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 here on my own again. | irene

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MessageSujet: here on my own again. | irene   Jeu 18 Jan - 16:27



look at me standing, here on my own again.
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[décembre deux mile dix sept.]





L'odeur de rouille vient emplir ses poumons avec une telle brutalité qu'il en vient à cesser de respirer, par lui-même. Sebastian lutte contre ses démons, contre toutes les images qu'il sent remonter, le front incessant qui continue de gronder, les coups de feu qui sont encore tirés. Et, aux abords de ses yeux, quelques larmes qui s'abandonnent le long de ses joues creusées, traductrices du sommeil qu'il n'a pas réussi à récupérer. Et le champ de bataille s'impose de lui-même, il croit entendre Jakob hurlait, lui faire entendre qu'il le couvre tant qu'il peut avancer. Mais il ne bouge pas, O'Malley. Il ne bouge pas parce qu'on l'en empêche, une arme braquée sur sa tempe, le canon froid qui flirte avec sa peau et, derrière celui-là, sa propre personne. Partout et nul part à la fois. Le cœur qui frappe, qui cogne jusqu'à ce qu'il n'entende plus que lui. Il voudrait pourtant essayer d'entendre, de comprendre. Il voudrait parler mais même sa parole semble lui être arraché. Aussi, il se fait proie d'une certaine panique, proie à ces craintes inaudibles. Paralysé, au milieu d'un chaos qu'il n'a jamais pu oublier et devant, la carcasse d'un ami plus qu'ensanglanté. Il veut détourner le regard, il voudrait pouvoir contempler tout ce qui se passe, toutes les horreurs qui se sont autour de lui mais pas celle-ci. Non, pas celle-ci. Et il parvient enfin à hurler, Sebastian. Il hurle parce qu'il ne peut faire que cela, les prunelles embuées posées sur cet ami qu'il n'a pas pu de nouveau sauver. C'est violent, puissant. Ça vient heurter sa conscience avec un telle brutalité qu'il en devient tremblant. Parce qu'il sent le regard de Caleb sur sa personne, il sent tous les jugements qu'il lui porte, cette culpabilité qu'il vient lui insuffler alors qu'il implore la possibilité d'être pardonné. Il aurait dû agir, se débattre, peut-être avec lui être tué rien que dans l'espoir de lui épargner ce sort bourré d'atrocité. Et le bruit incessant des motos qui revient, cette mélodie qu'il aimait à faire chanter et qui, cette fois, lui donne bien trop de nausées. Sebastian titube et s'effondre, les mains dans le sang de celui qui continue de le juger, ses yeux sur lui posés. Et les haut-le-cœur qui viennent brûler sa trachée, ce trop-plein d'alcool qui commence à se faire ressentir, l'impression que le monde bascule, que la terre tremble. L'impression que les ténèbres tombent et que le temps s'étiole. Le Sergent d'Armes sursaute quand il entend son téléphone sonné, en hurle tellement sa souffrance s'est réveillée. Et ces images qui n'en finissent plus de s'imposer, de le ronger. Il sent la perdition le gagner, cette décadence s'ancrer. Autour de lui, rien. Rien si ce n'est cette maison des plus sombres, des plus mornes. Autour de lui ne subsiste que les vestiges d'une vie encore paisible – si tant est que ce terme soit approprié – et agréable, surmontable malgré les blessures déjà surmontées. O'Malley peine à se redresser, à complètement se remettre de tout ce qui vient de hanter ses songes, son sommeil de nouveau écourté.

