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MessageSujet: home | irene   Mar 12 Déc - 23:43



« I am Home. »
EXORDIUM.


La pénombre et les ombres qui dansent, l'impression que tout Chicago vacille au-dehors. L'impression que tout s'écroule sans même qu'il n'en soit perturbé, sans même que son attention n'en soit détourner. Tout ce qu'il parvient à voir, là, c'est ce téléphone, cet écran qui peine désormais à s'allumer. Les coups, les chutes, les réceptions de quelques murs désormais marqués. Et ce soupire qui s'extirpe d'entre ses lèvres asséchées, cet agacement que vient trahir cette main tremblante, cette régularité exercé du bout des doigts contre une petite table de chevet contre laquelle il termine par de nouveau frapper. Ça résonne dans le minable petit appartement qu'il anime de sa personne, de ce spectre qu'il devient au fur et à mesure que les secondes ne s'écoulent, au fur et à mesure qu'il prend conscience de l'ampleur de ces derniers mots. Bordel. Ses yeux qui, enfin, s'élèvent, retrouvent cette solitude matérialisée en un silence des plus complets qui commence à rappeler cette folie, cette tension qui ronge les profondeurs de son âme. Ce côté paisible, ce soir, l'agace. Ça vient raviver les douleurs, creuser un peu plus profondément les abords de son cœur. Bordel. Sa main qui s'abat de nouveau contre le bois, une fois encore. Encore et encore. Parce que rien ne vient, rien si ce n'est une ignorance complète, dure, froide ; comme elle l'avait toujours été. Tortionnaire, brutale, imprévisible, autant que le front qu'il avait pu chérir jusqu'à comprendre que cet amour lui serait nocif. Un haut-le-cœur cette fois et l'impression de devenir cinglé. Bordel. Et l'incessante course des aiguilles de l'horloge qu'il a bêtement accroché. Elle devient assourdissante, pesante, elle vient frapper dans chaque recoin du studio comme pour rappeler que tout, tout n'a toujours été qu'une question de temps. Précieux temps, irrattrapable temps. Bordel. Bordel. « MERDE. » Il s'élève, s'élance, vient s'énerver contre ce même pan de mur comme à chaque fois que sa raison, que son sang-froid lui échappe. Un bruit sourd et un courant électrique déstabilisant qui vient s'immiscer jusqu'à son épaule. Jakob s'arrête, Jakob souffle, frappe inutilement une dernière fois le mur tandis qu'un tout autre son vient s'immiscer jusqu'à ses oreilles, jusqu'à sa personne qui, au lieu de s'effondrer, n'aspire qu'à davantage se redresser. Il peine à y croire, peine à se détourner de cet appui de fortune que représente le contre-plaqué abîmé. Mais la faible lumière de ce qu'il a abandonné sur son canapé l'interpelle et ravive les sens, la motricité. Il tremble, malgré lui. Il essaie de lire malgré cette brume récemment installée. Et... « Putain... » Un soupire, un regard qui se clos devant les phrases qu'il vient de lire, devant ce qu'elle vient de lui servir. Une grimace, un tique nerveux juste à l'arrête de son nez et de nouveau ce regard qui va, qui vient, qui balaie le séjour dégueulasse dans lequel il va devoir vivre plus qu'il ne l'imagine. Ça va, ça vient jusqu'à se poser sur sa veste, sur ses clés, sur les touches d'un clavier téléphonique qu'il vient frôler, finalement malmener. Envoyé. Et il ne lui faut que trois lettres, rien que trois lettres. Trois lettres qu'il attend durant une seconde de trop, deux secondes peut-être. Puis trois. Trois secondes. Trois lettres. Oui.

Il rejoint les ombres, il rejoint l'air rafraîchi d'une Chicago endormie. Il rejoint les ruelles désertées des sous-quartiers pour retrouver la sécurité d'un véhicule aux apparences blindées. Ça s'entremêle, s'entrechoque et les mots se répètent, encore et encore. Ils viennent, s'ancrent dans sa tête sans qu'il ne soit en mesure de s'en défaire. Parce qu'il veut voir entre les lignes, parce qu'il veut voir au-delà d'une idée terre à terre toute faite, imaginée quand il pensait que sa vie dans son entièreté ne pourrait plus jamais fonctionner. Pas après ça, leurs quelques péchés. Et plus il s'approche, plus il la ressent, cette attraction, cette impression qu'il n'a jamais pu avoir d'autres réflexions que celles dictées par cette infaillible passion. Elle hante, ronge, gangrène jusqu'à ses gênes, jusqu'à ce ne plus pouvoir offrir d'issue efficace à cette carcasse qu'il vient traîner jusque chez elle. Par nécessité, par besoin viscéral de rappeler à sa mémoire certaines choses, certaines douceurs bouffées par toute sa morosité depuis quelques semaines installée. Celle qui lutte, qui s'acharne, qui tente de lui faire entendre l'erreur qu'il s'apprête de nouveau à commettre. Bordel. Cet éternel tique, cette éternelle grimace de mécontentement à l'égard de sa propre personne, de ses propres choix, de cette prison dans laquelle il s'enferme chaque fois un peu plus. Oh Irene, bordel, comment est-ce qu'on en est arrivé là ? Une gestuelle horizontale de la part de ses traits qui tentent de faire taire toutes ces pensées tout juste remontées. Et la route qui n'en finit plus, cette pression artérielle de plus en plus coriace. Bordel. Quelques secondes, quelques minutes, une question de temps qu'il choisit d’omettre, une question de temps qu'il choisit d'ignorer jusqu'à cet appartement rejoint, la précipitation l'ayant déjà fait monter une fois garé. Et le cœur qui frappe, qui cogne, qui vient rappeler que quelque-chose chez lui n'a jamais vraiment fonctionné correctement. Il n'a mit que trop de cœur dans l'attachement qu'il a choisit de lui porter, que trop de danger, de risques pris avec trop de légèreté. Il le sait, et pourtant. Pourtant il frappe, attend, il laisse les secondes venir le torturer jusqu'à voir cette porte se déverrouiller, sous ses yeux s'entrouvrir pour laisser percevoir celle qu'il pourrait présenter pour définir la notion qu'il donnerait au terme de désir. Et tout le reste ne semble plus vraiment avoir d'importance. Non, pas là, pas cette fois. Parce qu'il n'a pas le droit de laisser passer ce qu'elle a pu lui écrire, tout ce qu'elle a pu lui envoyer avant qu'il n'ose se déplacer. Avant qu'il ne vienne l'embrasser, dans ses bras au mieux la serrer, raviver des souvenirs passés avec une telle force qu'il pourrait en basculer, s'en effondrer. Le souffle qui commence à manquer et son corps qui commence à voir défaillir sa stabilité. Bordel. L'empressement, la crainte, l'envie, la raison. Le tout mêlé en une tempête intérieure de trop grande intensité. Et dans ce baiser réside tous les rêves amers qu'il avait pu faire, cette impression qu’au-delà de l'impasse qu'ils se sont bâtis réside tout autre chose de possible. Et elle revient, cette image. Elle revient, elle frappe, elle vient imposé à Jakob une Irene souriante, défaite de toute peur, de toute crainte, de tout doute. Elle est là, ce sourire qu'il ne lui connaît pas, cette robe portée qui virevolte à chacun de leurs pas. Ce rire, putain, ce rire. Ça frappe, ça revient, seconde par seconde, image par image, au fur et à mesure qu'il se perd dans cette étreinte improvisée, insistant un peu plus contre le corps frêle de la jeune femme retrouvée, celle à qui il n'offre aucune explication, se contentant seulement de s'imposer, de lui faire comprendre tout ce qui le ronge sans qu'il n'ait à parler.    
 

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MessageSujet: Re: home | irene   Mar 2 Jan - 0:41

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Jakob & Irene

- What about the girl? - Her skin's... Her skin's too hot. Her heart's beating fast. Is she sick? - Worse. She's in love...

