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 Will you...et cetera

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MessageSujet: Will you...et cetera   Jeu 8 Mar - 16:48

Will you...et cetera
Alma&Gabriel

Wednesday the 14th of February

« Oh ? Ça y est ? T'es prête ? » Le tube de rouge à lèvres qu'elle tient entre les doigts termine de tracer sa ligne épaisse d'un carmin léger. Il roule doucement jusqu'aux commissures de la bouche, de ses limites par cette femme à qui il prête malgré lui la plus grande des attentions. Discret. Son regard brun n'a de considération que pour cette figure, que pour ce corps droit qui se tient dans une salle de bain bien trop grande, bien trop blanche à son goût. « Magne toi l'cul Alma j'ai réservé pour 21h pas pour 2h du mat'. J'ai faim. » Un coup d'épaule contre le battant de la porte et il bat la mesure du temps qui passe de ses mains ouvrières. D'un dédain subversif elle se retourne, dans une mimique hargneuse, adorablement figée en équilibres aux abords de la malice et d'un véritable agacement. La force de son regard froncé qu'il soutient avec un malin plaisir et évidemment non dissimulé n'a que pour effet de le faire éclater de rire. Il se fout d'elle, ouvertement et elle lui jette le tube qu'elle tenait jusqu'alors dans ses paumes délicates. Le panache du geste violent mais gracile ne fait qu'accentuer la moquerie, même lorsqu'il tente de le contrer, même lorsqu'il se colle du maquillage autour de deux trois boutons de chemise. Un trait rouge, droit, gras qu'il ne tente même pas de frotter sagement pour ne rien aggraver. Gabriel se baisse et ramasse l'objet qui tangue à ses pieds. « Tu me paieras le pressing évidemment. Ou une nouvelle chemise. » Se redressant, il casse rapidement la distance qui les sépare. Il se hisse à sa hauteur, un peu plus au dessus, le souffle de son nez fin contre ses lèvres. Il prend soin d'avoir l'air presque menaçant, un rictus amusé logé contre sa joue mal rasée tandis qu'il lui tend le bâton noir, brillant, sur lequel la griffe d'une marque de luxe scintille à la lumière jaune de la pièce. Elle se recule par instinct, sans s'en rendre compte, avalée par la masse au dessus d'elle. Elle se recule, sans s'en rendre compte jusqu'à ce que le lavabo ne vienne heurter ses reins, s'y enfoncer soudainement. Le regard vient englober le sien, enfermer dans son carcan d'ébène ses deux iris bleutés. Il ne le lâche pas, il ne s'en sort plus, s'y prélassant comme dans une eau tiède, confortable, au clapotis légers. Elle finit par attraper ce qui a le privilège de dessiner son sourire quotidiennement tandis qu'il regagne sa place, son parfum dans les narines, ses effluves sucrée dans la gorge qu'il avale d'un soupir. Il s'en imprègne, quelques secondes, les paupières closes brièvement, l'apparat du mâle ensuite ressurgissant. Il hésite désormais, songe à la soirée, à comment s'y rendre, comment y aller pour ne pas qu'elle froisse sa robe sur la bécane, pour ne pas qu'elle prenne le risque inutile de la craquer, de la fendre et faire la gueule une heure durant ; la bague qu'il a acheté malgré ses maigres moyens ne mérite guère d'être snobée par de sordides humeurs féminines. « Bon tu branles quoi là ? On prend ta voiture ou pas ? » Il gueule au travers du couloir qu'il s'est finalement décidé à traverser, perdu dans sa réflexion, marchant la tête baissée comme étant une solution. Non loin du canapé, il calcule silencieusement le nombre de billets de la liasse qui traîne depuis une semaine dans son porte-feuille. Il retire l'élastique, compte les coupures de cent qui serviront à payer le repas de ce soir, l'essence et la bouffe pour le reste du mois. Il tique. Fait chier. Les finances ne sont pas au beau fixe et en plus les frais d'hospitalisation d'Ayleen s'allongent comme l'érection de Sebastian à la vue d'une paire de miches. A la limite de l'agacement c'est donc dans un gloussement qu'il trouve au final tout de même un peu de réconfort à la situation.

« Je vais faire chauffer le moteur vu comment ça pèle dehors, dépêche toi, on doit y être dans vingt minutes. » Il farfouille dans son cuir, triture les poches à la recherche de ses clés pour les déposer sur la table du salon. « Tu les ranges dans quel coin tes clés de bagnole ? » Il continue de hausser la voix tout en balayant la pièce du regard à la recherche du dit trousseau. « Laisse c'est bon je les ai. » Il le repère dans le vide poche, un réceptacle évasé de porcelaine ou de granit vert plutôt coquet qu'il songera très certainement à casser par inadvertance si ils emménagent ensembles ici après leur mariage – à moins que celui-ci n'appartienne à sa mère, sa grande tante ou une connerie familiale dans le genre. Il sort. La porte d'entrée claque et avec son passage, la lumière suspendue de la petite balustrade tangue dangereusement. Il fait le tour, ouvre le garage de façon bruyante ; le clébard du voisin aboie et il lui dit tout haut de la fermer. S'installant au volant il patiente, se permet de faire ses propres réglages de conduite, de reculer le siège, de l'abaisser, de jouer avec le cuir qui crisse de ce monstre à quatre roues. Une fois qu'elle se positionne enfin à ses côtés il s'éloigne de l'allée fleurie pour North Side, ce restaurant et cette fête commerciale moisie. Il a fait pourtant l'effort de tout organiser pour ce jour de deuil économique pour le machisme ; il a fait pourtant l'effort de tout organiser pour que ce soit un peu romantique, beau, poétique. Il a cherché, il a foutu ses lunettes sur son nez devant internet pour lire ce que les gonzesses pouvaient bien apprécier ; il a éliminé ce qu'elle n'aimerait pas, il a retenu ce qui fonctionnerait pour l'aider, lui, à franchir le pas. L'écrin de velours noir dans la poche droite de son futal, il sait parfaitement qu'elle dira oui, mais il veut au moins qu'elle puisse se targuer de toute cette soirée, de ce qu'un KOS peut faire quand il est parfait, idéal ; quand lui, Gabriel, fera un merveilleux futur mari.
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MessageSujet: Re: Will you...et cetera   Ven 9 Mar - 23:14



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 « Oh ? Ça y est ? T'es prête ? » Un sourire étire ses lèvres, prêtes à être peintes et qui ne sont donc pas prêtes à parler et à lui répondre. Alma se contente de commencer à tracer tranquillement une marque d’un beau rouge profond, mat, une de ses teintes préférées. Elle ne le regarde pas, ne lui adresse pas une parole, peu d’attention, juste ce sourire qu’il peut capte dans un fragment de miroir s’il s’approche. Elle ne veut rien lui donner… en tout cas pas maintenant, certainement pas tout de suite et petit à petit. Elle joue, un peu, c’est vrai, c’est son truc, ça l’amuse. Se rendre inaccessible, s’en donner l’air. Il n’y a aucune raison qui l’empêcherait de profiter de cette soirée et de son humeur après tout, elle le mérite bien. Une pause, un moment de battement entre toutes les choses qu’elle doit faire. Ce soir elle n’est ni mère, ni veuve, ni matriarche, rien d’autre qu’une femme encore un peu désirable aux yeux d’un homme en qui elle a confiance et qui l’a surprise, en tout honnêteté. Gabriel, lui demander de sortir un soir de… Saint-Valentin ? Et bien, pourquoi pas ? Y avait-il une raison pour ne pas jouer le jeu ? Pourquoi ne pas profiter de cet instant, après tout, célébrer cette initiative toute particulière, elle qui n’a jamais vraiment porté d’intérêt à cette fête se retrouve devant sa glace à soigner les moindres détails de son apparence. Love a envie de lui plaire, tant qu’elle le peut encore, avant qu’il ne se rabatte sur une plus jeune, plus jolie, moins ridée, moins intransigeante, moins de caractère, plus d’ouverture en terme de souplesse. L’avocate s’était pourtant interdite d’arriver à ressentir le picotement dans la poitrine à cette pensée, mais au lieu de la déprimer pour ce début de soirée, ça la pousse à vouloir rendre ce moment tout particulier.

