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 Sudden Throw

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physique : tatouée ("elijah" sur la tranche de la main droite, colt python à l'aine, haut du bras gauche recouvert par des roses) / dos lacéré profondément suite à un règlement de comptes, cicatrisé, qui limite ses mouvements - cicatrice à la poitrine causée par un couteau - traces de brûlures au niveau des poignets par rapport à ses pratiques sexuelles - vient de retirer un plâtre de sa jambe droite suite à l'effondrement du Magnificent Mile: marche avec une béquille

MessageSujet: Sudden Throw   Jeu 8 Mar - 21:43

Sudden Throw
Elijah&Jade

Thursday the 23rd of November 2017


A peine deux jours. A peine vingt-quatre heures, à peine une pleine journée et pourtant l'impression d'une éternité. Dans un geste lent, d'une main qui pousse doucement, la porte du bar s'ouvre dans un long et timide grincement. A peine deux jours qu'ils ont été séparés, qu'ils ont été dans l'obligation de s'éloigner, de ne plus se voir, se toucher, se parler. A peine deux jours, déjà une éternité et une situation importante à débloquer. Jade entre, Jade avance. Ses pas dans des baskets qui lui ont été prêtées couinent sur le parquet sale. Il n'a pas fermé. Dans la pénombre des lieux, la femme cassée, voûtée dans un ensemble de jogging beaucoup trop serré pour ses hanches larges, constate qu'il n'a pas fermé. Il n'a rien nettoyé, il s'est contenté de laisser le monde partir, la clientèle entrer et s'en aller tout comme elle au fur et à mesure de la soirée. Les marques de semelles collantes de bières au sol, les papiers des combats lancés en bas, les paquets de cigarettes vidées sur le coin des tables, les cendriers éparpillés. Les verres consommés n'ont même pas été ramassés, l'argent n'a pas non plus dû être correctement collecté, encaissé. The Penitent est calme, plat, froid. Jade entre, Jade avance et prend soin de tout verrouiller derrière elle, de prudemment avancer vers les réserves pour vérifier que personne ne s'est faufilé, ne s'est introduit au petit matin dans l'espoir de pouvoir voler, de pouvoir leur dérober des choses quelconque, sans valeurs mais qui peuvent se revendre tout de même pour quelques billets. Rien. Il n'y a rien ni personne. Elle traîne alors sa carcasse difficilement vers la porte blindée, dans un couloir étriqué, elle tire mais celle-ci est verrouillée. Esras s'en est probablement chargé pour sécuriser le pognon des paris, la répartition des bénéfices par les Crows doit se faire à la fin du mois, c'est un point qu'il n'a pas négligé à l'inverse du bar crade dans son entièreté.
Alors, une fois qu'elle a fait le tour, Jade sait qu'il est désormais temps de monter, de gravir les marches de bois de cet escalier, de longer la grande balustrade, les salles privés, le passage verrouillé pour finalement parvenir à la porte qui mène à leur appartement. Elle sait qu'il est désormais temps de monter, de l'affronter, de s'excuser et de tout expliquer. Il est temps de monter, il est temps d'avouer, de révéler, de dévoiler à sa vue si close, si fermée toutes les choses qu'elle traîne de leur passé. Première marche. Le manque de courage est déjà entrain de la gagner. Elle et son mal être sont là, ils attendent patiemment, ils écrivent ce qu'elle imagine déjà devoir dire, ce qu'elle doit se remémorer, ce qu'elle doit justifier. Elle et son mal être, ils sont là, ils attendent patiemment, ils tirent sur son bras pour qu'elle puisse un peu plus avancer, plier le genoux, le lever pour se laisser porter plus haut à l'étage, plus bas dans cet innommable carnage. Deuxième marche. Une nausée. C'est déjà entrain de lui retourner les tripes, de faire en sorte qu'elle ait la respiration faible, coupée. Elle et son mal être, le fardeau à porter, le lourd poids de ces deux dernières années d'alcoolisme et de chocs réprimés.

Boire, boire, picoler ; ça a été une évidence, ça a été tellement plus simple que d'assumer, tellement plus simple que de se rappeler, que de se ramasser en boucle les images des traumatismes à chaque fois qu'elle n'avait pas l'esprit bien ou assez occupé. Troisième marche. Boire, picoler, oublier une heure, une nuit ; se murger comme un déchet, c'est tellement plus simple que d'encaisser, que de se relever, que de se battre pour ne plus tomber. Suicide déguisé, une roulette russe, irlandaise parfois même américaine dans les balles translucides d'un scotch ambré, d'un whiskey pas cher, d'une piquette épaisse et âcre que l'on donnerait à n'importe quel clodo désœuvré. Elle a plus d'une fois visé, levé le coude, tiré, avalé pour finalement tomber raide, ivre, morte. Elle a préféré se clouer au sol, ramper, se briser, aduler le pire pour que ne réside plus le moindre espoir d'accalmie si ce n'est dans un état second qu'elle aurait aimé permanent. La douleur anesthésiée en petites gorgées, le trou béant d'une mère, l'âme desséchée comblée par des litres avalés. La chaleur des coups sur le corps froid endormie, la chaleur des breuvages contre le marbre glacée d'une tombe qu'elle s'est évertuée d'elle même creuser aux côtés de ce petit être, de ce bébé. Les larmes de tristesse dissimulées, les cris de terreur asphyxiés.
La dernière marche.
Dans les courbatures de son corps fatigué, Jade approche de l'entrée qui garde la bête, blessée, en colère, probablement même dégoûtée d'elle et de ses dernières actions. La main sur la poignée, la gorge dans un étau serré, les doigts tremblants qui appuient, poussent et laissent l'être pénétrer dans l'obscurité d'une vaste pièce centrale aux volets fermés. La télé est allumée. Il est là, sur le canapé, les mêmes fringues sur le dos que lorsqu'elle s'est retrouvée dans l'obligation de se tirer. Des mégots de clopes sur la table basse et sur le tapis, une bouteille siphonnée, entièrement trône à sa hanche avachie. « Hey. » Il se retourne soudain, agité, brusquement réveillé. Il braque sur elle ses yeux horriblement cernés d'un bleu clair, défait, délavé par cette nouvelle épreuve qui leur est imposée. Les cheveux hirsutes collés par le sang d'une blessure infligée et qu'il n'a pas soigné il se redresse un peu plus lorsqu'elle marche, craintive, vers lui. Une paume qu'elle dépose sur sa tempe comme un dompteur apeuré en guise de premier contact, et Elijah semble se laisser faire, la laisser approcher. Désormais à genoux face au canapé, les ongles qui rappent les boucles brunes et sales de sa nuque, Jade colle sans plus hésiter son front au sien. Elle implore de ses traits désolées. Elle le prend dans ses bras, va même jusqu'à l'embrasser par besoin, par vitale nécessité pour balayer le malaise, éreinter la complexité de ce dont ils vont devoir parler. « Je suis désolée. » Son souffle chaud contre son nez et elle a le regard gris qui commence déjà à s'embuer, à se brouiller tandis qu'elle le ferme, le clos pour de nouveau déposer un long baiser contre ses lèvres et se répéter. « Je suis désolée. » Il hoche la tête de bas en haut, renifle et se recule, bien conscient lui aussi qu'elle a beaucoup à élucider.
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quartier : west side, l'appartement au-dessus du Penitent ; possède une maison isolée aux abords de Chicago légalement grâce à sa fausse identité (David Castle), retapée entièrement par ses soins
physique : il a le dos lacéré, seul et unique cadeau de sa génitrice lorsqu'il était plus jeune. il a également quelques cicatrices de blessures par balle, dont l'une se trouve à sa clavicule suite aux tirs portés par les serbes lors des attentats de noël. mais aussi une cicatrice à la cuisse droite d'un coup de couteau. ses bras sont remplis de tatouages, sa main gauche porte encore fièrement la croix celtique, allégeance à l'irish mob faite à new-york, ainsi qu'un petit coeur sur l'intérieur du poignet, similaire à celui que Jade s'est fait en même temps

