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 Flashback | Put everything on the table [18]

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MessageSujet: Flashback | Put everything on the table [18] Jeu 11 Mai - 18:39


   

     

   

This stoneheart might be getting a little warmer for you.

— Taylor & Maeve
Une incandescence, un léger crépitement, et j’inspire longuement, les yeux clos. Je ne les rouvre que pour admirer les volutes de fumées qui s’échappent au plafond, laissant derrière eux une forte odeur d’herbe. J’en ai besoin, ce soir d’avantage qu’un autre. Mes yeux se posent à nouveau sur le cliché devant moi et je sens la colère revenir insidieusement. Six ans déjà. Et Dieu sait que j’aimerais pouvoir revenir en arrière, à l’époque bénie où je ne savais rien. Ne jamais rien avoir su et continuer ma vie comme je l’avais choisie. Continuer d’être cette fille brillante, passionnée, pleine de promesses et avec un avenir tout tracé mais désiré. Cette fille me manque, constamment. La biologie encore plus. J’inspire une nouvelle bouffée empoisonnée. Bordel que j’étais douée! Et ce cliché. Putain de gâchis! Il est comme un flingue pointé sur ma tempe et une force invisible s’amuse à jouer avec la gâchette. La question n’est pas de savoir si elle va tirer ou non, elle le fera tôt ou tard, la question est de savoir quand. Un simple cliché radiographique de mon cœur, ruine de tout ce que j’avais bâti. Six ans déjà. Et pendant toutes ces années j’ai fermé les yeux, enterré ça dans un coin de ma tête, dans un coin de ma vie, refusant de connaître l’évolution de la maladie, l’état de mon cœur, l’hypothétique dégradation de celui-ci. Parce que c’était plus facile ainsi, pour moi en tout cas.
Mais je dois savoir. Pourquoi maintenant? Je ne saurais dire. Il n’y a pas eu de déclic particulier, pas d’évènement majeur dans ma vie ces derniers temps. Juste la sensation de ne plus être le capitaine de mon propre navire et savoir est la seule chose qui me donne l’impression de ne pas perdre totalement le contrôle. J’ai besoin de ça. Et je prends une nouvelle taffe. J’ai besoin de ça aussi.

Mais ce soir, c’est surtout d’Elle dont j’ai besoin. D’où la nécessité de fumer du courage. Certains boivent, moi c’est la weed, à chacun sa méthode. Je range soigneusement le cliché dans son enveloppe et la fourre dans mon sac à mains, un fourre tout essentiel à ma survie à l’intérieur duquel moi seule m’y retrouve. Une dernière pour la route et j’écrase ce qu’il reste de mon joint dans le cendrier avant de me diriger vers le réfrigérateur duquel j’extraie un pack de bières. Attrapant mon manteau je finis par quitter mon appartement puis mon immeuble pour les rues du quartier sud. Le froid m’enveloppe dès que je me retrouve à l’extérieur et je couvre ma tête de ma capuche pour affronter la pluie, histoire d’ajouter un peu de tristesse au tableau déjà bien pathétique que je forme. La nuit est déjà tombée en ce mois de mars et les rues sont quasiment désertes à cause du temps maussade. À chaque nouveau pas j’ai envie de faire demi tour et de retourner m’enfermer chez moi pour tout oublier. Mais je poursuis, m’encourageant intérieurement à ne pas me dégonfler. Je déteste cette version de moi-même! Je déteste être comme ça, dans le doute, si peu sûre de moi, la boule au ventre, tout ça ne me ressemble pas. Ce n’est pas ce que je suis. Je n’aime pas avoir besoin des autres, pas de cette façon. Je n’aime pas l’idée d’avoir besoin d’Elle maintenant pour  « ça ». Parce que ce n’est pas facile pour moi qu’elle sache aujourd’hui que je suis un cadavre ambulant, qu’il y a quelque part dans mon corps une étiquette avec une date de péremption. Qu’elle comprenne ce soir ce qu’elle n’a pas compris plus tôt seulement parce que j’ai besoin de ses services. Que si je ne lui ai jamais réellement donné mon cœur c’est parce qu’il est bousillé et qu’un jour, il me trahira.

Et c’est pourtant la chose la plus logique, la plus juste. Je lui dois bien ça, même si notre relation n’est plus, même si ce que nous partageons aujourd’hui est tout aussi important pour moi sinon plus. Parce qu’elle doit comprendre que c’est moi qui suis bousillée, dans tous les sens du terme, que je ne peux pas infliger ça à une autre personne. Comment le pourrai-je? Laisser un homme ou une femme m’aimer, et me perdre. Nous n’avons certes jamais été des âmes sœur mais c’était bien, le temps que ça a duré. Et réussir à rester amies, de vraies amies après notre histoire, c’est encore mieux. Et c’est de son amitié dont j’ai besoin ce soir. Mais ça ne rend pas la chose plus aisée pour moi.

C’est pourtant devant la porte de son appartement que je me trouve présentement, hésitante, levant à plusieurs reprises la main dans l’intention de frapper sans y parvenir. « C’est pas le moment de te la jouer mauviette idiote, c’est le moment de prouver que t’en as une plus grosse paire que la plupart des mecs! » Et sur ces paroles encourageantes, je frappe à plusieurs reprises, effaçant mes inquiétudes et me redonnant contenance juste avant que la porte ne s’ouvre. Taylor. Mes lèvres s’étirent en un sourire insouciant. « Hey! » Je lève le pack de bières à hauteur d’yeux. « Je sais que c’est pas dans mes habitudes de passer à l’improviste mais je me suis dit que ça poserait pas de problèmes. Tout le monde sait que vous, les internes en médecine, vous n’avez pas le temps pour une vie sociale! » Du moins j’espère que ce soir, elle n’en a pas! L’idée ne m’avait pas traversé l’esprit avant de me retrouver ici…
   MAY


     

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Dernière édition par Maeve Wheelan le Mar 6 Juin - 23:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Flashback | Put everything on the table [18] Mer 17 Mai - 18:05

►[FlashBack] Put everything on the table◄
Maeve & Taylor


Penchée sur mon bouquin de médecine, stabylo en main, je surligne les informations, les unes après les autres, la tête déjà comme un ballon. Tête appuyée dans la paume de ma main, j’ai l’impression que je verrais jamais le bout de toute cette merde. C’est pas que j’regrette d’avoir fait ces études, loin de là, mais il y a certains jours où tout me parait plus compliqué, plus difficile à ingurgiter. Faut voir tout ce qu’ils nous donnent à apprendre, à assimiler en si peu de temps. Et encore, j’ai la chance de ne pas avoir un sujet des plus compliquer à bucher. La pédiatrie n’est pas le sujet que je préfère mais au moins c’est cool et le stage est tout aussi top avec des titulaires à l’écoute et surtout pédagogue. Rien à voir avec mon expérience en gynécologie où j’ai clairement eu l’impression de 1) servir à rien, de 2) d’être une petite merde d’externe inculte qui a certainement dix longueurs de retard par rapport au programme.
Parfois c’est à se demander si ça n’est pas tout simplement un test, pour jauger notre état de nerfs.

- Laissez-moi mourir.

Je laisse tomber ma tête sur le livre, front contre la surface, lâchant un soupire désespérer. Si dégueuler des bouquins était possible, je crois que je serais déjà aux chiottes entrain de rendre tout ce que j’essaie d’ingurgiter depuis le début d’après-midi.
Mon portable à porter de main, je le saisis et envoie un message à Saoirse.

« Dis-moi que toi aussi tu es en état de décomposition avancée. J’ARRIVE PLUS A REFLECHIR, NI A APPRENDRE ! »

Et je laisse retomber mon téléphone un peu plus loin, reposant mon front sur mon livre. Si j’reste comme ça plus de deux minutes, je vais m’endormir comme une merde, c’est certains. J’hésite à tout lâcher, me foutre devant un jeu vidéo pour au moins trois heures histoire de m’aérer la tête mais non. Parce que ça ferait trois heures de perdu et que j’ai pas trois heures à perdre justement. J’suis une acharnée du boulot, j’suis pas du genre à lâcher le morceau mais j’admets que ce soir, ça me parait compliqué.
Je pousse un soupire et finit par me lever. Option B : La douche. Moment de détente pour se vider la tête même si j’suis pas certaine que ça me serve à grand-chose. Mais ça vaut le coup d’essayer.
Je finis par abdiquer et m’y glisser pour y rester cinq bonnes minutes – oui, bravo l’écologie Taylor. On t’applaudi. – avant d’en sortir, séchant mes cheveux, complètement à poil dans l’appartement. Je m’y balade sans complexe, sucette à la cerise entre les lèvres, j’suis encore chez moi je fais bien ce que je veux… Puis honnêtement, c’est pas comme si je recevais la visite de beaucoup de personne.

- Merde…. Je fais demi-tour à la seconde où j’entends quelqu’un frapper à la porte. OUAIS BON. J’arrive !

Je me précipite dans ma chambre, enfile culotte, pantalon, un vieux tee-shirt de placebo et un sweat qui est bien trois fois trop grand pour moi, l’énième volé à mon grand-frère. Pieds nus, je trottine jusqu’à ma porte, finissant d’enfiler mon pull mais surtout entrain de me demander qui vient frapper ici « si tard » ?
J’ouvre… Mon cœur tombe légèrement dans mon estomac. Toujours. Dès que Maeve débarque dans mon périmètre sans prévenir, à l’improviste – donc rarement – j’ai cette impression de vide brutal, que le sol se dérobe sous mes pieds.
C’est pas parce que nous ne sommes plus ensemble que je ne ressens plus un gramme de sentiments pour elle. Et honnêtement, j’en ai chiée pour réussir à digérer la rupture. Elle doit être la seule personne avec qui j’ai envisagée une relation sérieuse et stable, jusqu’à ce que tout parte en vrille sans que je ne comprenne quoi que ce soit. Et si aujourd’hui nous arrivons à nous voir en tant que très bonnes amies, dans une très bonne entente, c’est certainement grâce à Soairse. C’est ça d’avoir été liée intimement à quelqu’un, il y a toujours une trace de ce que vous avez vécu qui vous reste quelque part.