Voilà pourquoi elle s’est lissé les cheveux, s’est glissé dans de jolis dessous, caché par une robe noire, sobre, saillante, les épaules découvertes. Pour cela qu’elle a choisi une parure simple, pensé à des petits détails, du parfum dans le cou, sur les poignets, la couleur du rouge à lèvres, la longueur des cils, la fermeture éclaire dans son dos. Toujours, simple. « Magne toi l'cul Alma j'ai réservé pour 21h pas pour 2h du mat'. J'ai faim. » Cette fois il débarque, entre dans la salle de bain sans s’ennuyer des conventions auxquelles de toutes façons la brune ne tient plus depuis longtemps. Elle se retourne d’un geste vif, l’observant avec un air à la fois pincé et amusé. C’est vrai, elle n’apprécie jamais vraiment lorsqu’il lui adresse la parole de cette façon. Mais c’est sa manière à lui. Et puis elle s’est promise de ne pas s’agacer ce soir, même s’il est très fort dans ce domaine. La preuve. Il ne fait que se marrer, soutient son regard bleu acide et éclate de rire comme un beau connard. Sa seule réaction est de lui jeter son rouge à lèvre, manquant le visage, marquant la chemise blanche. « Tu me paieras le pressing évidemment. Ou une nouvelle chemise. » Juste un sourire pour la brune qui se sent mieux maintenant qu’elle lui a lancé quelque chose destiné à défigurer au rouge, à son rouge, ce visage marqué par le temps et les épreuves, mais de plus en plus charmant en passant.

Gabriel se redresse, écourte la distance qui les sépare et se hisse, plus haut, appuie son ascendance comme il aime à le faire et Alma ne le contredit pas. Aucune peur, aucune inquiétude, juste la suite d’un jeu peut-être un peu dangereux, devenu un peu, beaucoup plus que des rencontres occasionnelles. Il tire ses traits pour se donner cet air de menace, une expression qui ne fait rien d’autre qu’éprouver la patience de l’avocate quant à la longueur de cette soirée. Pourquoi ne pas l’écourter et passer au dessert, directement ? Cette idée, aussi fugace soit-elle, la fait sourire elle aussi. Le motard lui tend son bien et s’impose dans son espace, si bien qu’elle recule de quelques centimètres, sent dans le bas de son dos la vasque et elle se sait coincée. Tant mieux, elle n’avait pas envie de fuir. La matriarche soutient le regard du vice-président avec une pointe de défi au coin de l’œil, léger sourire coincé sur les lèvres. Elle est immobile, tranquille, observe les détails de son visage, imprime l’air intransigeant qu’il se donne, lui laisse le loisir de profiter de son aura quelques instants avant qu’elle ne se décide à récupérer le rouge et qu’il s’éloigne. Son sourire s’étire un peu plus alors qu’elle récupère le capuchon et referme l’arme qu’elle a utilisé pour l’attaquer, avant de le balancer nonchalamment dans son sac à main. Elle fait bien attention à séparer le vrai, du faux, petite précautions supplémentaire, petite lame qu’elle garde généralement dans sa poche et qu’elle ne quitte sous aucun prétexte. En revanche, ce soir, elle ne prendra pas avec elle le petit revolver qu’elle a l’habitude de porter dans ses pochettes.

« Bon tu branles quoi là ? On prend ta voiture ou pas ? Alma l’entend du couloir, pousse un soupir sonore pour la forme alors qu’elle termine ses préparatifs tranquillement. Évidemment qu’on prend ma voiture, McKinney.
— Je vais faire chauffer le moteur vu comment ça pèle dehors, dépêche toi, on doit y être dans vingt minutes.
— Hm hm. Une main dans les cheveux, elle n’a en réalité quasiment plus rien à faire et pourrait sortir dès à présent. Mais c’est si simple de le faire râler.
— Tu les ranges dans quel coin tes clés de bagnole ? Un dernier coup de pinceau sur les joues. Laisse c'est bon je les ai. » Puis le son de la porte qui claque derrière lui. Love pousse un soupir, glisse à ses doigts quelques bagues, referme sur son poignet le bracelet de cuir de sa montre puis jette un dernier coup d’œil au contenu de son sac. Son portefeuille, son rouge, sa lame et enfin, ses cachets. Ces dernières semaines éprouvent son sommeil déjà fragile et la matriarche se sent plus fatiguée que jamais.

Mais Love met un terme à sa réflexion en faisant claquer la fermeture métallique de sa pochette, éteint les lumières en quittant la pièce, récupère son manteau, glisse ses pieds dans des escarpins aussi noirs que sa robe, glisse un foulard qu’Ezra lui a offert il y a un moment autour du cou et passe enfin la porte de sa maison pour rejoindre Gabriel. Qui ne râle pas alors qu’elle arrive enfin.

Le trajet se fait dans le calme, tout du moins de son côté. La quadragénaire se contente de fredonner l’air qui s’échappe de l’autoradio, observe la route, les lumières ou l’amant qui a le privilège de conduire sa précieuse voiture jusqu’au restaurant choisi, dans un petit coin du North Side. Les portes claquent, ses talons également sur le bitume, Alma fait le tour de la voiture désormais fermée, récupère ses clefs puis le bras de Gabriel à qui elle adresse un sourire charmant, teinté de malice comme toujours et ils font leur premier pas dans l’établissement.

Peut-être que, plus tard, elle fera une liste des choses qui l’ont étonnée ce soir. D’abord, qu’il choisisse ce jour particulier pour l’emmener manger dehors… étrange. Choisir cet endroit, qui détonnerait complètement avec son cuir habituel. Ce n’est pas vraiment le genre de Gabriel. Alma quant à elle, arrive à naviguer sur les deux tableaux, dans les deux milieux. Ils s’approchent du pupitre qui se trouve devant une potiche qui a au moins le mérite d’être souriante et la matriarche le laisse gérer son affaire, observant le décor autour d’eux, se laisse border par la légère musique d’ambiance plutôt classique. Elle constate, les peintures entre de fausses colonnes blanches, des moulures ici et là, des candélabres transparents et des bougies. L’endroit est calme malgré les conversations animées. Alma n’aime pas les endroits trop guindés, si elle doit se coltiner un diner pour le boulot elle préfère les lieux vivants sur son temps libre. Cette fois, elle ne sait pas comment il s’est démerdé mais le VP a visiblement réussi à trouver l’endroit qui lie les deux, a tapé dans le mille. Ça la fait sourire alors qu’ils passent entre les chaises, qu’elle se laisse guider jusque leur table où ils s’installent face à face. Elle a défait son manteau, son foulard et découvre ses épaules puis dépose son menton dans le creux de sa main, toujours le même petit sourire malin collé à ses lèvres.