Cette fille. Cette fille, cette femme brune aux yeux en amandes, souriante et grande. Cette fille aux courbes prêtes à procréer, casquette des Lakers en bout de crâne et incroyable bouche en cœur. Cette fille, cette nana à la poitrine forte, au décolleté pigeonnant, au sourire de selfie et au regard indécent. Cette fille là, à ses côtés, sur une photo qu'il a lui même prise, lui même posté. Cette fille, qui est cette fille ? Ou plus exactement qui est cette pétasse ? La jalousie en intraveineuse, le message qu'elle désire lui envoyer ne se fait pas attendre une fois le macbook fermé, une fois l'écran claqué. Elle lui demande. Elle ne fait que ça, que demander, questionner parce que même s'ils ne sont pas ensembles, même si elle demeure coincée contre son gré, elle ne s'attend pas et ne désire pas qu'il aime et soit aimé par une quelconque autre personnalité. Elle lui demande. Il répond, s'énerve. Ils s'énervent. Il réplique que ce n'est que pour bosser, que dans tous les cas ils ne se sont jamais juré fidélité. Il enchaîne ensuite pour préciser, bourré de sa propre vérité, qu'il sera toujours là, qu'elle aura toujours le luxe d'user de sa sexualité, de tromper tout en restant sagement mariée. Stupide. Égoïsme de sa part mais aussi et surtout un grand, un flagrant manque d'altruisme. Égoïsme à l'état pur, brute et dur. Égoïsme, comme si se mettre à la place de l'autre, comme si essayer ne serait-ce que cinq petites minutes d'endurer la hauteur bancale de ses frêles talons était à éviter, comme si toute cette histoire ne nécessitait nullement sa compréhension. Stupide, qu'il est stupide ! Comme si les choix qui dirigeaient aussi violemment sa vie n'étaient pas une impossible foutue forme de fatalisme. Argh ! « Sorcière ? Vraiment ? » Trop terre à terre, trop embué dans la merde aveugle de son perpétuel pseudo réalisme, Jake s'avère être à cet instant même le plus centriste des nihilistes. Stupide, sa vision ne semble savoir se limiter qu'au bout du bout de son nez tordu parce que jadis cassé.
Alors un souffle chaud exaspéré percute l'écran du téléphone désormais embué. Irene le balance avec une certaine force sur le cuir blanc de son canapé, lassée de devoir encore tout expliquer ; de devoir encore et toujours tout répéter. "Si tu n'as pas envie tu ne le fais pas. Si tu ne veux pas tu ne prend pas. Si tu veux partir tu ne restes pas" et blablabla. Des raccourcis, des chemins aussi courts qu'étriqués, ne prenant en compte les autres et leurs idées, ne prenant en compte toutes les conséquences, les possibilités dans leur infinité. Des raccourcis, des sentiers abattus avant même d'être arpentés, des allées qu'elle aurait bien eut envie de parcourir avec autant de simplicité, de facilité, teintée d'une déconcertante volonté, intrépide. Stupide, buté, ses réponses d'omniscient effronté ont pour résultat de la faire craquer. Énervée, agacée, elle reprend l'engin, pianote furieusement sur le tactile pour remettre les choses au clair, renforcer les ponctuations, les ronds au dessus de ses i, changer ses avis préconçus de sale con.

Stupide. Il est toujours là à parler, à croire qu'il n'est qu'un jouet qui accepte volontiers d'être manipulé par ses soins, pour, parfois, dans les sales moments, la baiser parce qu'elle le lui a demandé. Il est toujours là, à la protéger de ces choses qu'il pense qu'elle a elle même provoqué. Stupide. Il est là, encore, au bout de dix années, à considérer qu'il est le dernier des êtres qu'elle pourra enfin aimer malgré son mariage totalement raté. Stupides même. Ils le sont tous. Ils sont tous là, là à la regarder tomber, souriants, ignorants, tous inutiles ou hypocrites à se contenter de la contempler comme un bibelot bien décoré que l'on dépoussière de temps à autres pour encore le ranger afin d'habiller, de donner un aspect coquet à l'arrière plan d'un club de dégénérés. Une poupée, ou bien une sorcière comme il le dit si bien, d'aucun ne semble se rendre compte qu'elle tente juste de faire comme elle peut, juste de faire bien. Abattue, elle s'écroule sur son fauteuil, à la lumière terne de ses lampes au design épuré. Elle soupire, plusieurs fois, se fait violence pour ne pas capturer son paquet de cigarettes et en faire aller une entre ses doigts.
Et là ça vient frapper. Ça vient toquer, taper, successivement contre sa porte d'entrée. Irene se lève. Dans une expiration d'exaspération elle traîne ses petits pieds nus contre le parquet ciré, en colère elle ressert la bride de soie de son peignoir mordoré. Elle ouvre, Jakob dans l'encadrement, géant, fiévreux, plus qu'imprudent. Il ne lui laisse pas de temps. Elle ne peut rien lui lancer, elle ne peut pas lui demander pourquoi il est ici, lui demander de dégager après avoir osé ainsi l'insulter. Il attaque là, l'attrape, la plaque contre lui, chaud, brûlant. Il avance, de force, à sa hauteur abaissé, arqué. Il la fait reculer, la pousse, la fait presque trébucher entre ses chaussures par terre mal rangées avant de justesse la rattraper. La porte il la referme sans vraiment le chercher, d'un coup d'épaule mal placé, de quelques pas écartés pour éviter d'écraser ses orteils pointés, qui s'étirent et la font s'appuyer contre ses grands bras musclés. Il continue sur sa lancée, sa main dans ses cheveux qu'il se met à malmener, à ébouriffer, à serrer comme pour les sentir, comme pour un peu plus s'en enivrer. Il a sa bouche qui la fait tanguer, sa langue qui l’entraîne et dont la pointe habilement menée se met à l'exciter. Il a ses mains contre elle qui la font valser, qui la font vibrer, exulter, perdre sa respiration, envolée. Des paumes claquent contre ses cuisses, elles se soulèvent, du sol elle se dérobe, il l'enlève. Il la porte, se déporte jusque dans la chambre où il l'emporte. Haletante, elle se laisse, dans un sursaut, tomber contre les draps, se redressant suffisamment pour tirer sur le maigre polo qu'il a, qu'il enlève. Son cœur fou bat, s'agite comme l'enfant dans son ventre qui lui rappelle soudainement sa présence. Hésitante soudainement, elle se crispe quand il entreprend d'ôter ce qui cache ce terrible arrondie qu'il dévoile et touche, caresse comme attendri, semblant s'en foutre complètement, la désirant visiblement toujours autant.
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MessageSujet: Re: home | irene   Mer 17 Jan - 14:59



« I am Home. »
EXORDIUM.


Il n'a pas besoin d'user de mots, il n'a pas besoin de faire entendre ce qu'il vient chercher. Parce qu'elle le laisse se servir, parce qu'elle le laisse faire comme bon lui semble. Elle ne fait plus que ça, lorsque sa langue joue, s'invite, contre la sienne l'imite. Et Jake en suffoquerait presque déjà, poussé par l'adrénaline qu'elle est parvenue à faire monter, cette envie soudaine qui ronge et, bordel, en vient à complètement le posséder. Il n'a pas la force nécessaire pour parer à tout ce qu'elle insuffle, il n'a pas les épaules assez fines pour échapper à la cage dans laquelle il s'enferme avec elle. C'est plus fort que lui, instinctif. C'est plus fort que lui et tous ses gestes en témoignent. Oubliée la bague qu'elle porte de nouveau à sa main, oubliée la présence spectrale d'un mari qui, fut un temps, s'avérait être aussi comme un frère pour celui qui soupire, qui – une fois le lit rejoint – commence à se dévêtir. Et il le sent le regard avide de la jeune femme contre lui, cette impression qu'elle pourrait demeurer entre ses bras aussi longtemps qu'ils lui soient donnés. C'est ce qui l'anime, ici. C'est impression de survivre ; de vivre en vérité. Le regard d'Irene ramène un semblant de sens dans la vie de l'ancien militaire, il en voit les couleurs, en ressent les plaisirs. Il s'enivre de toute cette existence retrouvée, assez pour ne plus résister. Les mains qui vont, qui viennent, qui caressent les lèvres de la brunette avant qu'il n'effleure sa poitrine, avant qu'il n'ose les poser là où sa place n'est pas. Et pourtant. Pourtant, il continue. Pourtant, il délaisse les maigres retenues de la Belle pour venir perdre cet élan de douceur contre l'arrondi qu'elle cachait, y déposer quelques baisers avant que ceux-là ne retrouvent le chemin jusqu'aux siens. Il ferme les yeux sur les valeurs à tenir, il ferme les yeux sur l'image qu'il donnerait, l'image qu'ils donneraient. Parce qu'il n'a de songe que pour celle qu'il plaque de nouveau contre lui, que pour celle qu'il dirige aussi aisément que ses envies ne le dirige actuellement. Défait de toute réalité, plongé dans un monde qui n'appartient qu'à lui, qu'à eux, secret gardé de toute curiosité. Jakob consume ces secondes qui s'étiolent, ces secondes qui s'estompent au fur et à mesure que leur respiration se brise, que les draps se froissent, que les vêtements se perdent. Il n'est question que de l'avoir contre lui, que de pouvoir lui être uni. Le temps des cauchemars et des fausses idées, des malheureux hasards et des souvenirs fatigués s'éteint, défait lorsque les petites mains de celle qu'il est venu trouver ne trouvent de réconfort que contre lui, ce torse qu'il maintient encore au-dessus d'elle comme pour essayer de ne pas céder, pas aussi vite, pas aussi facilement ; loin de voir que toutes les limites sont déjà franchies, loin d'en être conscient. Non, il se berce des rêves déjà faits, des images qu'il aimait à se souvenir de celle qu'il est venu trouver. Il s'en imprègne jusqu'à ne plus pouvoir raisonner convenablement, jusqu'à en oublier que sa place n'a jamais été celle-ci, pas en sachant que devrait s'y tenir un très bon ami.