- Hey !
- Hey, salut.

Mon sourire répond au sien, encore surprise par cette visite surprise.
Agréablement surprise pour être honnête.

- Je sais que c’est pas dans mes habitudes de passer à l’improviste mais je me suis dit que ça poserait pas de problèmes. Tout le monde sait que vous, les internes en médecine, vous n’avez pas le temps pour une vie sociale!
- T’as toujours le mot pour me remonter le moral et pour me rappeler que je vais certainement finir vieille fille avec mes trois chats qui ne vit que pour son job. Un coup d’œil à ma tenue. Et t’as aussi tendance à débarquer quand je suis au summum de mon sex-appeal.

Un rire amusé m’échappe avant de glisser mon regard vers le pack de bière.

- Mais t’as des arguments de taille, donc j’te pardonne pour ce soir. Je lui cède la place, écartant un peu la porte. Viens, entre.

Je lui dépose un baiser sur la joue avant de la laisser entrer, fermant derrière elle.
Je n’peux pas nier d’être contente de la voir, comme à chaque fois et que plus le temps passe, plus Maeve atteint un sex-appeal à damner tout humain ayant posé les yeux sur elle.
Faut croire qu’un bourrage de crâne médicale me rendrait presque poète.

- Désolée, c’est le bordel. Avec les révisions et les stages c’est à peine si j’ai le temps de bouffer et de dormir.

Je ramasse à la voler quelques fringues échouées à droite et à gauche, tout en glissant une paire de basquets sous le meuble prévu à cet effet d’un geste du pied, avant de les jeter sur mon lit dans ma chambre. Je laisse Maeve s’installer, faire comme chez elle. C’est pas comme si elle ne connaissait pas l’appartement vu le nombre de fois où elle y est venue passé des après-midi, voir des nuits.
D’un geste, j’ouvre le pack de bière et lui en tend une avant de me servir, me doutant qu’il n’était pas là pour faire jolie, ni une excuse pour venir, avant de mettre le reste au frais.

- Tiens. Je m’approche pour lui tendre le décapsuleur après avoir ouvert ma bouteille. Alors, quoi de beau ? Tu veux manger un truc ?

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MessageSujet: Re: Flashback | Put everything on the table [18] Mer 17 Mai - 23:02


   

     

   

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— Taylor & Maeve
Le moment où la porte s’ouvre est celui où je ne peux plus reculer. J’ai eu toutes les occasions du monde pour faire marche arrière, mais maintenant, il n’y a plus de retour possible. Quand ses douces prunelles chocolats se posent sur moi, je sais néanmoins que ce ne sera pas facile de lui dire ce pour quoi je suis venue. Et si mon visage n’est que sourire et illumination, je sens mon estomac se tordre rien qu’à la pensée de ce qui va suivre. Parce que je crains ses réactions.

Je crains sa colère.
Pour lui avoir menti quand nous étions ensemble. Pour l’avoir laissée s’attacher et possiblement m’aimer en sachant qu’un jour je finirai par la repousser, exactement comme je l’ai fait. Pour mon égoïsme. Pour la façon dont j’ai choisi pour nous deux sans lui laisser aucune chance puisque laissée dans l’ignorance. Je ne veux pas que Taylor pense que c’est par manque de confiance que je n’ai jamais rien dit. Ce n’était que de l’auto préservation et il serait hypocrite de prétendre l’avoir fait pour elle, pour ne pas qu’elle souffre, ne pas risquer qu’elle me perde. Seule ma peur a dicté mes actes.
Je crains sa pitié.
Parce qu’il n’y a rien de pire pour moi que de voir une personne qui m’est chère me regarder ainsi. Voilà la plus solide raison à ma « fuite ». Je ne voulais pas qu’elle reste par pitié, qu’elle se sente obligée d’être avec moi à cause de ma maladie. Que son comportement change pour me préserver, qu’elle me materne parce que trop consciente, de par son métier, des risques encourus. Je ne voulais pas que notre relation se transforme en un rapport médecin/patient.
Je crains ses reproches.
Pour mon manque cruel de logique. Parce que c’est moi qui ai initié tout ça. Peut-être les choses seraient-elles différentes si Taylor était venue me trouver et avait lancé le jeu de la séduction. Mais c’est moi qui l’ai vu la première, qui l’ai observé un long moment avant de me décider à l’aborder. C’est moi qui ai fait le premier pas pour la séduire. Et j’aurais pu m’arrêter là, aurais dû, dans ma toute puissante logique de non attachement. Mais Taylor n’est pas qu’une jolie fille, elle a également le cerveau bien fait et je suis le genre de personne à craquer sur un cerveau. Et j’ai craqué. Elle me rappelait ce que j’aurais pu être mais pas de manière négative, ce qui était nouveau pour moi. Son sérieux dans ses études, sa façon d’être, de me regarder, son joli minois, ses prouesses entre mes cuisses…. Je l’ai laissé s’infiltrer au-delà des remparts que j’avais érigé et j’ai aimé m’abandonner avec elle dans cette relation. La seconde de mon existence.

Et puis j’ai eu peur, et j’ai été lâche. Taylor connaissait pourtant toutes les facettes de ma personnalité, loin derrière cette boule d’énergie toujours de bonne humeur que je laisse transparaître à la terre entière. Loin derrière l’insouciance et la légèreté. Loin derrière ma force de caractère. Elle a vu ce que peu connaissent de moi. L’insécurité, le manque de ma mère, ce spleen qui ne me quitte jamais réellement une fois que le rideau est tiré et que personne ne regarde. Oui, elle connaissait tout ça mais je n’ai jamais partagé ma maladie. Sauf ce soir.
Alors même si je souris et la joue cool, je remercie l’herbe que j’ai fumé plus tôt de garder à un niveau acceptable mon angoisse.

À sa remarque je jette un œil à sa tenue. Effectivement, je repasserai pour le sex appeal mais ça ne fait que confirmer l’hypothèse qu’elle n’attend personne ce soir. Ce qui veut dire qu’on ne sera pas déranger.

« Taylor, je t’ai vu malade, avec le nez rouge qui coule et les yeux gonflés, en train de cracher tes poumons. Je me remettrai de ton look pyjama party! » Et puis je sais ce qui se cache sous ce pull dix fois trop grand pour elle….même avec son regard fatigué, je la trouve sacrément jolie moi. Elle l’a toujours été, naturellement. Pas besoin de maquillage. Juste elle.

Souriant au baiser chaste qu’elle dépose sur ma joue je pénètre dans l’appartement dans lequel je me suis toujours sentie à l’aise. Secouant ma main dans l’air pour signifier que je me moque du désordre, je finis par retirer mon manteau humide de par le temps pluvieux et le dépose sur le dossier d’une chaise pour qu’il sèche. Je retire également mes bottines, rapetissant d’environ huit centimètres et tandis qu’elle range rapidement ce qui peut l’être je prends place sur le canapé, louchant sur le bouquin de médecine posé sur la table. Je ne relève les yeux du texte que lorsque la voix de la jolie brune se fait à nouveau entendre et dans un sourire attrape la bière, puis le décapsuleur. Je secoue la tête à la négative avant de répondre un « Nope merci, je vais me contenter de manger liquide pour le moment » avant de trinquer avec elle et de boire une première gorgée.

J’élude soigneusement son  ‘quoi de beau’ car il n’y a rien de beau à ma future confession. Pointant du doigt le livre que je feuilletais plus tôt, je centre la conversation sur elle. « La pédiatrie hein? C’est comment? Non parce que je ne suis pas particulièrement fan des enfants mais des enfants malades, ça me semble encore pire! » Me tournant dans sa direction je replie les jambes, mon coude sur le dossier du canapé. Je tire quelque peu sur ma tunique pour la faire redescendre à mi-cuisse, le collant opaque que je porte ne laissant de toute façon pas filtrer grand-chose de ma peau. « Je suppose que c’est mieux que ton expérience en gynécologie? Qui aurait pu prévoir qu’une lesbienne en aurait marre d’avoir autant de vagins à portée de mains haha! » Je laisse échapper un rire quand je repense à tout ce qu’elle m’a raconté sur le sujet.

Détendre l’atmosphère, tâter le terrain. Après tout si elle n’est pas d’humeur, trop fatiguée ou trop à bout, c’est une bonne excuse pour ne pas en rajouter une couche avec mon propre mélodrame pas vrai?  
   MAY


     

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MessageSujet: Re: Flashback | Put everything on the table [18] Sam 20 Mai - 21:02

Elle me rappelle avec une précision qui n’appartient qu’à elle, qu’elle m’a déjà vu dans un état bien pire que celui que je présente ce soir. Pas faux. J’me rappelle très bien de cette grippe/bronchite – un cocktail de la mort, c’est exacte – que j’me suis coltinée pendant plus d’une semaine, à devoir trainer mon corps au travers tout l’appartement pour essayer de suivre malgré tout mon cursus en médecine. A défaut de pas pouvoir suivre les cours, j’essayais de les rattraper chez moi, ma nature bosseuse m’empêchant clairement de pouvoir me coucher le soir si j’avais pas au moins essayer de réviser quelques trucs. Puis Maeve était là pour m’filer un coup de main, pour prendre soin de moi aussi. C’était une bonne époque, vraiment. Je n’ai pas regretté une seule seconde qu’elle soit venue m’aborder, jouer de ses charmes auxquels il m’a été difficile de ne pas répondre. J’suis pas une dragueuse de nature, déjà que j’ai du mal à être sociable avec mon entourage alors c’est certainement pas pour avoir un quelconque don pour draguer qui que ce soit. Je vais certainement pas me plaindre qu’une nana comme elle soit venu me séduire. Et au-delà de son physique et de son sourire, c’est ce côté fûté et terriblement intelligent qui m’a séduite. Parce que Maeve est bien loin d’être conne comme ses pieds, elle en a dans la caboche comme rarement j’ai vu.
Et en plus de ça, elle a du caractère et du répondant, que d’mande le peuple.

