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 three days grace

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MessageSujet: three days grace Sam 27 Jan - 23:19





three days grace
# joleen
# kurtis
Il bâille à s’en décrocher la mâchoire, sous le regard de Joleen qui patiente à ses côtés. Il fait défiler les clés, cherchant celle qui fermera le Crashdown. MadMax lui a confié un trousseau il y a un moment maintenant, mais chaque fois qu’il a la responsabilité de verrouiller les portes du club de striptease en son absence, il sent une effroyable pression sur ses épaules. Il fait six fois le tour du propriétaire, se demandant s’il n’a pas oublié un truc primordial. Kurt vérifie les que les détecteurs de fumée sont bien en état de marche, que les machines sont bien toutes éteintes et que toutes les issues sont bels et biens verrouillées, fenêtres comprises. Chaque fois c’est un sans faute, mais chaque fois le motard doute quand même de lui et a du mal à trouver le sommeil. Il vérifie que son téléphone n’est pas en vibreur et pousse le volume de la sonnerie au maximum au cas où Max l’appellerait pour lui passer un savon.
Ceci dit, ce soir, quelque chose lui dit qu’il parviendra à dormir. Kurtis pourrait bien s’endormir avant même que sa tête touche son oreiller. La semaine a été interminable. Se rajouter des shifts lui a permis d’éviter de trop penser à tout ce qui s’est passé avec Caleb, de se concentrer sur autre chose, mais il commence à avoir du mal à suivre la cadence qu’il s’est lui-même imposé.
« Je crois que c’est celle-ci » lui souffle Joleen qu’il n’a même pas vu se rapprocher. Kurt sursaute et la danseuse se recule d’un pas, sur la défensive.
« Hein ? »
« La clé. C’est celle-ci. »
« Ah… Oui. J'sais » se renfrogne le motard en tenant fermement la clé désignée par la jeune femme pour l’insérer dans la serrure du rideau métallique. Cela fait, les deux tours effectués, il test plusieurs fois le mécanisme et secoue le rideau pour vérifier qu’il a bien fermé.  
« C’est bon ou tu veux tenter d’escalader la façade pour voir si c’est une forteresse vraiment imprenable ? Non parce que j’ai toute la nuit devant moi, ça me gêne pas du tout. »
Kurtis se tourne vers Joleen et la dévisage sans un mot. Ca l’agace quand elle se moque de lui comme ça. Quand quiconque se moque de lui… Mais particulièrement elle. Elle soutient son regard sans ciller et, après quelques longues secondes, c’est lui qui capitule. Parce qu’elle a raison et qu’il a perdu suffisamment de temps comme ça. Tout le monde est parti depuis un moment et ils ne restent qu’eux. La pauvre doit regretter amèrement de ne pas avoir accepté la proposition de Judith de la ramener chez elle. D’ailleurs, il ne comprend pas très bien pourquoi elle a préféré repartir avec lui… Sa voiture n’a pas de chauffage, il est d’une effroyable compagnie et les rares fois où il l’ouvre, il trouve le moyen de la vexer.  

Sans un mot, il se détourne et enfonce ses mains dans ses poches, prenant la direction de sa voiture, garée un peu plus loin sur le parking adjacent. Il entend le pas de Joleen dans son dos, léger. Kurt se dit qu’il devrait lancer la conversation, mais sa cervelle est complètement ramollie. Il est crevé, continue de stresser pour le Crash et, pour être honnête, la présence de la stripteaseuse l’intimide un peu. C’est de plus en plus évident ces dernières semaines.
Tout ça c’est la faute de Judith ! Cette garce lui a fait ouvrir les yeux sur certaines choses et maintenant, il ne peut plus se mentir à lui-même : il aime bien Joleen. Et en même temps, qui pourrait le blâmer pour ça ? Elle est chouette. Vraiment. Jolie, fun (pas vraiment en sa présence, mais il l’écoute parfois parler aux autres et apprécie son humour), talentueuse, intelligente et tout le tintouin. Il aime bien son sourire. Non, il fait plus que bien l’aimer… Il le guette, l’attend impatiemment, retient son souffle quand il sent qu’il va raisonner et doit se contenir pour ne pas sourire lorsqu’il l’entend enfin éclater.
Il va ouvrir la portière côté passager et Joleen lui adresse un sourire fatigué auquel il ne répond pas. Il aimerait bien mais il a peur d’avoir l’air d’un gland. Il a u sourire de con, il le sait et il ne veut pas qu’ELLE le sache. Le coursier attend qu’elle se soit installée pour refermer doucement la portière et contourner son véhicule, le seul sur le parking à cette heure matinale, et va gratter son pare-brise avant de prendre place derrière le volant.
« Toujours pas de chauffage ? »
« Non. »
« James devait pas régler ça ? »
« J’lui ai pas d’mandé. »
« Pourquoi ? »
« Il a pas qu’ça à foutre. P’is y a qu’vous qu’ça dérange. J’ai pas b’soin. »
Il regrette la manière abrupte dont il vient de lui répondre aussitôt mais ne sait pas trop comment rattraper cet énième faux pas. Alors il ne dit rien et à la place, met le contact et démarre la voiture.    