De nouveau un soupire, l'impression que le monde tout entier commence à tourner. Il laisse faire, sent son cœur battre violemment contre sa cage thoracique ; celle-ci même qui peine à suivre le rythme de cette respiration qu'impose la jeune femme par ses quelques gémissements. Il ne s'en lasse pas, pourrait passer la nuit à l'écouter, à la contrôler jusqu'à pouvoir lui faire perdre totalement pied. Il a cette sensation d'être à sa place malgré tout ce que ça viendra engendrer plus tard, lorsque l'obscurité se brisera sur les rayons d'une réalité retrouvée. Il a cette sensation d'être là où il aurait dû se trouver, par le passé comme pour l'avenir qu'ils devraient envisager. Parce qu'il sait, désormais, Jake le comprend malgré tout ce temps déjà passé. Et c'est la raison pour laquelle il en vient à insister, à davantage contre elle se perdre, la mener contre les draps défaits pour pleinement l'y allonger, la rejoindre contre ce dos qu'il vient caresser, embrasser, combler d'une douceur qu'il n'est en mesure d'exprimer qu'à ses côtés. Si elle savait. Si elle savait tout ce que ses souffles pouvaient trahir, tout ce qu'ils auraient à dire, tous les sentiments qu'ils gardent encore secrets. Même malgré la manière dont ils viennent se briser contre sa nuque sur laquelle, un instant, reposent ses lèvres avant de s'imprégner de tout son être, avant de retrouver cette unicité dans laquelle ils avaient déjà pu se lier. Jake en abandonne une main tendre le long de son ventre, l'autre passant sous le maigre corps de la petite brune avant que l'une des siennes, plus fine, plus féminine, ne vienne s'y entrelacer ; avec envie s'y accrocher, peut-être inconsciemment l'amener à davantage contre elle se plaquer, insister. Ça jusqu'à ce qu'il n'y tienne plus, jusqu'à tenter de retrouver ses lèvres, ces baisers, cette passion qu'elle parvient à faire naître au milieu de ses sens brisés ; cette même passion qui mène Jake a mettre davantage de force dans ses allers contre les hanches de la Belle allongée. Ça, sans que sa main sur son ventre à elle ne vienne s'en détacher, comme aimantée. C'est plus fort que lui, un réflexe auquel il ne fait même pas attention, venant l'embrasser encore et encore jusqu'à en sentir les battements de son cœur se faire toujours plus brutaux, toujours plus denses, plus rapides. Ça frappe contre lui, ça frappe et l’entraîne. Ça l'anime plus encore que la peur du front, que cette volonté de survivre, de rentrer d'un front dématérialisé. Ça l'anime avec une telle puissance, laissant toute son exaltation se perdre jusqu'au cœur même de sa trachée ; celle qu'elle ne  fait qu’accroître au fur et à mesure qu'il l'entend, qu'il la sent. Au fur et à mesure qu'il sent sa présence se faire insistante contre lui : lui et ce qu'il représente, lui et ce qu'il aurait pu être dans d'autres circonstances. Lui et ce qu'elle vient faire de sa personne à force de le réclamer, dans cette perdition l’entraîner, jusque dans ses profondeurs de leur adultère l'inviter. Et Dieu sait qu'il ne parviendra pas à regretter chacune des secondes ici écoulées, qu'il n'en ressentira qu'à moitié cette culpabilité sous laquelle il devrait s'enterrer. Ses valeurs et leurs failles. Sa raison, ses sentiments et le paradoxe qu'ils peuvent être qui, ici, ne le fait agir finalement qu'humainement. Il n'ira pas s'excuser de pouvoir l'être ne serait-ce qu'une fois dans cette misérable vie. Jamais.    
 

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MessageSujet: Re: home | irene   Sam 3 Mar - 12:53

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Jakob & Irene

- What about the girl? - Her skin's... Her skin's too hot. Her heart's beating fast. Is she sick? - Worse. She's in love...

Ce n'est plus qu'une course. Rapide, effrénée. Ce n'est plus qu'une course, une course contre la montre, contre le temps. La seconde cavale, court, se perd parmi ses sœurs. La seconde, seule, écrasée au milieu par le poids des heures à venir, par le poids plume et éphémère des remords qui leur est désormais aisé de contenir. Ce n'est plus qu'une course, qu'un instant aussi rapide que marquant, aussi fugace que touchant. Ils courent, tous deux, ils s’essoufflent, s'élancent après la nuit qui est encore loin d'être finie. La seconde, celle du bon moment partagé, celle où tout peut arriver, où tout est entrain de basculer ; la même que d'autres qu'ils ont eu par le passé. Incontrôlable, inexplicable dont ils garderont le souvenir profond, ancré. La seconde, tant de pouvoir dans un tel concept, si étrange et pourtant si simple. Ce n'est plus qu'une course, qu'une cavalcade qu'ils prolongeront autant qu'ils le pourront, repoussant la ligne d'arrivée qui les menace déjà. Un écran de téléphone allumé, un appel, un sms, un coup de sonnette, une visite à l'improviste, un danger imminent, un brutal dévoilement. Ce n'est plus qu'une course et il est plus rapide qu'elle. Bien plus fort, bien plus entraîné, bien plus déchaîné quand il s'agit de perdre pieds. Jake prend le contrôle, où plutôt le perd sur lui même, sur eux. Il les pousse à s'abandonner. De plusieurs baisers, ils s'embrassent, ils s'embrasent l'un contre l'autre. L'étincelle qu'il vient chercher en elle ne fait que se raviver, et plus intensément elle se met à brûler, portant son nom, des sentiments qu'elle n'a jamais su explicitement prononcer. Ardente, passionnée, Irene quitte l'inquiétude de sa grossesse entamée, non désirée, de son physique changé, transformé ; elle quitte l'inquiétude de son quotidien qui ne se satisfait de rien si ce n'est d'une haine, d'une colère amer envers ce qui a été, envers ses liens, son mari, envers ce qui abîme son propre destin. Elle quitte l'inquiétude résiduelle pour la quiétude de cette union sensuelle. Les vêtements tombent, les tissus s'arrachent des peaux qui s'ébouillantent rien qu'à s'effleurer, rien qu'à se toucher. L'osmose déconcertante de leurs lèvres, de leur souffle coupé, de leurs deux êtres galvanisés la font valser aux bords d'un précipice qui lui a beaucoup trop manqué. En équilibre, une minute, juste une, lorsqu'il tombe le bas, lorsqu’il attrape son visage de ses mains puissantes, lorsqu’il attrape ses cheveux de ses doigts qui chiffonnent. Irene gémit, Irene dévisage l'homme, l'ami, l'amant en face d'elle, celui qu'elle chérit, celui qu'elle se surprend souvent à aimer malgré l'anneau qu'elle s'évertue à porter, malgré ce mariage qu'elle peine à empêcher de couler. Elle le fixe, de ses pupilles dilatées, de ces points noirs qui s'agitent dans ses iris ambrés, excités. Le cœur imbécile se déploie, il relance une machinerie poussiéreuse et oubliée, profondément ancrée, aux engrenages depuis trop longtemps maltraités, malmenés, sans ménagement arrachés ; il relance un moteur endormie, qu'on a éteint, bousillé à force de taper dessus ; il relance un instinct enfouie, un espoir pour quelque chose de meilleur, pour enfin une prétendue jolie vie.