Rien, puisque ça n’a pas suffi à maintenir ce que nous avions construit hors de l’eau.

- Nope merci, je vais me contenter de manger liquide pour le moment
- Ca marche. Je viens m’installer à côté d’elle, en biais, épaule appuyée sur le dossier du canapé. Au sauvetage de ma vie sociale.

On trinque, je souris et bois une gorgée du liquide amer que je tiens entre mes mains. Je lui demande ce qu’elle me raconte de beau, ce qu’elle a à me raconter tout court mais elle élude ma question en pointant mon livre de médecine du doigts.

- La pédiatrie hein? C’est comment? Non parce que je ne suis pas particulièrement fan des enfants mais des enfants malades, ça me semble encore pire!

Maeve finit par se mettre dans la même position que moi, de biais, tout en tirant sur sa tunique qu’elle ramène à mi-cuisse.

- Je suppose que c’est mieux que ton expérience en gynécologie? Qui aurait pu prévoir qu’une lesbienne en aurait marre d’avoir autant de vagins à portée de mains haha!

J’éclate de nouveau de rire avant d’enchainer.

- Eh, c’était pas les vagins que j’avais plus envie d’avoir à portés de mains mais mes supposés « instructeurs ». Les chefs ont été une vraie plaies bordel. Je bois une nouvelle gorgée à même la bouteille. Encore une fois, c’est pas forcément les patients les plus relous. J’te jure qu’ils m’ont dégoûté de ce secteur tellement ils ont été cons.

Je claque ma langue contre mes lèvres, délaissant la sucette que j’avais entre les lèvres sur un morceau de papier, sur la table.

- En plus de ça, entre avoir un vagin « à porter de main » comme tu dis… j’appuie les guillemets avec mes doigts, dans ma piaule ou dans une salle d’auscultation avec des trucs chelous… crois moi que t’as vite fait de plus apprécier ça de la même façon.

J’passerais les détails de ce que j’ai pu voir en stage parce que même si le plus souvent c’était des trucs bateau du style frotti, saignements anormaux etc, certaines fois on a eu le bonheur d’assister à des cas qui m’en laisseront une trace à vie, je pense. Entre les nanas qui pensent que l’hygiène pendant les menstruations est en option et d’autres qui viennent dans un état même pas descriptible… bref. Stop aux images dégueulasses pour ce soir, j’ai pas envie de gerber.

J’ingurgite une nouvelle gorgée entre mes lèvres, braquant mes yeux vers Maeve qui n’en loupe pas une de tout ce que je lui raconte. J’aime ces moments-là avec elle, à discuter sans se brider, à partager. Ca fait un moment que ça n’était pas arriver avec elle.

- Bref, pour en revenir à la pédiatrie, figure toi que les gamins sont tellement moins chiants que les adultes… au moins t’as pas l’impression de te faire chier dessus par des regards méprisants. Et les gosses sont tellement plus reconnaissant putain ! Même les parents font pas trop chier tant que tu t’occupes bien de leur gosse. Rien à voir avec les urgences. Je hausse les épaules, sourire aux lèvres. Bref, c’est cool la Ped’. J’dis pas que je me spécialiserais là-dedans au risque d’avoir les tympans qui saignent mais c’est plus reposant que les autres stages que j’ai eu.

Avec mon hyperacousie, pas sûre que j’supporte vraiment les pleurs des gamins à longueur de journée, même si en réalité ils ne hurlent pas tant que ça non plus. On dit merci l’imaginaire collectif. Je sais que beaucoup se sont dit que j’étais passablement conne de faire médecine avec cette maladie mais j’ai les boules quies et des médecos qui m’aident à réduire les perceptions des bruits environnants.
Quand j’raconte ça en général, j’ai l’impression de sortir tout droit une BD, genre X-men.

- Bon et toi alors, tu vas te décider à me raconter un peu ta vie ou tu vas m’obliger à user de la manière forte pour te tirer les vers du nez ? T’as forcément plus intéressant à me raconter que mes déboires avec les gamins.

J’ancre mon regard dans le sien, bien décidé à ne pas lâcher le morceau. Elle me connait suffisamment pour savoir que tant qu’elle ne m’aura pas répondu, je ne la lâcherais pas. Une vraie relou. Sa vie m’intéresse, attise ma curiosité, j’aime savoir ce qu’elle fait, ce qu’elle a fait et ce qu’elle va faire. Comment ça s’passe de son côté, où elle en est et tout le reste.
Je me penche légèrement en avant comme pour appuyer mes propos de mise en garde mais surtout pour lui montrer que j’attends, que j’écoute.

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MessageSujet: Re: Flashback | Put everything on the table [18] Dim 21 Mai - 0:21

Put everything on the table
Taylor & Maeve
••••

Un sourire accroché à mes lèvres, je l’écoute avec une attention certaine me narrer ses mésaventures. J’aime l’écouter parler de son travail, j’ai toujours aimé ça. Les déboires de l’hôpital, comme une série télévisée mais en mieux, et dans laquelle je peux réellement m’envoyer en l’air avec l’héroïne et pas seulement fantasmer sur ses prouesses. Sirotant ma bière je ris avec elle, arque un sourcil concerné quand une information plus qu’une autre retient mon attention. C’est facile avec elle. Ça l’a toujours été. Nous n’avons jamais eu besoin de parler pour être proches. Toutes ces soirées ensembles, moi le nez plongé dans un bouquin ou les écouteurs dans les oreilles pour ne pas la gêner, elle en train de bûcher. Moi en train de l’interroger sur telle ou telle maladie en tentant de la piéger avec une question et elle me frappant avec le premier oreiller à portée de mains. Les soirées jeux vidéos où j’ai pris plus de « headshot » que tous les fans de jeux en ligne réunis. Non, le silence n’a jamais été un problème. Ne pas parler n’a jamais été un problème. Jusqu’à ce qu’il en devienne un. Jusqu’à ce que Taylor commence à s’intéresser à mon passé. Je ne parle pas de ma petite enfance ou de ma mère, je n’ai jamais eu de secrets sur cette partie de ma vie dont je suis assez fière. Je parle de ma petite vingtaine, de ce trou béant de ma vie chez tout le monde exceptée Saoirse. Pendant un temps j’ai éludé, brodé comme j’ai pu, et j’ai fini par mal réagir. L’agacement puis la colère. J’ai pris mes distances et ai tout fait pour que ça tourne mal. Je suis douée pour ça aussi, parmi tout un tas d’autres choses. Et comment reprocher à ma petite amie de vouloir tout connaître de moi?

Le pire dans tout ça est que j’ai été assez égoïste pour ne plus vouloir d’elle comme partenaire et encore plus égoïste de ne pas vouloir qu’elle disparaisse de ma vie. Parce que je sais que ça n’a pas forcément été facile pour elle de me voir constamment dans son périmètre après notre rupture. Mais elle est restée. Malgré tout ce que j’ai fait, elle n’a pas coupé les ponts, n’a pas fermé sa porte. C’est sans doute la raison de ma présence ici ce soir. Premièrement car elle a le droit de savoir, ensuite parce que je n’ai confiance qu’en elle et enfin parce que si elle est restée jusqu’ici, pourquoi partir maintenant?

Et c’est si bon de l’entendre rire, de l’entendre parler avec passion de son travail. Même si la partie « vagins » du discours me laisse perplexe. « Oh non s’il te plaît arrête, c’est vraiment glauque de t’entendre dire du mal aussi ouvertement des vagins. ‘Ne plus apprécier ça de la même façon’? Eurk, j’ai l’horrible impression que tu vas virer de bord et reprendre le droit chemin de l’hétérosexualité. Ce qui est vraiment  ‘creepy’ » Je fais mine d’être choquée et bois une longue gorgée de ma bière, lui redonnant toute mon attention. Mais même si j’envie sa vie à cent à l’heure à l’hôpital, elle ne parvient pas à me redonner foi en la toute puissance de la jeunesse. Enfin toute puissance, façon de parler, ces gosses sont malades, et souvent pas qu’un peu. Mais je n’y peux rien, je n’ai jamais eu un contact facile avec ces mini personnes. Peut-être qu’ils me rappellent trop l’enfance solitaire que j’ai eu, je n’en sais rien. Tout ce que je sais est que je suis beaucoup plus à l’aise avec les adultes. Mais j’acquiesce à ses propos, heureuse que ce stage se passe mieux que le précédent.