« Je dois dire que je suis étonnée. Agréablement surprise, cela va de soi. La matriarche se sent bien, au chaud, en compagnie du motard. Presque plus jeune, moins fatiguée, il y avait un moment qu’elle n’avait pas ressenti ce calme tout particulier qui cache sous sa surface l’excitation qui l’accompagne. Merci. Il le sait, surement, elle ne le dit pas souvent. Mais ce soir est visiblement accompagné d’efforts des deux partis. La brune garde ses yeux plantés dans les siens un moment, le serveur finit par arriver et elle ne lui adresse son attention que lorsqu’elle décide de se détacher du regard noisette. Elle se redresse alors, demande à l’employé guindé ce qu’il vient de lui dire et qu’elle n’a pas écouté. Il se répète, évidemment et leur demande ce qu’ils veulent boire avant de regarder la carte. Un verre de barrymore et un Johnnie Walker, sec. Le serveur leur adresse un geste de tête déférent et s’éloigne après avoir glissé deux carnets de cuir à leur place. Alma l’observe partir, le suit du regard puis revient donner son attention au KOS devant elle. Et tout ça en quel honneur ? T’as rayé ma voiture et tu veux te faire pardonner ? »


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MessageSujet: Re: Will you...et cetera   Jeu 19 Avr - 23:44

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Wednesday the 14th of February

La devanture se dessine au delà du pare-brise tandis que les lumières de la ville colorent les traits marqués de leur gueule de quadra soignés. Un sourcil arqué, la tête légèrement penchée vers l'avant, ils ont cherché. L'un connaissait l'adresse et l'autre a tenté discrètement de la deviner. A l'instar de quelques uns dans leur bagnole, ces types qui, arrivés à un certain âge, ne savent pas réfléchir quand il y a du bruit ; Gab n'a pas baissé le son de la radio en arrivant dans le quartier. Il n'a pas baissé le son, a continué de siffler la mélodie à la mode sans peiner à se concentrer. Il a avancé, s'est souvenu du fait que le restaurant n'avait pas de portier, de mecs affublés de fringues ridicules, colorées ; des gars payés à garer des caisses qu'ils ne pourront jamais se payer, avec pour seul et unique but de ne pas les rayer. Il trouve une place, pas loin. Il descend, ne va pas pour lui ouvrir, pour lui tenir la portière parce qu'il n'y pense pas et parce qu'elle est déjà sortie aussi. En quelques pas, accrochée à son bras, ils avancent et entrent dans l'établissement doré qu'il a sélectionné. « McKinney. Gabriel, pour 21h30. » Enfin c'est plutôt Ayleen qui le lui a conseillé pour tout avouer. Il ne sait pas trop comment elle a fait pour découvrir ça, pour un jour se payer ce genre de repas qu'ils s'apprêtent à partager. C'est peut être un type qui l'y a invitée; mais un type de quel âge au juste ? Nan, parce que concrètement ça sent pas la naphtaline ici quand il inspire mais ça sent pas non plus la weed avec en fond, la musique de Kanye. Et puis merde, ça ne le regarde pas de toutes façons, il ne veut pas savoir. Elle lui a conseillé, c'est tout. Il a approuvé et réservé en un coup de fil. « Suivez-moi. » Il porte enfin son attention sur la réceptionniste qui avance devant eux et les conduit à une table déjà dressée; c'est une grande perche tout en noir, elle a un nez crochu comme les juifs et les cheveux dressés en un chignon frigide qui colle avec sa mine trop sérieuse. Guindée. « Ici ? Cela vous convient ? » Il acquiesce après avoir déjà attrapé une chaise pour s'y asseoir, laissant Alma s'installer en face de lui. Quand il la voit se rapprocher du bord, il sait qu'il a loupé le coche de le faire pour elle mais est ce vraiment important ? Faut pas qu'il en fasse trop. Nan, faut pas, parce qu'elle est déjà bien étonnée qu'il l'invite et elle le fait vite entendre. Il sourit. Un peu plus lorsqu'elle lui dit merci. Il n'y répond pas, laisse planer le doute que tout est normal. Même si ça ne l'est pas.
Elle a le vert de ses yeux qui pétille. Elle a l’auréole jaune autour de ses iris qui scintille, qui crépite d'une singulière malice. Un truc presque lubrique qu'il soutient avec panache, le menton haut, un rictus amusé en coin. Il aime bien quand elle le regarde comme ça. Il aime bien quand elle le regarde tout court d'ailleurs. Il aime bien soutenir l'horizon marécageux de ses yeux, noter les tâches plus sombres qui y flottent ; ces formes indescriptibles qui lui donnent les fentes d'une putain de vipère, un animal gracile, dangereux, bourré de mystères. Il aime tellement ça qu'il en ignore superbement le serveur qui vient leur déposer les menus. Le sien avec les prix évidemment. Il aime tellement ça qu'il n'a pas l'impression d'avoir un jour ignoré cela, même quand elle était encore mariée, même quand il était encore en vie c'était quelque chose dont il ne feignait pas de se délecter.

« Et tout ça en quel honneur ? T’as rayé ma voiture et tu veux te faire pardonner ? » Pas particulièrement flatté par la remarque, Gabriel ne se sent pas non plus particulièrement vexé. De toutes façons, il sait bien qu'elle allait finir par demander la signification de cette soirée. Il s'y attendait et ce depuis qu'il en a pris la décision cet autre soir là, quand il était à deux doigts de craquer, de chialer enfin sur la mort de son frère devant elle. Un coup de mou dont il se serait bien passé. Faut dire aussi qu'il n'a jamais bercé dans le romantisme avec elle, c'est pas étonnant. Pas de fleurs, peut être juste une fois pour la forme. Pas de cadeaux non plus, sauf pour les anniversaires. Rares ont été les instants d'étalages sentimentaux, et plus rares encore ont été les tendres mots. Après tout, pourquoi user de ce registre là quand la récompense à ce type de mascarade peut être prise sans fournir plus d’efforts ? Ça rend les brides d'amour qu'ils se donnent plus uniques, plus particulières. Et puis il a déjà pris l'habitude de la prendre dans ses bras après l'avoir sautée. Bon, il n'y a pas que ça. Il y a aussi la façon dont il parvient à la décrypter, à savoir quand elle est anxieuse, stressée, apeurée. Ça a toujours été simple avec elle. Il n'a pas spécialement le souvenir d'avoir forcé pour l'avoir. Ça s'est fait tout seul. Quand elle est sortie de son deuil, quand les jupes se sont un peu plus fendues et que le teint s'est fait moins fatigué, il s'est décidé, il s'est lancé parce que déjà intéressé. Franc mais pas bourrin, ça s'est goupillé. Une évidence. « Quoi ? Tu crois que j'suis à c'point une bête pour pas essayer de t'faire plaisir autrement qu'au pieu Love ? Sérieusement ? » Un léger rire ironique traverse sa bouche entre ouverte, faussement outrée. Il en soupire. Ce qu'il y a de pratique avec son fichu surnom, c'est qu'à titre personnel, il peut en user au delà du raisonnable. Il peut l’araser, le déformer, le sortir à toutes les sauces qu'elle ne saura jamais véritablement s'il s'agit d'une désignation neutre ou bien d'un signe probant d'affection. Mais elle insiste. Le front plissé elle insiste et persiste dans son idée. Sans rien dire. « Ouais ok. Ok j'avoue y'a quelque chose. » Dès qu'il termine sa phrase elle met un peu plus de hauteur dans ses épaules, une fierté déconcertante pour avoir aussi aisément deviné. Elle se redresse, satisfaite de le faire admettre qu'une telle invitation de sa part ne peut qu'être intéressée. « Mais j'te laisse deviner. A chaque fois que tu te plantes t'enlève un truc et le glisses dans mes poches ou tu paies un plat pour ce soir. » Dans un murmure suivi d'un clin d’œil sournois, la requête s'est formulée sans être au préalable pensée. C'est son côté joueur qui parle, celui du franc tireur, du parieur. Faut qu'il allie l'utile à l'agréable avec ses maigres finances. Et pour appuyer ses dires, d'un coup furtif, il se cramponne aux coins de la table et laisse rouler les billes de ses yeux sur le côté. Il les fait tomber, les descend bien assez bas pour contempler les jambes qu'elle a mis à nu. « Et je donne un indice quand tu prends la première option. Faut savoir récompenser les bons choix. »
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MessageSujet: Re: Will you...et cetera   Ven 27 Avr - 11:12