Douloureuse, la pensée de juste échanger les rôles entre lui et celui qu'elle a épousé se voit repoussée. D'une grimace, d'un geste de la tête qu'il ne parvient pas à déceler en se laissant glisser le long de son dos, elle nie, dégage et oublie. La main sur son ventre qu'il dépose vient cependant immédiatement le lui rappeler, tirer comme sur une corde rêche sur cette idée, ce fantasme jamais avoué. Folie démesurée, des images d'enfants s'esclaffant, de James, de mariage d'un blanc immaculé au beau milieu d'une grande baraque retapée. Irene halète, ses paumes se plaquent, accompagnent les phalanges masculines contractées, qui vont et viennent sur l'arrondis que forme ce bébé, son bébé, celui qu'ils auraient dû faire, ensemble former. Dans leur étreinte Jakob se serre, se met à un peu plus l'enlacer, à contre elle se plaquer, pleinement se lover. Sa respiration chatouille son cou, se dépose le long de sa trachée tendue, exposée, réceptacle volontaire de la chaleur de ses baisers. Ses reins galbés s'arquent sous le délice des coups. Collision des êtres et des sens en éveil, des soupirs d'une aise étranglée lui échappent tandis qu'il éreinte avec une brutalité tendre, à peine mesurée, sa chair. Elle a l'esprit ballotté, joyeusement bercé par ce balancier électrique mais doux, lent, appuyé mais léger. L'épiderme de pêche, le duvet qui frémit et l'âme qui se détend pour apprécier, elle plante ses ongles à la recherche du creux de l'un de ses muscles, d'un espace creux, d'un nœud auquel s'accrocher, parfois contre son crâne rasé. Paupières désormais closes, elle laisse le plaisir l'envahir, la guider jusqu'à des hauteurs rarement explorées, jusqu'à cette extase lancinante qu'elle libère, jusqu'à ces spasmes langoureux qu'il lui impose dans un rire de bonheur non dissimulé. Encore quelques secondes et ils franchissent ensemble la ligne d'arrivée, celle qui détache la position de leur corps pour une union plus sentimentale, moins sexuelle malgré la continuité de leur nudité décomplexée. Jakob s'allonge contre les draps défaits, aux plis marqués. Exténué, un sourire qu'il accroche à ses joues, à sa bouche qu'elle se met presque aussitôt à courtiser, affalant sa poitrine contre un torse aux monts qu'elle escalade et dévale de la pulpe curieuse de ses dix doigts. Ils restent ainsi à continuer de s'embrasser, à faire perdurer la justesse de leur précédente danse dans les mouvements de ces langues intimement liées. Et puis dans un murmure elle se décide, groggy par l'ébat. Dans un murmure sa mâchoire articule, prononce presque de façon inaudible un je t'aime volatile de son, lourd de sens et de sincérité. Elle n'attend rien en retour, se contente de jeter pour entamer de nouvelles caresses de ses lèvres rosées, du bout froid de son petit nez qu'elle finit par déposer contre son cœur aux battements fous, accélérés, au dessus du sillon de son abdomen qu'elle recouvre de la couverture pour qu'ils puissent désormais se reposer. Elle ne compte pas vraiment dormir pour un peu plus profiter de sa présence mais elle décide qu'ils ont besoin au moins d'un peu de calme, d'une affectueuse tranquillité.
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MessageSujet: Re: home | irene   Sam 10 Mar - 23:26



« I am Home. »
EXORDIUM.


Il laisse la chaleur venir bercer chacun de ses gestes, de ses mouvements. Jake se perd dans l'intensité de ce qu'ils peuvent être, tous deux, à leur manière ; cachés au monde, cachés à la vérité qui les guette, les condamne d'une certaine manière. Mais l'interdit a toujours été le plus excitant des faits derrière l'amour qu'ils se portent, derrière tout ce qu'ils s'apportent. Alors, instinctivement, il continue, laissant sa paume se perdre contre le ventre de sa Belle, de la jeune femme qu'il n'a de cesse de serrer, contre lui toujours plus amener. Il veut la sentir contre sa personne, autant que possible parce qu'il sait les secondes comptées, parce qu'il sait ce temps comme limité. Ils ne sont pas du même monde, ils n'ont rien en commun si ce n'est la certitude quant au bonheur qu'ils auraient pu s'offrir si tout avait été différent. Mais rien ne l'est, tout est comme avant derrière leurs gémissements. Ceux-là même qui lui échappe tandis qu'il la sent chercher, contre lui essayer de se plaquer plus qu'elle ne l'est déjà dans ses gestes balancés. Jake en sourit, laisse une tendresse l'envahir quand les mains féminines parviennent enfin à se perdre sur sa peau, sur les centimètres de chair qui frémissent autant que celle de la brune qu'il enlace, qu'il embrasse. Encore et encore jusqu'à en sentir son cœur battre un peu plus fort. Encore et encore pour finalement s'y perdre, complètement s'y abandonner, contre elle tenter de respirer. Parce qu'ils sont allés trop loin, une fois de plus. Parce qu'ils ont franchis une ligne qu'ils reprochent pourtant à l'une de leur plus proche connaissance. Ce même homme qui, ici, ne trouve nullement sa place dans l'esprit de l'hispanique qui se décide enfin à laisser un peu d'air à celle qu'il est venu déranger, finalement envoûter. Ou peut-être est-ce l'inverse. Chose à laquelle il songe en venant s'affaler contre les draps entremêlés, là où leurs deux corps s'étaient mis à danser. Il s'y perd, laisse ses paupières se clore tandis qu'il soupire, gardant un maigre sourire le long des lèvres, celles-ci même qu'il sent pris d'assaut par celle qui, contre lui, vient de nouveau s'installer. Il n'en attendait pas moins, l'espérer peut-être aussi en vérité. Parce qu'il ne saurait s'en lasser, lui aussi portant finalement ce pêché. Il sent ses doigts jouer, dessiner, effleurer d'une caresse tremblante sa peau dénudée. Et il s'en berce jusqu'à ce léger tintement de voix, jusqu'à ce murmure à peine audible qui vient néanmoins briser le calme qui s'était installé. Une seconde, deux au pire. Une éternité lui semble-t-il parce qu'il cherche quoi faire, quoi dire, comment recevoir ce don qu'on vient lui faire, extirper d'entre les lèvres de la Belle sur qui ses prunelles reviennent. Celle qu'il essaie de contempler avant qu'elle ne vienne contre lui s'étendre, aisément s'allonger. Et, dans un coup brutal qui s'étale contre ses esprits, Jake prend conscience des choses, de tout ce qu'il s'apprête à détruire, de tout ce qui peut encore lui insuffler. Et, comme rarement, il hésite. Il hésite parce qu'il se refuse à être l'auteur de maux à son encontre maintenant qu'il sait, qu'il sait ce qui anime son cœur autant que le sien en cet instant précis.