MessageSujet: Re: Sudden Throw   Mar 13 Mar - 17:36



sudden throw
EXORDIUM.
Ils sont tombés, installés, la nuit noire et ses esprits empoisonner. Ils viennent prendre d'assaut la place dans laquelle on l'a traîné, là où on l'a laissé, là où on a tenté de le soigner avant qu'il ne refuse de se laisser approcher. Et depuis, depuis des heures ont passé. Lentes, tortionnaires ; accompagnées d'une douleur qu'il a laissé faire. Elle s'est introduit, ici, jusqu'à son cœur endolori ; là où tant de questions se sont finalement posées à lui. Elijah chancelle, Elijah sombre de plus belle. Et, devant lui, les ombres se sont réattribuées ces lieux délaissés ; ruines des jours passés. Il déglutit, tente une dernière avancée jusqu'à la dernière bouteille, bien cachée. Elle gît, là, attendant finalement l'étreinte de ses bras. Celle qu'il offre sans se faire prier, celle qu'il donne avant de venir s'affaler. Le dos contre le sofa, qui glisse et glisse jusqu'à le mener au plus bas. Étendu, carcasse oubliée dans de maigres couvertures dérangées ; il attend. Il attend, devient patient. Patient parce qu'il s'éteint, au fur et à mesure que les secondes passent, son néant l'étreint. Renvoyé en arrière, des mois et des mois des années dernières, quand sa présence commençait à se taire. Elijah en ressent cette éternelle souffrance, ces maux qui viennent se perdre jusqu'à lui dès lors qu'elle disparaît de sa vie. Une seconde, une minute, une journée, une nuit à tout imaginer. Et si elle partait ? Et si, finalement, sa folie n'était plus supportable pour la faire rester ? Parce qu'il l'est, fou. Et elle l'a comprit, l'a vu. Elle a découvert les séquelles qu'a laissé leur séparation forcée ; celle qu'il avait provoqué en acceptant l'exil imposé. Un soupire et le palpitant qui s'endort, qui lentement perd de ses efforts. La paranoïa qui commence à rôder, à insinuer bien des idées. Il imagine, il imagine tout ce que cette garce a pu lui raconter, tout ce dont elle aurait pu la persuader parce qu'il n'a pas pu l'en empêcher, ne serait-ce que la tuer. Peut-être aurait-il dû se relever, tenter de la rattraper, s'excuser d'être ce monstre depuis bien des années. S'excuser de l'avoir aimée, aussi, peut-être. Lui rappeler que ce n'est pas pour lui qu'elle faite. Non, pas pour lui, pour bien mieux que ce qu'il a fait d'eux. Il n'est annonciateur que du pire plutôt que du mieux. Et l'admettre, l'admettre est brutal. Fatal pour ses sentiments, ses émotions qui s'emballent ; qui contre sa poitrine s'étalent. Une gorgée, deux, bien plus puisque la bouteille termine vidée. Aussi vide qu'il n'avait pu l'être, qu'il ne le sera désormais. Il n'est pas fait pour ce monde, pour ces brefs cadeaux que ce Dieu offre avec l'espoir qu'il n'en tombe. Pari gagné, but atteint. Elijah ne saura jamais épargner cette pseudo-vie de celle qu'il s'est créé par le passé. Les yeux qui se ferment une fois encore, la volonté brisée qui tente en vain de faire entendre qu'il a tord. Et cette blessure à la tête qui n'en finit pas de ne rien arranger, de s'en prendre à ses esprits déjà abîmés. Elijah sombre ; lui semble-t-il en tout cas.

Parce qu'il sursaute quand sa voix lui revient, quand dans la pénombre de l'appartement ce tintement vient résonner. Alors, il cherche le chien fou. Il cherche la provenance de ce qui vient un peu plus creuser contre sa poitrine cet énorme trou. Et elle est là, la source, droite devant lui qui avance lentement ; comme prévenante du danger qu'il peut être. Oui, peut-être l'avait-elle oublié avec le temps. Il n'est pas celui qu'elle voudrait probablement qu'il soit. Il est pire, bien pire. Démon rejeté d'un enfer encore trop fragilisé pour son âme névrosée. Elijah soupire, tente de calmer les pressions qui s'intensifient contre ses poumons. Il s'y essaie, échouant à ce souhait quand la main de la Belle se risque à se poser, là, contre sa joue aux couleurs effacées. Il laisse faire, la bête la laisse approcher, unique lien efficace contre sa cruauté, son animosité. Et son front contre le sien, ses lèvres qui viennent perdre d'assaut les siennes en un baiser qu'ils diraient « volé ». Elijah penserait plutôt à « non mérité ». Et pourtant il se tait. Le Roi se tait pendant les quelques mots qu'elle vient énoncer. Ils sont lourds d'un sens pour lui méconnu, fardeau qu'elle ne tient plus. Et un baiser, et une fois encore ces syllabes. Ces mêmes syllabes. Ces syllabes qu'elle n'a pas à prononcer. Ou peut-être que si, parce qu'elle aurait pu lui annoncer que sa seule issue demeurait en la solution de l'abandonner. Il n'est pas de cœur assez sombre pour pouvoir l'accompagner ; jamais il n'acceptera qu'elle puisse surmonter cette épreuve que d'être à ses côtés. Et, paradoxalement, il s'était pourtant fait à cette idée, parce qu'elle s'était risquée à cette promesse insensée. Parce qu'elle lui avait fait entendre qu'elle serait là, jusqu'à sa fin entre ses bras. C'était ce qu'il avait compris, ce qu'il croyait pouvoir prendre pour acquis ; avant qu'une présence insignifiante ne vienne tout rompre en un claquement de doigts, lui arracher sans regret toute une partie de sa vie. L'idée vient, s'ancre, s'abat contre ses songes qu'il tente de réprimer, d'enterrer maintenant qu'elle est à ses côtés. Mais son instabilité l'a toujours emportée, toujours quand il pouvait s'agir de cette jeune femme dans sa vie rapidement installée. C'est une main tremblante sur la sienne qu'il termine par apposer, réajustant une brève distance, les yeux qui – d'ordinaire assurés – en viennent à se baisser. Il cherche ses mots, tente de vaincre la brûlure qu'il sent contre sa trachée. Tout est en train de tanguer, le monde autant que son cœur bien trop sollicité. « Désolée de quoi ? Une demande qu'il ose formuler en revenant perdre son regard sur elle, sur elle qui est en train de le briser. Parce qu'il sent tous ses sens se mélanger, au fond de lui s'entremêler. Plus rien n'est clair, sa raison en proie à ces nouveaux coups de tonnerre. De l'avoir choisie ? De m'avoir laissé après m'avoir frappé ? D'être partie après que Shawn m'ait blessé ? Un rire ironique et l’écœurement au bord des lèvres pour celle qu'il évoque, celle dont le culot fut apprécié pour que Jade en vienne à suivre son sentier. Ou désolée de me faire comprendre que je ne vaux plus rien depuis que toutes ces merdes à New-York se sont passées, de pas avoir eu le courage de me faire comprendre qu'en fait, maintenant que tu m'as retrouvé, tu te rends compte que tout a changé. Que je vaux clairement pas plus que cette pauvre connasse que t'as trouvé et chez qui t'a préféré aller parce qu'elle t'a donné l'opportunité de pouvoir dégager. » L'alcool qui parle, qui trahie les inquiétudes, les tourments depuis trop longtemps inscrits en lui. Un soupire, les larmes qui trahissent - elles-aussi - la détresse intérieure qui commence à se jouer, à se perdre jusque dans les recoins les plus reculés. Ça englobe toute sa personne, tout son être ; aussi blessé soit-il par ses propres pensées, son illogisme et son imagination surdimensionnée. « Dis le clairement... ; une pause, il renifle, tente de lui faire face malgré le mal de chien que ça lui procure. Jade... » Supplice qu'il laisse se perdre dans la pièce qu'ils animent tous deux, luttant contre les émotions qui remontent quand sa voix, à peine, s'estompe.          

