de connerie pour se donner bonne conscience.

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MessageSujet: Re: Just once, I wanna forget myself - Ayleen.    Dim 1 Avr - 0:44

Just once, I wanna forget myself
Taylor & Ayleen

Sunday the 31st of December, 2017.

Elle ouvre la porte et sort de la minuscule salle de bain, Billy sur les talons. Elle ouvre la porte, elle grince, se rabat derrière elle dans sa lourdeur, dans un soupir d'air des pistons de sécurité qui la retiennent, qui font en sorte qu'elle ne se referme pas de façon violente sur la tête d'un pauvre patient. Elle ouvre la porte et regagne l'espace clos de sa chambre. Sa chambre, son désormais seul et unique lieu de vie. Sa chambre, son quotidien entre quatre murs blancs, entre une structure faite d'un tout fait de rien. Sa chambre, sans décorations, sans photos, sans bibelots, sans meubles si ce n'est un lit et quelques trucs médicaux ; des fils qui pendent, des tubes, des alarmes et des boutons qui attendent de pouvoir la transformer en un triste robot dépendant. Sa chambre, sans décorations, épurée, aseptisée alors que jusqu'à maintenant l'encombrement et les objets d'arts étaient l'environnement auquel elle était habituée. Ayleen ouvre la porte et laisse l'humidité chaude de sa douche pour la sécheresse déconcertante de l'ennui. La télévision accrochée vers le plafond est allumée mais le son est coupé. Elle l'a volontairement fait avant d'aller se laver. Mute général des lieux, du service et d'elle même, Ayleen arpente non sans une certaine pointe de douleur le nouveau silence qui s'offre à elle pour ses prochains et probables derniers mois. Nonchalante, elle se dirige, les pieds nus et encore mouillés, vers la fenêtre, celle qu'ils veulent voir condamnée mais qu'elle entre-ouvre tout de même pour capter ça et là les pépites de ces gens, de cette ville qui continue encore de tourner, sans s'arrêter. D'un grincement, elle la pousse, force sur ses bras, sur ses poumons las, même que ses talons laissent au sol la trace trempée de ses pas. Pourtant, l'air froid qui s'engouffre presque aussitôt contre elle la glace, la refroidie elle et le peu de muscles, de peau qui restent sur ses os. Pourtant il y a de l'air pollué au dehors, des gaz, des choses rejetées par les pots d'échappement des véhicules qui stationnent, des ambulances qui vont et viennent pour apporter l'urgence de la vie, celle de la mort parfois aussi. Pourtant elle reste là, un bon quart d'heure. Elle reste là à contempler, à observer ce qui s'agite en bas, ce qui se passe sur le parking, dans les rues plus loin, vers les grattes-ciel des beaux quartiers là bas, ceux qui se préparent dans un méli-mélo de préparation à fête la nouvelle année. Un mec dans une chambre au dessous d'elle semble s'adonner à la même activité ; il semble lui aussi s’intéresser à ce qui est, à ce qui demeure, à ce qui avance sans contrôle et surtout sans eux. Elle se redresse quand elle l'aperçoit, penche un peu plus la tête dans l'espoir qu'il se sente observé, qu'il lève la tête et qu'il la voit ; qu'ils partagent un sourire, une œillade, un contact humain par ce simple et déconcertant constat. Mais il n'en est rien. Le type expire de la fumée, jette cette cigarette qu'elle n'avait alors même pas remarqué et referme derrière lui ce trou sur le monde que les vitres peuvent offrir dans un centre hospitalier un 31 décembre avant le renouveau inconscient de janvier.

Dans un soupir de déception, elle fait de même, rabat dans quelques cliquetis la fenêtre. Elle referme et replace d'un coup de griffes ses cheveux pour qu'ils sèchent d'une façon ordonnée, sans épis. La télécommande capturée, elle remplace le bruit de l'extérieur par celui de la télévision, d'abord par celui d'une émission stupide de télé réalité et puis ensuite par les informations et d'autres chaînes câblées. Il doit bien avoir un film qui passe, un truc qu'elle a probablement déjà regardé mais qui saura l'aider à s'évader le temps de cette sixième soirée à être ici enfermée. Et puis l'écran de son téléphone s'allume, laisse retentir un petit ding distinctif pour la prévenir qu'un nouveau message est arrivé. Le nom de Taylor s'affiche, avec lui la demande de ses nouvelles, savoir si elle va bien, si elle peut passer pour contrer la morosité. Un sourire se dessine le long de ses lèvres en même temps que la réponse positive se tape. La perspective d'une visite pour cette fin d'année, pour avoir quelque chose à partager au top des douze coups de minuit est bien trop belle pour ne pas quelque peu s'exciter. Billy toujours à ses côtés, la jeune femme repart dans la salle de bain et fouille dans son nécessaire de toilette de quoi s'arranger, de quoi effacer les cernes, de quoi illuminer le regard, relever les pommettes déjà saillantes. Le pinceau qui s'agite contre l'épiderme, elle hale son teint d'une poudre ambrée et étire ses cils de façon discrète. Ce n'est pas grand chose mais si elle peut éviter à Taylor de paraître trop abîmée pour un soir de fête alors c'est bien suffisant. Animant la pièce de son agitation, elle cherche ensuite dans la minuscule armoire imbriquée dans le mur la tenue la plus habillée parmi ses nombreux changes confortables. Les joggings et les bas de pyjama baroques s'entassent au sol le temps qu'elle se décide pour l'ensemble à fleurs le moins dépareillé. Elle a tout juste le temps de l'enfiler que déjà, Taylor arrive les bras chargés. Son petit sac à dos lui donne l'air d'une exploratrice, de ces filles à la mode mais simples qui traînent dans les villes et partage ça sur Instagram. Son visage semble moins défait, moins décousu que depuis la dernière fois qu'elles se sont vu. Elles partagent une étreinte, longue, chaude et bien heureuse pour recoller les morceaux de temps qui se sont dispersés quand elles se sont quitté. « Mais pourquoi tu es là ? T'as pas mieux à faire pour ce soir nan ? Tu dois absolument venir voir une pauvre malade le soir du nouvel au lieu de le fêter - je sais pas moi - avec Milo, avec Maeve ? Ta famille ? J'ai entendu dire que les internes sortaient dans un bar ce soir même. » Elle se recule après que ses lèvres aient volé elles aussi contre sa joue à elle, glacée de froid. Et puis elle lui attrape les épaules, la dévisage d'une mine faussement sévère avant de se raviser dans une ultime étreinte forcée. « Non en fait non, ne répond pas d'accord ? Je vais te garder pour moi toute seule sans demander si tu as mieux à faire, j'ai pas vraiment envie que tu t'en rendes compte et qu'après tu me laisses ici toute seule. » La brunette s'éloigne mais lui tire son amie par le bras pour l 'inviter à s'asseoir sur l’inconfortable lit. « Tu es prisonnière, voilà. Bravo. De toutes façons on ne fait pas mal au cœur aux gens malades, je fais pitié tu dois rester, t'y sentir obligée c'est comme ça ! Déso pas déso comme ils disent. Alors tu as ramené quoi de bon ? »
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I'm drifting through the halls with the sunrise, Climbing up the walls for that flashing light. I'm gonna be free and I'm gonna be fine. Now the sun is up and I'm going blind, Another drink just to pass the time. It's a different kind of danger And the bells are ringing out. Too fast for freedom. Sometimes it all falls down. These chains never leave me. I keep dragging them around...
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MessageSujet: Re: Just once, I wanna forget myself - Ayleen.    Mer 11 Avr - 13:13

Just once, I wanna forget myself.
EXORDIUM.
Dans cet ensemble fleuri couplé à ce sourire, Ayleen est un véritable Printemps qui éclot dans cette chambre morne, sombre et certainement étouffante lorsque l’on y passe plusieurs jours avec pour seule compagnie cette foutue solitude qui vous écrase les épaules et vous enserre la gorge.
J’aurai dû venir plus tôt, venir lui parsemer ses journées d’autres choses que les allers-retours des infirmières, des toubibs et de toute ces batteries d’examens qu’elle doit suivre.
Ouais j’aurai dû. Si j’avais été au courant et si je n’avais pas l’esprit ensevelit d’ombre voulant me pousser vers la porte de sortie.