Alors, il comprend qu'il perd du temps, que les secondes continuent de s'écouler, de se compter. Elles dévalent l'instant, viennent s'abattre avec hargne contre sa présence entre ses bras sur laquelle ses mœurs continuent de se faire insistants. Il n'aurait peut-être pas dû venir, pas dû franchir cette porte ouverte sur ce qu'aurait dû être son avenir. Il soupire, s'en redresse, cherchant la mâchoire de la brune qu'il lève au mieux, tendrement, coincée entre deux de ses doigts jusqu'à accrocher son regard, les questions qui s'y laissent déjà percevoir. Celles qu'il fait taire d'un baiser, long, prenant, tenace comme par peur qu'il ne s'efface. Jakob s'en imprègne, l'imprime au plus profond de lui parce qu'il n'a pas oublié, il n'a pas oublié que tout pourrait désormais contre eux se retourner. Alors oui, il fait au mieux pour le faire perdurer jusqu'à finalement s'en écarter, délaisser la douceur de ses lèvres en venant se reculer, gardant les yeux clos un instant comme pour ne rien perdre. Rien de cette douleur, de ce bonheur, de ce bien-être qu'elle insuffle par sa présence, par sa respiration, ces légères caresses qu'elle continue d'exercer contre lui. Il regretterait presque, finalement, de ne pas avoir su la défaire de tout ça plus tôt. Il regrette que les choses soient ainsi, il regrette... tellement de choses, désormais. « Je t'aime. » Des mots qui sonnent drôle avec son tintement de voix, avec cette manière de parler, d'être. Des mots qui ne lui sont que trop rares pour sembler aisés. Ce sont là des syllabes qu'il n'a jamais récité, des syllabes dont la définition semblait s'être perdue dans les limbes d'un passé encore torturé. Il s'est trompé. Le passé importe peu quand le présent qu'elle offre ici s'invite jusqu'au fin fond de son âme abîmée. Et tandis qu'il admire ses traits, son visage, toutes les émotions qui semblent se perdre au cœur de ses prunelles, Jake en laisse un léger rire se perdre dans le silence tout juste réinstaller. C'est nerveux, plus fort que lui, accompagné de l'une de ses main qui se perd contre sa joue que son pouce effleure délicatement ; à l'endroit même où, un jour, un coup fut porté. Il tique en y songeant un instant, il tique en sachant déjà qu'il devrait fréquenter tout un tas d'hommes peut-être pas plus respectueux que celui qu'ils côtoient. « T'viens me dire ça quand moi ; une pause, un rire un peu tremblant et ce regard qui fuit la beauté de celle qu'il s'apprête à inquiéter. Si ce n'est pas pire. Moi j'ai que d'la merde à te faire savoir. » Il se doute déjà des réactions qu'elle devrait désormais avoir, il se doute déjà des questions qu'elle pourrait avoir à lui poser et Jake prend de l'avance, venant s'emparer de sa main qu'il embrasse, celle qu'il serre contre la sienne avant de s'en vouloir des mots qu'il essaie de choisir au mieux. En vain, très certainement. En vain. « Mais faut pas qu'tu dises ça, Irene. Faut pas. » Et, à l'instant même où cette phrase se perd, il se rend compte de tout ce qu'elle pourrait désormais laisser supposer, tout ce qu'elle pourrait imposer. C'est la crainte qui vient reprendre ses droits en son for intérieur, c'est l'appréhension qui s'invite jusqu'au cœur de ses veines. Jake cherche, lutte. Jake s'essaie à maintenir son emprise sur la jeune femme comme par peur qu'elle ne lui échappe. Et pourtant, pourtant il faudrait qu'elle ne lui échappe. « Tu peux plus m'dire ça maintenant. Pas en sachant tout ce que ça implique parce que j'voudrais tellement d'trucs avec toi. Tu t'rends pas compte j'crois mais depuis cette nuit-là, putain... ; il en rigole encore nerveusement, ne parvenant pas forcement à savoir où il va. Il en dit trop, il en dit trop lui qui lui demande pourtant de se taire. Désolé. Laisse. » Les deux mains plaquées contre ses tempes, son front qu'il embrasse avant de perdre le sien contre ce dernier, avant de s'essayer à correctement réfléchir ; Jake s'est fourvoyé en songeant que toute cette discussion à venir pourrait être aisée. « Viens-là, viens-là, laisse, on en reparlera. Faut que tu te reposes. Faut que tu dormes. » Qu'il dit avant de la ramener, de la bercer contre lui ; la main déposée contre sa hanche sous la couette désormais enfouie.     
 

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MessageSujet: Re: home | irene   Lun 16 Avr - 23:19

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Jakob & Irene

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Instantanément, les épaules se détendent. Instantanément, le corps s’apaise et la femme clos les paupières dans la pénombre. Instantanément, la joue glisse le long du sillage arithmétique des muscles du torse ; elle descend, frissonne contre les monts et les creux vertigineux. Elle s'y loge, s'y installe et y réside tendrement. Instantanément mais malheureusement l'espace d'un court instant, Irene se love contre le ventre chaud de l'homme étendu. Elle respire, de mieux en mieux, les alvéoles qui s'exaltent des derniers mots qu'ils ont enfin osé se prononcer. Elle respire, la gorge dénouée et l'esprit libéré dans l'air de plus en plus tempéré d'une chambre désormais inanimée de leurs soupires. Le tympan collé à la peau, elle sent les vibrations à peine perceptibles de ses poumons, de cette agitation de la cage thoracique qu'il secoue, qu'il agite. Elle a l'instinct poétique de calquer, de prendre son rythme de respiration ; de croire que si elle s'y exerce assez dès à présent, une fois séparés, à n'importe quel moment, ils pourront vivre à l'unisson. Elle écoute, son souffle, à lui, et le sien aussi ; les filets oxygénés d'entre leurs lèvres séparées. Ça lui prend environ une trentaine de secondes mais elle y parvient. Ils ont enfin la même façon d'expirer. Ça lui arrache un sourire, un rictus qui se déforme quand elle prend garde au cœur, à l'écho sourd qu'elle entend battre fortement en lui et qui s’accélère. Alors elle se redresse, elle se redresse, difficilement car le ventre bloque l'étendue pleine de la progression. Elle se redresse, les sourcils froncés. Et la voix, la voix rauque qu'il sort soudainement n'est qu'un aboiement, un ton qui lui est propre et que seuls quelques personnes proches parviennent à décrypter pleinement. Il n'articule pas, sort des sons grumeleux loin d'être heureux. « Qu ? Quoi ? » Désormais posée sur ses deux genoux, la peau qui mord le froid ambiant par dessus les draps défaits, Irene observe Jake tendre l'élastique du moment et puis faire éclater, un peu trop vite à leur gueule, la bride des conséquences de leurs derniers temps. Le retour de bâton se fait violent, assez pour qu'elle en recule, qu'elle s'affale au bout du lit malgré ce bras frêle qu'il tient, qu'il tente de ramener à lui. Défaite, elle le laisser tirer, voit coupé net ce qu'elle s'est évertuée jusqu'alors à copier. La bouche ouverte mais l'air incapable d'y pénétrer, elle le regarde paniquer, avoir clairement du mal à, une nouvelle fois, assumer malgré le nombre incalculable de fois où ils ont pu ainsi s'abandonner l'un contre l'autre.
« Tu peux plus m'dire ça maintenant. Pas en sachant tout ce que ça implique parce que j'voudrais tellement d'trucs avec toi. Tu t'rends pas compte j'crois mais depuis cette nuit-là, putain... Désolé. Laisse. Viens-là, viens-là, laisse, on en reparlera. Faut que tu te reposes. Faut que tu dormes. » Le nombre incalculable de fois, enfin, pas vraiment si incalculable que ça.  Dix années. Cela fait dix années, dix putains d'années qu'ils ont cédé, qu'ils ont été au delà d'une platonique et fusionnelle amitié. Oui. Voilà. Ça fait déjà dix ans qu'ils se surprennent à s'aimer, par intermittence, avec de longs mois de latence parfois ; une décennie, entière, pleine et complète à se tourner autour, à ne rien se dire ouvertement, à ne pas parler, à juste baiser quand tout devient beaucoup trop lourd à porter, quand c'est trop dur de résister. Dix années. C'est peut être ça qui est entrain de le faire craquer. « Non. Non, non. Non je laisse pas. Je sais, je sais moi aussi j'en ai envie mais je. J'ai pas envie de ne pas te dire ce genre de chose là parce que c'est compliqué. Je...je sais pas ce que j'ai fais, j'ai mal fais ça c'est sûr et je suis désolée. Je suis désolée, j'avais peur quand il est revenu, je ne lui voulais pas de mal non plus mais je n'ai pas su gérer correctement à cause de ça je le sais, c'est de ma faute mais on peut faire ces trucs là. On peut faire tout ce que tu veux. On va faire tout ce que tu veux. » Dix années. C'est long, c'est trop long pour ainsi continuer. Elle s'en rend compte et elle aussi elle est entrain de paniquer maintenant. Elle ne le voit pas bien. Dans la noirceur de la chambre elle ne peut pas voir tous les traits de son visage mais ils doivent être déformés par la tristesse, par ce qui est entrain de menacer, de gronder entre eux. Dans la noirceur, dans l'opaque épaisseur sombre tout ce qu'elle voit c'est sa peau qui tremble, c'est une larme qui vient de couler et c'est aussi et surtout cette foutue peur d'être abandonnée. Parce que c'est ça. C'est ça qu'il tente de lui annoncer sans courage. Il en a marre, ras le bol. Il n'en peut plus de vivre planqué, caché et de devoir se prendre une dose de remords à chaque fois qu'ils osent coucher ensemble. Il en a marre et il veut la laisser. « Je vais arranger ça. Je suis désolée Jake. Je vais demander une mutation, je vais partir, je vais arranger ça. Ça n'était peut être pas le bon moment de le quitter après Noël, j'ai attisé sa rage et son mauvais côté, c'est de ma faute, je l'ai laissé revenir parce que je pensais bien faire mais je peux finir par partir quand il se calmera. Il finira par ne pas mettre le club après moi si j'en parle en promettant de continuer leurs soins en cas de problème, ils le calmeront si je leur donne toujours de l'aide et du matériel médical. Je, je vais arranger ça, je vais faire poursuivre la procédure de divorce et peut être que tu pourras demander aussi à t'en aller pour ton travail. » Elle se rapproche, dégage la couette, renifle bruyamment pour faire passer cette voix étranglées par les pleurs quand elle attrape ses tempes pour qu'il se concentre, pour qu'il y croit. Pour qu'il n'abandonne pas. Pour qu'il ne l'abandonne pas. « On ira s'installer ensemble quelque part ; il y a des hôpitaux et des postes de police partout de toutes façons ce n'est pas ça qui manque hm ? Dans toutes les villes il y en a. Je, je vais instaurer une garde pour la petite, qu'il l'ait souvent et ne cherche pas à nous créer d'ennui. Ne t'inquiète pas. Il, il le sait ; il sait que ça ne marche plus maintenant entre nous, il le sait, il faut juste qu'il l'imprime. Je ne l'ai pas fait de la bonne façon la dernière fois, j'aurais dû attendre le bon moment pour lancer ça, pas le faire subitement comme ça mais ça peut s'arranger. Ça peut s'arranger, on peut le faire. J'ai de bons avocats, en tournant bien les choses ça ira et on va partir. On va aller au bord de la mer. On, on peut avoir une jolie maison hein ? Une jolie maison blanche, avec des volets bleus et une palissade en bois que tu peindras et Faith dans le jardin avec des petits toi...» Le front collé au sien elle s'approche comme elle peut, elle s'accroche autant qu'elle le peut. « Me laisse pas s'il te plaît. »
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MessageSujet: Re: home | irene   Dim 20 Mai - 20:53