_________________


« Il parla beaucoup du passé, comme pour rattraper quelque-chose. Une idée de lui-même qu'il avait placé dans son amour pour Elle. Ce n'est qu'après cela qu'il comprit. Il savait, oui. Il savait que son esprit ne serait plus jamais libre de s'ébattre comme l'esprit de Dieu ; que tomber amoureux bouleverserait son destin, à jamais. » - Gatsby, le magnifique
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MessageSujet: Re: Sudden Throw   Mer 11 Avr - 23:58

Sudden Throw
Elijah&Jade

Thursday the 23rd of November 2017

Un baisé. Juste un. Un baisé volatile, un moment volé à ces lèvres entrebâillées qui se retrouvent, qui ne se sont jamais véritablement quittées. Un sourire timide illumine la plaine galbée de cette bouche sèche qu'elle tente encore d'apposer contre celle de son bien aimé. Ultime salvation de cette intenable condition, infime première tentative de rédemption pour le laps de temps maudit d'un court abandon. La prière d'un pardon dans la posture, l'échine courbée des implorants grisés de n'avoir pu s'expliquer, de ne pouvoir être excusés; elle a les genoux et les mains liés, collés, tournés à la hauteur de son dieu terrestre misérablement affalé. Au bas de la stèle du canapé, Jade prie, Jade implore et s'écrase sur elle même lorsqu'elle sent qu'il se recule enfin, lorsqu'elle sent qu'il est prêt à la juger, à laisser couler les affres de ses tourments qui ont, pour lui, trop duré. Elle baisse le regard, déjà martyre de ses impitoyables paroles et de sa souffrance égoïste tandis qu'elle, elle reste et demeure encore incomprise. Elle baisse le regard, le laisse traîner honteusement sur la dureté d'un parquet crasseux aux vestiges d'heures agitées, alcoolisées; des heures qu'elle a elle même trop souvent passé, dont il a tenté maladroitement de l'extirper. Avec l'expérience elle reconnaît, elle sait, ne se souvient plus du nom de ce whiskey aux notes légères de miel qu'il recrache dans le souffle épais de son gosier qui va pour parler. Elle ne se souvient plus du nom mais elle se rappelle vaguement du goût, de l'odeur qu'elle traîne malgré elle dans le sillage de la mémoire intacte de son palais souillé. Jade est distraite l'espace d'une seconde alors qu'il libère avec son haleine un certain état latent d'ébriété. Elle a un mouvement de mâchoire, un claquement pâteux propre aux drogués que la voix tiraillée de l'homme plus grave et plus forte supplante rapidement. Au manque de gnôle encore en elle présent se substitue le flot brutal et acide de ses mots ardents. Passé quarante degrés brûlants contre les crevasses et les cavités laissées à vif par la douleur des traumatismes de l'absente, les gouttes de hargne et de peine perlent de son ton, suintent et suppurent de son être pas fini d'être saoulé de cette nuit tourmentée. « Que ? Quoi ? Mais de quoi tu parles bordel ? Quelle opportunité de dégager ? » Aucun sens à ses paroles si ce n'est le seul fait qu'il n'y en a pas. Le prisme déformé de sa réalité s'échappe et matérialise toutes les fichues idées qui l'ont parasité au point qu'il en vienne ainsi à se paumer dans les faits. Bourré, fatigué, pas vraiment lucide mais très certainement stupide, il balance son manque d'assurance, sa parano habituelle et irraisonnée comme étant la seule vérité. « Mais c'est même pas ça dont j'suis désolée, c'est pas ça le problème ! » Jade se redresse, regagne de sa hauteur sans atteindre encore de sa superbe ravagée par le manque, de sommeil, de nourriture, d'amour et de liqueur fraîche. Les traits marqués de son visage cerné se tendent, se déforment par l'agacement de devoir expliquer cette évidence même qui semble lui avoir échappé. « C'est pas ça le putain de problème. Je t'ai pas quitté et j'ai jamais cherché à l'faire bordel. T'es con ou quoi ? Me suis pas tapé des mois en bagnole à te chercher pour me barrer comme ça sérieux. J'te connais maintenant hein, j'sais comment il est l'animal et c'est pas maintenant que j'vais soudainement me rendre compte qu'il faut que je me tire parce que t'es trop abruti pour être dompté mon petit pote ! Le problème tu vois, c'est que c'est la seule pote que j'ai dans cette putain d'ville de merde et tu lui as claqué la tronche juste parce qu'elle s'inquiétait pour moi. Tu le vois le problème là ? T'as craqué ton slip à décalquer la gueule de quelqu'un qui est venu s'inquiéter pour moi. Faut dire c'qui est. T'es un putain d'animal parano ! Faut pas croire que j'voulais me barrer mais au bout d'un moment t'aurais fait quoi de plus qu'un poing dans ta crise si j'étais restée ? Tu l'aurai butée ? Faut s'calmer là. »

Les bras fendent l'air environnant, s'agitent autour du canapé où il trône sans cesser ne serait-ce qu'une seconde de la détailler. Elle s'éreinte et s'épuise dans son corps raide, dans ses manies de meuf qui s'emporte, crispée. Les sourcils broussailleux froncés, il lance les balles de ses yeux perçants à l'assaut de ses gestes déconstruits, fous, vivants. Des jours qu'ils sont dans ce merdier, qu'ils s'enfoncent et s'enlisent depuis qu'il s'est rendu compte de ce vice qu'elle souhaitait maintenir caché. Et elle se débat pour lui expliquer. « Je...Che pas merde, c'est pas de ça dont j'suis désolée. C'est...c'est de tout ce merdier, que tu m'ais vu dans cet état là, que tu saches et que t'ais à gérer ça. Je...J'ai merdé. J'sais que t'as fait d'ton mieux, que tu pensais bien faire mais picoler ça se soigne pas comme ça..c'est, ça dure depuis un bon moment déjà et c'est, c'est dans ma putain de tête. » La putain de tête est frappée au même moment. La putain de tête est frappée à la tempe plus précisément, de la pointe nerveuse de son doigt avant d'entreprendre un aller restreint de ce qu'on appelle les cent pas. « Tu vois, tu comprends pas l'problème, t'as même pas cherché à savoir quoi que ce soit quand j'suis revenue. J'sais même pas si t'aurais cherché si j'étais restée là bas. Je, j'suis pas bien, j'vais pas bien Elijah depuis longtemps. Tu t'rends pas compte du gros bordel qu'il y a autour de nous et d'moi, surtout quand tu t'es tiré et tu t'rends pas compte que j'ai picolé pour tenir, pour supporter ça. C'est d'ça dont j'suis désolée. J'ai pas parlé et tu t'es pas intéressé et on en est là où ta meuf te fait clairement pitié parce que c'est une merde d'alcoolique. » Au fur et à mesure qu'elle s'exprime elle perd en verve, elle perd en précipitation dans le débit de l'expression de ses maux. Elle se stabilise, lui fait face, oublie son azur tenace et les ombres qui y dansent, qui menacent. « J'ai des trucs à te dire. Faut que ça sorte parce que j'peux plus tenir. Maintenant que tu m'as vu comme ça autant continuer dans la lancée. » Les paumes contre les joues, résignée mais surtout épuisée, elle se laisse tomber à ses côtés, imposant enfin entre eux une certaine égalité. « Mais c'est comme ça. C'est comme ça... Je vais me reprendre, je vais gérer mais faut que j'te dise les choses avant de pouvoir faire ça parce que là je peux plus. J'suis fatiguée. »
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MessageSujet: Re: Sudden Throw   Jeu 19 Avr - 15:04