- Mais pourquoi tu es là ? T'as pas mieux à faire pour ce soir nan ? Tu dois absolument venir voir une pauvre malade le soir du nouvel au lieu de le fêter - je sais pas moi - avec Milo, avec Maeve ? Ta famille ? J'ai entendu dire que les internes sortaient dans un bar ce soir même.

Mieux à faire que de déprimer en silence devant les programmes à la con du nouvel an ? Non. Maeve ? Partie avec Ronnie fêter ça je ne sais où avec je ne sais qui. Milo ? Je sais même pas ce qu’il branle pour la nouvelle année, avec qui et c’est là que je prends conscience que j’suis complètement larguée.
Quant à ma famille, hors de question que je passe les fêtes là-bas pour la simple et bonne raison que je n’sais pas si je saurais supporter les regards inquiets de ma mère, celui presque voilé de mon père qui refuse de voir la vérité et en face. Sans compter mon frère qui va encore me poser un million de question, à me demander si ça va, si j’me suis décidée à voir quelqu’un – non connard, parce que ça coûte une putain de blinde et que j’ai la capacité financière d’une bourse en gruyère - et toutes les questions qui vont bien pour te rappeler l’acte commit quelques semaines plus tôt.

Je m’apprête à ouvrir la bouche pour lui répondre que sa compagnie était la meilleure que je puisse espérer ce soir et pour lui sortir une autre connerie sous forme de blague, histoire de rendre l’atmosphère un peu plus jovial qu’elle ne l’est déjà par les retrouvailles mais Ayleen me coupe dans l’élan, ses deux mains sur mes épaules.

- Non en fait non, ne répond pas d'accord ? Je vais te garder pour moi toute seule sans demander si tu as mieux à faire, j'ai pas vraiment envie que tu t'en rendes compte et qu'après tu me laisses ici toute seule.

- N’importe quoi ! J’suis ici, je reste, j’suis comme la mauvaise herbe et tu l’sais. Si tu me déloge, je reviendrais fois dix. Comme les têtes de l’Hydre.

J’allais dire que j’suis increvable – ce qui est visiblement une putain de vérité – mais loin de moi l’envie de plomber l’ambiance qui, pour la première fois depuis ce qui me semble une éternité, est légère, presque reposante. Stupide ou non, mais de voir la ferveur d'Ayleen de vouloir me garder ici, avec elle, déclenche une vague de chaleur au creux du ventre qui, quelques jours avant, m'aurait fait chialer d'émotions. C'est touchant, ça fait du bien de voir ce genre d'acte spontané, sans l'ombre d'un peur ou d'un reproche au fond d'un regard.
Je me laisse entrainer jusqu’à son lit, sourire aux lèvres et viens m’y affaler comme un sac, faisant doucement rebondir le matelas.

- Tu es prisonnière, voilà. Bravo. De toutes façons on ne fait pas mal au cœur aux gens malades, je fais pitié tu dois rester, t'y sentir obligée c'est comme ça ! Déso pas déso comme ils disent. Alors tu as ramené quoi de bon ?

Un éclat de rire m’échappe.

- Déso pas déso, sérieusement ? S’il te plait, commence pas à prendre la même tangente, tu vas finir par me sortir un dab et me parler avec des « Yo Broooo’ ! ».

J’imite grossièrement le langage et comportement d’une nana des banlieues et autant dire que ça m’va pas non plus. J’ai plutôt l’air ridicule mais c’est pas comme si j’en avais quelque chose à foutre.

- Putain, j’pète tout mon sexyness avec ces conneries.

Je secoue la tête, sourire aux lèvres avant de brandir mon sac de bouffe dont l’odeur vient me creuser l’estomac. J’arrive plus vraiment à me souvenir depuis quand j’ai pas fait un « vrai » repas, à ne pas me contenter de grignoter à droite à gauche.

- Et figurez-vous ma chère que je suis venu me rendre volontairement avec de la bouffe 100% bio et quasi vegan. Ca te changera du hachis parmentier au goût moisi... Je t’ai épargné du chinois parce que j’pense qu’un jour tu vas finir par en vomir d’habiter juste au-dessus d’un restaurant asiat’. J’attire la petite table roulante à côté du lit et dépose une à une les petites boites en plastique encore toute chaude comportant plusieurs saveurs. Donc pas besoin de me garder prisonnière, je viens consciemment me rendre à toi avec de quoi survivre pour au moins la nuit dans ta tour d’ivoire.

Ouais rien que ça. J’suis inspirée il parait.

- Je sais, j’suis une vraie poétesse d’école primaire.

Au moins ça.
Je suis une vraie quiche pour la poésie, les jolis mots, pondre quelque chose de sympa pour son ou sa bien-aimée. Ça c’est plutôt Ayleen. Pour le coup, je n’serais pas surprise d’apprendre qu’elle possède tout un tas de carnet avec des essaies, des écrits.

- J’ai ramené mon pc et des films si t’as envie. Je me tourne vers Ayleen, une jambe ramenée sur le lit pour lui faire face. Est-ce que je suis toujours susceptible de blesser ton cœur avec tout ça ou j’suis safe ?


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MessageSujet: Re: Just once, I wanna forget myself - Ayleen.    Dim 13 Mai - 23:56

Just once, I wanna forget myself
Taylor & Ayleen

Sunday the 31st of December, 2017.