Le début du trajet se fait dans un silence de mort et une ambiance de plomb. Kurtis voudrait réfléchir à une manière de briser la glace, conscient que le souci vient de lui, mais rien ne lui vient. Il est incapable de réfléchir. Il a mal au crane et l’impression que ses yeux vont lui sortir des orbites. Le sang bat juste derrière et ils le font souffrir. Le grand brun pousse soupir sur soupir alors qu’il les frotte en espérant atténuer cette impression de lourdeur désagréable. Finalement, il décide de mettre un peu de musique. Il lance la radio mais tout ce qu’il entend l’agace.
« File-moi un CD. »
« Le mot magique. »
« Hein ? »
« T’as oublié le mot magique. Celui qui te ferait passer pour un type un rien civilisé… »
« Désolé. J’suis HS » soupire Kurt qui sait pourtant que ça n’est pas une excuse valable. « S’il te plait, tu peux me filer un disque ? »
« Mouais, je peux faire ça… » lui lance d’ailleurs Joleen en ouvrant la boite à gants pour y chercher un disque. « Tu veux lequel ? »
« Hm… C’ui-là. »
« Three Days Grace… C’est quel genre ? »
« Genre…qu’j’aime bien. »
Joleen lève les yeux au ciel, soupire à son tour puis insère le disque dans la fente de l’autoradio. Elle s’enfonce ensuite dans son siège, les bras croisés sur sa poitrine, le visage tourné vers sa fenêtre.
Kurtis lui jette quelques coups d’œil alors que la musique s’élève dans l’habitacle. Il monte le son et essaie de se concentrer sur la batterie. Il connaît toutes les chansons de l’album par cœur et leur tablature. Il a été obsédé par cet album quand il était plus jeune et apprécie encore aujourd’hui de l’écouter. Une part de lui aimerait qu’il pique l’intérêt de sa passagère… Mais elle a l’air plus absorbée par le décor que par ses choix musicaux.
« T’aimes bien ? » finit-il par se risquer à lui demander.
« C’est pas trop mon style. »
« Ah… »
« Mais ça se laisse écouter, t’inquiète » se rattrape-t-elle en lui faisant face à nouveau. « J’écoute juste des trucs plus…dansants. Et avec des paroles un rien moins déprimantes. »
« C’pas déprimant » s’offusque Kurtis qui aurait dû deviner que la conversation tournerait mal et se retenir de la lancer…
La jeune femme reprend la pochette de l’album en main et la retourne.
« It’s all over ? Pain ? Let it Die, Get out alive, Time of Dying, Gone Forever… C’est pas des titres qui annoncent des choses bien joyeuses. Mais c’est cool j’t’ai dis. C’est laquelle ta préférée ? »
« T’as qu’à éteindre. »
« Mais non ! Le prend pas comme ça. Allez, dis-moi laquelle tu préfères, je veux l’écouter. »
« J’ai plus envie » décrète le motard en coupant l’autoradio.
Dès que son doigt s’en est éloigné, celui de Joleen s’en approche pour le rallumer.
« Parfait alors je vais toutes les écouter et essayer de deviner ! »
« Non. »
Il coupe à nouveau. Elle rallume.
« Si ! »
« Non ! Ca sert à rien, j’ai plus envie d’écouter ! »
« Sois pas buté ! Laisse-moi écouter ! »
« Non ! »
« Kurtis enfin ! »
« Non ! »
Frustré, il fait descendre sa fenêtre d’une main et de l’autre, éjecte le disque de l’autoradio avant de le jeter rageusement par l’ouverture, sous le regard médusé de la danseuse.
« Voilà » lâche-t-il, sentant le sang affluer dans son visage et  le faire rougir.
Il se sent affreusement stupide. Mais maintenant qu’il a fait ça…il va falloir qu’il assume. Joleen reste silencieuse un moment, ses grands yeux chocolats braqué sur lui.
« T’es complètement barge… » lui lance-t-elle en secouant la tête avec réprobation.
« Ouais. »
« Non mais vraiment Kurt. Y a des professionnels qui paieraient pour t’avoir comme cas de thèse… »
Il ne répond rien. Ca l’agace. Tout ça l’agace prodigieusement. Et maintenant que le silence a repris ses droits, il se sent encore plus mal. Le bruit de sa propre respiration le rend fou.

Les minutes s’écoulent, avec une insupportable lenteur. Kurtis a l’impression que son cœur vient battre juste derrière ses paupières et c’est en train de le rendre fou. Il a l’impression que Joleen peut l’entendre elle aussi. Il baille à plusieurs reprises et se penche un peu vers la fenêtre ouverte, espérant que le vent qui s’engouffre dans l’habitacle permettra de le maintenir éveiller. Il est glacé et frissonne violemment mais ça l’aide à tenir le coup au moins.
Et évidemment…
« Tu peux refermer maintenant ? Peut-être que ton pelage d’ours mal léché te maintient au chaud mais… »
« Oui, OK, c’bon » soupire le motard qui a l’impression qu’elle fait tout pour le faire sortir de ses gonds ce soir et se demande à quoi elle joue au juste. Il fait remonter sa vitre et le silence retombe. Pesant. Au moins aussi pesant que ses paupières qui lui semblent peser une tonne et demi chacune maintenant. Maintenant qu’il n’y a plus de musique, que le vent ne fouette plus son visage, que Joleen n’a plus envie de lui faire la conversation (ce qu’il peut comprendre…) il ne lui reste plus qu’à ressasser tout ça et se laisser bercer par le ronronnement du moteur. L’éclairage des rues lui brule la rétine et ses yeux ont de plus en plus de mal à faire la mise au point… Sa vision se brouille de temps en temps et Kurt a l’impression qu’ils vont se mettre à larmoyer. Nouveau bâillement. Feu rouge. Il lutte pour garder les yeux ouverts, change de position sur son siège. Soupir. Il frotte ses yeux et se fait klaxonner. Merde, feu vert. Silence. Bâillement. Est-ce qu’il a bien vérifié la machine à café ? Il essaie de s’en souvenir mais rien à faire. Kurt se frotte les yeux, soupir et bâille. Il aurait dû laisser la musique.
Il ferme les yeux un peu plus longtemps que les fois précédentes. Relever ses paupières devient plus pénible, plus difficile. La lumière des réverbères le tue… Sa tête dodeline entre ses épaules. Il lutte, vainement.
La voix de Joleen s’élève mais il ne comprend pas un traitre mot de ce qu’elle dit. Il n’arrive pas à l’écouter. Kurtis n’arrive pas à reprendre le dessus. Il a perdu la bataille contre Morphée qui l’emporte dangereusement dans ses bras…