sudden throw
EXORDIUM.
Il a les mots qui défilent, qui passent avec le temps qui file. A toute allure, trop rapidement pour qu'il ne puisse le suivre de son présent. Non, lui il reste là, Elijah. Il reste là, la douleur à bout de bras, le menant à l'incapacité du moindre pas. Il a l'esprit en vrac, le cœur battant, lâchant. Il a les songes qui s'entrechoquent, qui s'entremêlent. Il a cette sensation que tout lui échappe alors que tout lui revient. Comme toujours, comme souvent ; lui qui ne le voit pas pourtant. Il est stupide, trop loin des réalités pour se faire pleinement lucide. Et l'alcool qui jonche son sang n'aide pas forcement. Alors quand elle s'anime, quand elle essaie de faire entendre sa voie, Elijah peine à suivre les tintements de sa voix. Il s'y essaie, se perd dans les dires qu'elle énonce, qu'elle déblatère à une vitesse avec laquelle elle sait y faire. Évidement. C'est Jade et il le connaît, il la connaît bien mieux qu'il ne laisse le supposer ici. Non, Elijah ce soir se fait simplement stupide. Elijah se fait irraisonnable au possible, paranoïaque aussi, surtout. Pour ne rien changer, car s'il regardait un peu mieux, il comprendrait que rien n'a changé ; que tout n'est que passades à surmonter. Mais lui ne surmonte pas, lui essuie, davantage quand elle échappe à ces pas, à ce chemin qu'il envisageait pour lui, pour elle entre ses bras. Le mercenaire qui rêvait d'une vie différente, le mercenaire qui pensait que la rédemption pourrait lui être possible, le mercenaire qui pensait qu'il pourrait retrouver un semblait de vie paisible, sa Belle revenue à ses côtés de manière imprévisible, avant même qu'il ne décide de péter son fusible. Il aurait pu mourir mais elle est apparue, dernier ange capable de l'aider à se retrouver malgré tout. C'est ce qu'elle est, ce qu'elle a toujours été, ce qu'elle est encore malgré ce qu'il laisse supposer, instaurant l'image de pensées qu'il ne possède même pas en vérité. C'est les conséquences de son absence qui parle, le whiskey qui hante son métabolisme. Et, dans les gestes déconstruits qu'elle essaie de maintenir, ces derniers dires n'ayant pas complètement atteint le quadragénaire, Elijah en revient à cette réalité, à cet instant présent, le regard toujours sur elle posé, attendant peut-être qu'elle ne disparaisse une fois encore. Une fois de plus. « Je...Che pas merde, c'est pas de ça dont j'suis désolée. C'est...c'est de tout ce merdier, que tu m'ais vu dans cet état là, que tu saches et que t'ais à gérer ça. Je...J'ai merdé. J'sais que t'as fait d'ton mieux, que tu pensais bien faire mais picoler ça se soigne pas comme ça..c'est, ça dure depuis un bon moment déjà et c'est, c'est dans ma putain de tête. » Il fronce les sourcils, il les fronce parce qu'il n'est pas sûr de saisir. Non, tout continue de s’emmêler dans sa tête, tout continue de se faire incertain et abîmé. Jusqu'à ce qu'elle ne vienne lui rappeler qu'il n'a rien fait, rien demandé. Qu'il n'a fait qu'accepter, que réapprendre à exister. Alors quoi, tout vient uniquement de son fait ?

« J'ai des trucs à te dire. Faut que ça sorte parce que j'peux plus tenir. Maintenant que tu m'as vu comme ça autant continuer dans la lancée. » Il en fronce les sourcils, Elijah soudainement se met à écouter. Parce qu'elle vient jouer avec sa curiosité, parce qu'elle en vient à se calmer. Et jamais, ô grand jamais, son cœur s'était presque ainsi arrêté. Il imagine ses dires, il imagine ce qu'elle pourrait avoir à lui faire entendre, tout ce qui pourrait lui avoir permis de s'en détacher quand son sang s'était mis à couler, pas plus tard que récemment finalement ; elle qui dans d'autres circonstances seraient restée. « Mais c'est comme ça. C'est comme ça... Je vais me reprendre, je vais gérer mais faut que j'te dise les choses avant de pouvoir faire ça parce que là je peux plus. J'suis fatiguée. » Il s'en redresse légèrement, sentant toutes ses peurs, toute sa paranoïa se faire plus denses, plus prenantes. Elles en deviennent insistantes, ancrées en lui avec une brutalité des plus virales. Et si tout ce qu'il s'était dit quand elle n'était pas encore là était vrai ? Et si elle était parvenue à l'oublier, ne serait-ce qu'un temps limité ? Foutaises, il le sait, rien que par sa présence actuelle à ses côtés. Mais on enlève pas les songes destructeurs d'un homme si facilement, davantage en sachant l'alcool qui parcoure encore son sang.

Les traits qui rejoignent les paumes, Elijah soupire, fermant un instant les yeux, désormais replié sur lui, le cul sur le canapé, le poids de toutes ces conneries sur son dos un peu plus courbé. Il soupire, laisse toute sa fatigue se trahir en ce dernier, le quadragénaire peinant à correctement pouvoir penser, la tête qui commence à tourner. Il lutte, il lutte contre cette noirceur qu'il laisse si facilement le dominer. Il est stupide, il l'a toujours été, davantage depuis qu'il s'est laissé aimer ; et être aimer. C'était une erreur que de l'y aider, dans son monde la mener et pourtant, cette porte de sortie qu'il s'imagine qu'elle puisse évoquer, il se refuse à la lui céder. « Me dire quoi, exactement ? » La voix est presque inaudible et pourtant bien présence, brisée derrière les paumes crasseuses dont il se défait. Elijah en abandonne l'azur de ses prunelles sur les alentours, sur le devant de sa position, là sur ce mur aux spectres tellement présents. Il s'y perd, garde le regard porté là-bas plutôt que sur elle, toujours là. Bien présente, à ses côtés installées, rappelant qu'en cet instant réside toute la réalité. Il ne doit pas se perdre, pas encore, pas en sachant qu'il doit désormais en entendre. Il doit désormais comprendre, faire face à ce manquement de coup de main qu'il n'a pas su tendre. « J'ai l'impression de devenir cinglé... » Qu'il souffle avant de s'animer, les mains qui se plaquent contre ses bouclés jusqu'à trahir qu'il se remet à saigner ; loin d'être à même de s'y concentrer. Haynes n'y fait même pas attention, s'essuyant les yeux d'un revers ensanglanté de la main. Il soupire, essaie de se maintenir éveillé. Le visage enfouie contre son bras, ce dernier accoudé sur l'un de ses genoux. Il dépérit, le mercenaire. Il dépérit parce qu'il sent tout ce contrôle lui échapper, toute son assurance commencer à manquer. Peut-être devrait-il lui dire ce qu'il est, vraiment ? Ce qu'il sera toujours rien que par cette action encore jusqu'alors tue. Peut-être devrait lui faire savoir qu'il a été la main qui ôtait la vie de son propre père parce qu'il ne faisait que lui faire entendre qu'elle n'avait pas besoin de lui, de cet homme condamné à l'exil pour des méfaits en un sens justifié. Non, c'est se faire une raison, la couper dans son élan. C'est revenir instaurer un peu de lumière en elle et cette noirceur en lui. L'alcool le raisonne. Il doit écouter, il doit la laisser parler et il doit écouter, jusqu'à la fin lui porter son attention, pleinement lui accorder. Et s'il n'est pas à même de l'encaisser ? Putain, c'est un supplice. Un supplice qu'il ne sait pas vraiment gérer. « Me dire quoi ? » Qu'il répète en en revenant aux recoins sombres de son appartement, là, avant que l'azur clair et fatigué de ses prunelles ne se portent à nouveau sur elle.           