Mais qu'est ce qu'elle fait là ? Qu'est ce qu'elle fait là avec sa silhouette frêle et ses cernes violacés ? Qu'est ce qu'elle peut bien faire ici avec son grand regard rond et si fatigué ? Ayleen a un mouvement de recul après avoir partagé ce premier contact physique depuis qu'elle est ainsi isolée. Elle a les sourcils froncés. Qu'est ce qu'elle peut bien faire là ? Pourquoi elle revient ? Pourquoi est ce qu'elle se poste ici, juste pour elle, dans ce lieu maudit ? Pendant qu'elle fait illusion et lui demande clairement de ne pas parler comme ces gens qui ressemblent à...Milo et ses potes très exactement ; elle l'observe. Silencieusement. Le rebord du lit les accueille et les draps se froissent sous les corps et les mots rapidement échangés. Elle le voit bien Ayleen, elle le voit bien quand elle parle et qu'elle agite dans l'espace ses mains, qu'elle a le fond de la pupille complètement morne. Elle a cette sorte d'opercule vitreux devant, comme les aveugles ; elle a ce truc qui voit plus loin que tous les autres êtres humains. Et pourtant tout ceci se niche au dessus d'un sourire enjoué. C'est paradoxal. Elle a l'air d'un poème de Baudelaire comme ça, le lien joliment fait entre la simplicité d'une gaieté et le spectre léger de la mélancolie. Mais qu'est ce qu'elle fait là ? « Arrête. Pour briser ta sexiness il faudra bien plus que ça, ne dis pas de bêtises. Et je pourrais faire un dab si seulement j'avais la moindre idée de ce que c'est. » Un rire éclate et elle ajuste au mieux les coussins pour qu'elles puissent toutes les deux s'adosser de façon confortable. Taylor vide le contenu de son sac devant leurs genoux pliés et se touchent étroitement. La brune continue de l'observer, un peu inquiète, la même question qui la taraude alors que l'autre cherche à la rassurer. Qu'est ce qu'elle fait là entre les murs qui l'ont sauvé de force et qui l'ont, juste avant, poussé à se condamner ? Elle se souvient des pensées terribles qu'elle a exprimé sous ce toit, sous la lumière blafarde de sa chambre quelques étages plus bas. Elle voulait mourir, disparaître, s'évanouir. Et maintenant elle est là.
Elle est là. Elle n'est pas avec son meilleur ami. Elle n'est pas avec la femme qui partage ses nuits. Elle est là, avec juste ce qui s'apparente peut être à un peu plus qu'une amie. Elle est là, avec une nana qu'elle a sauvé il y a de ça même pas deux ans, une nana, une inconnue. Elle joue si bien la comédie. Elle joue si bien à faire celle qui va bien et qui reprend goût à la vie. Ça la met mal à l'aise qu'elle se force à faire ça, qu'elle vienne la voir elle plutôt que de passer du temps avec des gens plus proches. Ce n'est pas qu'elle ne l'aime pas, bien au contraire ;  dans sa vie Ayleen a beaucoup de potes, de connaissances sympathiques mais très peu d'amis, et Taylor en fait incontestablement partie. Mais parfois elles ne se parlent pas pendant des semaines, des mois, et pour ce nouvel an il faut qu'elle vienne voir la mourante qui se met elle même de côté. Solitude ou altruisme, Ayleen penche pour la première solution mais hésite à suivre, elle aussi, le mouvement des faux semblants qu'elle a pourtant amorcé quand elle est arrivée. « Mouais. Tu mérites quand même plus de faire la fête avec des étudiants super branchés ou alors d'être en plein voyage pour te ressourcer plutôt que de venir t'enfermer entre les quatre murs les moins glamour au monde. T'es la seule sur cette planète à te dire "je vais aller dans un hôpital qui sent le produit désinfectant combiné à du pipi de personne âgé, doublé d'un fond de soupe de poireaux de la cantine pour fêter la nouvelle année ! " » Quand elle y pense, elles sont semblables dans le fond. Si semblables avec leurs teint pâle, livide, translucide. Si semblables avec leurs cernes, leurs joues creusées et la conscience morbide qui sait qu'il n'y a pas d'éternité, pas d'infini. La première fois qu'elle a eut ce regard là c'est quand elle a compris ce qu'allait devenir sa maladie ; pleine d'examens, de douleurs thoraciques et de mucus glaireux. La seconde fois c'est justement quand elle l'a rencontrée, elle ; c'est quand il faisait sombre et froid dehors, que les gens étaient agglutinés à rire et que d'un coup les coups les ont matraqués. La mort en face, sauvée in extremis par celle qui réitère des propos assurés pour affirmer qu'elle est ici afin de lui faire plaisir et de son plein gré. Elle avait ce regard là, semblable ; un peu rêche, sec, amère, qui laisse courir l'existence qui s'écoule et peut à tout moment s'arrêter. Quand elle y pense, elle aussi a déjà faire comme elle : mourir. Elle aussi aurait pu se suicider pour s'éviter le fardeau du sursis de savoir quand est ce qu'elle va crever. Précipiter le processus, se demander à quoi bon continuer puisque tout est vain.
Une fois qu'elle a ouvert son ordinateur et les boites de nourriture qui vont avec, Taylor se retourne. Elle s'aperçoit soudain du visage inquiet et souffle comme à nouveau prête à donner de l'élan à sa mascarade. Mais elle la coupe, attrapant sa main. « Ecoute, je veux pas essayer de plomber l'ambiance honey, j'apprécie, je suis vraiment aux anges de savoir que tu penses à moi, surtout à ce moment là qui est assez dur moralement. Mais...fais pas semblant avec moi. Te force pas d'accord ? Si t'as envie de faire la tête ou de parler de ce qui ne va pas, ou même juste de rester dans le silence on le fait. Je veux dire que; que je sais ce que c'est de devoir parler vite pour faire l'enjouée ou de poser le ton pour faire genre "tout est cool Raoul". Je sais ce que c'est d'aller voir plein de gens pour ne pas penser à tout ce qui nous tombe dessus. Je le sais. Je sais aussi que si t'es là c'est pas qu'une question de volonté pure et dure de me voir, c'est aussi un peu parce que t'as rien de mieux à faire. Laisse moi finir. Je sais bien que si Milo ou Maeve étaient présents pour toi tu serais avec eux. Donc, vraiment, avec moi te force pas, je suis super heureuse que tu sois là. On est là pour l'une et l'autre je pense ce soir, mais je tiens à te dire avant de repartir à sauter partout qu'il faut vraiment pas te forcer à quoi que ce soit et qu'on peut parler de ce qui ne va pas au lieu d'avoir une grosse boule toute la soirée. Sinon tu vas finir par avoir mal à tes belles joues. » Joues qu'elle caresse furtivement du doigt. « Maintenant que je t'ai dis ça, fais moi un dab. »
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MessageSujet: Re: Just once, I wanna forget myself - Ayleen.    Sam 2 Juin - 23:15

Just once, I wanna forget myself.
EXORDIUM.
- Arrête. Pour briser ta sexiness il faudra bien plus que ça, ne dis pas de bêtises. Et je pourrais faire un dab si seulement j'avais la moindre idée de ce que c'est.

Je secoue la tête, étouffe un rire derrière un « pfff » qui se traduit par « ne raconte pas de connerie » parce que ouais, ce sont des conneries. Pourtant, de la bouche d’Ayleen, il n’en sort que vérité. Mais on sait tous que cette dernière reste abstraite, dépend de tellement de chose. Un peu comme la beauté, finalement. Ce que je trouve laid pourrait être une œuvre d’art à ses yeux. Je suis très loin d’être la nana canon, avec un sexappeal à faire péter les neurones mais j’essaie de combler avec mes actions parfois couillus et mon franc-parler. Sans surprise, ça ne fonctionne pas à tous les coups.

- Mouais. Tu mérites quand même plus de faire la fête avec des étudiants super branchés ou alors d'être en plein voyage pour te ressourcer plutôt que de venir t'enfermer entre les quatre murs les moins glamour au monde. T'es la seule sur cette planète à te dire "je vais aller dans un hôpital qui sent le produit désinfectant combiné à du pipi de personne âgé, doublé d'un fond de soupe de poireaux de la cantine pour fêter la nouvelle année !

Mériter, hein. J’ai pas tellement l’impression d’être en droit de me dire que je mérite quoi que ce soit, que ça soit de péter les plombs et de tous les envoyer se faire foutre, de leur gueuler d’arrêter de me regarder comme si j’étais la dernière des salopes ou comme si j’étais quelqu’un d’instable, de folle. D’envoyer ma vie entière bouler pour aller me perdre je ne sais où pendant trois mois, de balayer toutes pressions sociales et financières pour n’avoir plus aucun problème à régler dans l’urgence, avec le poids de ma proprio qui va finir par se demander ce que je branle avec le loyer.
Je me suis faite une promesse en venant ici, c’est de laisser mes propres problèmes à la porte de cet hôpital. Ce soir il n’est pas question de me ronger les sangs ou de me laisser gober par la lassitude, la fatigue ou par cette dépression qui, d’après mon frère, devrait être soigné par un psy.
Sauf que j’ai pas les moyens.

Je préfère me concentrer sur ce moment avec Ayleen, après tout ce temps d’absence, de rattraper un temps perdu que j’ai certainement involontairement instauré.

- C’est ce qui fait de moi un être unique. J’pense et ne fais jamais comme tout le monde.