« I am Home. »
EXORDIUM.


Il avait espéré qu'elle ne suive ses dires, qu'elle ne vienne simplement et silencieusement contre lui se blottir. Mais c'est mal connaître l'instinct féminin, c'est mal connaître tout ce qu'elle porte à son égard, c'est mal connaître toutes les réactions qu'il lui sait pourtant immédiate. Jake vient de rendre les choses plus lourdes, l'atmosphère étouffante. Jake vient de briser la petite bulle dans laquelle ils s'étaient enfermés, défaits de ce monde qu'ils ne sont plus à même de supporter. Et le palpitant qui n'en peut plus de battre, qui tente de se calmer derrière ses multiples frappes. Mais le tout s'effondre quand il perçoit les tremblements de la Belle, quand il les sent s'immiscer en lui comme un poison des plus efficaces. Il a été stupide, stupide que de l'ouvrir, que de se faire aussi spontané qu'il l'a toujours été. Jakob prend conscience qu'il aurait dû se taire, cacher tout ce qui le ronge et prétendre au contraire. « Non. Non, non. Non je laisse pas. Non, bien-sûr qu'elle ne laisse pas et à peine ces mots énoncés, Jake sait qu'il ne peut désormais plus reculer. Je sais, je sais moi aussi j'en ai envie mais je. J'ai pas envie de ne pas te dire ce genre de chose là parce que c'est compliqué. Je...je sais pas ce que j'ai fais, j'ai mal fais ça c'est sûr et je suis désolée. Les sourcils qui se froncent parce qu'il peine à suivre, à comprendre. Parce qu'il n'est pas sûr de saisir où elle veut en venir. Et pourtant, pourtant c'est si évident, l'hispanique ayant du mal à se faire à l'idée qu'elle n'ait pas l'accès à ses songes comme il le croit si souvent. Je suis désolée, j'avais peur quand il est revenu, je ne lui voulais pas de mal non plus mais je n'ai pas su gérer correctement à cause de ça je le sais, c'est de ma faute mais on peut faire ces trucs là. On peut faire tout ce que tu veux. On va faire tout ce que tu veux. » Et la douleur, elle s'invite enfin. Elle vient le prendre d'assaut, lui dont l'habitude du front s'est visiblement terni. La bataille reprend, durement. Elle vient faire rage dans les limbes de son être, un peu plus sanglante quand elle vient oser lui faire entendre que tout pourrait être possible. Tout pourrait l'être, oui. Tout. Si les choses n'avaient pas déjà changé, si elle savait. Et elle doit savoir, se défaire de tous ces espoirs en lesquels ils ne peuvent plus se permettre de croire. Mais elle persiste, la Belle. Elle persiste, se faisant à chaque seconde un peu plus frêle. « Je vais arranger ça. Je suis désolée Jake. Je vais demander une mutation, je vais partir, je vais arranger ça. Il en secoue la tête, ne parvient pas encore à trouver les mots justes. Ils ne viennent pas, ne franchissent pas la barrière de sa gorge alors qu'il pourrait lui faire entendre qu'elle se trompe ; sur toute la ligne. Plus rien n'est à défaire, tout est à garder. Mais c'est à lui de parler, à lui de faire entendre que Sebastian n'est plus le souci qu'elle doit éloigner mais bien la menace qu'elle se doit de contrôler pour ce dans quoi il s'est engagé. Je, je vais arranger ça, je vais faire poursuivre la procédure de divorce et peut être que tu pourras demander aussi à t'en aller pour ton travail. » Mais il est trop tard, trop tard pour ça. Des mots qu'il ne prononce pas, des mots qu'il laisse néanmoins se trahir en un soupire quand ses yeux se ferment.

Mais elle le rappelle à cet instant, elle vient lui faire savoir qu'elle est là, qu'elle est encore là à vouloir tout arranger ; arranger tout ce qu'il a brisé en choisissant cette voie abîmée. C'est la raison pour laquelle il ne parvient pas à vaincre sa honte, cette horrible culpabilité ; celle qui ne fait qu’accroître au fur et à mesure qu'il l'entend renifler. Jake, après toutes ces années, se fait celui qui vient la briser quand il avait promit de la sauver. « On ira s'installer ensemble quelque part ; il y a des hôpitaux et des postes de police partout de toutes façons ce n'est pas ça qui manque hm ? Dans toutes les villes il y en a. Je, je vais instaurer une garde pour la petite, qu'il l'ait souvent et ne cherche pas à nous créer d'ennui. Elle continue sur sa lancée, des idées que Jake aurait voulu ne pas écouter. Parce qu'elles ravivent les nombreux rêves qu'il s'était osé, ceux qui l'avaient tant fait sourire par le passé quand il se risquait à pleinement l'imaginer, consciemment essayer. Et si cette possibilité avait pu être une délicieuse source de bonheur quelques jours auparavant, quelques semaines maintenant ; Jake n'avait pas imaginé qu'elle puisse ainsi l'abîmer, le ronger jusqu'à l'en faire suffoquer. On va aller au bord de la mer. On, on peut avoir une jolie maison hein ? Une jolie maison blanche, avec des volets bleus et une palissade en bois que tu peindras et Faith dans le jardin avec des petits toi... »