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« Quoi ? Tu crois que j'suis à c'point une bête pour pas essayer de t'faire plaisir autrement qu'au pieu Love ? Sérieusement ? » La matriarche se redresse, laisse échapper un rire, voilà un langage qui jure avec l’ensemble du lieu. Elle affiche l’espace d’une seconde un air sévère comme pour lui montrer à quel point elle est outrée par la remarque. Ce qui n’est évidemment pas du tout le cas. Alma est habituée, à tout cet univers qu’ils partagent. Si aujourd’hui elle a la chance de pouvoir jouer sur deux tableaux, ses racines, son héritage, sa manière vient du West Side et du club. Sa façon de regarder les choses, la loyauté infaillible est héritée de son grand-père, qui l’a élevée. Son seul regret étant de n’avoir pu faire d’elle un membre honoraire du MC, lui manquant quelque chose d’important entre les jambes. Mais elle a trouvé sa place, à sa manière et son statut actuel, bien qu’ambigu, lui laisse entrevoir les coulisses plus que quiconque. C’est elle qui ferme les rideaux et garde l’entrée.

Et puis, ça fait partie de son charme. Cette allure soignée et sa force brute, franc, sans filet et artifices. C’est ce qu’elle aime, ne pas avoir à manigancer pour savoir, entendre les choses. Il lui rend service en évitant d’enrubanner ses propos de milles formules de politesse, elle a bien assez à gérer au travail, bien assez de merdes à emballer pour subir ces conneries dans sa vie privée. Le contraste de cet homme est saisissant, c’est ce qui l’a convaincue de se laisser porter par ses demandes. Derrière ses airs de glace, elle apprécie ses regards, ses simples attentions, celles que parfois elle feint de refuser au profit de leur soi-disant indépendance.

Love l’observe, fronce les sourcils, cherche à découvrir ce qu’il y a derrière ses premières paroles, glisse ses doigts croisés sous son menton. Il est au centre de son attention. « Ouais ok. Ok j'avoue y'a quelque chose. » Ah ! La matriarche se redresse, la fierté fige sa stature, une épaule rejetée en arrière, un sourire dessiné, malicieux, le regard brillant. Mais rapidement la curiosité prend le pas. Un mystère en dévoile un autre.

« Mais j'te laisse deviner. A chaque fois que tu te plantes t'enlève un truc et le glisses dans mes poches ou tu paies un plat pour ce soir. » Le sourire d’Alma s’agrandit, il sait évidemment lui parler, s’accaparer son attention, appeler sa curiosité. Il sait bien comme elle est joueuse, comme elle aime s’amuser. Elle laisse échapper un nouveau rire, intéressée par la tournure des choses et du moment. Il ne leur a fallu que quelques minutes, à peine posés à table, pour renverser le cours à peu près normal de l’événement et élever le niveau. Ça lui va et lui plait. La brune ne relève pas pour l’instant, lui laisse le loisir de contempler ses jambes ciseaux, glissées dans un tissu noir, impeccable. Élégante simplicité. Elle n’a jamais été tape-à-l’œil, particulièrement enrobée dans des couleurs trop fantasques. Non, du noir, du rouge, du vert. Les couleurs profondes, sombres ; les couleurs d’anciennes illustrations infernales. Derrière le beau visage, les manigances. Elle glisse une main dans ses cheveux d’un noir corbeau pour repousser une large mèche derrière son épaule, et se reconcentre sur l’instant. « Et je donne un indice quand tu prends la première option. Faut savoir récompenser les bons choix.
— Grand seigneur ! Elle lui adresse un grand sourire, dessiné par la malice. C’est d’accord. J’en suis. La matriarche se replace sur sa chaise, croise ses jambes, laisse flotter un pied en escarpins pas loin de son amant sous la table et pose son menton sur une main manucurée, fait mine de réfléchir.
— Madame, Monsieur. Le serveur interrompt sa réflexion, débarque avec les deux verres, dépose le verre de vin fumé devant Alma et l’autre, ambré devant Gabriel.
— Merci. La matriarche adresse un sourire simple au serveur qui s’éloigne à nouveau, reviendra plusieurs minutes plus tard surement pour prendre leur commande. Hm, alors… déjà, Love soulève son verre et fait claquer le rebord contre celui de son amant et glisse une première gorgée de vin entre ses lèvres rouges, puis reprend le chemin de sa réflexion. Allons, je vais commencer par petit… Tu comptes m’amadouer au nom de Callum pour le stupide chien de garde dont il me parle depuis des mois ? Et dès qu’elle finit sa phrase, la matriarche sait qu’elle se trompe. Elle le voit dans ses yeux, au sourire qui perle sur ses lèvres. Comme il doit aimer la voir chercher, elle qui aime connaître les vérités. Gabriel n’a même pas besoin d’ouvrir la bouche pour lui faire comprendre que ses premiers mots n’ont pas de sens ce soir. Après tout, pourquoi toute cette mise en scène pour une telle connerie. Mais elle préfère commencer avec les idées les plus loufoques. Hm, évidemment que non. Très bien, je prendrais en charge ce que tu veux. Elle lui adresse un sourire plus malicieux encore, bien décidée à l’embêter comme elle le peut alors qu’il mène le jeu. Alma est consciente qu’il lui faudra soit trouver vite soit payer la plupart des plats, car elle porte peu de choses. Une parure, une robe simple, des sous-vêtements et voilà tout. Elle attrape son verre, observe le liquide en silence, puis : Il y a quelque chose que je dois savoir, par rapport au club ? Qui te concerne ?

Son regard reste planté dans celui de son amant, elle pousse un soupir, n’est pas sur la bonne piste. Alors elle glisse un peu de liquide entre ses lèvres, dépose le verre sur la table, fait mine de réfléchir une seconde encore avant de porter ses mains à son cou, détacher le collier, le refermer, l’enfermer dans la paume de sa main avant de se baisser pour glisser le précieux dans la poche de son amant, lui laissant au passage la possibilité de respirer son parfum. Elle lui glisse une œillade presque lubrique et se redresse. Ce serait dommage de faire tout le travail à ta place. Allez, donne moi ton indice, c’est ta règle. »


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MessageSujet: Re: Will you...et cetera   Jeu 31 Mai - 21:17