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« Il parla beaucoup du passé, comme pour rattraper quelque-chose. Une idée de lui-même qu'il avait placé dans son amour pour Elle. Ce n'est qu'après cela qu'il comprit. Il savait, oui. Il savait que son esprit ne serait plus jamais libre de s'ébattre comme l'esprit de Dieu ; que tomber amoureux bouleverserait son destin, à jamais. » - Gatsby, le magnifique
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MessageSujet: Re: Sudden Throw   Jeu 24 Mai - 21:56

Sudden Throw
Elijah&Jade

Thursday the 23rd of November 2017

L'eau trouble. L'eau profonde, agitée. L'eau noire, crade, sale, pleine d'alcool, pleine de sang aussi, coagulé. Touchés par la Jade qui coule, il faut désormais qu'elle parle pour leur éviter de trop sombrer. Requin blanc en embuscade, Elijah se fait des films, prend les ombres qui traînent en surface de ses mots pour d'autres. Il confond la perte d'un gosse avec la queue frétillante d'un mec quelconque qui aurait pu le remplacer. Elle le sent déjà tourner, virer et sortir les crocs tandis qu'elle a les pieds dans le sable, les membres rouillés et secs face à la vague qu'elle doit elle même amener. C'est assez ironique quand on y pense à tout ça. On pourrait facilement croire qu'ici bas ce sont les prédateurs qui triomphent; qui, une fois qu'ils ont tué, passent leur temps a voguer entre les cadavres et la quête suprême de liberté. Après tout, il ne fait que se nourrir, que se rassasier d'un instinct qu'il n'est pas en mesure de contrôler. On pourrait facilement croire qu'Elijah est celui qui en chie le moins, qui marche entre les os sans conscience, sans remords, sans regrets. On pourrait facilement croire que le plus dur pour lui est de dissimuler son identité, de ne pas se faire repérer et de continuer à subsister, à grappiller en bon charognard. On pourrait croire que la peur ne vient que des lumières bleus, que des gyrophares qui parfois illuminent son antre de planqué, de meurtrier sans conscience, juste avide de pouvoir recommencer. Une gosse, une gosse qui n'a rien demandé et son père de procureur beaucoup trop zélé. On pourrait croire facilement que Jade n'a fait que suivre, qu'elle n'est finalement qu'une victime comme les autres du prédateur enragé, guidé par une meute plus grosse que lui et bien plus affamée. On pourrait croire facilement que Jade s'en sort bien tout de même, graciée par les juges, écartée de tout un merdier qu'elle aurait pu éviter si elle avait été plongée ailleurs. On pourrait, et pourtant, tous deux sont enlisés, ce sont les limbes qui ruissellent plus particulièrement autour d'elle. Jade est enfoncée depuis deux années et il est temps pour elle de taper du pied pour gagner à nouveau la surface en mouvement ; celle de la sobriété. « Je...pff » Elle renifle, rajuste sa position bancale sur le canapé. Elle ne peut plus aller en avant, plus aller en arrière elle est bloquée, là, entre lui et l'alcool, entre ce qui a été caché et ce qui se doit d'être dévoilé. Depuis l'ivresse contemplée, depuis la chute depuis si longtemps entamée et pourtant seulement observée. Elle l'a compris. Depuis qu'Elijah est venu la ramasser ce soir là dans le bar sombre d'un bas quartier ; depuis que, sous les néons rouges, sa condition pathétique d'alcoolique lui a enfin été dévoilée. Jade a compris. Il faut arrêter là le supplice de la mascarade, les fêlures du masque à peine correctement porté. Il faut arrêter là le supplice, y mettre fin ; il faut détacher les poids secrets du lourd fardeau un à un. Il faut arrêter de se leurrer, de voiler sa propre face avec l'espoir sordide que les choses vont enfin passer. Il faut désormais faire face, répondre à elle même qui s'est leurrée et aux questions silencieuses qu'il lui hurle au travers de son visage silencieux et défait. Que le cauchemar cesse et que revienne le jour, paupières ouvertes et vérité de retour. Que les terreurs nocturnes s'achèvent pour que la soif s'éteigne. En parlant désormais, ce n'est qu'une liberté relative qu'elle cherche à atteindre ; celle d’accéder à la paix, à la sérénité sans avoir forcément à picoler. Picoler pour oublier, pour annihiler le choc, la peine ; picoler pour pioncer, pour faire perdurer l'état second d'une certaine lâcheté. Une envie d'inconscience afin de, l'espace de quelques heures, tout oublier.

Picoler. Un bordel de lobotomie, la perte de notions, de sentiments, de souvenirs et de temps. Picoler, sortir de son propre corps et le contempler souffrir, crier, pleurer et ricocher contre les murs d'un appartement témoin de la misérable catharsis. Dans l'obscurité, Jade s'effrite dans la douleur d'une respiration qui reste bloquée au travers de sa gorge nouée. Les mots aussi gros que la boule au bord de ses lèvres, elle préfère y aller en apnée en fin de compte. « Quand tu t'es barré ils m'ont foutu à l'hosto un moment pour soigner tout ça. » Elle désigne d'un bref coup de main l'arrière de son corps, son dos mutilé. « Ils ont fait plein d'examens pour vérifier l'histoire. » Des trucs dans une salle blanche. Des trucs qu'elle va taire pour l'instant et probablement pour les autres moments à venir. Des trucs humiliants, traumatisants, probablement plus que ceux qu'on lui avait fait pour qu'elle en arrive là. Des trucs pire que l'enlèvement, pire que les coups de couteau, pire que l'assassinat. A poil face à quatre personnes, trois hommes et une femme : deux flics, un légiste et une infirmière qui l'ont touchée, palpée, questionnée. Ils se sont insinué dans les moindres recoins de son intimité. « Ils ont fait des tests et m'ont d'mandé depuis quand j'étais en cloque à c'moment là...Je...je savais déjà. J'avais fais un test genre deux semaines avant. Juste, j'savais pas trop comment t'le dire ou quoi faire de toutes façons, on en n'a jamais parlé en vrai. » Elle n'a toujours pas l'impression de pouvoir respirer. Peut être qu'il faut terminer, qu'il faut finir de tout dire pour se sentir véritablement délivrée. Ses poumons cherchent, halètent et ne trouvent que le réconfort d'une inspiration saccadée. Elle continue en rafale le récit censé la décharger – à long terme la sauver. « J'l'ai gardé. J'en avais besoin... J'voulais pas forcément t'imposer un mioche qu't'aurais pas voulu mais j'me suis doutée à un moment qu'tu reviendrais jamais et surtout quand ils ont commencé à parler de toi tout le temps à la télé. » Elle le sent remuer à côté d'elle. Elle le sent encaisser silencieusement tout ce qu'il a loupé ou ignoré et qui explique son état de loque droguée. « Ils ont pas voulu que je le garde. Ils ont pas voulu. Ton père est venu m'voir pour m'demander d'le dégager ou au pire d'partir pour pas que tu reviennes traîner dans le coin. Mais, mais j'ai dû rester le temps où j'devais me faire interroger par les flics qu'arrêtaient pas d'me suivre pour savoir où t'étais. J'étais tout le temps là bas, j'ai été jugée, on m'a pas putain de lâcher d'une semelle pendant des mois. J'ai...j'ai dû parler, donner des infos, des trucs sur eux pour qu'on me foute la paix. C'est, c'est Dexter qui m'a dit de faire ça, y'avait une meuf aussi qui voulait rien lâcher pour les éclater. » Elle est à présent debout, les larmes qui coulent translucides sur ses joues rosies de panique, de cette vague déferlante. « C'est là...c'est là qu'ils ont décidé d'nous virer Elijah. » C'est là qu'ils ont décidé d'écarter les membres qu'ils avaient eux même rendu gênants avec leurs ordres inconsidérés. C'est là qu'ils ont décidé de la faire payer pour deux, pour trois même. C'est là qu'ils ont décidé de ne pas la tuer par rapport au fait qu'Elijah soit un fils de, par rapport au fait qu'elle soit la sœur de. C'est là qu'ils ont décidé. Ça ne sert à rien de le dire, de l'énoncer plus clairement si ce n'est par des sanglots. Ça ne sert à rien de le prononcer parce qu'il le sait. Il le sait. C’est comme ça que ça fonctionne chez eux, quand vous voulez sortir d'un gang, ça se passe de façon radicale. C'est souvent les deux pieds devant. Pas de cercueil, pas de bois de merisier ou même de carton comme on en fait pour les clodos. Non. Ce sont les deux pieds devant, quelques parpaings attachés et vous coulez éloigné de la côte. L'océan et son immensité. Ou vous êtes tabassé. Haynes père y a mis les formes ce soir là, il a visé le ventre pour tout boucler et rien qu'à se souvenir et le sous entendre, Jade a l'impression de se noyer. « Elle était si jolie. »
Made by Neon Demon