Clin d’œil, large sourire.
Ayleen sait que je déteste me mêler à la foule, que cette hyperacousie m’a rendu casanière et que je préfère un million de fois me retrouver en fermer dans cette chambre avec elle plutôt que d’aller subir les corps imbibés d’alcool de personne que je ne connais pas, à devoir les pousser, me faire une place dans un coin de la salle pour qu’on me foute la paix et à devoir foutre un casque anti-bruit pour être sûre de ne pas gerber sur les baskets de quelqu’un ou pour ne pas chialer de douleur. Entre ça et fêter la nouvelle année avec elle, mon choix est vite fait.
Mais j’crois qu’elle n’a pas envie de l’entendre, de l’assimiler ou de le comprendre. Je n’sais pas pourquoi elle semble si réticente à me croire, entendre que j’ai juste envie d’être avec elle, là tout de suite.
La bouffe est là, l’ordinateur est ouvert et son regard ne m’échappe pas. Les silences sont parfois plus évocateurs entre nous, qu’une suite de mots. Et cette fois, Ayleen décide d’enchainer, me choppe la main.

- Ecoute, je veux pas essayer de plomber l'ambiance honey, j'apprécie, je suis vraiment aux anges de savoir que tu penses à moi, surtout à ce moment là qui est assez dur moralement.

J’encaisse, digère, reste silencieuse. Ca fait longtemps que je n’ai plus la force de chialer quand on m’évoque « la difficulté morale » de ces dernières semaines. Un moment que j’ai l’impression d’être vide et j’crois qu’on ne pige pas vraiment quand on parle de ça, d’un vide de soi. Mes doigts se serrent autour des siens, sans que je n’y prenne garde.

- Mais...fais pas semblant avec moi. Te force pas d'accord ? Si t'as envie de faire la tête ou de parler de ce qui ne va pas, ou même juste de rester dans le silence on le fait. Je veux dire que; que je sais ce que c'est de devoir parler vite pour faire l'enjouée ou de poser le ton pour faire genre "tout est cool Raoul". Je sais ce que c'est d'aller voir plein de gens pour ne pas penser à tout ce qui nous tombe dessus. Je le sais. Je sais aussi que si t'es là c'est pas qu'une question de volonté pure et dure de me voir, c'est aussi un peu parce que t'as rien de mieux à faire.
- Non, j’t’arr..
- Laisse moi finir. Je sais bien que si Milo ou Maeve étaient présents pour toi tu serais avec eux. Donc, vraiment, avec moi te force pas, je suis super heureuse que tu sois là. On est là pour l'une et l'autre je pense ce soir, mais je tiens à te dire avant de repartir à sauter partout qu'il faut vraiment pas te forcer à quoi que ce soit et qu'on peut parler de ce qui ne va pas au lieu d'avoir une grosse boule toute la soirée. Sinon tu vas finir par avoir mal à tes belles joues.

Je sens à peine ses doigts qui effleurent ma joue, mes oreilles bourdonnent, mon cœur s’emballe. C’est pas tellement le discours que j’voulais entendre ce soir, pas tellement ce que je voulais entendre de sa bouche. Ce à quoi je m’attendais en venant ici, si tant est que j’attendais quelque chose.

- Maintenant que je t'ai dis ça, fais moi un dab

Je n’sais pas si j’arrive à réellement savoir ce qui me compresse le cœur, comme si l’organe se trouvait dans une essoreuse lancée à pleine puissance. Si c’est la culpabilité ou le fait d’être quelque part vexée qu’elle puisse en arrivée à cette déduction. Pourquoi est-ce qu’il lui est toujours aussi compliqué de croire que quelqu’un veuille tout simplement la voir et passer du temps avec elle ? J’ai préféré laisser Maeve à son occupation, lui laisser du lest, du large parce que lui faire bouffer H-24 celle que je suis n’est pas juste. Quant à Milo, c’est à peu près la même chose. Ils ont tous besoin de respirer, besoin de regarder ailleurs que sur l’inquiétude qu’ils me portent, à se demander s’ils tournent le regard cinq secondes, si je ne vais pas en profiter pour me tailler les veines ou sauter de l’immeuble.

- Pourquoi est-ce que tu rends tout ça si compliqué.

Je fronce les sourcils et ne la lâche pas des yeux. Aucun reproche, c’est une vraie constatation, presque une question. C’est l’art de faire de cette femme qui se tient face à moi. De prendre une action simple, de la décortiquée et d’en chercher les vrais mécanismes, les vraies raisons.
Je garde une de ses mains dans la mienne.

- J’fais pas semblant, Ayleen. Si tu veux tout savoir, t’es la seule personne avec qui j’me sens pas obligée de faire semblant.
Peut-être parce que ce qu’on a vécu nous lies d’une façon différente, que quelque chose à éclot ce jour-là pour ne laisser transparaitre que vérité brute. J’suis venue dans le même état que j’étais quand j’ai décidé de venir te voir. C’est-à-dire paumée, à côté de la plaque et avec l’impression d’avoir ... rien dans le crâne ou ailleurs. Alors ouais, j’parais enjouée comme si ma vie n’était pas qu’un ramassis de merde et d’emmerde mais c’est pas parce que j’fais genre mais parce que je suis contente de te voir, de passer du temps avec toi.

J’m’énerve pas mais je reste sans filtre, lui dis les choses telles qu’elles sont. Comme je les sens.

- Ca n’est pas parce que j’avais rien de mieux à faire. J’aurais très bien pu me tirer loin d’ici, effectivement. J’aurai pu aller me bourrer la gueule dans un bar. J’aurai pu rester le cul dans mon canapé à regarder des trucs à la con à la télé parce que j’t’assure que la dernière chose que je voulais c’était de bouger. Mais j’avais ENVIE. Et c’est la première fois depuis qu’on s’est vu que j’ai ENVIE de quelque chose autre que celle de dormir.

Pour toujours et ça, je l’omets, ne le mentionne pas.
Et j’appuie sur ce mot : Envie. Parce que j’en oublierais presque la saveur, presque ce que ce sentiment peut m’apporter de positif, de bon, d’agréable. Encore une fois, je reste honnête : C’est la première fois depuis des semaines que j’ai envie de quelque chose autre que de rester enfermée dans l’appartement, de voir personne et de rester dans un coin à comprendre comment j’en suis arrivée là sans réussir à trouver l’ombre d’une réponse.
Toujours face à elle, l’une de me main se pose sur son genou noueux que je sens sous ma paume.

- J’me suis seulement promis une chose en venant ici : c’est de laisser mes problèmes en dehors de cette chambre. Parce que je veux que l’on passe un moment sans que l’on se ramène ces saletés au visage, que l’on profite, qu’on oublie qu’il y a un hier et un demain, qu’on oublie qu’il y a un monde autour de nous qui va certainement se foutre une mine mémorable pour la nouvelle année et qu’on vive autre chose qu’une réalité. J’veux te faire oublier toute cette merde au moins pour ce soir. Faire comme à la maison avec de la bouffe, des films, on parle de tout et de rien, à s’accorder une soirée où on se permet de ne penser à rien d’autre et de profiter de tout ça.

De l’une et de l’autre, de ces retrouvailles parce qu’elle m’a manquée même si je le tais. Mais Ayleen a toujours su lire ce que les autres ne voient pas, je n’ai jamais su l’expliquer. Elle a ce truc avec les gens, le monde qui l’entoure. Et si je brisais ma promesse faite en entrant ici, je serais probablement entrain de chialer de frustration, de rage, de me dire qu’une femme comme elle se retrouve dans une situation pareille, parce que c’est injuste. Ce qui rend mon geste de début décembre encore plus cruel et je le sais.
J’lui raconte pas de connerie quand je parle de moment hors du temps. J’ai envie de la couper du reste du monde et moi avec. Qu’on oublie l’extérieur, qu’on se défasse de tout ce qui peut nous peser sur les épaules.
Je noue mes doigts aux siens, mes lèvres s’étirent en un sourire, mon autre main toujours sur son genou que je caresse du pouce.