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Longuement, le regard s'attarde volontairement. Il passe la barrière de la table, celle de la nappe d'un tissus immaculé malgré les plis qu'ils font avec les mouvements de leurs bras. Longuement, le regard s’attarde volontairement et continue de focaliser toute son attention sur cette fente, cet écart de tissus impertinent, ce triangle provocateur logé entre les jambes pliées. Délibéré, un sourire narquois enclin d'une certaine perversité se dessine. La canine qui scintille en prévision qu'elle enlève le bas ; Gabriel espère de ce geste indiquer plus précisément à sa cible ce qu'elle aura à ôter dans la perte du paris. Parce que c'est ce qu'elle va finir par faire. Il en est convaincu, certain même. Alma n''est pas prête de deviner. Il a devant lui la table de jeu qui s'étend, limpide et claire. La carte et ses prix en guise de fous et les sous vêtements en guise de roi. La reine est en mauvaise posture dans tous les cas. La chute de ses reins en récompense n'est pas qu'une promesse de surcroît. L’échec à portée, il ne lui reste plus qu'à faire tomber les pions des question un à un. Il a calculé le coup. Après tout, comment est ce qu'elle pourrait deviner que McKinney est capable, un jour, de bouger son derche dans une bijouterie et de claquer toutes ses économies pour un diamant qui lui est destiné. Comment est ce qu'elle pourrait deviner que McKinney est capable, un jour, de se lever un matin avec une gaule pas permise et de ne penser qu'à une seule et même femme pour assouvir son envie, ses besoins ; se recoucher, se rendormir à ses côtés, vivre et mourir sur la même lignée. Comment deviner qu'il trouve en elle un tout autre intérêt que ce truc charnel qu'ils ont, un peu par hasard, lancé. Non. Alma n'est pas prête de deviner. C'est triste dans un sens, qu'elle ne se rende pas compte de l'estime qu'il a pour elle, de tout ce truc qu'elle représente dans un coin bien planqué de sa tête. Et puis, dans un autre sens, c'est con aussi, qu'en revanche elle se rende bien compte du personnage dans sa globalité ; le connard, l'égocentrique narcissique, le manipulateur, le solitaire, le filou, le violent, le voyou. Quand il y pense, à ça, ça lui fout le doute concernant la réussite de ce qu'il s'apprête à faire. Un doute qu'il noie aussi immédiatement dans une gorgée bien pleine de son verre.
Quand il le repose, le claquement distinctif contre le bois résonne en conclusion aux devinettes qu'elle lui pose. Il était même pas au courant pour Callum et son histoire de chien. Ça lui tire un haussement de sourcils. Parce que merde, le morveux est grand et a le droit de voter aux réunions, de porter un flingue et d'aller latter la tronche de son prochain si ça lui chante alors il serait peut être temps qu'il arrête de tarauder sa mère pour un putain de clébard. « Nan c'est pas ça, mais on en reparlera plus tard quand même pour le clebs. » Ouais, faut qu'il donne son avis là dessus maintenant qu'il sait. Et maintenant qu'il sait qu'il doit parler puisqu'il sait, ça lui fait prendre conscience qu'il se la joue déjà père avec son rejeton à elle. Il se la joue déjà père, déjà chef de maison, déjà chef de famille. Alors peut être qu'au final Alma peut deviner en fait. Questions après questions elle va forcément trouver même si pour le moment elle se résigne à n'ôter que le fin médaillon de son collier. « C'est tout ? » Il aborde une mine outrée derrière un rire franc et amusé. « Sérieusement ? Tu veux jouer à ça ? Tu vas retirer un cheveux la prochaine fois ? » Elle fait un geste avec ses épaules pour lui indiquer que probablement. C'est de sa faute puisqu'il n'a pas explicité les règles et ça l'agace parce qu'elle est bien trop belle pour être à ce point intelligente. Et ça n'est surtout pas dans ses habitudes de se faire avoir ainsi. « Bon. Puisque tu veux faire de cette manière l'indice c'est … long. Symboliquement long. » Long. Long comme du long terme. Long comme … toujours ; long comme l'éternité, comme est-ce que tu veux te marier, choper des rides au fur et à mesure des rires, des inquiétudes, des colères et des bons bons moment passées au fil des années. « J'parle pas de mon engin. » Il préfère préciser en finissant le fond de son verre et puis se permet d'ajouter. « Sinon c'est un objet, rond. Et j'crois que j'vais rien lâcher de plus précis. J'viens d'te donner deux indices pour un bijou retiré j'appelle ça une affaire à perte voir même du foutage de gueule. Tu sais très bien c'que j'veux pour te donner un truc potable à ruminer. » Affalé désormais sur sa chaise, le coude contre son dossier, il porte ses doigts à la naissance de sa barbe. Un geste pour la lisser. Un geste pour occuper ses doigts capturés comme toujours par un ennui profond.
Il la regarde. Il la regarde, le doigt mordu entre ses incisives dévoilées. Il la regarde, la mate avec ses expressions figées, concentrées. Elle continue de chercher et suit la danse discrète des serveurs des yeux. Elle poursuit sur les moulures des murs, sur les dorures avec l'espoir de trouver ce qu'il veut dire, ce qui très exactement se cache dans son veston. Et le pire, c'est qu'elle vient d'effleurer le tout pour y fourrer son tour de cou. « Tu sais, tu peux toujours me donner c'que j'veux et je te dirais tout si tu n'as pas d'idées. » Elle tique. Elle tique mais n'abandonne pas ce qui ajoute un peu de saveur à son amusement. « J'augmente le prix à deux trucs retirés si tu me fais encore un sale coup. » Il se redresse, se rapproche du bord de la table pour donner un peu plus de sérieux à sa menace et capture sa main. Fermement. « Vous avez choisi ? » Et merde elle fait chier celle là.

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MessageSujet: Re: Will you...et cetera   Ven 8 Juin - 12:00



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Yes, you

Love l’a eu, elle est contente, elle le voit au pli de ses yeux, au rictus malin constamment collé sur ses lèvres. Il laisse échapper un petit rire qui n’en dévoile pas moins pour autant de la contrariété de son geste. Mais la brune a respecté les règles, celles qu’il aime imposer, alors elle n’a rien à se reprocher et se contente de lui adresser un petit sourire malin.

« Sérieusement ? Tu veux jouer à ça ? Tu vas retirer un cheveu la prochaine fois ? »

Oh elle sait parfaitement à quoi elle joue. Elle sait parfaitement avoir ce qu’elle désire, et ce soir elle veut tout. Elle veut profiter de l’instant, elle veut l’homme, l’objet et les pensées qu’il lui cache. Alma n’a pas pour habitude de céder, préfère travailler de loin ou de près la victime, la proie. Elle apprécie ce petit jeu dans lequel ses jambes ici pliées sont un avantage supplémentaire indéniable. Au-delà du sexe, l’avocate a bien compris qu’elle avait trouvé en Gabriel un partenaire de jeu. Parce qu’il mène sa barque, il est malin, derrière le théâtre et la comédie s’agite un petit esprit plein de manigances. Elle n’est plus la seule à prévoir ses coups en avance, plus la seule à avancer en terrain conquis, il essaie à chaque fois de la pousser dans ses retranchements en se doutant parfaitement qu’elle ne baissera pas les armes. C’est excitant et ça lui change, d’avoir à se battre presque à armes égales. Presque. Parce qu’elle peut toujours le faire taire en défaisant ce qu’elle porte.

« Bon. Puisque tu veux faire de cette manière l'indice c'est … long. Symboliquement long. » La matriarche hausse un sourcil, le visage toujours planté dans sa paume de main. Ça ne l’aide pas vraiment et même si elle apprécie le jeu, Alma déteste être dans le flou. Il n’a pas le droit de la laisser confuse, c’est interdit dans son petit royaume où elle sait tout, maitresse du secret. « J'parle pas de mon engin.
— Je m’en doutais bien. Un mince sourire se profile sur ses lèvres, jusque-là fermées. Alma économise sa parole, occupée à faire fonctionner son esprit.
— Sinon c'est un objet, rond. Et j'crois que j'vais rien lâcher de plus précis. J'viens d'te donner deux indices pour un bijou retiré j'appelle ça une affaire à perte voir même du foutage de gueule. Tu sais très bien c'que j'veux pour te donner un truc potable à ruminer. »

Une nouvelle fois, la brune se contente de se taire et de lui adresser un regard éloquent. Oui, elle sait ce qu’il veut et n’aura surement rien de tout ça sans qu’elle l’ait décidé. Le VP devrait le savoir maintenant, qu’elle ne bat en retraite que face aux règles imposées par le club, renforcées par ses soins. Et puis, elle est occupée à réfléchir, assemble les indices comme un puzzle, le regard qui glisse distraitement sur l’environnement qui les entoure. Il garde avec lui un objet, un objet rond qui symbolise quelque chose de symboliquement long. Elle manipule les indices, fait une rétrospective de la soirée. La clé est là, pas loin, dans un coin de son cerveau qui semble ne pas vouloir lui donner la réponse qui devient pourtant évidente au fur et à mesure de l’écoulement de la soirée.