Ce que je n’avais pas prévu, en revanche, c’est que la conversation revienne si vite vers moi. Et quelque part je me sens piégée. Parce que je ne peux pas continuer à prendre des détours. Plus je laisse ça traîner, plus je laisse une bonne ambiance s’installer et plus il sera difficile de tout avouer. Mais je ne peux pas lâcher le morceau comme ça. Je plante mes yeux dans les siens et mon sourire se fane quelque peu. Le fait même que je n’attrape pas la perche qu’elle me tend dans sa dernière réplique est déjà révélateur en soi. « Ne me regarde pas comme ça! Tu sais que ça fonctionne un peu trop bien ». Un léger sourire et je replace une mèche de ses cheveux derrière son oreille alors qu’elle s’avance un peu. « Je suis vendeuse dans une boutique d’électronique et tu es interne en médecine, je n’ai définitivement rien de mieux à raconter que toi. J’aurais pu….avoir des tas de choses intéressantes à raconter sur mon travail je veux dire, mais je n’en ai pas. » Mon ton aussi se fane et comme pour me donner du courage je bois plusieurs longues gorgées de ma bière. La reposant sur la table basse je reprends place, plongeant à nouveau mes yeux dans les siens. « Tu te souviens quand tu me disais que je parlais beaucoup mais que je partageais peu de chose avec toi? » Je laisse un ange passer. « Tu avais raison Taylor. Il y a toute une partie de moi que tu ne connais pas. Que personne ne connaît. » Putain comment venir à bout de tout ça? Comment commencer? « Si je te disais que j’aurais pu être docteur moi aussi. Pas en médecine mais docteur quand même. Et je ne parle pas d’un rêve de gosse, je parle de quelque chose de concret. Du fait qu’après le lycée, après la mort de ma mère et avant que je te connaisse, j’ai été doctorante. En biologie moléculaire. Et j’étais douée, bon sang si tu m’avais vu, j’étais vraiment vraiment très douée. » Je sens mon estomac se nouer un peu plus et je ferme les yeux, inspirant profondément avant de les rouvrir. « J’en aurais eu des choses intéressantes à dire, mais je ne suis qu’une vendeuse. Une saloperie de vendeuse. »

Premier acte de ma confession. Premier pas vers la vérité. Je savais que ça ne serait pas facile, et je n’ai même pas attaqué le plus dur.

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MessageSujet: Re: Flashback | Put everything on the table [18] Sam 3 Juin - 12:48

Improbable que je devienne hétéro. J’aime bien trop les femmes pour ça. Je sais que ça reste un mystère pour bien des personnes et mon père en fait partie. Impossible de ne pas me souvenir de ce jour où je le lui ai avoué mon homosexualité et qu’il a commencé à monter sur ses grands chevaux en me disant que ce n’était qu’une lubie, pour faire comme ces petites connes qui voulaient être à la mode et qu’il n’y avait aucune raison pour que j’en sois certaine sans jamais avoir essayé, sans avoir connu ce que c’était partager son pieu avec une femme.
Puis je lui ai demandé s’il avait su qu’il était hétéro le jour où il a sauté sa première copine. Je me suis prise une gifle monumentale dans la gueule, je crois qu’on a mis une bonne semaine avant de s’adresser de nouveau la parole. Moi pour avoir été insolente. Lui pour s’excuser d’avoir réagis aussi connement alors qu’en réalité, de mon homosexualité, il s’en fout comme de l’an 40. Non, ce qui l’inquiétait c’était le regard des autres, que je me fasse cracher à la gueule à chaque coin de rue le jour où je tiendrais ma petite amie par la main, que je voudrais tout simplement l’embrasser comme toute personne amoureuse le ferait. Que j’en souffre toute ma vie.
Force est de constater que, même s’il y a encore d’énorme progrès à faire, les mentalités ont évoluées. Du temps où Maëve et moi sortions ensemble, nous n’avons jamais vraiment été emmerdé. Enfin, si nous ne comptons pas les petites réflexions aussi intelligente qu’une huitre que l’on prenait de temps en temps, sur le passage.

Bref, les femmes me conviennent et me conviendront toujours.

En attendant, je me concentre sur mon ex-petite amie qui n’a rien perdu de sa superbe, de sa beauté. Sa vivacité pétille au fond de son regard et je crois que c’est l’une des premières choses que j’ai aimé chez elle.
Oui, parce que je l’ai aimé. Et de la voir là face à moi me fait prendre conscience que je l’aimerai toujours un peu, qu’elle restera une personne à part pour moi, dans ma vie.
Bizarrement, elle ne tend pas la perche que je lui tends et ça m’étonne. Maeve n’en loupe JAMAIS une.

- Ne me regarde pas comme ça! Tu sais que ça fonctionne un peu trop bien

Elle replace quelques-uns de mes cheveux derrière mon oreille et mon cœur s’affole brusquement, sans que je n’en dise rien. Ses doigts ont légèrement effleurés ma joue et je prends conscience à quel point son contact m’a manqué et me manque encore. Un peu. Beaucoup peut-être.

- C’est bien pour ça que j’en use.

Murmure, sourire mutin aux lèvres, j’appuie mon regard.

- Je suis vendeuse dans une boutique d’électronique et tu es interne en médecine, je n’ai définitivement rien de mieux à raconter que toi. J’aurais pu….avoir des tas de choses intéressantes à raconter sur mon travail je veux dire, mais je n’en ai pas.

Et ça, c’est étonnant. Maeve est le genre de personne à toujours avoir une anecdote à vous raconter, une péripétie. Une chose banale peut, d’un coup, devenir palpitante.

- J’ai franchement du mal à te croire.

Je lui souris, malicieuse mais n’obtiens pas de réponse en retour. Quelque chose cloche sans que je ne comprenne réellement quoi. Je bois également quelques gorgées de bière alors que je l’observe, soucieuse. Quelque chose lui manque.

- Tu te souviens quand tu me disais que je parlais beaucoup mais que je partageais peu de chose avec toi?

Silence, j’attends. Le fait qu’elle me parle d’elle-même de notre relation, de ce que l’on « se reprochait », m’étonnes. Pas que je ne veuille pas en parler mais j’ai eu énormément de mal à digérer la rupture, j’ai mis un paquet de temps avant d’accepter ce que je ne voulais pas voir : Maeve n’avait plus l’once d’un sentiment amoureux et je devais faire avec.

- Tu avais raison Taylor. Il y a toute une partie de moi que tu ne connais pas. Que personne ne connaît.

Ma curiosité est piquée au vif. Mon intérêt également mais aussi, mon inquiétude. Quelque chose change dans l’atmosphère qui se fait bien plus lourd mais aussi dans le comportement de Maeve qui semble d’un coup, beaucoup moins à l’aise. Je n’articule pas un mot, certainement par peur de la couper dans son élan.

- Si je te disais que j’aurais pu être docteur moi aussi. Pas en médecine mais docteur quand même. Et je ne parle pas d’un rêve de gosse, je parle de quelque chose de concret. Du fait qu’après le lycée, après la mort de ma mère et avant que je te connaisse, j’ai été doctorante. En biologie moléculaire. Et j’étais douée, bon sang si tu m’avais vu, j’étais vraiment vraiment très douée.
- Quoi ?

L’espace d’une seconde, je croise à une blague qu’elle est entrain de me faire et je m’attends presque à ce qu’elle m’éclate de rire à la gueule. Puis elle ferme les yeux, inspire et termine :

- J’en aurais eu des choses intéressantes à dire, mais je ne suis qu’une vendeuse. Une saloperie de vendeuse.

Le ton et le léger tremblement dans sa voix suffit à lui seul de me convaincre que non, elle ne me raconte pas des cracks. Parce que Maeve ne me ment jamais. Tout du moins, je l’ai toujours cru jusqu’ici.
Et j’suis complètement larguée par la situation et parce qu’elle me lâche, comme ça, comme une bombe. La frustration et les regrets se sentent à dix mille kilomètres alors que je l’observe quelques secondes en silence.

- Pour commencer, t’es pas « qu’une saloperie » de vendeuse, compris ? Je lui redresse le visage en lui attrapant fermement le menton pour la forcer à me regarder. Y a pas de sous métier et t’es certainement la vendeuse la plus fûtée et douée que j’connaisse.

Première chose. Vendeuse en informatique, certes. Mais petit génie du clavier, des circuits et des réseaux. Je l’ai déjà vu à l’œuvre, c’est un putain d’art qu’elle manipule à la perfection.
Je continue de lui maintenir le visage avant de poursuivre.

- Quand j’disais que tu partageais pas grand-chose… J’étais loin de m’imaginer que tu me cachais carrément que tu étais un petit génie en devenir. Je finis par lâcher son menton. J’comprends pas… pourquoi tu m’as jamais dit ça ?

Sourcils froncés, je ne la lâche pas du regard, soucieuse, curieuse et … ouais frustrée. Frustrée de voir qu’elle me l’a caché, qu’elle ne me l’a pas dit. Au fond, j’suis pas si étonnée que ça. Maëve a déjà eu mille occasions de me montrer qu’elle était incroyablement futée, douée et intelligente. Je me souviens de nos conversations animées, de débat sur la médecine, la biologie ou tout autre chose. Elle ne stimulait pas uniquement mes sens et besoins physiques mais aussi mon intellect.

- C’est pas le genre de truc dont t’aurais eu honte, dont tu t’aurais caché de me raconter. Qu’est-ce qu’il s’est passé pour tu ne poursuives pas tes études et pour qu’en plus, tu n’m’en parles pas ?

On se disait tout… ou presque. C’est vrai qu’elle me parlait pas de grand-chose, qu’elle était plutôt du genre secrète mais c’est pas pour autant qu’elle me donnait l’impression d’être une étrangère.
Curiosité et contrariété mélangée, je patiente, observant toujours le visage de Maeve, attendant enfin une réponse.