« KURTIS ! »  
   


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MessageSujet: Re: three days grace Dim 28 Jan - 17:27


three days grace
ft. kurtis & joleen.
C’est un fiasco total. Je m’en veux d’avoir refusé l’offre de Judith de me raccompagner chez moi pour accepter celle de Kurtis. Enfin non, il ne m’a rien proposé, c’est moi qui lui ait fait croire que je n’avais aucun autre moyen de rentrer, si ce n’est le bus et que j’avais peur de le prendre à cinq heures du matin un samedi soir…un dimanche matin du coup, plutôt. J’aurai dû savoir que c’était une mauvaise idée mais j’avais envie de me retrouver un peu seule avec lui, de tâter le terrain et de…j’en sais rien, amorcer quelque chose entre nous. Il a ce quelque chose qui m’intrigue et, j’ai eu confirmation par Judith, notre amie commune, que moi aussi je l’intrigue. Enfin ça n’a pas été le terme utilisé, elle a plutôt parlé d’un petit coup de cœur qu’il aurait pour moi et ça m’a sincèrement intrigué. Parce qu’on ne peut pas dire que ça saute franchement aux yeux… Il m’évite au maximum et se montre vexant et rustre les rares fois où il daigne m’adresse trois mots. D’un autre côté, il accepte toujours de me raccompagner chez moi, me ramène toujours un verre quand je sors de scène et s’arrange pour être en salle et non pas dehors chaque fois que vient mon tour de danser… Est-il maladroit à ce point ? C’est possible… C’est pour ça que j’ai voulu lui laisser une chance, lui offrir une opportunité de me parler. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne l’a pas saisie !
Je soupire, blasée par la tournure des évènements. Je m’attendais à autre chose. Je lui en veux d’être si irritable, si bourru et fermé, et je m’en veux d’avoir été assez stupide pour croire que nous pourrions nous entendre. Pourtant, les signaux précédents avaient été clairs… Je m’en veux aussi d’avoir écouté Judith du coup. Quelle idiote naïve j’ai été…
« Y a un truc qui me chiffonne quand même. Pourquoi t’as accepté de me ramener si… Kurt ? » je m’interromps en réalisant que ses paupières sont closes et que son menton touche pratiquement sa poitrine.
Il dort.
Mon sang ne fait qu’un tour et mes yeux s’écarquillent d’effroi alors que je vois sa main glisser du volant pour retomber mollement sur sa cuisse.
« KURTIS ! »
Il sursaute violemment et se redresse sur son siège. L’instant suivant, se raccrochant au volant avec panique, il pile brutalement alors que nous montions sur le trottoir, heureusement désert. Je suis projetée sans douceur en avant puis revient heurter mon siège alors que la voiture s’arrête nette. Mais je n’ai pas le temps de reprendre mon souffle. Dans la seconde qui suit, la voiture qui nous talonnait et n’a pas eu le temps de comprendre ce qui se tramait nous percute à l’arrière et je repars vers l’avant sous le choc de l’impact.
« Ca va ? T’as rien d’casser ? » s’enquiert Kurtis qui tend une main vers moi. Mais que je repousse violemment, mon cœur battant furieusement dans ma poitrine.
« Espèce de crétin ! Enfoiré ! T’as failli nous tuer ! »
« J’suis désolé, j’ai…j’étais… J’sais pas c’qui y a eu, j’étais… »
« T’étais en train de dormir, espèce d’idiot ! » je l’engueule en lui assénant quelques coups de poings dans l’épaule. « T’étais en train de DORMIR ! »
« J’suis désolé ! J’ pas fait exprès ! »

Je suis en train de lui taper dessus lorsque le conducteur de l’autre véhicule – que j’ai totalement oublié, je dois bien l’avouer – arrive à notre hauteur et cogne au carreau en commençant à insulter Kurtis. Ce dernier est visiblement partagé entre l’envie de s’occuper de moi et l’obligation de devoir gérer l’autre conducteur, furieux. Alors je finis par lui dire quoi faire, puisque visiblement, il n’est pas fichu de se décider.
« Bah reste pas planté là ! Va voir ! »
Il grogne, soupire et ouvre sa portière en évitant de taper dans le type qui gesticule et continue de beugler. Pour ma part, je prends une longue inspiration, main portée à mon cœur.
« Tu vas bien ma fille. Tout va bien… » je me répète avant de détacher ma ceinture et de rejoindre les deux hommes à l’extérieur, sur des jambes encore tremblantes. Je frictionne mes épaules. Il fait froid mais c’est la frayeur que je viens d’avoir qui me fait trembler. Le type est en train de crier sur Kurtis et en même temps, je le vois jeter des coups d’œil nerveux à la veste de cuir qu’il porte et affiche son appartenance à un gang local bien connu des habitants de Chicago…  
« Vous conduisiez n’importe comment ! Je vous suis depuis tout à l’heure ! »
« J’suis désolé. J’ai eu une longue journée et… »
« Mais c’est pas mon problème ça ! Mon pare-chocs est niqué ! »
« Vous avez une assurance ? »
« Oui, bien sûr ! Et vous ? »
« Ouais… »
« Vous êtes blessé ? » je l’interroge encore, venant me placer aux côtés de Kurtis qui semble complètement ailleurs, déboussolé.
« Non, j’crois que non… »
« Pas de raideur dans la nuque ? »
« Non… J’crois pas… »
« Bon alors ce que je vous propose c’est qu’on échange nos coordonnées, celle de nos assureurs et qu’on les laisse régler ça pour nous. Vous reprenez le cours de votre vie et… »
« Non ! J’veux qu’il passe un test d’alcoolémie. »
« Il n’a pas bu, il est juste fatigué. »
« Il a l’air complètement défoncé ! »
« J’ai passé la soirée avec lui Monsieur, je sais ce qu’il a consommé et je vous… »
« Non ! Je veux un test. Je vais prévenir les flics. En fait j’ai un peu mal à la nuque… »
« Ah ouais ? Et ta tronche, ça va ? »
« Ma tronche ? Pourq… »
Et avant que j’ai pu intervenir, je vois Kurtis fondre sur le type et l’attraper par le col de son manteau pour venir le plaquer sur le capot de sa voiture.
« Kurtis ! Arrête ça ! »
« Tu vas r’monter dans ta caisse et arrêter d’me casser les couilles ! Ta bagnole est à peine éraflée ! »
« Kurtis ! Lâche-le ! » je tente de m’en mêler, de les séparer, mais j’ai beau tirer à deux mains sur son bras, il ne bouge pas d’un pouce et ne cède pas de terrain. Son visage est méconnaissable, son regard chargé de colère.
« C'toi qui m'a rentré d'dans ! T'respectais pas les putains d'distances de sécurité, t'entends fils de pute ? »
« OK ! OK ! » cède le conducteur, levant les mains en l’air, visiblement paniqué.
Kurtis se penche pour lui chuchoter quelques menaces bien senties à l’oreille et, après l’avoir redressé, il le bouscule vers sa portière. Sans se faire prier, sous mon regard médusé, l’homme remonte dans sa voiture et je m’écarte juste à temps quand il redémarre en trombe et manque de me percuter.  