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Devil's got a cut Dollar sign snakes I'm all in the damned Godless fearless of the flood Or the blood of the coming spring something is shedding its scales Crying from the heat of the light You say God and I say Satan Open your mouth love Like a gutted church My goat horns are napalm trees And a crown of thorns is hard to swallow You should pray now Is it above or is it below ?
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quartier : west side, l'appartement au-dessus du Penitent ; possède une maison isolée aux abords de Chicago légalement grâce à sa fausse identité (David Castle), retapée entièrement par ses soins
physique : il a le dos lacéré, seul et unique cadeau de sa génitrice lorsqu'il était plus jeune. il a également quelques cicatrices de blessures par balle, dont l'une se trouve à sa clavicule suite aux tirs portés par les serbes lors des attentats de noël. mais aussi une cicatrice à la cuisse droite d'un coup de couteau. ses bras sont remplis de tatouages, sa main gauche porte encore fièrement la croix celtique, allégeance à l'irish mob faite à new-york, ainsi qu'un petit coeur sur l'intérieur du poignet, similaire à celui que Jade s'est fait en même temps

MessageSujet: Re: Sudden Throw   Lun 18 Juin - 23:35



sudden throw
EXORDIUM.
C'est l'abysse qu'il contemple. Parce que c'est ce qu'elle est, en cet instant. Des profondeurs qu'il ne connaît pas, une sombreur des plus denses qu'il n'a jamais perçu jusqu'alors. Et la peur qui le prend au ventre, l'impression que son monde s'est mit à tourner, à trembler, à s'écrouler au fur et à mesure que les secondes persistent à s'écouler. Il faudrait que le temps s'arrête, il faudrait que les choses ne ralentissent. Il ne suit pas, le quadragénaire. Tout est trop lourd, trop défait de tout ce qu'il s'était construit, cette simplicité de vie. Ce qui s'anime en lui n'a rien d'habituel, rien qui soit en mesure de tenir sur ses épaules qui, ce soir, lui paraissent si frêles. Plus rien n'a vraiment de sens. Et le sang qui frappe, qui court. Le sang qui coule dans ses veines jusqu'à les faire battre sous sa peau rougie, brûler par la crainte de voir davantage son univers plus évanoui. « Quand tu t'es barré ils m'ont foutu à l'hosto un moment pour soigner tout ça. » Il fronce les sourcils, ne comprend pas. Les mots, il les entend mais rien ne fait sens dans le cheminement qu'il s'essaie à suivre pas à pas. Tout est trop défait, trop éloigné. Il aspire au pire, par besoin de s'en protéger. Elijah se fait déjà à l'idée d'avoir perdu tout ce qu'était parvenu à le faire pleinement exister. Le regard qui se baisse, la culpabilité qui monte, hante, ronge. Il n'a pas la force pour regarder, pas même le courage de l'imaginer. Il a tout brisé, lui a offert des atrocités, lui qui s'était fait entendre qu'il saurait la protéger. Foutaises. « Ils ont fait plein d'examens pour vérifier l'histoire. » Et ? Mais les mots ne sortent pas. Non, la voix lui manque. Tout lui manque en cet instant. Tout, jusqu'à la moitié de sa propre conscience. Il a le regard qui tourne, le sang qui se balade trop rapidement, trop brutalement. Haynes s'éloigne, Haynes et sa force se fanent. « Ils ont fait des tests et m'ont d'mandé depuis quand j'étais en cloque à c'moment là...Je...je savais déjà. J'avais fais un test genre deux semaines avant. Juste, j'savais pas trop comment t'le dire ou quoi faire de toutes façons, on en n'a jamais parlé en vrai. » Et le coup : dur. Puissant. Il étourdit, éteint les sens, le cœur, la raison jusqu'à n'offrir que paralysie. Le reste de ce qu'elle énonce, il l'entend mais n'écoute pas. Non, la voix de la Belle lui paraît désormais si loin. Bien trop loin. Il y a l'océan qui se referme, les vagues tempétueuses qui se heurtent et l'engloutissent, lui, ses espoirs, sa peine toute entière ; pour ne plus rien laisser. Plus rien si ce n'est un court souffle qui s'extirpe d'entre ses lèvres quand le courage se manifeste enfin, quand le mercenaire parvient à se détourner de ce qu'il n'a pas su préserver de son enfer. Et les secondes ne semblent plus n'être que des heures, de longues et interminables heures au cours desquelles la réflexion revient, abrupte, décidée, tortionnaire en vérité. Et si les choses avaient été toute autre ? Et s'il était resté ? S'il était resté... « Elle était si jolie. »

L'alcool qui remonte, la bile qui brûle la trachée, le haut-le-cœur qui s'impose sans qu'il ne puisse y parer. Elijah perd l'équilibre, se rattrapant de justesse à la fenêtre, à cette misérable poignée. Le cœur battant, frappant, soulevant avec hargne cette poitrine malmenée. Il veut tenir mais les images, les images sont trop ancrées, bien installées ; des souvenirs qu'il n'aura finalement jamais, lui qui aurait pu s'y intéressé. La promesse d'une vie déjà enlevée. Le whiskey remonte, se fraye un chemin jusqu'au bord de ses lèvres, jusqu'au parquet à peine lavé, immaculé d'une poussière à grande opacité. Le temps a passé depuis qu'ils se sont quittés, depuis qu'ils se sont véritablement parlé. S'il avait su, s'il était resté. S'il était resté, putain. Et puis, finalement, la rage. La haine. L'impression qu'un lourd et surprenant voile rouge se lève. Il aurait du savoir. Il aurait du savoir ce qui l'attendait, ce qu'il avait à protéger en plus de cette femme, salue de son existence, de cette maigre humanité matérialisée en une petite flamme. Et il lui faudra bien des minutes pour se reprendre, levant la main quand il la sent l'approcher, l'interdisant finalement d'approcher ; plus pour elle que pour lui. C'en est assez de tout brisé, de tout voir s'envoler dès lors qu'il croit sa rédemption accordée. Idiot, il l'a été. Un fou parmi tant d'autres. Et les sens qui de nouveau s'entrechoquent, les sens qui lui font défaut. Elijah tangue, parvient jusqu'à la césure du séjour et de la cuisine dans laquelle il manque de s'affoler, prêt à rejoindre ce sol qu'il n'a toujours fait que rejoindre avec sévérité. « Pourquoi... ; une pause, la voix qui manque, qui s'entrecoupe au fur et à mesure qu'elle essaie de se faire entendre. Il a ce blocage qui l'empêche de poursuivre, celui qu'il essaie de braver sans encore pleinement oser la regarder. Pas encore, pas encore. Et pourtant. Pourquoi j'ai pas été au courant avant ? » Qu'il demande, cette habituelle inclinaison de la tête tandis qu'il lève l'azur froid, fatigué, fissuré de ses prunelles sur la silhouette qu'il a laissé là-bas, à quelques mètres de son dernier mouvement de bras.  Il doit entendre, se faire une idée. Il doit écouter, prétendre pouvoir l'accepter. Mais le palpitant n'en peut plus de s'emballer, de se défaire de toute cette bile qu'il parvient à faire remonter dans son malaise et son intensité. Les ténèbres ne sont finalement pas si enfoncées, pas si profondément ancrées. Et les larmes qui montent, l'incompréhension, ou plutôt la compréhension ; celle que de voir enfin tout ce qui l'a poussé au plus bas, tout ce qui l'aurait réduit à de tout autre pas. Car là, déjà, tout lui échappe. Tout lui échappe sans qu'il ne soit en mesure de contenir ce déversement d'émotions, chacune des plus inconnues qui soient. Ça n'est pas lui, ça n'est pas lui et pourtant. Pourtant, il ne parvient pas à réagir autrement. Autrement qu'en hurlant. « T'aurais dû me le dire, putain ! » Les mains qui tremblent, qui s'accrochent au comptoir comme pour maintenir sa place, maintenant l'Homme plutôt que l'animal. Et la douleur se fait plus dure encore parce que le responsable n'est déjà plus. Il en regretterait presque son geste, s'il pouvait revenir à ces heures sombres. L'épargner pour mieux le déchiqueter. « T'aurais dû me le dire... » La tête qui s’appose contre son avant-bras, la tonalité des mots un peu plus basse, un peu plus lasse. Le mélange de tout, la perdition d'un fou.           