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MessageSujet: Re: Flashback | Put everything on the table [18] Dim 4 Juin - 1:10

Put everything on the table
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Je la regarde, anxieuse, sentant mon estomac se nouer un peu plus.
C’est comme la montée d’un grand huit en première ligne du premier wagon. Le manège monte lentement et depuis le bas et même maintenant que vous êtes installés vous vous sentez confiants, à l’aise, vous faîtes même un peu le malin avec votre meilleure amie à côté de vous. Jusqu’au moment fatidique où vous vous retrouver au point culminant, cet instant où le manège, le temps d’une seconde, semble s’arrêter pour vous laisser le temps d’assimiler ce qui va suivre. Soudain, vos yeux se portent sur les rails devant vous, sauf que vous ne les voyez pas. La pente qui s’étend face à vous est tellement raide qu’il faut vous penchez en avant pour enfin les apercevoir. Une seule seconde pour regretter votre choix et ne souhaiter qu’une chose, descendre de ce foutu manège et pester contre votre orgueil. Mais c’est trop tard, il n’y a plus de retour possible. Vous êtes montés de votre plein gré et le seul moyen d’en descendre est cette chute vertigineuse.
C’est précisément ce que je ressens présentement. Il n’existe aucune autre image aussi marquante que celle-ci pour décrire mon sentiment. Une chute en avant, inéluctable.

Si, je ne suis qu’une saloperie de vendeuse. Si, Taylor, il y a des sous métiers. Ils existent quand on vise le ciel et que les ailes qu’on portait ont fondu plus cruellement que celles d’Icare. Mais comment pourrait-elle comprendre la destruction de mes rêves ? Comment, alors qu’elle ignore tout. Et ça me fend le cœur de lui avouer maintenant, de ne pas avoir eu le courage de le faire plus tôt, même avec toutes mes craintes la concernant. C’est tellement difficile et je n’ai fait qu’effleurer le véritable sujet. Sa main sous mon menton…et je ferme les yeux, refuse d’affronter ses deux prunelles mais elle est tenace et je cède, retenant à nouveau une larme. Le contact me rassure, m’électrise, et me fait douter un peu plus à la fois. Bordel, comment un être humain peut-il décemment ressentir autant de choses contradictoires à la fois et les gérer. Il ne peut pas. Je ne peux pas. Je ne gère rien, voilà la vérité brute.
Non, en effet, avoir été doctorante n’a jamais été une honte. Elle frappe juste. C’est même la seule chose dont j’ai été fière d’un point de vue strictement personnel ces six dernières années. C’est tout le reste dont j’ai honte. Ma maladie, la façon dont je foire tout intentionnellement dès que les choses deviennent trop intimes, mon égoïsme, la façon dont je l’ai traité. Je voudrais la serrer dans mes bras et enfouir mon visage dans son cou jusqu’au matin sans ne plus penser à rien. Prétendre que tout ceci n’est pas en train de se passer. Mais je ne peux pas.

« Tu ne comprends pas… » Je souffle en fuyant son regard. « Je n’ai pas choisi. Enfin si j’ai choisi d’abandonner mais seulement parce que ça n’avait plus de sens. » J’émets un grognement de frustration face au non-sens absolu de ce qui je viens de dire. Et plantant à nouveau mes yeux dans les siens je sais que je n’aurais pas la force de tout lui avouer. Pas comme ça. « Je ne peux te le dire si tu me regardes »

Un nouveau souffle et je me rapproche, jusqu’à ce que nos genoux se touchent. Doucement, je lève une main vers son visage et couvre délicatement ses douces prunelles de ma paume, déglutissant péniblement. Mille ébauches de scénarios ont été émis depuis ma boîte crânienne, et tous avec le même résultat : il n’existe aucune bonne façon pour le dire à voix haute. « Je suis malade Taylor. » Brutal, comme le couperet qui m’est tombé dessus il y a six ans. Et je m’en veux de lui faire ça, réellement. « Je ne parle pas d’un simple rhume ou d’une grippe. Je suis malade. Mon cœur est malade. Il y a six ans les médecins m’ont diagnostiqué une cardiomyopathie hypertrophique » Je laisse retomber ma main, celle qui lui obstruait la vue et quand elle repose les yeux sur moi une larme coule le long de ma joue. Une autre grande première, car elle ne m’a jamais vu pleuré avant ce soir.

Je pensais ressentir un léger soulagement après ma confession mais rien, seulement le doute, la culpabilité, et la peur. De sa colère, de son rejet.

« Je suis désolée T. » Je pince mes lèvres et ne réfrène pas une seconde larme qui rejoint la première. « Je suis désolée de ne t’avoir rien dit. Je suis désolée pour tout ce que j’ai fait. Désolée de t’avoir rejeté, désolé de t’avoir laissé m’aimer. » D’un revers de la main j’efface les traces de ma tristesse. « Mais j’ai besoin de toi. Je sais que c’est égoïste, que tu dois être furieuse mais j’ai besoin de toi Taylor. S’il te plaît. »




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MessageSujet: Re: Flashback | Put everything on the table [18] Dim 4 Juin - 10:11

- Tu ne comprends pas …

Non, justement. Je pige que dalle. Ce qu’elle est entrain de me raconter, d’essayer de me dire. Je sais pas si j’dois m’inquiéter ou pas, Maeve n’est pas le genre à faire dans le drama mais plutôt à cacher ce qui ne va pas donc la voir prendre autant de temps pour cracher le cerveau me fait monter la pression un peu plus à chaque seconde.

- Je n’ai pas choisi. Enfin si j’ai choisi d’abandonner mais seulement parce que ça n’avait plus de sens.

Putain, accouche Maëve. Sérieusement. Ce n’est même plus de la curiosité pure et dure mais simplement de l’impatience, de l’inquiétude et une alarme rouge qui vient de sonner au tréfond de mes pensées. J’ai sincèrement envie de lui dire d’accélérer la cadence, de cracher le morceau mais je sais aussi que ça va vite partir en live si je la presse. Je prends mon mal en patience, serre les dents et attends. Son regard croise de nouveau le mien.

- Je ne peux te le dire si tu me regardes

A ce point-là ?
J’ai l’impression d’assister à une mise en scène, à une caméra cachée lorsqu’elle s’approche de moi et qu’elle lève sa main vers mon visage pour me cacher les yeux en douceur.
A quoi elle joue putain !
Je me redresse, fronce les sourcils, m’attendant à un coup de traitre. L’espace d’une seconde, je m’attends presque à que ce Saoirse débarque d’un coup pour me faire une sale blague à la con, ce qui expliquerait bien des choses, la venue de Maëve à l’improviste, pack de bière à la main. Et si c’est le cas les meufs, croyez-moi, vous allez être bien reçu parce que s’il y a bien une chose dont je n’ai pas envie, c’est de rire…

- Je suis malade Taylor.

Mon ventre se crispe, mon cœur tombe à mes pieds.
Comme si vous étiez tranquillement entrain de faire votre vie et que vous veniez de frôler le danger, brutalement. Votre corps se crispe, votre cœur se contracte à en vous donnez l’impression que l’aorte se déchire. Votre sang se glace, votre température corporelle grimpe les échelons à la vitesse d’Usan Bolt sur un 100m.

-  Je ne parle pas d’un simple rhume ou d’une grippe. Je suis malade. Mon cœur est malade. Il y a six ans les médecins m’ont diagnostiqué une cardiomyopathie hypertrophique

Je suis à deux doigts de lui dégager la main pour qu’elle me fasse face mais Maeve le fait d’elle-même. Un couteau en plein cœur, un mur en pleine gueule. La violence de la nouvelle est d’une telle brutalité que j’ai l’impression que mon corps est compressé dans une pièce de 3 mètre carré, que je ne respirerais plus correctement désormais. Je n’ai même pas envie de remettre en doute sa parole, pas lorsque je vois cette larme qui roule le long de sa joue.
J’ai envie de gerber, envie de crier, aussi. J’le sens, au fin fond de mes tripes que c’est entrain d’exploser, point par point.
Et ce, pour de multiples raisons. Parce que je suis entrain de percuter des choses qui sont tout simplement entrain de fracturer ma forteresse.

- Pourquoi t’as rien dis putain.

Sont les seuls mots que j’suis capable de lâcher alors que je prends conscience que si sa maladie a été diagnostiqué il y a 6 ans, c’est qu’elle était parfaitement au courant lorsque nous étions ensemble. Que notre relation a durée deux ans et qu’elle ne m’en a jamais parlé, jamais évoqué cette maladie qui m’explose à la gueule.
Mon cerveau fait son job, celui que je lui impose depuis que j’ai commencé mes études de médecine. J’analyse, trie les informations. Cardiomyopathie hypertrophique. Ça se soigne, j’le sais. Y a des traitements à suivre, la possibilité d’avoir un PaceMaker, la chirurgie aussi… Mais si elle m’en parle là, comme ça, en pleurant… alors, elle en est où ?

- Je suis désolée T.

Je me lève brusquement, incapable de rester statique, assise face à elle. J’ai les nerfs en boule, la peur au ventre et la douleur est trop violente pour que je ne lui fasse face.

- Je suis désolée de ne t’avoir rien dit. Je suis désolée pour tout ce que j’ai fait. Désolée de t’avoir rejeté, désolé de t’avoir laissé m’aimer.

Chaque mot est une bombe. La vérité est que j’ai envie de gueuler, de chialer, de l’envoyer se faire foutre.
Parce qu’elle m’a ouvertement menti, qu’elle m’a cachée un truc pareil et qu’elle a choisi A MA PLACE la décision que j’aurai dû moi-même prendre. Parce que j’suis entrain de comprendre que si elle m’a plaquée c’était à cause de ça, parce que sa maladie doit être à un stade suffisamment avancée pour ne pas espérer voir la lueur du jour jusqu’à ses vieux jours.

- J’rêve putain.

Je tourne en rond, me glisse une main dans les cheveux.