- Alors maintenant on s’installe et on mange ? Pas que je crève de faim, mais presque. Pour le dab, on verra si tu mérites à ce que je me rende aussi ridicule.




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MessageSujet: Re: Just once, I wanna forget myself - Ayleen.    Lun 2 Juil - 22:43

Just once, I wanna forget myself
Taylor & Ayleen

Sunday the 31st of December, 2017.

Il faut que ça sorte. Il faut qu'elle lui dise, il faut qu'elle parle, qu'elle la coupe, qu'elle l'interrompt et comble l'espace morne et froid du silence de sa voix agitée ; de ses idées impossibles à calmer. Il faut que ça sorte, qu'elle lui parle, qu'elle la rassure ou plutôt se rassure elle même. Ce n'est pas grave de venir squatter ici. Ce n'est pas grave de finir à deux cadavres ambulants dans un sinistre hôpital la nuit du nouvel an. Ce n'est pas grave de s'enfermer entre quatre murs complètement sinistres et blancs. Ce n'est pas grave...du moins pour Taylor, du moins pour elle et elle seulement. Déjà la tirade terminée que la belle s'agite. Elle secoue la tête, elle souffle tout son agacement. Taylor dément. Il faut que ça sorte elle aussi. Il faut qu'elle lui dise, il faut qu'elle lui parle, qu'elle la coupe, qu'elle l'interrompt et réponde aux inquiétudes dans le fond, plus personnelles, que tournées véritablement vers elle. Ayleen ne sait pas si elle comprend. Ayleen ne semble même pas avoir conscience qu'elle même se ment.
Parce qu'elle n'accepte pas. Parce qu'elle ne veut pas. Depuis le début, malgré elle, elle les a tous rejetés. Depuis le début, depuis que tout à commencé : les crachats épais, le nez constamment habillé de tuyau transparents, la perte de poids, les vomissements, le sang et les mouvements régressés, essoufflés ; elle les a tous envoyé bouler. Prison dégénérée d'une adulte trop évoluée souhaitant retourner en arrière, dans le passé, l'enfance et la santé, Ayleen n'accepte pas. Enfermée dans une enveloppe charnelle bien trop étroite, la tirant en arrière, l'agrippant pour la précipiter vers l'immensité et la profondeur de la terre, il lui est impossible de s'enfuir de cet endroit. Boulets de la maladie à chaque pied il n'y a plus aucune perspective, plus d'avenir, pas de quoi avancer. Elle ne peut plus rêver, elle ne peut plus se projeter, se dire que demain, tout finira enfin par aller. Enfin si. Ça va aller. Ça va aller mais sans retour alors ça ne sert à rien d'imposer à ses proches ces visites, ces insidieux petits détours. La finalité reste la même. Elle va crever. Elle va crever entre les parois matelassées des sourires et des non-dits pour ne surtout pas la blesser, ne surtout pas faire en sorte de tout précipiter. Elle est coincée dans les rouages immuables du temps, qui la happent, qui la broient et dont les blessures plus insidieuses que physiques ne font qu'isoler sont être un peu plus à chaque instant. C'est tomber, à rebours et ce dans une existence aussi vaine que nécrosée par ce genre de soirée, d'heure, d'après-midi ou de journée pleines d'un espoir à faire pâlir une assemblée de théologiens. C'est tomber, à rebours et ce dans des nuits aussi cloisonnées qu'un sinistre couloir, aussi silencieuses qu'un cimetière perdu dans le noir.
Parce que quand vient le soir, quand les coucous et les tu vas sortir d'ici ont été dits ; quand vient le soir et que ça rentre chez soi, que la tâche a été accomplis et qu'ainsi s'envolent les petits soucis : l’indifférence prend le dessus. La vie continue, la roue tourne, le chemin ne cesse de s’agrandir autour. Il n'y a plus que Taylor qui est en suspens. « Excuse moi. » Elle ne sait pas trop comment désamorcer la gêne qu'elle vient d'instaurer avec sa vision des choses bien fermée. « Je suis désolée. Je voulais pas te faire mal au cœur ni particulièrement ressortir tout ça je...je sais pas, je vois pas trop comment éviter le sujet parce que c'est partout autour de moi en ce moment et je sais que ça l'est encore autour de toi aussi. Et puis je me dis qu'il y a mieux que ça comme soirée forcément mais si c'est ce que tu veux ça me convient parfaitement. Je ne veux pas autre chose. » Et quand bien même, elle ne pourrait avoir autre, ni mieux dans le fond. Alors Ayleen se laisse plus ou moins convaincre que ces derniers instants peuvent ne pas forcément raisonner comme des adieux. Avec elle du moins. « C'est juste que...C'est juste que j'aime pas trop qu'on me voit comme ça j'ai pas envie de vous imposer ça ou que vous vous sentiez obligé de subir ça. Je suis pas comme avant je suis toute maigre, j'ai mon visage qui est tout immonde avec des fils de partout. Je veux pas que ce soit cette image là qui reste dans votre tête juste parce que fallait absolument passer me voir avant tout ça. C'est pas ce que je veux laisser, c'est pas ce que je veux montrer tu sais. » Un demi sourire en lune se dessine sur l'ovale blanc de son visage. D'un geste elle appose sa joue contre l'épaule de son amie. « Oui tu le sais évidemment. »
Plus un mot. Plus un bruit pendant quelques secondes. Ayleen se niche, se cale là, jette un coup de nez en avant pour lui demander d'y aller, d'appuyer sur les dossiers de son pc, de cliquer ça et là pour démarrer les films et qu'elles puissent commencer à manger. Elle capture sa main pour l'inciter à le faire parce qu'elle ne s’exécute pas. « Tu sens bon t'as mis quoi comme parfum ? » Ce n'est pas très aisé de changer de sujet mais elle arrive à le faire sans trop se forcer. Le mélange floral, doux et sucré parvient quand même à ses narines malgré ce qui les empli de parts et d'autres. Taylor hausse les épaules, fait soulever d'un coup la tête de la brunette en même temps qu'elle ne décolle pas de la chaleur du creux logé entre l'épaule et le cou de la jeune femme. Elle ne semble pas se souvenir d'avoir mis du parfum pour ce soir. « On va regarder quoi alors ? » Ayleen se focalise sur la future projection et pioche dans la boite ouverte une poignée de nourriture. Elle ouvre grand la bouche pour ne faire qu'une bouchée des falafels et autres entremets qu'elle a ramené. « Attends je t'ai mis des miettes partout. »
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MessageSujet: Re: Just once, I wanna forget myself - Ayleen.    Lun 23 Juil - 14:49

Just once, I wanna forget myself.
EXORDIUM.
- Excuse moi.

Je balaie ses mots d’un geste de la main. S’excuser de quoi, hein ? J’peux pas lui en vouloir de se poser toutes ces questions, personne ne l’peut. Forcément quand t’es bloqué dans une chambre d’hôpital, t’as pas d’autres choses à pensées qu’à tout ça, qu’à tout remettre en question, qu’à tout revoir sous un autre angle. Bloquée dans cette prison, a-t-elle vraiment d’autres choix ?

- Je suis désolée. Je voulais pas te faire mal au cœur ni particulièrement ressortir tout ça je...je sais pas, je vois pas trop comment éviter le sujet parce que c'est partout autour de moi en ce moment et je sais que ça l'est encore autour de toi aussi. Et puis je me dis qu'il y a mieux que ça comme soirée forcément mais si c'est ce que tu veux ça me convient parfaitement. Je ne veux pas autre chose.