-

Il n'a pas levé les yeux une seule fois en arpentant les couloirs de l’hôpital, concentré dans des songes pourtant vides de contenu. Ou presque. Parce qu'il demeure quelques horreurs qu'il ne fait que taire depuis cette fameuse nuit. Sebastian en soupire, parvenant jusqu'au service concerné, venant se perdre là où il doit attendre, là où on le dévisage quelque-peu ; le teint cadavérique, les cernes creusées et cette impression de mort constante qui pèse sur ses épaules. Il croit encore porter le sang de Caleb le long de ses longs doigts dont la couleur s'est imprimée dans sa rétine, fardeau qu'il portera au mieux, culpabilité qu'il laissera toujours plus s'installer. Il choisit de ne pas s'y arrêter, laissant l'azur de ses prunelles traîner sur le sol à peine lavé des lieux. Et, même malgré les efforts faits, il peine encore à respirer depuis qu'il s'est réveillé, depuis qu'il s'est levé. Il reste quelque-chose qui bloque chacun de ses sens, chacune de ses habitudes pourtant vitales. Respirer, boire, manger, ne serait-ce que s'animer. Et, néanmoins, il garde certains réflexes, reconnaissant les silhouettes, pensant en voir d'autres. Irene qui s'approche, qu'on aide à avancer jusqu'à lui ; lui qui semble sans vie. Il essaie une attention mais rien ne vient marquer ses traits, rien ne vient se perdre le long de ce faciès défait. Rien. Pas même malgré l'impression de voir Billy à ses côtés, pas même cette sensation d'échouer ; comme toujours, en vérité. Il ne fait que tout rater, à commencer par cette approche vers la femme qui, malgré toutes ses épreuves, en vient à vouloir l'aider, le relever de ce qu'il doit désormais surmonter. Il soupire, en baisse l'azur de ses prunelles fatiguées de nouveau malgré cette nouvelle proximité et le manque d'émotions qu'il en ressent. Il sait, il sait parfaitement que quelque-chose est en train de s'éteindre. Il sait que sa vie n'est plus qu'un amas de questions auxquelles il n'a aucune réponse ; auxquelles il n'en aura peut-être jamais, lui qui se fait incapable d'admettre que les choses auraient été plus simples s'il ne s'était pas risqué jusque dans ces rangs. « Je ne suis pas garé trop loin. » Sa voix se fait à peine audible, abîmée par un mutisme récemment installé. Il trahie la perdition dans laquelle, lentement, il vient s'enterrer, il trahie tout ce qu'il s'impose à porter ; peu conscient de l'état dans lequel il est venu se présenter. Et s'il savait, s'il savait les préjugés qu'on pourrait ici lui donner. S'il savait la douleur qu'il vient à son tour propager. Mais il ne sait pas et, malgré lui, il vient offrir toute sa déchéance à sa femme remise sur pied ; ou presque, si ce n'est qu'à peine en vérité. « J'avais pas la force de venir, hier. » Ça ressemble presque à un murmure, ça ressemble presque à un secret qui se perd dans le brouhaha des couloirs comme celui dans lequel ils se tiennent, O'Malley parvenant enfin à revenir lui faire face. Il s'y essaie, en tout cas, brisé plus qu'assuré, perdu par ses derniers vécus.        

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MessageSujet: Re: here on my own again. | irene   Dim 18 Mar - 21:04

Here on my Own Again
Irene&Sebastian

December 2017

La douleur vient, la douleur passe. La douleur vient, comme une vague incontrôlée sur la masse des côtes endormies, un océan agité contre l'être endolori. La douleur vient et elle finit par s'estomper, un peu lentement, beaucoup trop doucement. Elle finit par se retirer, au loin, pour mieux revenir, mais plus tard ; plus tard elle reviendra l'attaquer. C'est certain. La vie dans un cri et la mort dans son pluriel, ce sont les derniers sons de ses songes fatigués, vidés. Les patients affolés qui s'échappent en hurlant, les tirs à bout portant qui résonnent dans les couloirs. Le canon contre elle braqué, le ventre proéminent qui attire l’œil et avec lui l'ombre d'une mort parfois, à tord, tant désirée. Et le sang, le sang qui coule des plaies, des trous béants qu'ont laissé les balles meurtrières tirées au hasard ; les âmes qui s'en extirpent, qui rejoignent le néant, le noir. Et le sang, le sang qui coule de ses cuisses serrées, du corps de l'enfant qui naît, qui naît trop tôt et qui n'a rien demandé. Le rouge qui trace contre son crâne des sillons, son minuscule bras ; le sang qui danse sous ses yeux et qui prononce sans plus aucun bruit la sentence funeste, l'effroi. Sous toutes ses formes la prison s'est achevée dans un sursis, une survie à la longueur toujours indéterminée. La femme s'était tuée, suicidée et le bébé était né. La séquestration terminée, Irene se voyait désormais libre, privée d'une prise d'otage et d'un corps étranger, comblée des séquelles que ceux si lui ont laissé. La douleur vient, la douleur passe et Irene remonte à la surface d'un état second, végétatif, comateux presque, ayant refusé chacun des médicaments et anti-douleurs qui lui ont été proposés. Omniprésente, la peine finit par être supportable, quoi que, lorsqu'elle y pense, au fond, toujours palpable. Le bas du ventre en charpie, un amas de peau détendue par l'absence, par la violence du manque de ce qu'il y abritait jusqu’alors, elle souffle sur le bord du lit. Là, à nouveau seule dans sa propre carcasse, à nouveau seule, maître d'elle même et ruinée de toute émotion - si ce n'est celle d'un grand désarroi - elle attend. Elle attend qu'on vienne, qu'on l'embarque, qu'on passe la chercher ou tout du moins qu'on lui donne ses clés de bagnole pour qu'elle puisse rentrer. Irene attend, elle attend qu'on l’emmène, loin. Les infirmières rentrent, vont et viennent entre les murs gris et elle a du mal à se redresser lorsqu'elles s'approchent pour lui faire signer son droit de sortie sur quelques papiers. « Vous êtes allée à la selle madame O'Malley ? » Cette perpétuelle question inutile que l'on pose à celles qui viennent d'accoucher, sans tenir compte du traumatisme, si l'épreuve s'est bien passée. Elle lui montre la porte de la salle de bain pour qu'elle constate par elle même qu'elle peut bel et bien se tirer. « Parfait. Votre mari attend dans le couloir, je vais vous conduire à lui. » De ses bras boudinés, l'aide soignante ramène un fauteuil roulant qu'elle refuse, préférant user de ses jambes afin de vite se réhabituer; afin de ne surtout pas passer publiquement pour une faible assistée.