-  Mais j’ai besoin de toi. Je sais que c’est égoïste, que tu dois être furieuse mais j’ai besoin de toi Taylor. S’il te plaît.
- Furieuse ? Tu t’fous d’ma gueule ? T’avais pas l’droit d’me faire ça merde !

La douleur est aussitôt vive au creux de mes tympans alors que je hausse le ton.
Putain d’hyperacousie à la con.

- On est restée deux ans ensemble. Pas deux mois, DEUX ANS ! Ça valait quoi pour toi, bordel !

Je pars dans tous les sens, mes idées sont désordonnées. Mes yeux me brûlent alors que des larmes commencent à dangereusement se montrer. Et cette fois, ça n’est pas que parce que j’me fous en rogne mais parce que je suis sincèrement blessée, que j’ai réellement mal aux tripes, au cœur, d’apprendre une nouvelle aussi conséquente et de constater que durant tout ce temps où je l’ai eu à mes côtés, elle était déjà malade, qu’elle le savait et qu’elle ne m’a jamais rien dit.

- C’est pour ça que tu m’as larguée du jour au lendemain ? Son regard parle pour elle. Putain Maëve ! C’était MA décision, c’était à moi de choisir si oui ou non j’voulais poursuivre, si j’voulais rester. T’avais pas le droit de faire ça, pas à ma place, pas après ce qu’on a vécu. Je t’aimais bordel de merde, j’en ai chier quand tu es partie, j’en ai chier pendant des mois et toi tu viens là me claquer dans la gueule que tu m’as quittée parce que tu ne me jugeais peut-être pas assez solide pour supporter ça ? Que tu savais pendant tout c’temps et que tu m’as jamais rien dit ?

Je m’emporte, mes idées vrillent de manière déstructurées, désordonnées et ça n’est pas QUE parce que j’ai la haine contre elle, que je me rends compte qu’on aurait pu vivre quelque chose d’encore plus beau que ce qu’on avait commencé mais bien parce qu’elle est malade. Parce que tout ça pu le danger à mille kilomètres et que l’idée même qu’elle puisse disparaitre de la surface de la planète me parait tout simplement insupportable.
J’vais être toubib, j’devrais me préparer à ça mais là, j’y arrive pas, c’est Maëve dont il s’agit, pas d’une patiente lambda. J’ai le cœur explosé, les larmes qui commencent à ruisseler le long de mes joues alors que je m’énerve, marche de long en large en agitant les bras. J’ai beau gueulé comme un putois, ça s’voit à ma gueule que je prends surtout conscience de tous les dangers, de tous les risques.

- C’est pas rien bordel, t’es malade. C’est pas comme si t’avais …. Merde.

J’suis incapable de continuer, une boule dans la gorge. Je me pince l’arrêt du nez, luttant comme un diable pour ne pas exploser en larme, yeux fermer, dents serrées.
C’est pas le moment de chialer, c’est vraiment pas le moment.

- T’es à quel stade ? T’as un traitement, subit une chirurgie ?

Dis-moi au moins que tu es entre de bonnes mains à défaut d’être entre les miennes.

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MessageSujet: Re: Flashback | Put everything on the table [18] Dim 4 Juin - 16:58

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Elle se lève et il ne reste que le vide et le froid.
Tout ce que je redoutais en venant ici est en train d’arriver. La colère, les reproches, et je suis la seule responsable. Chaque mot qui sort de sa bouche est comme un coup de poing en plein visage, un coup de couteau en plein cœur mais je l’ai cent fois mérité. Tout ce que Taylor dit est la stricte vérité et je suis la seule à blâmer. Je lui ai brisé le cœur en lui cachant la vérité et je lui brise le cœur en lui avouant tout trop tard. Quel genre de personne suis-je ? Une égoïste. Une lâche.
Je la regarde s’agiter devant moi en conservant le silence, la laissant déverser sur moi tout ce qu’elle ressent présentement. Je mériterais probablement plus que tout ce qu’elle pourra dire ou faire. Et j’accepterai tout. Une gifle, des insultes, une demande expresse de quitter les lieux. Ce n’est pas ce que je souhaite mais je l’accepterai. Les larmes qui roulent le long de ses joues me tuent à petit feu mais je ravale les miennes. Je n’ai pas le droit de jouer la carte de la corde sensible avec elle maintenant, même si je n’ai qu’une envie, m’effondrer et laisser s’évacuer tout ce que je contiens depuis bien trop longtemps.  
Je reste silencieuse. Rien de ce que je pourrais dire maintenant ne la fera se sentir mieux. J’ai tout faux, sur toute la ligne, et aucun mot ne pourra justifier mes agissements. Ni le secret, ni le mensonge, et encore moins la séparation. Mais il y a une chose sur laquelle je ne peux pas la laisser se méprendre. Mes sentiments à son égard.

« Tu as raison. Je n’avais pas le droit de te le cacher, je n’avais pas le droit de prendre cette décision pour nous deux. De te laisser dans l’incompréhension, dans le doute, te laisser croire que je ne t’aimais plus. Et je sais que rien de ce que je pourrais dire n’a de sens ni de logique, que j’ai tout gâché mais... » Je prends une grande inspiration et me redressant sur mes deux pieds, conservant néanmoins une distance de sécurité pour ne pas empiéter dans son espace vital. « Je t’aimais. Tu peux m’insulter ou me gifler, me traiter de tous les noms, de menteuse, mais je t’aimais. » Voilà ma vérité. Si elle savait à quel point…si elle pouvait ne pas en douter, mais comment le pourrait-elle, après ce que je lui ai fait, après ce que je viens de lui annoncer. « Je t’ai peut-être menti sur ma maladie, sur les raisons de mon départ mais je n’ai pas menti sur ce je ressentais pour toi. Je n’ai aimé que deux personnes dans ma vie mais tu es la seule avec qui j’ai envisagé un avenir. Et ces deux années, tu te trompes si tu penses qu’elles ne représentaient rien. Tu es la meilleure chose qui me soit arrivée à cette époque de ma vie. Et tant pis si tu n’y crois pas, j’y crois assez pour deux. » A nouveau je déglutis difficilement pour retenir une autre larme qui menace de couler. « Tu es tellement importante pour moi que je ne n’ai pas été fichu de te quitter proprement, il a fallu que je te garde dans ma vie, même en simple amie, égoïstement, encore une fois. » Mais c’est vrai. Je n’ai jamais supporté l’idée de la perdre complètement. Elle a toujours été et sera toujours importante à mes yeux.

Un long silence, et je sens son inquiétude poindre quand elle me demande si je suis un traitement. Fouillant dans mon sac, je sors l’enveloppe dans laquelle se trouve mon dernier électrocardiogramme, celui datant de six ans. Elle est pourtant la mieux placée pour savoir que je n’ai pas les moyens de me soigner et que je ne possède aucune assurance.

« Avec quel argent ? Tu sais comment le système fonctionne, tu travailles à l’hôpital Taylor. Je gagne 900 dollars par mois. Rien que les médicaments me coûteraient 400 dollars par mois, avec de la chance. J’ai un loyer à payer, des charges, je dois me nourrir. Si je me soigne je crèverai de faim. Et hors de question d’opter pour une assurance. Aucune d’entre elles ne m’acceptera dans mon état et quant à une assurance privée… un électrocardiogramme, 1200 dollars ! Juste pour un seul examen. Je n’ose même pas imaginer ce que ça me coûterait de me faire implanter un défibrillateur automatique implantable, en plus des coûts d’hospitalisation. Tu le sais aussi bien que moi, seuls les riches peuvent se soigner dans ce pays, et je ne fais pas partie de la haute société. »

Triste constat, mais pourtant véridique. Et les choses ne vont pas à mon avantage depuis l’élection de notre nouveau président. Si le système de santé était déjà merdique du temps d’Obama, on a commencé à creuser les fosses communes depuis Mr. Carotène.

Je finis par ma rapprocher à pas lents, prudemment, et sors le cliché radiographique de mon cœur avant de lui tendre.

« C’est le dernier examen que j’ai passé. Mon cœur à 22 ans. » Je la laisse examiner le cliché, celui sur lequel on peut admirer l’hypertrophie de mon ventricule gauche, tellement apparent que même un non initié remarquerait quelque chose d’anormal dans ce cliché. « Je n’ai encore jamais eu de douleurs thoraciques ou de réelles gênes mais j’ai besoin de connaître l’avancée de la maladie. J’ai mis de l’argent de côté pendant un moment pour une échocardiographie. Et... » J’hésite un long moment, ne sachant pas si j’ai le droit de lui demander ça maintenant, alors qu’elle n’a pas digéré l’information. « Tu es la seule en qui j’ai confiance pour le faire Taylor. »

*S’il te plaît, ne me rejette pas. Pas maintenant.*





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MessageSujet: Re: Flashback | Put everything on the table [18] Dim 4 Juin - 23:45

- Tu as raison. Je n’avais pas le droit de te le cacher, je n’avais pas le droit de prendre cette décision pour nous deux. De te laisser dans l’incompréhension, dans le doute, te laisser croire que je ne t’aimais plus. Et je sais que rien de ce que je pourrais dire n’a de sens ni de logique, que j’ai tout gâché mais...

Je me retiens de lui dire de se la fermer, de ne rien dire de plus parce que je crains ce qui va sortir de sa bouche et je n’suis pas certaine d’être prête à l’entendre. Pas dans l’état dans lequel je suis.
Elle se redresse à son tour, je tourne toujours en rond, comme une lionne en cage. J’ai le cœur qui va exploser sous toute cette pression que ma conscience emmagasine.

- Je t’aimais. Tu peux m’insulter ou me gifler, me traiter de tous les noms, de menteuse, mais je t’aimais.