Je ne vais pas jouer les hypocrites : Oui, il y a certainement mieux comme soirée. Un tas de gens aimeraient être à l’extérieur pour aller se prendre une mine, hurler le décompte qui enclenche une nouvelle année qui ne changera de toute façon rien à l’avenir, se coller aux autres pour des étreintes sincères ou non, portées par le taux d’alcoolémie élevée.
Mais en ce qui me concerne, j’veux rien de tout ça. Je n’en ni l’envie, ni le cœur. Rien que l’idée de me mélanger à une foule me donne la gerbe, m’octroyant le réflexe d’aller me réfugier dans ma grotte où je pourrais broyer du noir en paix sans culpabiliser, sans avoir à subir les questions qui deviennent répétitives, lourdes bien qu’elles soient complètement justifiées.
Je n’ai pas non plus envie de « subir » l’inquiétude permanente de Maeve, tout comme je n’ai pas envie de faire face à ce regard qui, malgré elle, couve un reproche, celui d’avoir essayer de l’abandonner. Tout comme j’essaie de ne pas me rappeler ce que Dylan m’a rapporté il y a peu. Des mots sortis de sa bouche, assassins, qui m’ont crevé le cœur mais que je garde sous silence, enfermé dans cette boite sous clé. L’énième désavantage de bosser ici, c’est que tout se sait. A coup de rumeur, à coup de blabla dans les salles de pauses, à la cafet’ et ça fait le tour, ça se passe le mot et même trois semaines après ça vous arrivent finalement en pleine gueule.
Et au passage, Ayleen doit être la seule nana au monde d'avoir la bonté de presque s'excuser de laisser une image d'elle négative alors qu'elle a une chance sur deux de disparaitre.

- C'est juste que...C'est juste que j'aime pas trop qu'on me voit comme ça j'ai pas envie de vous imposer ça ou que vous vous sentiez obligé de subir ça. Je suis pas comme avant je suis toute maigre, j'ai mon visage qui est tout immonde avec des fils de partout. Je veux pas que ce soit cette image là qui reste dans votre tête juste parce que fallait absolument passer me voir avant tout ça. C'est pas ce que je veux laisser, c'est pas ce que je veux montrer tu sais.

Et avant même que je n’ai le temps d’ouvrir la bouche…

- Oui tu le sais évidemment.
- Bien vu. Merci de m’éviter un laïus inutile.

Je ricane, secoue sa petite tête qui s’est gentiment posée sur mon épaule. Et le silence s’installe en douceur, presque reposant, salvateur, nous laissant sur ces quelques mots lancés.
J’comprends qu’elle ne veuille pas nous laisser une image maladive, squelettique parsemé de souffles cherchés, de râles parfois voire même de crachats. Personne n’a envie de laisser ce genre d’ombre sur des souvenirs et pour certains, c’est ce qui leur restera. Pour moi ? Ce que j’ai vécue avec cette nana est bien trop intense pour ne s’arrêter « qu’à » son séjour à l’hosto. Le début de notre amitié a démarré d’une façon atypique, presque violente et inespérée, personnellement, c’est ce qui me restera le plus … sauf qu’elle ne mourra pas, je refuse l’idée en bloc. Même si le toubib au fond de moi reste terre à terre, lucide et fait face au taux de risque, celui à ce qu’elle ne trouve aucun donneur avant la fin.
Le cul entre deux chaises.

Je chasse ces mauvaises idées de mon esprit déjà trop plein pour me concentrer sur le moment présent, comme promis. Ayleen est calée contre moi, son visage niché entre mon cou et mon épaule. Cette soudaine proximité me fait l’effet d’une étincelle que je traduis comme celle d’une vie qui s’éveille, quelque part, dans mes tripes. Le sens ? Je m’en fou. Par contre, je bloque complètement, presque fascinée de ressentir quelque chose de vivant chez moi, autre chose qu’un besoin vitale de manger ou de boire.
Je cligne des yeux lorsqu’Ayleen enclenche un nouveau mouvement. Elle est là et sa main sur la mienne dépose une aura de chaleur sur ma peau qui réagit, seule, dans un long frisson le long du bras. La souris glisse sur le dossier des films qui s’ouvre et je n’en vois pas les titres. Parce que j’ai une palpitation qui se déclenche à la seconde où le bout de son nez effleure mon cou.

- Tu sens bon t'as mis quoi comme parfum ?

J’pige rien de ce qu’il se passe, du pourquoi je passe à l’état de vide à celui d’éveil. A croire que j’ai oublié ce que c’était d’être bien. Juste bien. Confortablement installée, à vivre ce genre de moment qui vous vide la tête et qui vous repose, qui vous détend. Ce genre de moment où vous vous dites qu’il y a des petits plaisirs de vie qui vous donne du baume au cœur et qui rendent tout ça plus facile.
Tout ça, je l’ai oublié dès lors que j’ai choisi une voie plus rapide et plus définitive que celle de me battre. Jusqu’à ce soir où j’ai l’impression que c’est la fanfare sous ma peau. Etape par étape. Des émotions qui vous grimpes une échelle à la queue leu leu.

Je reviens à la réalité et hausse les épaules. Du parfum ? Je n’en mets quasiment jamais.

- J’ai pas le souvenir d’en avoir mis mais j’me suis douchée avant de venir.

Mon gel douche habituel, que j’ai pris par réflexe, sans vraiment réfléchir à ce que je foutais.
Le sujet précédent à carrément été zappé même s’il n’a pas été oublié et quelque part, j’me dis que c’est pas plus mal si nous voulons pas passer la soirée a déprimée, à se rappeler ce qu’il se passe actuellement dans nos vies. Et j’crois qu’au fond, c’est ça ce que je veux : Oublier la mienne. Faire un trait dessus, changer de tête, de corps, d’esprit, pour quelques heures. Juste pour me concentrer sur cette petite flamme au creux du ventre, celle qui était pourtant morte éteinte. Me contenter d’apprécier ce moment partager avec Ayleen que je compte divertir ce soir, lui faire oublier ces murs lugubres.

- On va regarder quoi alors ?
- J’sais pas trop… On a qu’à faire au pif ? Attends. Ferme les yeux… Je saisis son doigt et l’agite doucement sur le pad sans regarder ce que je fais avant de m’arrêter sur un titre que je ne lis pas et d’en lancer la lecture. Voilà, projection surprise !

Droit vers l’inconnu, sans connaitre le synopsis, le genre ou même les acteurs. Histoire de se réserver une part de surprise dans cette soirée. C’est le genre de truc que j’aimais bien faire, de créer un dossier de film que j’avais jamais vu, télécharger un peu au pif en piochant dans plusieurs genre différent et d’en lancer la lecture sans réfléchir. Parfois ça vous donne de bonnes surprises, parfois de très mauvaise, du genre à vous retrouver à pioncer dix minutes après le lancement. Ou de faire face à une histoire d’ouragan qui sème un millier de requin qui vont terrorise une ville entière …

- Attends je t'ai mis des miettes partout.
- Hm ? T’inquiète, c’est rien. Tu sais pas manger correctement, c’est pas une première.

Je souris, l’emmerde gentiment, aidant Ayleen à nettoyer toutes les miettes semées sur mon torse qu’elle jette du dos de la main. Et j’ai la sensation qu’elle s’attarde, à moins que ça ne soit moi qui débloque mais le film à peine commencé n’a déjà plus mon intention alors que je la regarde faire, passant du ventre à la poitrine et il me faut me faire violence pour revenir à la réalité, cligner plusieurs fois des yeux avant d’arrêter le geste répétitif de mon amie d’une main sur la sienne.

- C’est bon, j’crois que tout est clean.

Un regard échangé et sans réfléchir, je garde sa main dans la mienne, y noue nos doigts, comme si c’était le geste le plus simple du monde, le plus naturel. Un contact physique supplémentaire qui pourtant, éveil certains sens que j’ignore, mettant ça sur le compte de cette tranquillité et ce bien être ressenti d’être là ce soir.
Et si Ayleen semble prendre plaisir à se nourrir de tout ce que j’ai apporté, je ne touche à rien de mon côté. J’ai pas tellement faim pour le moment, préférant attendre un peu avant de me forcer. Le film défile devant nos yeux et à aucun moment on ne se lâche, Ayleen continuant de se servir bien que son estomac semble vite se tarir.