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« Il parla beaucoup du passé, comme pour rattraper quelque-chose. Une idée de lui-même qu'il avait placé dans son amour pour Elle. Ce n'est qu'après cela qu'il comprit. Il savait, oui. Il savait que son esprit ne serait plus jamais libre de s'ébattre comme l'esprit de Dieu ; que tomber amoureux bouleverserait son destin, à jamais. » - Gatsby, le magnifique
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MessageSujet: Re: Sudden Throw   Mar 17 Juil - 0:03

Sudden Throw
Elijah&Jade

Thursday the 23rd of November 2017

Mon bébé... Vitrail de couleurs ternes sur la rétine. Voile glacial dans le blanc des yeux endeuillés. Figés. Paroi de souvenirs aussi clairs, aussi chauds et vifs que la brûlure ardente qu'ils laissent encore à son cœur rétrécie ; fruit de mois de secrets, de frustration et de douleur. Mon bébé... Enfanter. Enfanter l'être dans la peine. Enfanter la dépression même. Elle les revoit sortir le nouveau né inanimé. Les tripes du Diable autour de lui, le sang agglutiné, les viscères assassines qui, en elle, sont restées. Mon bébé... L'horreur se répète contre le regard effaré de Jade. Muette, la scène reprend là où sa mémoire a la fâcheuse habitude de l'abandonner. Là où les litres d'alcool la laissent. Le passé devant lequel elle est livrée et contre lequel elle attend le dos tourné. Lit d’hôpital froid aux draps blancs parsemé de rouge. Chambre prison réceptacle de ses ecchymoses. La carcasse sans vie, linceul blanc posé qu'on blottie pendant de misérables minutes dans le creux de ses bras endolories. Son bébé. Son bébé qu'on a tué au travers de son ventre à coup de savates, à coup de pieds, de genoux, de haine et de solutions pour un gang enterré. Des coups de lattes brutaux, frontaux qu'elle n'a su éviter. Les doigts pâles dans sa paume, translucides. Au travers l'aube, la lueur, le jour qu'ils ne verront plus jamais. Son bébé, centimètres de chaires froides contre sa peau brûlante de fièvre et de sanglots. Un duvet roux, ondulé, à peine perceptible. Fragile. Pas encore de cils mais les plus belles paupières au monde. Les plus belles. Éteintes. Et elle. Elle seule comme une chienne, seule à gerber, seule à crever. Le silence, le noir, le néant autour comme un chaos suave. Jade a perdu une partie d'elle même, un corps loin d'être étranger à ce moment là. « Pourquoi ? Pourquoi ? » Et il demande. Il ose. Lui, lui le planqué, le caché, le parasite qui, sans son entourage, serait déjà enfermé, sous terre, piétiné. Pourquoi ? C'est une réponse aisée dans cette bouche entachée d'ivresse, dans ces lèvres qui appartiennent au plus stéréotypé des nihilistes, véritable égoïste aux idéologies à suivre les yeux fermés. Lui. Lui le suffisant, lui le complaisant, la bête obscure qui persiste et signe à dénigrer la lumière raisonnée. Lui, l'être aveugle qui n'ouvre pas les paupières, enfermée derrière elles. Observateur de ses propres démons qui dansent et broient quiconque oserait le délivrer de ses chaînes. Pourquoi ? Elle balbutie. La question appuie de tout son poids contre son âme cicatrice, contre ce tumulte permanent qui l'épuise. Dans sa bouche, la gorge s'assèche malgré les larmes et devient une contrée infertile. Les mots de poussent pas, ne grandissent pas. Elle ne répond pas. Sa langue accroche son palais et ses joues du pathos qui l'accable. Elle est humiliée, écrasée, bafouée sur les ruines d'un couple en somme toute visiblement éphémère.

« Tu oses me d'mander pourquoi ? » Ils sont bien assez pathétiques comme ça et il faut qu'il en rajoute. Ils sont bien assez enragés par les multiples merdiers dans lesquels ils sont embourbés. Ils sont tout deux cette engeance de rejetés de la société, de fous, de faibles animaux qui se battent parmi les bouts de verre qu'ils viennent tout juste de casser. Imbéciles. La perte d'un gosse putain. Ça fout plus bas que terre et lui, maintenant qu'il le sait, il l'enfonce un peu plus dans la rudesse de la poussière. « Comment est ce qu'. Comment est-ce qu'j'peux dire un truc pareil ? Comm... » Elle a les mains qui réfutent la thèse des larmes qui apparaissent de façon violente. Jade se déchire en se relevant pour contempler ce dont est capable encore celui qui ne soutient pas, ne l'aime qu'à moitié. Le connard qui a juste peur d'être seul dans ses névroses et ses obsessions. Atolâtre proclamé. Poison. « Et quand ? Quand Elijah ? Tout est toujours si...si compliqué avec toi ! Tu voulais que j'dise ça quand ? Tu t'es jamais foutu à ma place ! T'as jamais cherché, t'as jamais demandé c'que ça avait fait d'me laisser avec un gang furax, un procureur et sa gosse morte, un enlèvement horri..putain ! Fallait pas t'priver d'ta foutue liberté et l'reste alors ? C'est quand l'putain d'bon moment avec toi ? Quand t'es en cavale mais qu'tu vis au grand jour dans un bar ? Quand tu m'laisse gérer ça et un procès au risque d'finir en taule toute seule avec les couilles au chaud ici gardés par une pute blonde et une fille ? Quand faut parcourir tout le pays pour trouver ta sa gueule de connard de merde ? Quand tu fais des contrats en m'laissant dans un motel pourrave ? Quand tu veux buter trois mecs à toi tout seul ? C'est quand l'bon moment pour dire ce genre de choses ? Le peu d'instants ou t'as un peu d'jugeote en tête et d'gentillesse au risque de tout péter entre nous ? » Le hurlement plaintif et rocailleux ricoche contre les murs d'un appartement témoin de la plus terrible des catharsis. « Tu crois qu'c'est toi qui a mal ici ? Mais t'as jamais rien vécu toi. Toi t'es toujours planqué à t'lamenter mais pour queudal. » Furie. Un courroux portée par les deux dernières années d’accumulation, Jade sent son palpitant partir en fumée. Son visage n'est désormais plus qu'une fresque de peine salée exultant par flots incessants de son regard grisé, liquéfié. « J'ai...j'ai.. » Souffert. J'ai souffert. J'ai voulu crever. J'ai pris un flingue et je me le suis collé contre la tempe alors c'est pour ça que j'ai finis par picoler. C'est ça qu'elle veut dire. Rien de plus ne sort. L'évidence transperce tellement par chaque parcelle des pores de sa peau qu'il est impossible à sa voix d'en évoquer un peu plus l'évidente existence. Les poumons plus oxygénées par la tragédie qui comprime ses voies respiratoires, Jade halète bruyamment pour capter un semblant d'air. Elle attrape ce qui passe. Le jette. Ça casse contre le parquet.
Made by Neon Demon