Encore sous le choc, je fixe Kurtis, incrédule. Lui continue d’observer la voiture qui s’éloigne puis disparaît au premier tournant. Je ne l’ai jamais vu dans un tel état. Pour être tout à fait honnête, ça me fait peur… Il me fait peur… Le cœur battant à tout rompre, je fait le tour de la voiture et vais ouvrir la portière de la voiture du videur pour y récupérer mon sac. Je la referme sèchement, lui jette un regard courroucé et, sans un mot, m’éloigne prestement en réajustant la lanière de mon sac, bien décidée à ne plus JAMAIS lui adresser la parole…
« Joleen ! » réagit-il enfin, m’emboitant le pas. « Joleen, attends ! »
Alors là : hors de question mon bonhomme !

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MessageSujet: Re: three days grace Sam 3 Fév - 16:56





three days grace
# joleen
# kurtis
Il ne sait pas vraiment ce qui lui a pris. Une seconde il était encore  moitié endormi, dans l’incompréhension la plus totale et à la suivante, une rage mêlée de frustration l’a envahi. Kurtis n’aurait jamais dû se jeter sur ce type comme il l’a fait, il le sait, mais ça a été plus fort que lui. Il se laisse marcher sur les pieds constamment, suis les ordres qu’on lui donne sans rechigner, s’écrase devant son patron ou ces connards de serbes…mais ce soir il a décidé de taper du poing sur la table et de donner de la voix. Enfin façon de parler parce que ce qu’il a fait, c’est plaquer le conducteur contre son propre capot pour lui faire comprendre que s’il ne filait pas droit, lui et ses frères le retrouverait, lui ferait la peau et ferait de même avec sa famille. Il ne sait pas d’où ça lui est venu. Ce n’est pas son genre. Mais ça s’est fait naturellement et maintenant qu’il redescend…eh bien il va devoir assumer son geste.
L’homme a pris ses jambes à son cou et a mis les voiles, mais il y a encore Joleen. Joleen qu’il a failli blesser il y a un instant et qui a assisté à toute la scène. La stripteaseuse aussi a choisi de prendre la fuite. Parce qu’il lui a fait peur ? Parce qu’elle est furieuse après lui ? Quelle que soit la réponse, Kurtis ne veut pas laisser les choses en l’état. Il ne veut pas la laisser rentrer seule, la laisser se monter la tête à son sujet et penser qu’il n’est décidément qu’une brute épaisse, un homme dangereux. Peut-être qu’il l’est, il a fait des choses dont il n’est pas fier, commis l’irréparable, mais… Le motard veut continuer de croire qu’il peut se racheter, qu’il n’est pas condamné.
Alors il lui emboite le pas sans prendre la peine de réfléchir. Elle ne ralentit même pas son allure, continue de lui présenter son dos et de s’éloigner.
« Joleen, attends ! Laisse-moi t’expliquer ! »
« Il n’y a rien à expliquer ! »
« Si, attends ! J’voulais pas t’faire peur, je… »
« Me faire peur ? Avec ton petit numéro ? »  
Cette fois elle s’immobilise. Si vite qu’il manque de lui rentrer dedans. Elle ne se laisse pas démonter et, son sac devant elle comme un genre de bouclier, elle le pousse en arrière des deux mains.
« Espèce de crétin ! Tu crois que tu me fais peur ? J’ai affaire à des types dans ton genre depuis ma plus tendre enfance ! Non, c’est faux ! Des types bien plus impressionnants que toi en fait ! J’ai grandi au milieu de gangs, ma mère est une addict et j’ai dû tenir tête à ses dealers des dizaines de fois alors tu ne m’impressionnes pas le moins du monde Kurtis ! »
Il déteste la manière dont elle fait sonner son prénom… Comme si c’était un genre d’insulte. Ca le blesse plus que le reste, que son ton, l’expression coléreuse et méprisante de son visage ou même les coups qu’elle continue de lui distribuer.
« Je n’ai pas peur de toi, je suis juste…juste complètement blasée ! Tu es un imbécile ! »
« Oui, c’bon, j’sais, arrête. »
« Non, j’arrête pas ! T’as voulu me rattraper et maintenant tu vas m’écouter ! »
Il soupire et écarte les bras en signe de reddition, près à affronter la tempête Joleen qui s’abat sur lui au milieu de la rue.
« Pourquoi tu as voulu me ramener ? »
« J’croyais que j’devais t’écouter… OK, OK » capitule le grand brun en la voyant préparer une nouvelle attaque de sac. « J’ai voulu te ramener parce que… Ben j’sais pas moi ! J’veux pas qu’tu rentres toute seule ! J’savais pas que t’étais ceinture noire du danger, si j’avais su j’t’aurai laissé prendre le bus ! »
« Te moque pas ! J’te défends de te moquer ! »
« OK, j’le ferai plus. Mais c’ toi qui m’demande tout l’temps d’te ram’ner avec Jude. »
« C’est toi qui m’a dit que Max voulait que tu me ramènes les soirs dès le début ! Et tu sais quoi, j’ai appris que c’était pas du tout une obligation ET que tu proposais pas ça à toutes les nanas ! Alors c’est quoi le deal Kurt ? »
« Y a pas de… »
« Mais bon sang ! Tu peux pas te prendre en mains pour une fois dans ta vie et me répondre honnêtement ! »
« Mais qu’est-ce tu veux que j’te dise ? »
« La vérité pour commencer ! Pourquoi tu veux toujours me ramener ? »
« Mais pour passer du temps avec toi ! C’tout ! »
« Pourquoi ? »
« Mais arrête avec tes questions ! J’ai l’impression d’êt' face à mes nièces reloues ! »
« Tu me traites de reloue ? »
« Ouais ! Qu’est-ce que ça peut t’foutre toute façon ? »
« Ca peut m’foutre que je t’aime bien Kurtis ! » s’agace la jeune femme.
Ca lui cloue le bec. Le motard reste planté devant elle sans trouver quoi répondre ou comment réagir. Face à lui, la jeune femme pousse un soupir et rajuste rageusement son sac à main sur son épaule avant de regarder à gauche et à droite. Il n’arrive pas à savoir si elle est mal à l’aise ou encore furieuse et cherche une échappatoire à cet échange. Mais puisque c’est elle qui l’a provoqué…