Ce sont des frissons qui viennent parcourir sa peau, courir le long de cette dernière jusqu'à ne plus rien laisser que des parcelles défaites de sa raison. Irene vient tout fracasser de quelques mots, quelques idées. Dieu qu'il aurait voulu accepter. Parce qu'il croit déjà les entendre, les rires de ces enfants, ceux qu'elle vient faire naître dans sa tête rien que par son souffle déposé le long de ses lèvres. « Me laisse pas s'il te plaît. » Elle termine par s'oser, l'unique larme de tous ses regrets, la preuve même que plus rien ne puisse être considéré. Il a le cœur qui frappe, qui torture. Il a l'esprit qui fonce droit dans le mur. Jake s'essaie à respirer, à retrouver cette contenance qu'il s'était promit à garder. En vain, en vain parce qu'il ne fait que l'aimer, à chaque seconde un peu plus que par le passé. Et ces idées, ces images qui viennent trop rapidement s'installer. Cette maison trop rêvée, désormais matérialisé dans son monde délaissé. Ces enfants qui jouent et crient, qui vivent aussi présentement qu'eux deux dans ce lit. Il soupire, l'hispanique, venant perdre l'une de ses mains contre la nuque féminine. « Jamais j'ai dit que j'te laisserai. » Murmure étouffé par cette mauvaise manie que de ne jamais articuler. Mais elle le comprend, ça fait des années qu'elle l'entend. « C'est juste que... ; il peine à trouver le courage d'énoncer ces mots, il peine à trouver la force nécessaire pour rompre tout ce qu'ils auraient pu créer ce soir, ces retrouvailles entreprises bien trop tard. On pourra pas partir, Irene, même si j'en crève d'envie et qu'toi aussi. On peut juste pas faire ça maintenant. » Il ose, vient mettre les barrières nécessaires devant les pas qu'ils auraient pu décider de faire vers cette possibilité, ces rêves partagés. « Parce que si tu fais ça maintenant, j'vais y passer et toi aussi. On sera deux à être troués par ces connards, Seb le premier. » Il la voit froncer les sourcils, il la voit essayer de comprendre ce qu'il doit désormais énoncer, jouer la carte pleine et entière de l’honnêteté. Il aurait voulu attendre, profiter ; savourer cet instant de pureté qu'elle sait instaurer. Mais plus rien, plus rien ne pourra fonctionner tant qu'il n'aura pas osé. Alors il soupire, le brun, il soupire pour se donner un peu de contenance, pour se défaire de ce nouveau blocage qui ne lui ressemble d'ailleurs pas. C'est nouveau, instinctif, c'est la volonté de la protéger bien qu'il sache qu'il ne pourra y prétendre sans tout lui avouer. « Parce qu'on m'a envoyé là-bas. » Une pause, il voit la peau de la Belle pâlir, ses traits se crisper un peu plus qu'ils n'avaient pu l'être. Parce qu'elle est probablement loin de suivre, loin d'imaginer à quel point ses pieds sont désormais enlisés à cette ville et sa saleté. « Avec eux. » Tout est détaché mais il le doit. L'ancien militaire dont les peurs se sont effacées craint ici avec facilité de la voir s'effondrer. Parce qu'elle vaut plus encore que ce qu'il s'était imaginé en s'avouant l'aimer. « Le rendez-vous que j'avais pour le taf, c'était ça. Tu peux pas laisser Sebastian parce que moi j'peux pas partir d'ici et j'vais avoir besoin d'toi. Ils m'envoient faire le clébard pour renifler tout ce dont ils ont besoins... et c'dont ils ont besoin, c'est sur eux. » Il ose ses prunelles sur elle, il ose venir lui faire face comme dans l'espoir qu'elle comprenne, comme dans l'espoir qu'elle le soutienne. Mais il la connaît, sait de quel bois elle est fait. Il sait que la tempête est à arriver, qu'il ne pourra y échapper. Et, quand bien même il le pourrait, il n'en aurait pas la volonté. Tout était à dire, il se devait de lui annoncer, quitte à tout briser ; tant qu'elle puisse être en sécurité.      
 

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MessageSujet: Re: home | irene   Mar 31 Juil - 22:00

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- What about the girl? - Her skin's... Her skin's too hot. Her heart's beating fast. Is she sick? - Worse. She's in love...

L'oiseau frémit. Frêle dans la cage close des bras de l'homme qu'il refuse de quitter, l'oiseau s'agite. Quelques supplications s'extirpent et l’être bat encore des ailes dans de tristes derniers et élans d'espoir. L'oiseau frémit. Il se blesse, se tord et se recroqueville dans son coin. Du gosier serré, de fausses notes s’extirpent. Une chanson quasi silencieuse, murmurée en désaccord. Une disharmonie aux voyelles qui se tordent. L’oiseau frémit. L’oiseau gémit. Irene refuse d’avoir à assister à ça. Elle refuse. Elle sait, elle a la certitude qu’il va l'abandonner là. Il va la laisser comme ça parce qu'elle n'arrive pas à atteindre autre chose que le fond, que tout ce qui ressemble de près ou de loin au bas. Les griffes et le duvet arraché dans son mariage, la colombe n’a plus qu’un habit d’un blanc souillé, incertain à lui offrir. Et il n’en veut pas. Il n'en veut plus. Elle refuse d'avoir à assister à ça. Elle y laissera plus que des plumes cette fois. Elle y laissera la peau. Elle y laissera du sang, des membres et tous ses os. Elle voudrait l’aimer pourtant. Sans aucun doute. Elle voudrait l’aimer, sans ces mensonges, sans ces faux-semblants et ces fausses routes. Elle voudrait l’aimer peu importe ce qu’il en coûte. Elle lui dit. Le piaf fait des rebonds dans l'espace du lit. Il a des petits piaillements, des pincements suraiguës en consonance de quelques larmes qui trahissent la peur suprême de l’abandon. La perte. La perte d’une partie de soi essentielle. Une partie existentielle. Si Jakob s’en va c’est l’amputation, la solitude, la dépression. Irene maudit cette dernière seconde. Cette seconde qui a tout fait basculer et qui perdure, qui ne cesse de continuer sans s’arrêter. Cette seconde que chaque humain rencontre au moins une fois dans sa vie et dont il garde forcément le souvenir. Cette seconde qu’elle a trop souvent expérimenté et toujours causée par un trop. Trop de mots à s’en faire frapper. Trop d’absence à s’en faire tromper. Trop de balles à s’en faire peur, à s’en faire hurler. A en perdre son garçon, tuer son bébé. La seconde où tout bascule ; tant de pouvoirs dans un concept si étrange, si fragile, si rapide, court et le plus souvent futile. Cette seconde qu'on ne voit jamais venir mais que ô combien elle ne cesse de ressentir. C’est un coup, un coup violent, choquant. C’est un coup dans le creux de l'estomac, plus destructeur encore que tous les coups physiques encaissés déjà. Elle a les poumons qui se vident, qui se vident à en faire pâlir la surface des artères. Dans toute sa vie, avec toutes ces années au compteur, ces kilomètres parcourus cette foutue seconde continue de peser. Elle la sent influer en elle, elle approche lorsqu’il remue, lorsqu’il se décide à bouger pour la relever. La seconde, elle est là. C'est peut-être la manière dont ses entrailles se glacent, dont son échine se dresse quand il s’apprête à parler, à lui répondre. C’est peut-être la manière dont ses nerfs tressaillent et son âme se ratatine sur elle-même, prête à recevoir, à écouter les douloureux carillons du glas. La seconde. Ça l'attriste et ça la terrifie autant de malheurs annoncés dans quelque chose d'aussi petit. Elle aimerait pouvoir l'éviter. Elle ne veut pas assister à ça.