Le cadre, le jeu, le « mais on en reparlera plus tard quand même pour le clebs. ».

« Tu sais, tu peux toujours me donner c'que j'veux et je te dirais tout si tu n'as pas d'idées.
— Voyons, Gabriel,… La mère de famille ne finit pas sa phrase, laisse échapper un petit son presque agacé par la situation. Elle sent qu’elle touche au but et ne voudrait pas avoir à lui glisser son sous-vêtement dans la poche pour avoir ce qu’elle désire. Alma ne se vend pas, bien qu’elle n’aurait absolument aucun problème à le faire, joueuse et pas effrayée pour un sou de s’amuser. Mais elle lui réserve ce qu’elle cache sous sa robe pour plus tard, et c’est un point sur lequel elle ne veut pas flancher. Elle ne veut pas obéir.

« J'augmente le prix à deux trucs retirés si tu me fais encore un sale coup. »

Le VP se redresse, se rapproche, saisit sa main avec fermeté et Alma l’observe, un mince sourire sur les lèvres. Elle aime le provoquer, c’est elle qui le pousse dans ses retranchements à ne pas accepter sa condition pourtant simple. Ce n’est pas facile, elle essaie de reprendre la main sur le jeu en cherchant la réponse avant de ne céder quoi que ce soit, sans se douter un seule instant qu’en la trouvant c’est elle qui se retrouvera au pied du mur. Gagner le jeu signifie perdre le contrôle sur la situation au profit de Gabriel qui saura surement se délecter d’une surprise ingénue, douce victoire. Peu de monde est capable de lui soutirer une réelle surprise, elle qui prévoit, manigance, dirige.

« Vous avez choisi ? » Elle voit l’exaspération dans le regard de son amant et laisse échapper un sourire avant de lever son visage vers la serveuse qui interrompt leurs préambules. Alma laisse sa main dans celle de Gabriel et donne le contenu de leur commande. Elle connaît assez son amant pour s’avancer, attend sa validation, elle s’amuse pendant ce temps-là à remonter doucement son escarpin sombre le long de sa jambe, plante ses ongles dans la paume non sans cesser d’adresser son attention dénuée de tout intérêt à l’employée. Le ton dirigiste, placide, loin de la sensualité chaude avec laquelle elle enrobe les mots destinés au motard.

La serveuse note consciencieusement, leur adresse un signe de tête déférent avant de s’éloigner sans demander son reste, comprenant visiblement son intrusion dans leur petit jeu. Love redonne son attention au motard, pare à nouveau son visage d’un air malicieux, attrape son verre de sa main libre et fait glisser un peu de liquide entre ses lèvres. Le verre déposé, la main est glissée sur celle de Gabriel qui enferme toujours les griffes de la matriarche.

« Alors laisse-moi récapituler. Tu me caches quelque chose qui n’a pas de rapport avec le club, ni avec Callum, j’en déduis qu’il s’agit simplement de toi et moi. Tu m’emmènes ici, excellent choix d’ailleurs, bien que les serveurs ne te plaisent pas, que ce quartier ne soit pas le nôtre et éloigné de nos habitudes. Elle hausse un sourcil et laisse échapper un petit rire. Elle croit mener la danse, un peu, reprendre le volant. C’est spécial, parce que tu préfères me faire mariner que d’y aller très franchement, ce qui à la fois m’étonne et me conforte dans l’idée que je te connais. C’est la saint-valentin et tu caches un objet, rond, qui… »

La matriarche s’arrête dans discours de petite maligne et s’immobilise. Elle blêmit. Son regard reste ancré dans celui du vice-président des Kings of Speed, cherche une réponse et ne trouve qu’un air malicieux, d’ores et déjà victorieux ? Elle n’en sait rien. En l’espace de quelques secondes, ses certitudes semblent fondre comme neige au soleil et pour la première fois depuis très longtemps, Alma Love Lennox est sans voix. Elle n’est pas sure et n’aime pas ne pas savoir. Elle fronce les sourcils, hésite, se répète. Quelque chose de long, qui dure dans le temps. Un objet rond, que l’on passe au doigt ? Non, il ne ferait pas ça. Gabriel ne veut pas « ça ». Et si ? Est-elle en train de se planter, d’imaginer ou de se découvrir un espoir ? Oriente-t-elle sa réponse selon un désir insoupçonné ?

Le motard doit se délecter de la confusion dans laquelle est plongée Alma, petit oisillon paumé. Et si elle se plante, s’il se joue d’elle, si elle s’oriente dans la mauvaise direction, non seulement il risquerait de lui rire au nez mais elle pourrait le faire fuir. Et c’est la dernière chose que la matriarche veut, qu’il s’éloigne d’elle, qu’ils arrêtent ce qu’ils ont commencé, sans préavis. Ce à quoi elle dit ne pas attacher « autant d’importance » qu’elle ne le fait réellement.

« Montre-moi. »

Alma déteste nager entre deux eaux, ainsi noyée dans une multitude de sentiments et de questions qui l’étouffent. Elle n’aime pas savoir, ne pas être maitresse et surtout, elle déteste se tromper. Et quelque part, elle voudrait ne pas faire d’erreur à cet instant précis, ne formule rien, alors elle soulève sa main qui couvrait celle de Gabriel et la tend vers lui. Il n’y a qu’une seule solution pour savoir, mettre fin au calvaire qui lui bat les côtes, la tourmente dans laquelle il la plonge. Connaît-elle cet homme, réellement ? Ce dont elle semblait être sure quelques minutes plus tôt. Elle reste là à le fixer, en attente d’une réponse, cherche à sonder les traits du visage alors qu’un autre serveur arrive à leur table. « Pas maintenant. » Et fait aussitôt demi-tour, la bouteille de vin dans les mains.

« Allez, Gabriel, montre-moi où j’irais moi-même la chercher. »


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MessageSujet: Re: Will you...et cetera   Dim 22 Juil - 23:18

Will you...et cetera
Alma&Gabriel

Wednesday the 14th of February

Putain de serveurs. Pourquoi n'a t'il pas été capable de cuisiner chez lui, de mettre deux bougies de gonzesse à la vanille chopées dans un store de déco pourrave pour faire ça tranquillement ? Pourquoi n'a t'il pas commandé quelque chose, changé ses draps pour ne pas avoir à tous les supporter ? A l'instar d'un chien qu'on amadoue, ou, après lequel on siffle pour le dégager à coup de savate dans le museau, Gabriel esquisse un sourire poli, courtois presque crémeux. Il le fait disparaître aussitôt la commande passée. La femme note, pince ses deux lèvres fines dans une moue dubitative sous son nez infâme. Elle tourne les talons, part. « C'est ça barre toi. » Un murmure à peine audible ne serait-ce que pour lui même. La main de sa dulcinée sous la poigne inquisitrice, il préfère attarder son attention sur les ongles qu'il sent se planter délicieusement dans sa peau. Il se fait plus ferme en réponse, plus violent presque, non sans se délecter, au passage, de cet instant quasi masochiste qui lui glisse entre les doigts. L'épiderme, calleux, rugueux, n'a pas mal mais le picotement se fait tout de même assez vif pour lui procurer quelques remous. Il frémit. Elle, elle cherche encore. La courbure externe de ses sourcils ne cesse de danser une sorte de french cancan léger. Haut, bas, décalé, toutes les idées qui lui passent par la tête se matérialisent entre les deux rides discrètes et poudrées de son front. Il ne peut pas être plus clair pourtant. Ce n'est qu'une question de minutes avant qu'elle ne devine. Voir même de secondes. Il ne peut pas être plus clair. L'esprit vénale des femmes ne sait faire qu'un tour face à ce genre d'évidence et il compte bien sur cet instinct primaire que la nature leur a donné pour qu'elle réponde à son énigme. Les signes sont multiples, trop surprenants, trop flagrants pour être plus savamment dissimulés. Il a fait comme on lui a dit de faire, comme dans les films, comme dans ces scènes normées par cette pseudo société, parce que c'est comme ça que c'est censé se passer. C'est comme ça que ça doit se dérouler. Ça doit pouvoir être assez grand pour se raconter, se perpétuer autour d'un repas, d'une tasse de café, d'un bordel familial chiant qui rabâche en boucle un lointain passé. Ça doit pouvoir se transmettre. En sortant de là il faut qu'elle montre à tout le monde son foutue cailloux, qu'elle en soit fière, qu'elle tende sa main et décrive des arabesques graciles avec son poignet. Il faut qu'elle détaille la soirée, s'esclaffe rien qu'à s'en souvenir. Il faut qu'Ayleen puisse le dire, évoquer un truc « mignon » sous les lustres de cristaux, quelques chose avec un poil de prétention, un poil de simplicité pour pas non plus passer pour un canard, un con. Lui claquer la question après l'avoir faite criée aurait été plus simple pour un homme tel que lui. Mais force est de constater qu'il peut bien faire ça pour une femme comme Alma.