« J’m’excuse, OK ? »
« Pour quoi ? »
« Putain pourquoi toujours "Pourquoi" ? »
« Parce que ! Alors vas-y, dis-moi de quoi tu t’excuses. »
« Ben…de la raison que t’es énervée. »
« Mais j’suis même pas vraiment énervée Kurtis » soupire la jeune femme en passant ses mains devant son visage. « Qu’est-ce qui tourne pas rond chez toi ? Pourquoi tu fais ça ? »
« Quoi ? »
« Regarde dans quel état tu te mets ! »
« Parce que j'me suis énervé sur le type ? »
« Mais non, je ne parle pas de ça. Enfin c’est lié mais non, c’est pas ça. J’veux savoir pourquoi t’as l’air d’un zombie. C’est quoi le souci ? »
« Y a pas de souci. »
« Si tu continues de me prendre pour une imbécile Kurt, j’en reste là avec toi, c’est compris ? Si tu ne veux pas me parler, sincèrement, alors je m’en vais de ta vie. C’est ce que tu veux ? »
« …non… » marmonne-t-il, un peu gêné, passant sa main dans ses cheveux puis dans sa nuque où il s’attarde un peu, la massant nerveusement.
« Bon, alors parle-moi. »
« Mais d’quoi ! »
« De ce qui ne tourne pas rond ! T’as failli nous tuer tous les deux parce que t’arrives même pas à garder les yeux ouverts. T’as doublé tes shifts au Crash et tu bosses dans le business de cet autre gars du club là… Merde, c’est quoi son nom, aide moi ! »
« James. »
« Oui, James, voilà. Pourquoi tu t’imposes un truc pareil ? T’as besoin de fric ? »
« Non. »
« Tu peux le dire si c’est un problème de fric Kurt, je suis bien la dernière personne qui te jugerai pour ça, je… »
« Non, c’ pas ça j’te dis » s’agace Kurtis qui commence à triturer ses doigts et fait passer son poids d’un pied à l’autre, se donnant des airs de gosses pris en faute. Face à lui, Joleen reste impassible et guette sa réponse, les sourcils froncés et les bras croisés sur sa poitrine. « C’ juste…des histoires…de club. Tu peux pas savoir. »
« D’accord. Qui peut savoir alors ? Meg ? Judith ? »
« Non, elles font pas partie du club. »
« Qui alors ? »
« Mais comment ça ? »
« A qui tu peux parler de ces choses qui te tracasses au point que tu manques littéralement de te tuer à la tâche ? »
Il ouvre la bouche, cherchant un nom à lui donner. Mais aucun ne lui vient. A quelques reprises, il sent qu’il a la réponse sur le bout de la langue, mais ça ne vient pas. Cillian a pris ses distances avec lui ces derniers temps, James a suffisamment à gérer avec la disparition de son père biologique récente puis celle de Caleb et le reste. Pareil pour Max, Gabriel, Thomas, tous les autres en fait. Ils connaissaient tous leur Président depuis des années, l’aimait et le respectait… Lui vient seulement d’arriver et il ne peut décemment pas se permettre d’aller comparer ce qu’il ressent avec ce qu’ils peuvent ressentir. Ce serait complètement absurde.
Et puis la dernière fois qu’il a tenté de parler de ses doutes avec un membre du cub, il s’est fait casser la gueule, pratiquement à mort.
« Personne » finit-il donc par lui répondre.