Elle renifle fort, la tête enfoncée dans les plis des draps froissés. Il y a encore l'odeur animale, brutale de leur passion effacée dans les tissus, ancrée. Progressivement, elle sent la main masculine se glisser contre la moiteur de sa nuque. Elle sent la main masculine contre ses tempes, égrener ses cheveux humides. Elle lui fait mal. Il lui fait du mal. Le geste pince le cou et la trachée serrée, cadenassée par la terreur qui agit en tord boyaux. Le silence. Le silence qu'il se réserve le droit de garder pèse. Tout ce qui s’en suivra, tout ce qu’il dira sera forcément retenu. Retenu contre elle, elle en est persuadée. Persuadée jusqu’à : « Jamais j'ai dit que j'te laisserai. » Elle se redresse. Instantanément. Le cœur soudain porté, accroché à la voix grave et étouffée. Elle s’agrippe comme une forcenée à l’annonce, à la connerie d’un malentendu qui a visiblement une vérité bien moins plaisante que l’horrible perspective de vouloir la quitter. La silhouette large surplombe l’épave pleine d’un second être qu’elle ne sent même plus. Il respire bruyamment. Elle a son souffle toxique qui lèche sa peau refroidie et encore mise à nue. Il a comme du gaz dans la bouche. Il a comme du gaz et il s’apprête à embraser l'étincelle d'une nouvelle. Il s'apprête à allumer des tourments bien plus dangereux que ce qu’elle vient de frôler. Elle observe. Elle observe angoissée l’incendie qui n’est pas loin de se déclarer. Elle observe les lèvres bouger, les paroles couler comme de l’essence. Elle observe et se débecte face à la puanteur des mots, la trahison et la gravité des prochains et futurs maux. Jakob va infiltrer les KOS. Jakob va infiltrer les KOS, se mêler à eux, à leurs rires, à leurs blagues, leur fratrie, leurs larmes et leurs dangers. Jakob va infiltrer les KOS pour tous les faire tomber. Tous les faire enfermer. « Ça ne peut pas être quelqu’un d’autre ? Il faut que ce soit toi ? Toi ? Il faut obligatoirement que ce soit toi qui mette les personnes que je connais depuis plus de dix ans derrière les barreaux ? Pas un autre ? » Elle demande. Elle a à peine le temps de digérer l’information que déjà son cerveau analyse, comprend, se jette dans des supplications. Conscient. Et il ne répond pas. Il ne répond pas, consent. Irene le dévisage. Le souffle court, elle le fixe de ses pupilles dilatées qui s’agitent dans ses iris ambrées. Le silence revient, timide. Il palpe le terrain et finit par se lover contre elle, contre eux, comme pour tout calmer, comme pour la rassurer. Plusieurs minutes s’écoulent volontairement et aucun n’ose continuer ce qui menace de tout terminer. « Je ne t’aiderai pas. » Elle finit par quitter le matelas. Le corps ankylosé, la tête qui tourne, Irene rejoint la dureté ferme du sol et de la réalité. Chancelante, elle se penche pour attraper un peignoir de coton qui traîne par là. Elle l'enfile, se pare d'un drap aussi noir que son état. « Je ne dirais rien pour te protéger mais je ne t’aiderai pas. » Ses pas la conduisent encore plus loin. Elle allume. Elle révèle, dévoile, fait le jour sur ce qui ravage insidieusement leur amour. « Et Sebastian ? » Elle se retourne, extirpe une cigarette d'un paquet attrapé au passage.
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I try to open myself, it’s not my world You are afraid of the truth you try to love But you keep wonder You keep wonder Wherever you are wherever I am Alone and together We try to love we try to hide The world is behind us We've built these walls over ourselves but when we're in pain, we don't seek help alone we are trying to get enough we are all together in this path Take me home, just take me home
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MessageSujet: Re: home | irene   Mar 14 Aoû - 23:25



« I am Home. »
EXORDIUM.


Il a laissé un maigre espoir se réinstaller pour le briser, de nouveau. Il perçoit, au fur et à mesure qu'il se risque à tout dire, qu'elle s'enferme dans un monde qui n'appartient qu'à elle. Et c'est une nouvelle douleur qui s'impose à son âme, quelque-chose qu'il ne pourra parer ; pas même armé de la plus grande des volontés. Parce qu'il vient imposer sur ses maigres épaules un fardeau bien trop lourd. Peut-être aurait-il mieux valu qu'il se taise, qu'il garde ce secret pour lui ; quitte à disparaître ? Et si la solution avait été en cette décision ? Il en frisonne, Jake, blottit dans des draps qui ne sont pas à lui, qui ne le seront peut-être jamais désormais. « Ça ne peut pas être quelqu’un d’autre ? Il faut que ce soit toi ? Toi ? Il faut obligatoirement que ce soit toi qui mette les personnes que je connais depuis plus de dix ans derrière les barreaux ? Pas un autre ? » Bien-sûr, il lui impose par ce biais de devoir choisir son côté. Un haut-le-cœur se risque jusqu'au creux de sa gorge ; jusque dans les tréfonds de son être qui manque de tout perdre en cet instant précis. Les mots blessent, le double-sens frappe. C'est comme si il venait confirmer une idée qu'elle s'était inventée ; que Dieu finirait par la punir pour s'être risqué dans ses bras, pour avoir osé goûter à tout ce qu'elle n'a pas. Aussi, Jake s'en redresse, essayant de limiter la casse, gardant ses mots pour lui, toutes les phrases qu'il s'était imaginé lui dire évanouies. Non, au lieu de ça, il laisse planer ce silence ; cet éternel vague de rien qui vient pourtant crier une certaine vérité : oui, ce sera lui. Lui et pas un autre. Et c'est la raison pour laquelle le regard féminin ne s'en décroche plus, la raison pour laquelle il peine à le soutenir, le pitbull que d'ordinaire rien n'arrête. Ce n'est qu'ensuite qu'il essaie, qu'il ose. Ce n'est qu'ensuite qu'il se risque à la serrer, à les serrer contre lui comme dans l'espoir qu'elle vienne se défaire de ces ennuis. En soit, Jake l'aurait comprit. Elle n'aurait pas été à blâmer, au moins elle serait en sécurité. « Je ne t’aiderai pas. » Il entend, répond silencieusement qu'il sait, en un murmure à peine audible pour celle qui, malgré ses prières étouffées, échappe à sa présence pour s'en éloigner. « Je ne dirais rien pour te protéger mais je ne t’aiderai pas. » Le message est clair et elle rassure malgré l'éloignement qu'elle fait prôner. Il soupire, Jakob, fait de même, assit sur le bord du lit à regarder un instant devant lui. Tout est en train de se briser, tout est en train de se perdre parce qu'ils n'ont pas eu le courage de s'en aller ; pas avant que tout ça ne vienne s'interposer. Bordel qu'il regrette de ne pas avoir su agir avant que ne s'installe entre eux le pire. « Et Sebastian ? » Et, finalement, voilà ce qu'il craignait d'entendre. Pas d'hostilité dans sa voix, pas même une syllabe plus haute que l'autre. Elle pose la question aussi tendrement qu'elle n'avait pu lui parler avant, se renseignant seulement. Mais dans sa tête, dans sa tête ces mots viennent signifier autre chose ; autre chose d'un peu plus vrai que les espoirs qu'il s'était fait. Quoi qu'il puisse arriver, cet homme-là, elle ne cessera jamais de l'aimer. Jake s'est fourvoyé, rien de bien ne pourra jamais lui arriver.

Alors il se lève à son tour, l'hispanique. Il se lève pour oser quelques pas dans la chambre à l'atmosphère désormais bien lourde. Il fait quelques pas pour récupérer ses affaires, rassembler ce qui lui appartient pour s'en revêtir avant de venir lui faire face, réinstaller brièvement ce lien. Il perd son regard sur elle, s'y concentre un instant. Et rien que ces petites secondes suffisent à faire battre avec violence ce qui erre sous sa poitrine désormais malmenée. Dieu qu'il aimerait savoir quoi en penser. Mais rien ne se manifeste, rien ne vient offrir de raison à toutes ces fausses idées qu'il laisse s'installer dans l'enceinte de son esprit affaiblie. « Sebastian hein ? » Qu'il demande, un rire ironique venant percer la frontière de ses lèvres. S'il ne demeurait aucune animosité dans les paroles de Irene, en celles de Jake cette dernière trouve un maigre refuge. Elle se laisse entendre, à peine cependant. Ce ne sont que quelques onces, quelques lueurs de cette dernière affamée. « Qu'est-ce que j'suis con putain. » Ce sont des mots qu'il énonce pour lui-même, des mots qui se feraient presque inaudibles si sa voix n'était pas celle-là. « Tu veux que j'te dise quoi, hein ? Une pause, le t-shirt qui se renfile, son jean qui retrouve sa place jusqu'à la lisière de ses hanches. Que c'connard, lui, ira bien ? Que j'vais faire en sorte que monsieur puisse s'en sortir avec les compliments du jury sur le fait qu'avant tout ça, il servait la patrie ? Désolé si c'est c'que t'veux Irene. » La main qui rattrape le reste de ses affaires, ses chaussures qu'il balance dans l'entrée pour pouvoir d'ors et déjà avancer. Il ne sait pas vraiment ce qu'il espérait à dire ça, mais aux maux qu'il sent s'immiscer en lui, Jake s'était attendu à tout si ce n'est à ce qu'elle échappe à ses bras. « Bordel ! Après tout c'qu'il a fait, t'en es encore à t'demander ce qui va arriver ? Mais merde quoi ! Merde ! » Qu'il gueule finalement, prit de court par ce revirement de situation, à peine conscient d'être celui qui engendre la douleur qui s'inflige aux deux amants. « Laisse tomber, j'me tire. »       
 

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You've nothing but war inside you.
I spoke to God today, and she said that she's ashamed and I feel the same. Arms wide open, I stand alone. Right or wrong? I'm on the wrong side of heaven, and the righteous side of hell. »
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