Non, putain. Tais-toi. Tais-toi, je t’en prie.
Elle rend les choses plus difficiles, plus compliquer. Mais surtout, plus douloureuses.
Parce qu’elle remue tout ça, accentue la souffrance de comprendre que lorsqu’elle m’a larguée, elle m’aimait encore, qu’on aurait pu continuer toutes les deux comme on le faisait si bien. Qu’aujourd’hui, nous pourrions être actuellement entrain de vivre sous le même toit ou tout simplement, continuer à se voir l’une chez l’autre, vivre de bons moments, ne pas se prendre la tête.

- Je t’ai peut-être menti sur ma maladie, sur les raisons de mon départ mais je n’ai pas menti sur ce je ressentais pour toi. Je n’ai aimé que deux personnes dans ma vie mais tu es la seule avec qui j’ai envisagé un avenir. Et ces deux années, tu te trompes si tu penses qu’elles ne représentaient rien. Tu es la meilleure chose qui me soit arrivée à cette époque de ma vie. Et tant pis si tu n’y crois pas, j’y crois assez pour deux.

C’est une horreur. Clairement. J’ai la sensation que tout mon corps est sous un rouleau compresseur, que la douleur ne s’arrêtera jamais de tambouriner mes tempes, mon ventre, mon cœur.
Et je chiale, ouvertement. Sans sanglots, mais je chiale quand même. Parce que ses mots me touchent, remuent chez moi des émotions que je pensais avoir digéré, oublié. Que dal. Elles sont là, entrain de me lacérer le cerveau, mes perceptions. Putain mais combien de fois ais-je souhaité à ce qu’elle change d’avis, qu’elle revienne quelques jours après avoir rompu pour me dire exactement toutes ces choses-là ? Est-ce qu’elle a seulement conscience que je les ai attendu comme une pauvre conne dans le fin fond de cet appartement, à chialer, peignant un tableau tellement pathétique de ma vie ?
J’aurai pu supporter tout ça, sa maladie, j’aurai largement eu les épaules pour le faire, j’le sais. Alors de l’entendre dire ce genre de chose ne fait qu’aggraver mes ressentis.
C’est un putain de désastre.

- Tu es tellement importante pour moi que je ne n’ai pas été fichu de te quitter proprement, il a fallu que je te garde dans ma vie, même en simple amie, égoïstement, encore une fois.
- Arrête, s’il te plait. Cette décision, je l’ai prise avec toi parce que même si je t’en voulais à mort, je ne m’résignais pas à ne plus te voir.

Conne comme je suis. A être là, avec ma putain de fierté, jurant à Saoirse que non, si j’accepte de revoir Maeve c’est pas parce que je suis encore amoureuse d’elle mais parce que j’ai bien tourné la page, que j’suis capable de passer ce cap, de passer à autre chose.
De la pure hypocrisie, finalement. Un mensonge bien monté. Tellement que je me suis moi-même persuadée de cette non-vérité.
Ses mots repassent en boucle, me giflent, me retournent le cerveau dans tous les sens. J’ai du mal à me concentrer, à ne pas la regarder, à faire taire ce feu au creux de mes entrailles.
Alors j’en reviens au noyau de cette conversation. Son cœur malade. La nouvelle, encore une fois, m’écrase les épaules, me donne l’impression de manquer d’air et quand je lui demande si elle est sous traitement, la réponse me vient avant même qu’elle n’ouvre la bouche.
Bien sûr que non, elle n’en a pas, pauvre conne. Vu le prix de la médicamentation et des examens, comment pourrait-elle ne serait-ce que se payer un électrocardiogramme ?
Elle fouille dans son sac, je la regarde faire sans broncher, sans bouger.

- Avec quel argent ? Tu sais comment le système fonctionne, tu travailles à l’hôpital Taylor. Je gagne 900 dollars par mois. Rien que les médicaments me coûteraient 400 dollars par mois, avec de la chance. J’ai un loyer à payer, des charges, je dois me nourrir. Si je me soigne je crèverai de faim. Et hors de question d’opter pour une assurance. Aucune d’entre elles ne m’acceptera dans mon état et quant à une assurance privée… un électrocardiogramme, 1200 dollars ! Juste pour un seul examen. Je n’ose même pas imaginer ce que ça me coûterait de me faire implanter un défibrillateur automatique implantable, en plus des coûts d’hospitalisation. Tu le sais aussi bien que moi, seuls les riches peuvent se soigner dans ce pays, et je ne fais pas partie de la haute société.

Une simple vérité, une évidence.
Comment il pourrait en être autrement, vu la situation qu’elle vient parfaitement d’énoncée ?
Avant même que je n’ouvre la bouche pour lui répondre quoi que ce soit – si tant est que j’ai quelque chose à lui répondre devant des faits plus qu’évident -, Maeve s’approche et me tend une radiographie de son cœur. Je la prends en silence, serre les dents et observe le cliché.

- Nom de dieu.
- C’est le dernier examen que j’ai passé. Mon cœur à 22 ans.

Son hypertrophie serait visible même pour les débutants. Là, le ventricule gauche bien plus gros que la moyenne. Et si cette radio date de ses 22 ans… quelle doit être l’état de son cœur aujourd’hui ?

- Je n’ai encore jamais eu de douleurs thoraciques ou de réelles gênes mais j’ai besoin de connaître l’avancée de la maladie. J’ai mis de l’argent de côté pendant un moment pour une échocardiographie. Et...

Mon regard quitte la radio pour se porter sur Maeve qui hésite, attend avant de poursuivre.

- Tu es la seule en qui j’ai confiance pour le faire Taylor.

Mes doigts se resserre sur le cliché alors que je baisse les yeux de nouveau sur la matérialisation de cette vérité énoncée. L’entendre dire qu’elle est atteinte de cette maladie est une chose… de le voir sous mes yeux, en est une autre.
Mes larmes continuent de ruisselées sur mes joues que j’essuie rageusement, clignant des paupières pour réussir à observer le cliché correctement, en le mettant légèrement sous la lumière de l’appartement. Je ne réponds pas tout de suite, incapable avec ma gorge obstruée de rancune, de larme, d’inquiétude, d’émotions. J’observe, réfléchis, essaie de me reprendre tant bien que mal alors que je digère toutes ces informations. Ses aveux sur sa cardiomyopathie, sur ses propres sentiments alors qu’elle me quittait, sur ses choix, sur toutes ces choses dont j’ai pris conscience depuis le début de cette conversation.
Je laisse retomber mon bras, toujours silencieuse.
J’suis pas le genre à réfléchir 15 ans, spontanée comme je suis.

- Garde l’argent que t’as mis de côté pour te payer une partie du traitement. J’connais un gars qui pourra me laisser t’examiner sans que tu n’aies a payé quoi que ce soit.

Je lui rends la radiographie avant d’ajouter.

- C’est non négociable. Si tu veux que je t’aide, c’est sous mes conditions. J’vais pas te laisser payer une fortune alors que ta vie est danger. Si tu n’as aucun symptôme, c’est bon signe. C’est que la maladie n’a pas bougée mais on va te faire un check-up quand même. Pour être sûre.

J’essuie les dernières larmes sur mes joues alors que j’ai encore le cœur en compote, le cerveau détruit. Elle pleure encore, certainement les dernières larmes qu’elle verse, tout comme moi. Mais l’image est insupportable, douloureuse. Ma colère retombe comme un soufflet, se refroidit, même si elle reste présente, là. Quelque part.

- Pleure pas. Pleure plus. Je m’approche d’elle, prend son visage entre mes mains et essuie ses dernières larmes d’un geste du pouce. Même si je t’en veux, jamais j’te laisserais tomber.

Je dépose un baiser sur son front, entourant son cou de mes bras, digérant cette boule qui se forme dans le creux de ma gorge. C’est étrange de retrouver cette proximité avec elle mais là, j’y pense pas tellement. J’me contente simplement d’apprécier la douceur que cette étreinte dégage et me provoque.
Il est difficile pour moi, là maintenant, d’accepter à quel point elle a pu me manquer.

- J’aurai pu supporter tout ça. J’aurai largement eu les épaules de l’encaisser, de vivre avec et de t’aider à faire ce qu’il faut pour te traiter.

La vérité, c’est que j’ai envie de chialer. Encore. Exploser aussi. Tout ce qui est entrain de se passer est d’une violence que j’ai du mal à encaisser pour de multiples raisons. J’ai l’impression que toute la forteresse que je me suis bâti le jour où j’ai accepté la rupture est entrain de s’effondrer, pierre par pierre. Que tout refait brutalement surface. Peut-être parce que je prends conscience que du jour au lendemain, son cœur peut lâcher. Parce qu’elle m’a avouée toutes ces choses. Qu’elle a remis d’un coup, les pendules à l’heure.
Maintenant, j’suis complètement paumée.
Je la serre un peu plus fort dans mes bras, marquant un soutient, cachant ma propre peine à ses yeux.

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MessageSujet: Re: Flashback | Put everything on the table [18] Lun 5 Juin - 0:49

Put everything on the table
Taylor & Maeve
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"Nom de Dieu."