Lentement, la brunette rajuste la longue robe qu'elle portait déjà sur elle il y a plus d'une semaine, celle qui désormais flotte au niveau de son abdomen. On ne lui a pas apporté de change, personne n'est venue la visiter depuis la tragédie, depuis la tuerie. Les muscles qui frémissent de douleur, essoufflés, ankylosés par l'accouchement et la fatigue, l'effort lui coûte à chaque pas. D'une démarche chancelante elle arrive contre la silhouette émaciée d'un Sebastian aux traits tirés. Il s'excuse. « Ce n'est pas grave. » Ce n'est pas comme si l'assurance allait leur faire payer cette journée d'hospitalisation non prescrite, mais elle se garde de le dire. Elle tente tout de même de glisser à son attention un sourire tendre, un geste de la main contre son bras pour prendre appuis, s'accrochant au tissu froid de son blouson de cuir. Elle se force, réprime la colère pour la bienveillance, celle que l'on donne à l'égard des paumés, des endeuillés, des désœuvrés. « Le papa veut peut être dire un petit coucou à sa fille ? C'est important de quand même créer des liens par votre présence même si vous ne pouvez pas la prendre contre vous. » La femme insiste, dévisage leur gueule esquintée, leurs yeux rouges, les larmes planquées, les chocs à peine encaissés. D'une moue elle juge probablement leur comportement indigne pour des parents alors ils acquiescent, alors Sebastian hoche la tête. Se dirigeant vers le service de néo-natalité, Irene s'accroche, calque ses pas à ceux du quadragénaire titubant. Il n'a pas dormi depuis, c'est évident. Il a certainement picolé un peu aussi, elle le sent. « Tu as des cigarettes sur toi ? » Il secoue le menton à la négative mais elle se risque tout de même à fouiller, à prendre d'assaut ses poches entre ses doigts, à y enfoncer la main pour vérifier. Des clés, des cachets, un carré cartonné, une carte, peut être celle d'une fille, d'un numéro, d'un nightclub branché où il se rend parfois pour draguer, enfin, plutôt pour baiser. Elle tente l'autre, elle y trouve un paquet qu'il y a laissé, qu'il a oublié et qu'elle extirpe « Si, il t'en restait là. Je la fumerai en sortant. » Elle range le bâton de nicotine dans une poche de son manteau de laine et ils pénètrent dans la salle où se trouvent les nouveaux nés, toutes les couveuses et les branchement qui maintiennent ces êtres dans un état relatif de bonne santé. « Elle est ici, vous pouvez mettre vos mains dans ces gants pour la toucher. C'est important d'être présent pour qu'elle s'habitue à vous. » Ils s'approchent. Abigail est là, allongée dans un carré de plastique épais et transparent. Elle ne bouge pas, si ce n'est ses perles closes et son bras, qu'elle ferme en un infime petit poing. Ses doigts translucides, microscopiques, captent la lumière violacée des lampes UV ; ses cheveux éphémères d'un roux léger surplombent son crâne blanc, fragile. Et son nez, son petit nez de la taille d'un ongle, recouvert d'un masque, d'un tube qui fait lever de façon écœurante son faible torse couvert de patchs. La vision n'a que le temps de toucher la rétine du père que le vertige part, que le tournis brutal l’accapare. Sebastian sort, gerbe ses tripes dans le couloir et dégage, minable sur le parking qu'elle finit par rejoindre une demie heure plus tard. Installée dans la voiture elle le sait, ils commencent; ils commencent les longs jours. Les longs jours mornes et monotones. La fatalité d'une dépression en étendard.
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MessageSujet: Re: here on my own again. | irene   Ven 23 Mar - 0:46



here on my own again.
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[décembre deux mile dix sept.]