Sa tête toujours dans le creux de mon cou, je me laisse aller à poser ma joue contre son front, retenant presque un soupire de soulagement. Parce que j’me sens bizarrement présente, envelopper dans ce cocon de douceur après n’avoir supporter aucun contact depuis ma sortie d’hôpital. Comme un rejet, un instinct de survie du corps à ce que plus rien ne puisse le foutre dans un état aussi chaotique que précédemment. J’me dis que j’suis bien là, contre elle, à ne me soucier de rien. A mettre tout en pause. A ce que l’on s’oublie minute par minute pendant que le monde entier se tourne vers des festivités que j’ai choisi d’ignorer et de refuser.
Quelque chose éclot au creux de moi, une nouvelle étincelle, qui fait palpiter le cœur trop vite sans raison apparente. Qui vous diffuse une chaleur agréable au ventre et qui se répand dans les veines. Un truc plein de vie qui boost l’esprit, le corps entier jusqu’à vous pousser à des gestes un peu désordonnés, voir osés. Tout ça déclenché par ce simple geste peut-être automatique sur mon pouce, un effleurement tendre et bienveillant. L’odeur de ses cheveux encore humides me parvient et doucement mon nez s’y glisse, inspirant le doux parfum qui s’en dégage, presque rassurant.
Si je devais imager ce qui se passe, je dirais qu’une bulle se tisse autour de ce lit, autour de nous.

Je me redresse légèrement, le visage d’Ayleen se soulevant à son tour vers moi, incapable de traduire ce que je croise dans son regard où se reflètent les images du film que je ne regarde déjà plus. Dans un élan de tendresse, je dépose mes lèvres sur son front, paupières closes. Et j’me dis que c’est peut-être même un « pardon » que je lui offre en silence, de lui avoir causer autant de soucis, de douleur en essayant de me foutre en l’air. Des excuses que je laisse durer une poignée de seconde avant que tout ne bascule.
Mes lèvres glissent, mon visage se baisse, le sien se redresse. Mon esprit se déconnecte ou au contraire, se surcharge d’incompréhension au point de ne plus chercher une once de logique dans ce qui est entrain de se dérouler de façon exagérément lente ou, à l’inverse, trop rapidement. Presque maladroitement.
Je rencontre les lèvres d’Ayleen dans un premier geste un peu bancal mais délicat où nos souffles coupés de surprise se croisent, se mêlent. Puis, le geste se répète où le contact se fait plus adroit, plus appuyé, ma main posée dans son cou que je sens palpiter sous ma paume.


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MessageSujet: Re: Just once, I wanna forget myself - Ayleen.    Mar 14 Aoû - 22:49

Just once, I wanna forget myself
Taylor & Ayleen

Sunday the 31st of December, 2017.

Trois secondes. Tout au plus. Ce ne sont que trois secondes. Copeaux de nourriture volatiles, grains teintés d’une malice encore innocente, encore inconsciente, les miettes s’égrènent sous les coups de bras répétés des deux jeunes femmes ; empressées de ne laisser aucune tâche. L’inquiétude est futile, de l’ordre du simple quotidien, de l'utile. Il faut nettoyer. C'est tout. Il faut nettoyer ces morceaux perdus sur le rebond d’une poitrine balayée. Il faut nettoyer ces morceaux qui tombent, qui glissent et s'éternisent. Ils restent, passent sous les mouvements saccadés pourtant. Les résidus restent et happent, soudain, toute l’attention de la sylphide attirée. Mise en bouche involontaire, Ayleen s’attarde et reste elle aussi. Trois secondes tout au plus. L’œil regarde, contemple cette part du corps, cette part de la femme. Elle s’arrête net. La conscience suit, s’accroche et s’enfuie. Contre les doigts étrangement électriques, il y a le choc éclair, le choc brutal et lumineux de la chaire. Ça se répercute contre la paume. Un sursaut transperce. Elle se décale, trois secondes après. Trois secondes trop tard. La main liée à celle de Taylor qui l'emprisonne dans l'étrange sensation, c’est bien suffisant pour se retrouver suspendue en dehors du temps. C’est bien suffisant pour se trouver dans un plein et tordu questionnement. « C’est bon, j’crois que tout est clean. » La phrase passe, se prononce en un souffle et les visages se touchent sans même prendre la peine de vraiment se jauger. L'attention faussement portée sur l'écran, l’instant est abjuré et ce dans un bien curieux état. Oui, tout est clean. Elle n’est plus rivée dessus mais elle est plus que persuadée que rien ne subsiste encore sur l’épiderme blanc délicatement bombé. Plus rien sur la poitrine. Plus rien, rien d'autre qu'un regard insidieusement glissé, une contre-plongée difficilement contrée mais qui la mène à être désormais bien contrariée. Ayleen ne répond pas. Ses pupilles vont et viennent, font des allers-retours difficiles pour lutter contre la gêne et le point fixe qu’elles viennent avarement de convoiter. Elle ne pensait pas avoir encore de l’émotion pour ces choses là. Enfermée dans une chambre froide d’hôpital, à l’article de la mort, elle ne pensait pas avoir encore de l’émotion pour ces choses là, pour la vie, ressentir encore ça, ce truc qui tortille douloureusement le bas. Elle soupire. Ça ne s’entend pas. Taylor ne le remarque pas. Elle secoue rapidement ses songes, les balaie d’un revers de cils. Ils s'envolent. Ils partent, s'éloignent contre un pan de mur et reviennent de façon violente. Les ongles dans la boite en plastique, qui triturent les boulettes de falafels, n'y font rien. Elle retourne la situation et toutes les raisons qui la mènent à être chatouillée de la sorte. Immobile, à quelques centimètres d’elle, elle niche sa mine de coupable rougissante dans le cou de l’amie. Elle sent bon. Elle sent bon. Ayleen se force à manger. Elle se force à humer autre chose que le sucre fruité de l’épiderme qui palpite tout contre sa joue. Elle n’a pas vraiment faim pourtant. Elle n’a plus vraiment faim. Son estomac serré, reste contracté sous l’instinct qui réclame pourtant d’être nourri, abreuvé d’éphémère, de ce qui ne peut être avalé, digéré, conservé si ce n’est dans le coin sombre d’un esprit mal placé.