Je ferme les yeux et une larme coule sur chacune de mes joues. Je refuse de la regarder pendant qu’elle analyse et comprend l’étendue des dégâts, qu’il ne s’agit pas simplement d’un petit souffle au cœur ou d’une légère arythmie. Si je la regarde maintenant je crains l’effet miroir, de me retrouver six ans plus tôt, assise face au docteur, le cliché à la main, comprenant que la vie que j’avais si durement bâtie venait de s’écrouler. Que tous mes efforts, toutes les nuits passées à travailler sur ma thèse et les sacrifices sur ma vie sociale n’avaient servi à rien. Que le futur que ma mère m’avait souhaité et que j’avais mis tout en œuvre pour réaliser n’existait plus. Je ne serai jamais docteur en biologie moléculaire, je ne serai jamais tout ce que j’avais souhaité. Je ne construirai jamais de famille, n’aurai pas d’enfants, pour la simple et bonne raison que je ne serai jamais vieille. Il avait suffi de quelques secondes à peine pour que tout s’écroule. Et c’était ce même cliché qui s’était matérialisé en épée de Damoclès au-dessus de ma tête.
Je ne me suis jamais sentie aussi vulnérable qu’à cet instant. Taylor a littéralement mon cœur entre les mains et je me sens mise à nue de la plus désagréable des façons. Je redoute une nouvelle fois sa colère que je n’aurai pas la force d’encaisser j’en suis certaine. Je ne veux pas lire les reproches dans ses yeux même si je les ai mille fois mérités.

Je ne rouvre les yeux que lorsque j’entends à nouveau le son de sa voix. Non. Je secoue la tête de gauche à droite pour signifier silencieusement mon refus. Je ne veux pas qu’elle prenne de risques pour moi, celui de s’attirer des ennuis, ou pire, d’être renvoyée et de ne pouvoir terminer son internat. Je connais trop la sensation de voir ses rêves partir en fumée, une désillusion avec laquelle je vis depuis six ans déjà. Et c’est une ennemie difficilement supportable au jour le jour. Je m’apprête d’ailleurs à refuser quand mon ex petite amie me coupe l’herbe sous le pied et je ferme les yeux de frustration. Il n’y a pas à discuter. S’il y a bien une chance que je sais à propos de Taylor est que lorsqu’elle a une idée en tête rien ne peut la faire changer d’avis. Et je ne peux la blâmer puisque réputée moi-même pour être bornée. Je n’ai de toute façon ni l’envie, ni la force, ni réellement le droit d’argumenter avec elle sur ce point, alors je me contente d’acquiescer à ses propos bien qu’en désaccord avec sa proposition. Je reprends la radiographie sans la ranger pour le moment, immobile, dans l’attente du prochain mouvement, des prochains mots. Je suis réputée pour être bavarde mais déballer tout ça sur la table m’a vidé plus sûrement qu’un marathon.

Quand je la vois s’approcher je redoute ce qui va suivre. Jusqu’à sentir ses mains sur mon visage et ses doigts effacer les traces de mon désarroi.  « Jamais j’te laisserais tomber. » Je ferme les yeux. Le soulagement à l’état brut, la seule phrase que je souhaitais réellement entendre après toutes ces révélations, qui efface d’un revers ma peur de rejet. Son baiser sur mon front est comme le sceau pour sceller cette promesse à laquelle je me raccroche. Et quand ses bras entourent mon coup, il ne faut qu’une seconde aux miens pour encercler sa taille et la serrer dans mes bras en me tenant à elle comme à une bouée de sauvetage.
Ses mots me font mal et je ravale mes larmes, celles qui ont déjà trop coulé. Parce que je me rends compte de la terrible erreur que j’ai fait la concernant. Nous pourrions encore être un ‘nous’ si j’avais eu le courage de prendre ce risque, de tout lui révéler. Mais j’avais peur que les choses changent, que son regard sur moi, son comportement changent également et je n’aurai pas supporté. Et je sais que ce n’est pas réparable. Que cette confiance a été rompue, qu’il y a eu trop de dégâts. « Je suis désolée. Si tu savais à quel point. » Ma joue contre la sienne, je murmure à son oreille. Et pendant quelques secondes je me laisse bercer par cette étreinte, appréciant le silence et cette proximité retrouvée. Son contact m’a manqué, son odeur aussi. Son corps contre le mien. Ma joue glisse contre la sienne et reculant légèrement mon visage, je colle mon front contre le sien. « Merci » Un simple mot et mes lèvres viennent se poser délicatement contre sa joue. « Je ne te mérite pas, mais merci. »

Et c’est vrai, je ne la mérite pas. Je l’ai aimé, l’ai quitté sans lui expliquer pourquoi, été trop égoïste pour la laisser disparaître de ma vie, laissé notre relation évoluer en amitié pour mieux lui annoncer maintenant la raison de ma fuite. Et elle est là, debout face à moi, dans mes bras, à me promettre qu’elle ne me laissera pas tomber. Je ne la mérite vraiment pas. Et j’espère sincèrement qu’elle trouvera quelqu’un qui comprendra à quoi point elle est exceptionnelle et qui, elle, la méritera.






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MessageSujet: Re: Flashback | Put everything on the table [18] Lun 5 Juin - 21:37

Ses bras autour de moi, les miens autour de son cou, nous restons comme ça pour quelques secondes. Ou plus. Ça n’a aucune espèce d’importance. Il est évident que je suis toujours en colère, que je lui en veux encore, ça ne disparaitra pas d’un claquement de doigts. Mais je sais aussi revoir l’ordre de mes priorités. J’ai toujours du mal à digérer qu’elle m’ait quittée pour ça, qu’elle ait pris cette décision à ma place sans se demander ce que moi je voulais mais pour l’instant, et ce malgré toute la rancune que je pourrais ressentir, c’est sa santé qui prime. Comment Maeve vit le truc, qu’est-ce qui est envisageable pour l’aider à faire en sorte d’avoir un suivi précis de sa maladie.
Parce que j’ai clairement pas envie de recevoir un coup de fil, un beau matin, pour me dire qu’elle a passée l’arme à gauche, chose qui aurait pu être évité si elle avait pu bénéficier des examens qui lui reviennent de droit.

L’avoir de nouveau dans mes bras est salvateur, bienfaiteur. Ma fierté de ne l’admettra pas mais c’est presque un nouveau souffle.

- Je suis désolée. Si tu savais à quel point.

Sa joue contre la mienne, son murmure à mon oreille, me rappellent des souvenirs, des flashbacks qui me font autant de mal que de bien. Un frisson me parcoure l’échine alors que je ferme les yeux, la resserre un peu plus fort contre moi.

- C’est rien, c’est bon.

Même murmure alors que profites de cette étreinte salvatrice, me gavant de la chaleur qu’elle dégage. J’inspire en silence, reconnait ce parfum qui a tant de fois parsemé mon appartement ou même mes draps. La nostalgie gagne du terrain et je prends sur moi pour faire barrage aux souvenirs avant de me focaliser sur l’importance de ce qu’il se passe. De prendre conscience qu’elle a probablement vécue l’épreuve de cette maladie seule me brise le cœur, me rend sincèrement triste. Maeve n’est pas une personne qui mérite tout ça, loin de là.
L’espace d’une seconde j’imagine un monde où elle ne serait plus là. La violence est suffisamment lourde pour sentir les larmes remontées au bord de mes yeux, sans qu’elles ne s’échappent.

Sa joue glisse contre la mienne de nouveau et ma peau devient incandescente, mon cœur s’emballe, sans que je ne contrôle rien. Son visage recule juste l’espace nécessaire pour que nos fronts se touchent, se collent l’un contre l’autre alors que mon myocarde s’emballe comme une furie.
Je n’ai plus vécue de proximité avec Maeve depuis ce qui me semble une éternité et pourtant, j’ai l’impression de ressentir les premiers émois de nos premières fois.

- Merci
- Chut.

Ses lèvres glissent sur ma joue alors que nous ne bougeons pas, nos bras toujours entourés sur l’autre.

- Je ne te mérite pas, mais merci.
- Raconte pas de connerie.

Ca n’est pas vrai, c’est pas une question de me mériter ou pas. Même si là je n’ai pas encore assez de recul pour comprendre son choix, je sais qu’il n’a pas été fait pour me faire consciemment souffrir.
Son front toujours collé contre le mien, son souffle caresse la surface de ma peau et je n’ouvre pas un seul instant les yeux.

- Tu seras plus toute seule pour faire face à ça.

Parce que j’en déduis que c’était le cas, jusqu’ici. A moins que je ne me trompe et que je sois la dernière au courant et si c’est le cas, je préfère sincèrement ne pas le savoir. Pas ce soir. Pas maintenant. Ca ne ferait que raviver ces choses négatives dont je ne veux plus voir la couleur.
Sans que je ne sache vraiment d’où ça me vient, si c’est elle ou moi-même qui faisons le premier geste, mais dans un geste lent, doux, mes lèvres trouvent les siennes, rompant la faible distance qui nous séparait. Un effleurement, d’abord. Un baiser simple, un échange.
Puis une réponse, plus appuyée cette fois. Plus passionnée aussi. Un feu brûlant irradie dans mes veines, se répandant dans chacune de mes cellules pour m’embraser dans un incendie passionnel que je n’ai connu qu’avec elle.
Mes bras entourent plus fort son cou, resserrant mon étreinte autour de sa personne alors que mon cœur est entrain de me lâcher, de battre à tout rompre entre mes côtes. Je n’sais pas si ce qui est entrain de se passer est une connerie mais putain… tout ça m’avait manqué. Cette passion, cette braise sous la peau, ce frisson le long de ma colonne vertébrale. Ce souffle erratique, le sang qui bat aux tempes, ses gestes, ses lèvres, son parfum.

Puis une évidence : Le manque. D’elle, de tout ce qui la représente. Cet échange creuse un vide brutal que j’ai besoin de comblé, comme si c’était vital, indispensable.
Une de mes mains glisses sur sa nuque, l’autre dans ses cheveux, retrouvant toutes les sensations que je pensais avoir oublié.

Le contact se rompt lentement, reprenant mon souffle alors que je m’écarte à peine, suffisamment pour la regarder d’un œil brillant, presque tremblante.

- Désolée…

Un murmure fébrile qui ne me persuade pas moi-même.


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