Joleen prend une inspiration et s’approche, décroisant ses bras. L’espace d’une seconde, Kurt pense qu’elle va l’étreindre. Il retient son souffle, mais c’est finalement une bonne claque derrière la tête qu’il reçoit.
« Hey ! Pourquoi tu m’frappes ? »
« Parce que t’es un imbécile et un menteur ! J’essaie de te remettre les idées en place » décrète-t-elle en soutenant son regard sans ciller. « Tu dis n’importe quoi ! Arrête de te lamenter et ouvre un peu les yeux. T’es tellement HS que tu te rends compte de rien. Y a un tas de gens prêts à t’aider. Faut juste que t’acceptes de faire le premier pas vers eux. »
« T’en sais rien ! »
« Si je le sais ! Je vous vois j’te signale ! Je sais pas ce que vous traficoter exactement au club mais je vous vois toi et tes frères au Crash. Je vois comment ils te regardent et te traitent et mon vieux : c’est toi qui les tient à l’écart, pas l’inverse ! J’ai entendu Max t’ordonner de prendre des pauses et te rappeler de lever le pied. Judith fait pareil ! Et toi qu’est-ce que tu fais ? Rien ! Tu continues de jouer les victimes et de sortir ton horripilant : Je gèèère » lâche Joleen dans ce qu’elle estime être une imitation réussie de lui-même.
« J'sonne pas comme ça… »
« Si ! Et personne n’est dupe. Tu gères rien du tout. Tu te laisses porter par le courant sauf qu’en ce moment, c’est dans des rapides que tu navigues mon gars ! Alors arrête de déconner et accroche-toi à quelque chose avant de couler ! Oh et évite de m’entrainer dans ta chute, ce sera gentil. »
« J’voulais pas… C’était un accident. »
« Non, c’était pas un accident. Renverser un verre par terre, c’est un accident. Prendre le volant et proposer à quelqu’un de le ramener sain et sauf chez lui alors que t’as dormi six heures en un mois, c’est de la stupidité ! »
« ‘scuse… »
« Waw, Jude a raison, t’excelles pas dans l’Art de présenter des excuses… »
« Qu’est-ce tu veux que j’te dise ? J’suis désolé d’avoir fait ça, puis voilà… Maintenant j’suis bien réveillé alors s’tu veux j’te ramène. »
« Non. C’est moi qui vais conduire. »
« T’as pas l’permis. »
« Non, mais j’sais conduire. J’ai dû apprendre assez vite avec ma mère… »
« Si on s’fait choper c’est… »
« Je préfère ça plutôt qu’avoir un accident. C’est pas négociable. Soit tu me laisses partir seule, soit c’est moi qui conduis. Et j’te préviens que si tu me laisses rentrer seule, j’te parle plus jamais. »
« J’pas trop l’choix… »
« Ben ça dépend si tu veux continuer d’apprendre à me connaître ou pas » lui sourit malicieusement la danseuse en refermant ses deux mains sur les pans de son blouson de cuir. « Alors ? »
Kurtis fait mine de réfléchir une seconde à a proposition, mais sa décision est prise depuis que l’ultimatum a été posé. Parce qu’il est hors de question pour lui que Joleen sorte de sa vie…
« OK. »
« OK ! Et aucun commentaire sur ma façon de conduire ne sera toléré j’aime mieux te prévenir ! »
Elle relâche sa veste d’une seule main et de l’autre, l’entraine à sa suite jusqu’à la voiture qu’ils ont abandonnée, à moitié sur le trottoir. Elle lui ouvre la portière du côté passager et Kurtis, après avoir lourdement soupiré, s’installe. Il recule le siège au maximum et, pendant qu’elle fait le tour pour aller s’installer, observe le contenu de la boite à gants qui est restée ouverte. Il repense à son album, qu’il a bêtement jeté par la fenêtre.
« Crétin… »


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MessageSujet: Re: three days grace Lun 5 Fév - 19:21


three days grace
ft. kurtis & joleen.
« Dans quoi tu t’embarques, espèce de folle » je me sermonne en faisant le tour de la voiture pour rejoindre le côté conducteur. Comme si je n’avais pas suffisamment de choses à gérer comme ça… J’ai déjà chacun des membres de ma famille à gérer, guider, conseiller et je me rajoute un boulet ? Bon, j’y vais peut-être un peu fort. Mes frères et sœurs ne sont pas des boulets et je ne suis pas encore tout à fait fixée sur le compte de Kurtis. Ma mère est un boulet en revanche, ça oui, c’est certifié et prouvé ! Mais qu’en sera-t-il du vigile du Crashdown ? Est-ce qu’il va me mener la vie dure ? Est-ce qu’il va m’attirer vers le fond ? C’est une possibilité. Si je vois que l’aider me demande trop d’énergie inutilement, alors je laisserai tomber.
C’est sur cette pensée que j’ouvre la portière et me glisse derrière le volant. Je règle le siège et les rétro, très peu adaptés à ma stature, sous le regard de Kurt. Il surveille les gestes, prêt à intervenir, à mettre le doigt sur ce que je fais de mal ou inapproprié. Tu peux rêver mon bonhomme, je maitrise !
« Je ne passe pas le permis pour ne pas avoir à jouer les chauffeurs, pas parce que je en sais pas conduire. Je te l’ai dis, j’ai l’habitude » je lui lance en attachant ma ceinture, pendant qu’il fait de même, soupirant comme à son habitude. Une habitude agaçante… Mais je me garde de faire le moindre commentaire pour le moment. « Et puis il y a les frais. L’essence, l’assurance, le parking, l’entretien… »
Il acquiesce et se met à l’aise sur son siège. Je ne lui laisse pas cinq minutes pour s’endormir. Et le fait est que je ne me trompe pas de beaucoup puisqu’il sombre au bout de trois petites minutes seulement.