Il assume. Pour l'instant du moins. Il assume la perspective d'une baraque fleurie, de vases designs, de rideaux et de robes coûteuses dans sa penderie. Il assume la paisible idée des petits déjeuner au lit, les repas aux heures fixes, le duvet moelleux de la couette parfum lessive d'antan. Il assume de pouvoir s'y faire, de laisser s'installer la tranquillité sereine d'un presque nouveau mode de vie. La sécurité routinière des habitudes d'une femme et des gosses adultes qui vont et viennent sans trop faire chier. Exit les putes, ou tout du moins les filles faciles des bars, les filles plus jeunes proches des comptoirs. Aussi. Surtout. Exit les verres de trop qui font dégueuler dans la douche après s'être levé du mauvais pied. Exit les excès de la nuit, le rail de poudreuse juste comme ça, pour goutter; la partie de poker pour s'éclater, parier, jouer. Perdre. Perdre le fric qui était foutu de côté pour bouffer. Exit l'incongruité, l'imprévu, ce qui contre l'ennui d'une mécanique trop bien huilée. En finir là, comme ça. Cesser la violence, cesser les cris et les coups, les cavalcades, le danger...Devenir un mari. Devenir un homme qui a à perdre et qui doit préserver...Bon. Bon d'accord. Ok. Il n'assume pas complètement en vérité. Faut avouer que depuis la mort de Caleb, l'âge et la solitude se mettent à lui parler. D'un seul coup, quand il y pense, comme ça. Il se voit dans un corps étranger., au dessus de lui même à se contempler. Il se voit claqué. Crevé. Gabriel se sent triste, triste seul et fatigué. Le club décline, sa gosse va crever et tout ce qu'il constate c'est qu'il trouve qu'un truc de bon en la bassesse de cette Terre. Et c'est cette relation avec la veuve d'un ancien frère. Putain Felix si tu m'voyais... Prêt à dégainer une bague pour une nana, pour la sienne qu'il a quitté sans le vouloir. Prêt à l'aimer, à sa façon certes, mais avec sincérité. Un truc qui ne lui a jamais été donné de faire il faut dire. Putain Felix. « Montre-moi. » Et voilà. Voilà. Il a les rouleaux qui se compressent dans le calbute. Enfin il croit. Ça lui fout une boule au creux de la gorge en tous cas ; ce qui lui arrache une sorte de rictus ironique. Il stresse. Lui. Lui il stresse, bordel et elle s'impatiente. Il a l'impression de la voir bien des années auparavant, quand il n'aurait pas refusé si elle lui avait demandé. Elle était jeune, fougueuse, peut être un peu plus bornée mais c'est tout ce qui a changé. Il a toujours voulu plus ou moins se la lever. « Franchement j'ai été trop tendre avec toi. Les indices étaient trop simples j'aurai dû corser le bordel Love. Autrement, t'aurais jamais d'viné. » Il ne quitte pas son regard. Il ne se détache pas de cet océan grisé et effervescent pour se donner un peu plus de constance lorsqu'il entreprend de fouiller sa poche. L'écrin s'en extirpe avec agilité, rejoint la dureté de la table, presque balancé. Elle a les griffes qui s'y plantent immédiatement, enserrent l'objet et le décortiquent. « Bon maintenant que tu l'as sous le pif j'espère que tu la trouve pas trop dégueulasse pour m'jeter comme une merde.» Elle ouvre, découvre la pierre de taille modeste qu'il s'est saigné à payer. « Me suis pas cassé les noix pour avoir la taille exacte de ton annulaire et me faire planter d'vant l'resto. Et mon dieu je vais pas plier le genou je te préviens j'ai des trucs de prévu avec les gars c'est pas pour choper une crampe avec ces conneries. Alors c'est oui ou merde ? »
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MessageSujet: Re: Will you...et cetera   Mar 4 Sep - 9:37



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Ah, elle est mal, Alma. Mal comme pas permis, paumée entre deux émotions tout à fait contradictoires et surtout, la brune déteste ne pas savoir. Elle qui sait tout, elle qui a des yeux et des oreilles partout, dans chaque recoin d’ombres ; elle qui contient des dossiers conséquents sur à peu près chaque personne de son entourage, un moyen de protection mais de chantage aussi (dans le pire des cas), se retrouve impuissante face à l’homme qu’elle pensait le mieux connaître d’entre tous les KOS. Mieux que la moyenne en tout cas, avec Alma, Gabriel met ses lunettes. Avec Alma, il faiblit parfois même s’il essaie de ne pas en avoir l’air. Ce qui n’était qu’un “passe-temps“ lui a permis de découvrir des différentes facettes du VP.

Alors qu’elle a la main tendue en sa direction, il lève la voix, se dit certainement plus pour lui-même qu’il a été trop tendre avec elle. Avec Love. Elle ne répond pas, mais ces quelques mots ne l’amènent pas sur une autre piste et Alma constate avec effroi qu’elle a raison. Encore une fois, l’esprit aiguisé et guidé par des indices qu’elle constate effectivement très tendres, à peine déguisés ; elle a raison. Alors peut-être que l’avocate ne connaît pas encore parfaitement son amant, peut-être, parce qu’il réussit à la surprendre, réussit à lui couper la parole, lui enlever sa capacité à s’exprimer. Ce n’est pourtant pas de voix qu’elle manque, il le sait, tout le monde le sait, contrairement aux règles qu’elle-même tâche d’imprimer dans la tête des trois connasses qui se battent pour devenir un jour old lady (sans jamais en avoir l’air), Alma n’a jamais bouclé sa grande gueule. C’est peut-être ce qui plait finalement plus que de rigueur au VP, puisqu’ils sont là ce soir. Puisqu’il lui tend l’objet, plus précisément, lui jette. L’écrin est vite subtilisé, la brune détourne son attention du motard pour se concentrer sur le bleu profond, le velours presque cliché de la boite qui contient certainement une bague de fiançailles.

Alma n’attend pas pour mettre un terme à ses suspicions et ouvre la boite, le regard bleu glacial au milieu d’un visage défait qui tombe sur le caillou. Son cœur bat à tout rompre, l’anneau qu’elle porte habituellement à son cou et qui est désormais rangé dans sa table de nuit semble pourtant avoir laissé sa marque sur le dessus de sa poitrine car elle jurerait sentir le cercle chaud peser sur sa peau. La brune a un peu de mal à remettre de l’ordre dans ses idées, n’écoute pas ce que son amant a à dire et face au bijou précieux, Alma se sent troublée.