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Devil's got a cut Dollar sign snakes I'm all in the damned Godless fearless of the flood Or the blood of the coming spring something is shedding its scales Crying from the heat of the light You say God and I say Satan Open your mouth love Like a gutted church My goat horns are napalm trees And a crown of thorns is hard to swallow You should pray now Is it above or is it below ?
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quartier : west side, l'appartement au-dessus du Penitent ; possède une maison isolée aux abords de Chicago légalement grâce à sa fausse identité (David Castle), retapée entièrement par ses soins
physique : il a le dos lacéré, seul et unique cadeau de sa génitrice lorsqu'il était plus jeune. il a également quelques cicatrices de blessures par balle, dont l'une se trouve à sa clavicule suite aux tirs portés par les serbes lors des attentats de noël. mais aussi une cicatrice à la cuisse droite d'un coup de couteau. ses bras sont remplis de tatouages, sa main gauche porte encore fièrement la croix celtique, allégeance à l'irish mob faite à new-york, ainsi qu'un petit coeur sur l'intérieur du poignet, similaire à celui que Jade s'est fait en même temps

MessageSujet: Re: Sudden Throw   Mar 14 Aoû - 20:54



sudden throw
EXORDIUM.
« Tu oses me d'mander pourquoi ? » Bien-sûr qu'il ose, parce qu'il a l'esprit embrumé, les sens effacés. Il a le cœur lourd d'incompréhension et de réflexes égoïste incontrôlés. En ces mots résidaient une telle lueur qu'il aurait voulu le savoir, l'appréhender, s'en approcher autant qu'il lui soit donné d'essayer. Il entend, dans les complaintes de sa bien-aimée, le glas de ce qu'ils ne posséderont finalement jamais. Une vie digne d'une once de sérénité, quelque-chose de semblable à de la paix. Jamais il n'aurait cru que ses espoirs puissent ainsi se tenir, qu'au fond de son être résidait ne serait-ce que l'envie d'y croire. Parce que survivent secrètement les rêves fous d'une existence toute autre que celle choisie. Une existence dotée de clarté, de lumière ; proche des astres qu'on aime à contempler, proche de cette luminosité à laquelle on termine tous par céder. Il aurait voulu que le dénouement à cette révélation ne soit pas celui qui l'accable plus qu'il ne l'aurait supposé. C'est rongeant, douloureux. Ça vient se frayer un chemin jusqu'aux tréfonds de son âme pour n'y laisser qu'une simple et unique idée : il a failli à la perche que Dieu s'était risqué à lui donner. Ou n'est-ce pas là une punition, la preuve même que rien, ô grand jamais, ne lui sera désormais accordé ? Dans sa chute, Jade le suivra, condamnée pour l'amour qu'elle est venue lui porter ; elle qui ne portera désormais que le titre qu'ils partageront de « névrosés ». Un soupire vient terminer de franchir ses lèvres tremblantes, aussi humectées d'alcool qu'elles ne l'ont jusqu'à maintenant jamais été. L'azur de ses prunelles en vient à se voiler, horizon prometteur qui terni au fur et à mesure que s'avancent ces horribles lueurs. Il a la vision de quelques cheveux bouclés, quelques traits familiers. Il a la vision de cette femme aimée malgré tout cette réticence qu'il avait cherché à faire régner, ces sentiments nés d'une passion qui ne fait plus que les consumer. Il a ces visions d'un futur qui n'arrivera jamais, de ces cadeaux qui lui sont à jamais refusés. Et malgré tout ça, au loin de sa conscience, perdure la voix cristalline de celle dont les sanglots menacent, dont l'orage claque. Il entend la détresse, la véritable douleur quand la sienne ne possède pas d'élan, seulement des dires plus que des actes. Il n'a pas vécu la perte, l'apprend seulement sans avoir pu s'y attacher. Il a l'alcool qui vient le faire surjouer, qui l'empêche d'être celui qui devrait épauler, surmonter la peine pour lui permettre de s'accrocher. Stupide, égoïste. Ivre, ivre de ces deux adjectifs. « Tu crois qu'c'est toi qui a mal ici ? Mais t'as jamais rien vécu toi. Toi t'es toujours planqué à t'lamenter mais pour queudal. » Et peut-être aurait-il fallu qu'il n'entende pas. Peut-être aurait-il fallu que sa maigre étincelle d'humanité n'essaie pas de le raisonner. Parce qu'il parvient à écouter, à comprendre et à l'assimiler ; accusation vraie pour ce soir, rien que pour ce soir à la manière dont il vient inutilement broyer du noir.

Dans sa tête résonne quelques cris, quelques souvenirs lointains qu'il croyait à jamais enfouis. Ils remontent, s'imposent. Ils remontent, viennent se perdre jusqu'à sa présence à moitié effacée. Si elle savait, si elle savait tout ce qu'il a également dû traverser ; bien qu'à échelle inégale, soit. Il a encore les paupières closes, les pensées anciennes qui frappent contre les portes de sa démence qu'il freine. Mais rien, rien si ce n'est un fracas contre le parquet, le retour brutal à cette réalité des plus compliquées, des plus noires qu'il ait jusqu'alors eu à braver. C'est un sursaut qui l'élève, qui l'amène à retrouver sa hauteur jusqu'à Jade et les restes de son cœur, jusqu'à cette langue qui parle sans savoir. Sans savoir à quel point ces nombreux jours sans elle, sans ses nouvelles ont été noirs. Elle qui parle sans jamais vraiment comprendre, ou peut-être l'imagine-t-il, paranoïaque au possible. Il a la main qui vient se perdre à moitié contre sa gorge, contre cette trachée qu'il sentirait presque battre sous sa paume. Et le regard perçant, révélé. Le regard qui guette, qui semble déjà bien estompé. Il a l'air d'un fou, des démens qu'on imagine derrière les murs sales et effrités, coinçant la Belle contre l'un de ces derniers et son corps à peine animé. « Tu sais pas de quoi tu parles alors tu fermes ta gueule. » La pulpe de ses doigts manque d'appuyer, d'exercer cette pression qu'il essaie de canaliser. Il a la rage qui monte, la douleur qui le surmonte. Parce qu'elle imagine sa petite vie tranquille, Jessie à son bras, Erin l'appelant « papa » ; mais elle ignore le sang qui avait coloré ses doigts, le parquet froid. Elle ignore que sa vie ne tenait plus qu'à un fil, Elijah rongé et terni par cet exil. Elle ignore qu'il aurait pu mourir, car valait mieux cela que de ne plus entendre son rire. Elle ignore, tout comme il en ignore. Et c'est cette vérité qui vient se crier, dans sa tête tenter de s'installer. Il a la main qui commence à trembler, les lèvres si proches des siennes malgré les tensions qui se sont manifestés. Ils sont fatigués, éreintés ; si proche et pourtant si loin de ce qu'ils avaient été. « Tu sais pas de quoi tu parles... ; une pause, la raison qui semble essayer de l'aider, lui faisant prendre conscience du double sens des mots tout juste énoncés. En ce qui me concerne. Tu sais pas de quoi tu parles en ce qui me concerne. » Parce qu'elle n'a fait qu'interpréter ce qu'elle est parvenue à voir, ces images trompeuses d'une vérité approximative. Elle est loin de comprendre, il est loin de comprendre. Et pourtant, il faudrait qu'ils s'entendent. Finalement, il en vient à coller son front au sien, les vapeurs d'alcool venant caresser les échos immatériels de leurs baisers passés jusqu'à les raviver, en un maigre geste les ranimer. La main qui se perd contre sa clavicule, les maigres larmes qui viennent se mêler à ce qu'il vient déposer contre sa bouche encore fermée. « T'as raison... »           

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« Il parla beaucoup du passé, comme pour rattraper quelque-chose. Une idée de lui-même qu'il avait placé dans son amour pour Elle. Ce n'est qu'après cela qu'il comprit. Il savait, oui. Il savait que son esprit ne serait plus jamais libre de s'ébattre comme l'esprit de Dieu ; que tomber amoureux bouleverserait son destin, à jamais. » - Gatsby, le magnifique
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