Il sent sa trachée continuer de brûler. Elle brûle, se rétracte, rappelle à sa mémoire ces effluves d'alcool pas encore passées, tout ce qu'il a recraché alors qu'elle était là. Elle était là, à quelques pas, si proche de ses bras. Et la douleur, et cette envie de hurler. De hurler parce qu'il n'a pas l'impression que tout finira par passer. La souffrance est vive, amère, tenace, tellement coriace. Elle est là, poignante, dérangeante, elle s'immisce en lui avec ces autres qui n'en finissent plus de frapper. Encore, et encore, et encore. Sebastian sent son cœur battre un peu moins fort. Et les pupilles qui se fatiguent, les paupières qui se ferment, le besoin d'un peu d'air. Rien que d'un peu d'air. Il soupire, respire, tente de s'éviter le pire, la conscience prête à fuir. Mais elle tient, cette dernière. Elle tient parce qu'il n'a nul autre choix que celui-là, pas après avoir rompu les rangs dans les couloirs de l’hôpital, pas après lui avoir fait davantage de mal. Il sait ce qu'elle ira penser, il sait ce qu'elle s'apprête à endurer. Par sa faute, uniquement par sa faute. Et pourtant, pourtant le redressement de se fait pas, le manque de force gagnant ses bras. Sebastian se sait en train de couler, dans les eaux troubles d'un millier de tourments retrouvés. Ça, ça malgré le peu de volonté qu'il lui soit à même de sauver. Au moins d'essayer. Des minutes se sont finalement écoulées. Des minutes et des minutes envolées avant qu'elle ne vienne le rejoindre, à ses côtés s'installer. Sebastian peine à relever le regard, à retrouver un peu de prestance devant cette femme qu'il n'a que trop déçu, ce soir encore à la manière dont il s'impose à sa vue. Ils ont tellement à surmonter, tellement à gérer qu'il ne semble pas le pouvoir, et elle aussi finalement rien qu'à le voir. La spirale reprend, la danse infernale et incessante, ces mêmes sentiers parcourus depuis des années passées. Ils n'ont jamais avancé, n'ont fait que reculer jusqu'à probablement ne plus rien pouvoir sauver. C'est l'idée qu'il se fait, essayant de faire dégager les images de sa fille ainsi torturée. Hors de danger, en vérité. Et dans ses pensées toutes plus mutilées qu'elles n'auraient pu l'être dans des circonstances différentes à celles essuyées, tout ce qu'il parvient à déceler de cet instant présent, c'est la respiration de cette femme qu'il est en train de laisser s'échapper malgré les efforts qu'il avait promit de procurer. Enfin, il s'anime en y songeant, les paumes venant se perdre contre ses yeux encore clos. Il sait ce qui pèse sur son dos, il ne le sait que trop. Les longues heures commencent et, avec elle, ce mutisme qui commence à se faire constant. Et si la parole se faisait assez courageuse, qu'aurait-il a dire, de toute manière ? Si ce n'est que tout espoir est potentiellement perdu dans les ruines d'un monde qu'il croyait à l'abri du moindre coup. Raté. Sebastian s'est fourvoyé.