Elle a faim. Elle n'a pas faim. L'estomac aussi vide qu'avide, elle a les organes qui se tordent de peur sous la cage-thoracique comprimée par le temps. Bientôt minuit. Une nouvelle année qu'elle ne terminera pas. Une année sans fin, sans point si ce n'est un final, un aller simple. Un aller sans retour. L'aiguille avance sans se retourner, sans repartir en arrière. Elle a le regard qui s'attarde sur l'horloge de la chambre. Elle a faim. Elle a cette faim, cette fringale de carne, de peau, de fruits qui dégouline sa sève contre son palais. Elle a cette faim qui lui a fait tanguer sur les lignes d'un ami longtemps aimé, danser contre les vallées d'un quadra rencontré, valser sur les monts d'un étranger généreusement aidé. Elle a cette faim, cette gourmandise incontrôlable de ceux qui ont, qui vont manquer. Est ce qu'il y a du sexe dans l'au delà ? Ses phalanges durcissent contre celles de Taylor. Elle inspire. Elle inspire profondément les effluves, l'essence qui émane d'elle, jetée en pâture à ses pauvres sens. Le souffle intoxiquée par la fragrance, il se fait de plus en plus court lorsque la brunette niche son menton au sommet de son crâne en ébullition. Elle peine à réfléchir. Elle peine à se contenir. Atténuer le désert qui assèche une gorge mourante n'est pas chose aisée et l'oasis ne fait que remuer ; il se rapproche, se colle, se détache. Ayleen ne songe pas. Taylor. Une amie. Une femme. C'est un être dénué d'identité, de liens, de parentés. C'est un corps loin du passé, du futur. C'est un présent, un présent savoureux, incroyablement attirant. Alors, sans qu'elle ne l'explique, sans qu'elle ne soit en mesure de le stopper, de le mûrir, le baiser arrive. Entre les lèvres rougies et gonflées de convoitise, les langues se mélangent. Elle a les cheveux mouillés qui ondulent de folie tandis qu'elle agrippe ceux de la dulcinée. Le bras tremble et pourtant, sans hésitation, il déboutonne, tire, tombe les vêtements sur le sol gelé. Les fils transparents de son tube s'emmêlent dans les prises, dans les morceaux de tissus retirés. Ça lui tire sur les narines mais elle n'en a strictement rien à faire. Elle arrive à respirer. Elle arrive à aspirer, à gonfler ses poumons de l’élixir du constant, du tournant gardé en suspend. Elle y arrive. Cependant elle ne débranche rien, se contente d'adapter la position, de tirer sur l'appareillage au dessus d'elles, au dessus de la nudité de leur corps agités, de ces deux âmes synchronisées, harmonisées à l'unisson de soupirs bruyants, bruyants, singuliers. La malade se guérie, elle cherche l'antidote momentané en gouttant ce qui avait tant attisé sa cupidité. La poitrine sous les papilles, les genoux osseux contre le bas ventre dévoilé, les objets ainsi que l'ordinateur se voient dégagés par la position assez naturellement gagnée. Bizarrement. La nuit se soumet à elles deux tout aussi étrangement.
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MessageSujet: Re: Just once, I wanna forget myself - Ayleen.    Mar 18 Sep - 16:27

Just once, I wanna forget myself.
EXORDIUM.
Les gestes, au départ, confus, prennent leur assurance. Certains de ce qu’ils veulent présentement. Toucher, sentir, effleurer, faire frissonner, cambrer. La raison n’a pas sa place dans cette chambre, entre ces draps. Seule l’envie brute et pure s’invite naturellement tandis que le baiser se fait appuyer, que les langues s’effleurent pour la première fois pour entamer une danse si naturelle qu’elle en devient surprenante. Et mon cœur chavire, explose dans cette frêle poitrine qui se comprime à celle d’Ayleen dont je dévoile la peau blafarde.
L’ambiance change et se transforme, devient presque électrique, chargé de désir. Ses fils ne dérangent même pas tant je m’en contre fou de tout le reste, complètement focalisée sur ses lèvres que je goute et regoûte dont elle me rend ces mêmes baisers presque pressés, criblés d’envie. Nos mains se mêlent, les tissus sont défaits, tirés, je l’aide à s’extirper de son haut, la laisse réajuster ses fils d’oxygène pendant que mes lèvres dévient dans son cou, sur sa clavicule osseuse dont j’en dessine la forme et je descends sur cette poitrine tendue, offerte, mes deux mains glissant sur la courbe de ses reins pour s’arrêter à ses hanches.
Mon jean est déjà parti rejoindre le reste de mes vêtements et ceux d’Ayleen que je prends le temps de regarder, d’embrasser, de découvrir. Il est intimidant de se donner à un être si proche, que l’on aime tant. Pourtant, cette fois je me sens plus sûre que je ne l’ai été durant ces derniers mois. Une évidence, peut-être. Une envie nouvelle, certainement. Comme deux âmes qui se trouvent et se réunissent après avoir vécu l’enfer, les emmerdes provoquées par la vie ou l’humain, de s’être trainée dans la boue pour les autres, pour un regard, un merci. Peut-être que tout cela à un point de départ qui se situe bien plus loin qu’aujourd’hui, le jour de cette rencontre sanglante où le choc, la brutalité et les réflexes nous a exempté des banalités pour nous lier par quelque chose de plus fort.

J’ai plus aucune notion de réalité, plongé dans cette bulle de douceur, de chaleur, qui me fait palpiter le cœur. Me fait ressentir quelque chose de positif. Je pourrais en chialer tant il est bon de sentir cette vibration de vie au creux de soit alors que vous pensiez vos émotions mortes, laissées derrière ces cachetons avalés avec tant de conviction. Mais là, entre les bras et jambes d’Ayleen, je frissonne, soupire de concert avec elle. Je me cambre, réclame, désir avec une ardeur nouvelle.
Sous les draps rêches de l’hôpital, je me glisse contre elle, peau contre peau, lèvres affamées et trouvant son bonheur contre les siennes.
Le rappel à l’ordre flotte au loin, celui qui me hurle que je fais probablement la connerie de trop mais la perception du raisonnable est biaisé lorsque vous avez voulu la mort, qu’elle vous échappé et que l’on vous à poussé malgré toute votre volonté de vouloir partir, à rester les pieds dans votre merde. Mais je prends conscience ce soir, à moins que ça n’arrive que plus tard, que mon seul désir est de vouloir vivre comme je l’entends. Comme je le désire moi. D’un plaisir et désir égoïste que de vouloir partager cet instant avec Ayleen que j’ai toujours profondément aimé et à qui je suis en cet instant intimement liée. Alors, je repousse la raison, la vire de cette putain de chambre et me perds de nouveau dans cette étreinte chaude, apaisante, pansant bien des blessures.

Je ne pense ni à la vie qui m’attend, ni à la mort qui la guette. Ce soir, nous sommes coupés de tout lien, de toutes obligations et réalités.
Mes hanches cherchent les siennes, me font soupirer de plus belle, gémir parfois tandis que l’intimité s’invite. Ses doigts, ses mains, chaque touché m’électrise et le feu s’étend et embrase mes veines. Nos corps se réchauffent, ondulent outrageusement l’un contre l’autre, ma main explorant chaque parcelle de peau d’Ayleen que je continue d’embrasser, prenant soin de lui laisser le temps d’inspirer, de chercher en douceur son oxygène. J’esquisse la rondeur de son sein du bout des doigts, ma paume finissant par s’y égarer un instant pour finir par retrouver la courbe de ses reins, celle de son ventre qui se creuse sous l’envie ou mon touché, à moins que ça ne soit les deux. Appuyée sur mon bras, ma langue ne cesse de jouer avec la sienne, se faisant plus taquine et sensuelle, la pulpe de mes doigts glissant toujours plus bas, effleurant l’intérieur de sa cuisse jusqu’à trouver le point culminant d’un désir que j’esquisse et effleure. Et c’est attentive à chaque réaction, m’en abreuvant égoïstement, y trouvant mon propre plaisir, que progressivement je me fais plus présente. Car malgré l’empressement de nos baisers, de l’urgence soudaine que nous avons à devoir nous unir, j’ai la ferme attention de me délecter de ce moment jusqu’au bout. J’explore, répond à ses invitations sans franchit la dernière l’imite que serait la communion de deux corps et mes lèvres quittent sa joue que j’embrasse une dernière fois, plongeant dans son cou dont je mordille la peau fine et parfumé par le shampooing que ses cheveux ont laissé là. Et tout comme ma main un peu plus tôt, ce sont cette fois mes lèvres qui entament le chemin de la descente. Le désir est ardent, me guide jusqu’à sa poitrine où je m’attarde de nouveau, d’une toute autre façon. Ses côtes amaigries mais que j’aime malgré tout à embrasser, ne rougissant certainement pas devant ce corps décharné que je veux explorer dans les moindres détails cette nuit, à continuer de sentir les mains d’Ayleen dans mes cheveux tandis que je descends sur son ventre, poursuivant ma chute jusqu’à atteindre l’objet de ma convoitise.


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MessageSujet: Re: Just once, I wanna forget myself - Ayleen.    

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