Une douzaine de minutes plus tard, j’immobilise le véhicule du vigile devant chez moi. Heureusement pour moi (et Kurtis), sa voiture récemment acquise est une épave. Sans  quoi, d’ici à ce que el soleil se lève, elle aurait pu être désossée enmoins de temps qu’il n’en faut pour prononcer le mot.
Etouffant un bâillement, je me tourne vers mon chauffeur devenu passager et le secoue doucement. En vain. Je dois m’y reprendre à deux fois pour parvenir à le ramener dans le monde des vivants. Ce qui me conforte dans l’idée qui m’est venue pendant le trajet.
« On est arrivé. »  
Il fronce les sourcils, visiblement confus, et observe le décor qu’il ne semble pas reconnaître.  
« On est chez moi. Tu vas descendre. »
« Hein ? »
« Tu restes dormir chez moi ce soir. »
« Non, j’peux pas, j’dois… »
« C’est pas négociable. Je ne te laisse pas reprendre le volant dans cet état. Donc, à moins que tu ne veuilles dormir dans ta voiture et risquer l’hypothermie et la mort : je t’invite à me suivre chez moi. »
Il regarde à nouveau par la fenêtre et je peux voir les rouages de son cerveau se mettre en branle.  Leeentement… Il pèse le pour et le contre et, après un moment, baille, frotte ses yeux et hoche doucement la tête. Il accepte.
Je sors la première de la voiture et il m’imite, avec des gestes lents, mécaniques. J’attrape son bras, prétextant avoir peur de glisser sur une des plaques de verglas. La vérité, c’est que je pense qu’il fonctionne au radar…un radar fatigué qui aurait bien besoin d’une petite mise à jour. Ou d’une bonne nuit de sommeil.

Je le guide à l’intérieur, lui intime l’ordre de ne pas faire de bruit et le pousse à l’intérieur de ma chambre, plongée dans l’obscurité. Ma sœur partage ma chambre et, si nous la réveillons, elle va faire un scandale, c’est certain. Je n’ai pas besoin de ça. Kurt non plus. M’éclairant à l’aide de l’écran de mon téléphone, je l’incite à s’installer sur mon lit. Il se débarrasse de ses chaussures et je fais de même, avant de laisser tomber mon blouson que je dépose sur le dossier de ma chaise de bureau. Je me débarrasse de mon jean et reste en chaussette, pull et sous vêtement. Entre temps, Kurtis n’a plus bougé.
Je souris, amusée et pousse sur ses épaules pour le faire basculer sur le matelas, m’y laissant tomber avec lui. Il ne proteste pas mais attrape une de mes mains et la garde dans la sienne. De ma main libre, j’attrape ma couette jusque là fourrée en boule au bout du lit et nous couvre avec.
« Ca va ? T’as pas froid ? »
Il me répond par un grognement alors que ses doigts caressent le dos de ma main. J’appuie ma tête contre son torse, sentant l’odeur du cuir de son blouson. Une odeur que j’apprécie… J’entends les battements de son cœur, réguliers sous son torse qui se soulève de moins en moins rapidement. Sa respiration change alors qu’il s’endort, aussi rapidement que dans la voiture, épuisé. Je ne tarde pas trop non plus…

***

Quand j’ouvre les yeux, encore abrutie de sommeil, je réalise que Jameela me fixe. La bouche pâteuse, la tête lourde, je pousse un soupir et commence à m’étirer…avant de réaliser que je ne suis pas seule dans mon lit. Il me faut quelques secondes pour faire remonter les souvenirs de ma nuit et identifier Kurtis qui ronfle doucement.
« Alors là… Si maman voit qu’t’as ramené un blanc… T’es morte ma fille. »
Je me redresse, essuie le filet de bave qui menaçait de venir décorer le blouson de cuir du motard sur lequel je me suis assoupie et fusille ma sœur du regard. Je lui jetterai bien quelque chose au visage, mais je n’ai rien sous la main, et pas encore assez de force pour faire mouche. N’empêche qu’elle a raison. Mais la menace ne vient pas vraiment de notre génitrice. Plutôt de mon frère… Et pas UNIQUEMENT parce que Kurtis est blanc, mais plutôt parce qu’il porte un blouson à l’effigie d’un gang rival au sien.      
Je soupire, déjà agacée, et décide d’aller préparer le terrain avec Leslie. Enfin s’il est là. Ces derniers temps, je ne sais jamais ce qu’il fait de ses journées puisqu’il estime n’avoir aucun compte à me rendre. Ingratitude bonjour ! J’entraine Jameela à ma suite alors qu’elle semblait bien partie pour mater le vigile dormir pendant un moment. Elle proteste doucement mais cède et se laisse guider hors de notre chambre commune.
« Pas un mot, OK ? »
« C’est qui ? » me demande-t-elle en prenant un air buté horripilant au possible.
« Un collègue. Celui qui me ramène souvent. Il s’est senti mal et j’ai préféré le faire dormir ici. »
« C’est ton mec ? »
« Pas du tout ! Pourquoi tu dis ça ? »
« Parce que t’avais cet air débile en dormant sur lui… D’ailleurs, pour info : on dort pas sur son collègue. On lui file le sofa. »
« …Bien vu. Bon mais pas un mot à Leslie, OK ? J’veux pas d’embrouilles le jour de Noël. »
« Alors tu ferais mieux de dégager le Prince Charmant avant qu’il rentre. »
« Il a découché ? »
« Ouais, j’crois. Tu nous fais des pancakes ? J’ai envie de pancakes… »
« Espèce de maitre chanteur… »
Jameela m’adresse son sourire le plus agaçant et s’éloigne déjà, en me faisant savoir qu’elle veut des pépites de chocolat sur les siens. De chocolat BLANC. La garce…
Je tique et retourne dans la chambre, m’assurer que Kurtis dort toujours. C’est le cas. J’hésite à le réveiller mais n’en ait finalement pas le cœur. A la place, je vais fouiner dans mes placards pour trouver de quoi m’habiller. Je me change dans la pièce, sans me soucier que Kurt puisse me surprendre. Je ne suis pas pudique et il me voit m’éfeuiller sur scène deux à trois soirs par semaine donc…  