-

9 janvier. Les paupières qui se lèvent, lentement. Doucement et la lumière d'un nouveau jour qui parvient jusqu'à ses prunelles. Fragiles, un peu perdues, convaincues d'avoir déjà vu cette matinée, de l'avoir déjà vécue. C'est la raison pour laquelle il peine à pleinement se concentrer, sur les caresses se rendre compte que tout a changé. Tout a changé parce que ce jour est différent de ceux passés. Chose qu'il n'arrive pas encore à se souvenir, n'imaginant pas que tant de temps ait pu s'enfuir. Non, il se souvient encore du sang, des membres qui craquellent, des cris de ses frères qu'on tente de faire taire. Il se souvient des bruits des balles, des fusillades qui s'emballent. Et James qui attend, au milieu du front qu'il tente de gagner, ce terrain qu'ils s'essaient à gagner. Et la panique. La panique qui prend, qui serre, qui l'enterre. Il s'est rendormi, le Sergent d'Armes. Il s'est rendormi pour ensuite revenir à la vie, bercer par les bras d'autrui, de la jeune femme qui partage plus que ses nuits. Il en ressent son parfum, la sécurité de ses mains. Celles qui cherchent, caressent, gagnent. Celles qui vont, viennent, se perdent sur chaque centimètre de peau qu'elles sont en mesure de couvrir. Et il trésaille, le rouquin qui s'étire, qui sent les baisers le poursuivre, qui le tirent. Ceux auxquels il s'accroche, ceux qui parviennent à effacer momentanément l'horreur, la douleur, toute cette torpeur qui s'est installée depuis ces jours de malheur. Alors il s'anime, le spectre qu'il était devenu. Il s'anime, laisse parler son corps, ses mains qui cherchent, qui imitent. Ses mains qui viennent s'accrocher à cette dernière parcelle de vie qu'elle entame, qu'elle vient commencer à consumer par cet élan de vie. Cet élan qu'il culpabilise derrière l’anesthésie qu'elle lui administre à coup de baisers, de caresses, de tendresse ; à coup de souffle redistribué avant que tout ne soit à déclarer fini. C'est comme sortir des eaux sombres de son esprit, rattraper la rive qui se profile sous ses yeux, guetter la tempête à venir en en profitant au mieux. Il n'a pas le moindre idée de ce qui est en train de se jouer, de se créer. Il n'a pas la moindre idée de tout ce qui est en train de se passer, O'Malley n'obéissant plus qu'à ce vieil instinct fatigué. En vain, peut-être, en vain parce qu'il ne saura pas se relever, s'appuyer sur ce qui semble pourtant vouloir le sauver, s'appuyer sur ses propres mains pour fuir ce qu'il veut s'imposer malgré cette once de vie rattrapée. Sebastian n'a pas la lucidité adéquate pour y songer, s'y concentrer, continuant de se perdre dans les baisers délaissés, cette proximité désormais bien plus que remémorée.         

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MessageSujet: Re: here on my own again. | irene   Jeu 3 Mai - 23:54

Here on my Own Again
Irene&Sebastian

Tuesday the 9th of January 2018

Le temps qui passe. Les flocons qui défilent sous les arcades ; qui s'amassent en blocs solides sur les branches nues, qui plient et couvrent les trottoirs. Les voitures qui passent, qui vont et viennent et se garent devant la petite grille de la courette, l'empêchant ainsi de rentrer sa voiture lorsqu'elle revient de l'hosto. Le temps qui passe et l'herbe qui verdit, qui quitte sa robe blanche progressivement pour la reprendre ensuite selon les caprices de la météo. Le temps qui passe depuis novembre. Irene arrive, rentre et jette un œil agacé vers la baraque, vers la fenêtre, vers celui qui aurait normalement fait déguerpir le type qui coince l'accès à l’allée du garage. Elle klaxonne pour la forme, pour le conducteur. Il n'entend pas. Ils n'entendent pas. Sebastian doit être encore entrain de dormir, assommé par les cachetons, assommé par la dépression. Elle klaxonne. Il n'entend toujours pas alors elle part se garer plus loin, souffle, passe ses nerfs en tapant sur le volant deux fois, peut être un peu plus d'une dizaine honnêtement et ce, avant de rejoindre la maison en faisant claquer ses talons. C'est le même schéma chaque jour. C'est le même foutu schéma quotidien. Coincée. Elle a l'impression d'être ancrée, bloquée. C'est le même schéma, celui de se lever le matin, de picoler un café court, serré, à son image avant d'aller le réveiller. C'est celui de le pousser hors des draps, de tenir sa main jusqu'à la salle de bain et de le laver, l'habiller ; être à la limite de le nourrir, de le gaver avec une fourchette pleine comme un mioche ; comme ce bébé non désiré dont il faut aussi aller s'occuper. C'est le même schéma. Le temps qui passe. Elle rentre de l’hôpital et le voisin bouche l'entrée. Elle rentre de l’hôpital et l'habitation morne et endormie finit par la rendre cinglée. Il ne s'en remet pas. Il n'y arrive pas. Il ne s'en remet pas depuis ce jour là, depuis cet assassinat. Il n'y parvient pas. C'est le même schéma, c'est son rôle à elle de toutes façons, elle est la seule à pouvoir l'aider, à surtout pouvoir le supporter. C'est comme ça et elle est résignée. C'est comme ça quand on est mariée à un bipolaire, à un narcissique, à un pervers. C'est comme ça depuis une vingtaine d'années. C'est une éternité dans laquelle elle est liée, condamnée. Le boulet est posé autour du doigt ; la porte de la prison est grande ouverte, sans surveillance et le détenu abruti soigne son geôlier, l'aide à avaler ses cachets et passe le reste de ses journées dans le silence à ruminer, à constater que la mort d'un chef de gang est plus dure à porter pour lui que la mort de leur petit garçon survenue l'année passée.
Irene, rentre chez elle, balance les clés dans le vide poche et fait le tour des pièces pour s'assurer qu'il est toujours là, qu'il n'est pas parti faire quelque chose de stupide durant son absence, quelque, d'inconsidéré. « Sebastian ? » Elle monte, vérifie bien qu'il n'a rient fait d'insensé, qu'il ne s'est pas tiré à moitié drogué, bourré. Elle s'assure qu'il n'a pas sombré plus, qu'il ne s'est rien fait. Qu'il ne s'est pas suicidé. Il dort. Elle a beau avoir prié des milliards de fois pour qu'il crève, elle est rassurée. Elle va dans la salle de bain.