Alors c’est la vérité, ce soir Gabriel désire faire d’elle son épouse. Le terme lui couperait le souffle si elle n’avait pas l’habitude de se maintenir. Les blablas et la musique classique se sont éteints, une sorte de bourdonnement aigu lui fait office de background sonore. Il est un peu tôt dans la soirée pour son usuelle remise en question, d’ordinaire, les questions sur son passé, présent et futur arrivent au creux de la nuit quand ses troubles l’empêchent de dormir. Quand l’insomnie frappe, elle qui ne sait presque pas dormir sans ses cachets — ou sans l’homme qui la fout dans un état pas possible en cette soirée.

S’est-elle déjà considérée comme méritante d’une telle place ? Avait-elle envisagé de se caser avec un autre, après Felix qu’elle n’a jamais cessé d’aimer quelque part ? Est-elle en pleine possession de ses moyens, de ses émotions ? N’avait-elle pas dit qu’elle ne laisserait rien la distraire de sa mission ? Aurait-il la foi suffisante pour respecter leur union ?
Que penserait Felix ?
Que penserait son fils, sa chair, dieu sur terre ?
Quand est-ce que leur relation avait pris un tel tournant ?

L’avocate se surprend à sourire bêtement à la perspective qui lui est offerte, présentée dans ce bijou, par l’homme qu’elle pensait le moins enclin à l’engagement. En tout cas, pas comme ça, pas d’un coup d’un seul. Une part d’elle-même semble déjà y croire, après tout, elle ne s’était pas sentie aussi tranquille auprès de quelqu’un depuis des années, Gabriel avait réussi à se faire une place dans son quotidien chargé, mieux encore, entre elle et son fils. Alma n’avait jamais envisagé de finir comme ça, au contraire même, se disant que viendrait bien le moment ou Gabriel en aurait assez de son mauvais caractère, de son âge, de sa beauté qui fane beaucoup plus rapidement que la mauvaise foi qui l’anime parfois sur des subtilités de leur relation devenue en quelque sorte un quotidien.

Bon. D’accord.
Il suffit de dire qu’elle n’avait pas prévu le coup, de penser milles choses en même temps, de dire qu’elle ne s’y voyait pas jusque-là. Hors, et dans des circonstances étranges, l’opportunité est là. Alors Alma fait un effort surhumain pour ne pas se perdre dans diverses options de pensées plus ou moins agréables (est-il sur de lui ? est-elle vraiment en position d’accepter ? Et Cal alors ?). Elle tâche de prendre une inspiration.

« … Alors c’est oui ou merde ? »

Love relève un regard une seconde qu’elle repose sur le caillou toujours dans sa boite. Elle constate. Constate qu’il a du amasser une somme, péniblement, pour lui offrir ce bijou. Ça ne servira pas à faire pâlir de jalousie la planète entière, le bijou est de taille modeste mais joli. Mais à vrai dire, rien ne l’intéresse moins que l’esthétique en cet instant. Non, parce qu’elle doit se positionner et que pour ça, il faut écarter tous les questionnements et se concentrer sur le cœur, son cœur. Au-delà des considérations passées et futures, bien qu’elles soient légitimes, Alma s’attache à l’instant présent et à chercher à savoir ce qu’elle veut. Oui, ou merde, comme il le dit à sa manière. L’espace d’un instant elle se demande si ce n’est pas inconscient de faire abstraction de toutes les pistes de réflexions qui s’offrent à elle, à son esprit habitué à de telles mécaniques. Alma, stratège, celle qui planifie, qui tient plusieurs coups d’avance, qui ne se laisse jamais atteindre derrière le fard et le rouge des lèvres, derrière le regard tantôt rassurant, tantôt hautain. Elle se retrouve dans une position toute étrange et l’accepte comme telle : coincée face à un choix immédiat qu’elle n’avait pas prévu dans sa ligne de tir. Voilà qui est amusant, en réalité. Alma obligée d’être spontanée, obligée de s’écouter alors qu’il n’y a personne à part elle pour décider. Après tout, même son fils n’aurait pas à redire sur sa décision. Son mari, défunt mari, n’est plus là pour la guider et il aurait certainement voulu qu’elle revienne à un de ses frères plus qu’à un inconnu.

Donc, l’important n’est pas de comprendre le reste mais bien son envie à l’instant. Ses yeux bleus cerclés de noir se dardent à nouveau vers Gabriel. Il se donne l’air, mais ne transpire pas l’assurance habituelle. Les mains toujours enfermées sur la boite ouverte, Alma détaille son amant, le considère sous un nouveau jour, à la lumière des efforts fournis ce soir — fournis ces dernières longues semaines après tout. Il s’était installé dans son quotidien sans qu’elle n’ai trop rien à redire, peut-être même avec l’idée d’en redemander. Son affection ne demande qu’à croitre, qu’à muter. Et peut-être qu’elle ne l’aimera jamais comme elle a aimé Felix à l’époque (la jeunesse insouciante aidant), même, voyons, ça ne sera jamais pareil. Mais la quadragénaire ne se sent pas contre l’idée de lui laisser la chance de pouvoir éveiller un attachement plus profond qu’elle ne s’accorde bien à lui dire, mauvaise tête comme elle est. Ne lui prouve-t-il pas à cette occasion, qu’il l’aime plus que ce qu’ils ne s’étaient jamais dis ? Un coup d’avance pour lui, alors.

Son regard glisse sur le poivre et sel, sur le visage marqué, décrit les cercles bleus malins, le mince sourire, puis le cou et les épaules. Alma scanne, intègre, un léger sourire au bord des lèvres pour parer son air stupéfait (qu’elle jugerait stupide). L’attente doit lui être insupportable, peut-être même réitère-t-il sa question, les formes en moins, ce qu’elle n’attendrait pas de loin — pas alors qu’elle n’attendait déjà pas cela. Un simple question lui traverse l’esprit enfin, sans s’entourer du nuage de questions qu’il aurait fallu qu’elle se pose, qu’elle aurait très certainement décortiquées en temps normal. Mais pas ce soir ; ce soir Alma est assiégée.
Si Gabriel menait une guerre, il aurait gagné.

« Oui. » La question étant répondue, pour elle-même et pour lui, une simple autorité. Pour une fois, pour ce soir, Alma pense pour elle-même. Rien d’autre ne rentre en ligne de compte, pas même son fils, pas le club, pas ses intérêts, ni son travail, ni rien d’autre qu’elle-même. Les yeux qui reviennent se planter dans ceux de Gabriel arborent une fierté qui résonne dans le sourire qui s’étire sur les lèvres de la brune. Un large sourire, sincère, qui remonte les pommettes, plisse les paupières, imprime un peu plus les marques du temps sur sa peau. Alma Love Burton, puis Lennox.
« Alma Love McKinney… l’avocate baisse à nouveau les yeux sur le bijou dont elle se saisit pour le passer elle-même autour de son annulaire gauche. L’effet est drôle, elle l’avait oublié ; mais cette fois c’est neuf, et ça lui fait battre un peu le cœur alors qu’elle relève la main sous ses yeux, observe le caillou taillé refléter la lumière. Puis Alma lui tend sa main, récupère la sienne, elle irradie. Ça me va bien. » L’avocate garde ses griffes non plus autour de la boite en velours bleu foncé mais autour de la main de celui qu’elle accepte d’intégrer à sa ligne future, à qui elle laisse une place qu’elle n’aurait ouverte à personne. « Pas de genoux à terre mais ai-je le droit de savoir pourquoi moi et pourquoi maintenant ? »


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