Ce n’est qu’une fois changée que je vais jeter un œil sur mon portable et constate que la matinée est déjà bien entamée. Pas un souci pour moi puisque je ne bosse pas aujourd’hui (ni demain puisque nous serons le 25 décembre) mais Kurtis, lui, est censé travailler…
« Merde. »
Dois-je le réveiller ? Il a clairement besoin de dormir. Si je le réveille, qu’il prend sa voiture et a un accident, je ne me le pardonnerai jamais. Mais s’il perd son job à cause de moi, il ne me le pardonnera pas et je pourrai le comprendre. Je ronge nerveusement ma lèvre inférieure en méditant sur ce cas de conscience. Et puis j’en viens à me dire que c’est pour un membre de son club qu’il est supposé bosser…peut-être qu’il se montrera compréhensif.
Alors, doucement, je me penche sur Kurtis et glisse mes doigts dans la poche de son blouson de cuir, là où je sais que se trouve son téléphone portable. Je m’en saisi, retiens mon souffle mais…non, Kurt n’a pas bougé d’un iota et dort toujours aussi profondément.
Satisfaite, je m’éclipse dans la salle de bain pour aller passer un coup de téléphone au dénommé James. J’ai bien fait de lui demander son nom hier, sans quoi j’aurai été bien emmerdée… Bref. Répondeur. Je laisse un message pour prévenir que Kurtis ne pourra pas bosser, croisant les doigts pour qu’il ne m’en veuille pas trop. Cela fait, je vais replacer son téléphone à sa place, délicatement, puis après réflexion, un sourire mutin aux lèvres, dépose un baiser sur la joue du motard. Il fronce le nez dans son sommeil, mais c’est tout. je pari que tu déteste ça !
Fière de moi, je rejoints le rez-de-chaussée où se trouvent les plus jeunes, occupés à s’abrutir devant une chaine de dessins animés.
« Rah pitié… Venez plutôt m’aider à préparer des pancakes ! »
Evidemment, ils refusent. Enfin non, le fait est qu’ils ne me calculent même pas, trop zombifiés qu’ils sont par l’écran. Je lève les yeux au ciel mais n’insiste pas et me rend dans la cuisine pour préparer ma pate à pancakes.

Je la laisse reposer et ai rejoints mes cadets devant les aventures du jeune Spiderman lorsque j’entends des pas dévaler l’escalier. Kurtis. Je ne l’avais pas oublié mais j’espérai qu’il dormirait plus longtemps et que je pourrai lui offrir un petit déjeuner au lit… Quelque chose me dit que ça ne lui arrive pas souvent d’être bichonné.
Il s’immobilise en bas de l’escalier, l’air paniqué, et observe ma fratrie puis moi, puis ma fratrie et moi de nouveau.
« Hello ! »
« T’as appelé James ? »
« Bonjour à toi aussi Kurtis. »
« Oui, hem…bonjour… Et euh… Salut… »
« J’te présente Cory, Jameela et Henry. Leslie est pas encore rentré. »
« OK. Hem… Du coup faut qu’j’y aille… On peut, hem, parler… »
J’arrête de faire semblant de ne pas comprendre et me relève pour l’inciter à me suivre dans la cuisine. Je me dirige directement vers la cafetière et lui sert un thermos pendant qu’il prend la parole dans mon dos.
« Désolé pour hier. »
Dans sa bouche ça sonne comme un seul mot. Dzolépouyèr.
« T’en fais pas. T’as presque pas ronflé. »
« Hein ? J’pas… »
« Détends-toi, je te taquine » je lui souris en venant lui coller le thermos dans les mains, alors qu’il n’a d’yeux que pour son téléphone portable sur lequel il se met à pianoter. « C’est brûlant, tu boiras doucement sur le chemin. Tu envoies des messages à ta copine pour lui expliquer où t’as passé la nuit ? »
« J’plus d’copine. C’ James. Pourquoi tu lui as dis que j’venais pas ? »
« Parce que tu dormais et que t’en avais besoin. Je continues de penser que t’aurais été mieux au lit… En plus tu vas manquer mes super pancakes… »
« Ah… »
« Tu veux que j’t’en garde ? » je lui demande en m’approchant, attrapant les pans de son blouson de cuir comme je l’ai fait il y a quelques heures, rapprochant mon corps du sien. Je le sens se raidir, mal à l’aise.
« J’sais pas…hem…s’tu veux… Ce sera froid, non ? »
Il n’y a que lui pour penser à un truc pareil alors que je suis CLAIREMENT en train de le chauffer justement. Je laisse échapper un rire et secoue la tête.
« T’es trop mignon Kurtis Hawkins. Allez file. Et si tu sens que tu fatigues, arrête-toi sur le bord de la route, OK ? »
Il acquiesce et lit un message qu’il vient de recevoir.
« J’dois vraiment y aller… »
« J’ai compris. C’est pas grave. Tu m’envoies un message dès que tu peux, OK ? Pour me dire que t’es bien arrivé, me remercier d’être une fille si hospitalière et géniale, comme tu l’sens ! »
« Ouais… OK… Oui. T’es tout ça. »
« Arrête, tu vas me faire rougir. File avant de vouloir rouler comme un dérater pour rattraper ton retard et te tuer bêtement. »
Kurt hoche la tête, piétine encore une seconde ou deux, hésitant visiblement sur la marche à suivre et, finalement s’éclipse. Je l’entends marmonner quelque chose à mes cadets qui, sitôt que la porte d’entrée s’est refermée, se précipite dans la cuisine pour obtenir plus d’information sur le grand truc blanc mystérieux qui a passé la nuit chez nous…



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