C'est son anniversaire aujourd'hui. Quarante et un an dont la moitié passée à ses côtés, dont la moitié à la tromper, la frapper, l'aimer un peu aussi mais la manipuler assez pour qu'elle soit encore là ; encore là à faire un effort pour le combler. Elle est allée chercher sa moto neuve ce matin. Elle est aussi allée chez le coiffeur. Elle a coupé en carré, elle a un peu tout raccourci pour changer, pour surprendre. Il n'y a aucune noblesse dans ce choix d'apparat. Aucune. Elle passe sur le corps qu'elle vient de dénuder un tas de crèmes alléchantes et de sous vêtements coûteux, compliqués. Il n'y a aucune noblesse là dedans. Le cadeau qu'elle compte lui offrir dans quelques minutes c'est de pouvoir la sauter. La baiser. Comme et autant qu'il le veut. Missionnaire classique ou bien levrette énergique ; il peut bien l'attacher, lui tirer les cheveux et la bâillonner que peu importe cette fois. Ça a toujours été sa façon à elle de le récompenser, de dépasser l'amertume du dégoût qu'il provoque en elle quand elle l'imagine en niquer une autre pour tenter, ça et là, de se réparer. Elle remplace le plastique dégradé des sentiments usés par un peu de dorures. Elle s'efforce de déposer du rouge sur ses baisers pour panser les plaies à vif et combler les profondes blessures. Il n'y a aucune noblesse, juste un peu de robustesse dans une profonde et résiduelle tristesse. Comme les nanas débraillées qu'il aime sur les réseaux, elle arbore un corset de soie, couleur cuivre, bien plus élégant que ceux des filles de joie. Lacé dans le dos, la guêpière assure que le vêtement sera ardu à retirer pour laisser aller les deux ovales obscènes de sa poitrine galbée. Le temps qui passe, eux, voués à l'éternité. Une fois prête, contre les draps, elle accroche ses doigts sur la silhouette assoupie qui répond, remue. Elle fait claquer la langue contre son palais et laisse échapper des murmures vertigineux, la chanson sifflotée de Monroe à Kennedy terminée par des éclats d'un rire discret. Un rire qui se convainc lui même d'être excité. Reine de la jugulaire qu'elle caresse, et qui sous ses ongles s'agite dans des soubresauts, elle raffermit sa prise dans le cou musclé. Elle l'embrasse, le réveille et parvient à animer l'homme derrière le dépressif. Il sourit. Même dans la demi-obscurité de la pièce, les yeux bleus et pâles la transpercent de leur lubricité. Chienne de faïence, elle écarte les pans de la couverture sur l'ombre du torse frêle. Elle y fait rouler les perles de son collier et le blond brûlé de ses cheveux. Belle avec son regard de biche soignée et ses méthodes de catin, elle s'assure d'avoir toute son attention pour s'écarter jusqu'aux bords du lit, prête désormais, maintenant qu'il est aux aboies, à s'en aller. « Tu as ton petit déjeuner en bas qui t'attends et un gros cadeau à déballer dehors. »
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MessageSujet: Re: here on my own again. | irene   Dim 24 Juin - 20:55



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Il a les sens qui frappent derrière le néant depuis trop longtemps installé. Il a la conscience qui s'effrite, l’insouciance qui revient. Il a le cœur qui se remet à battre avec une telle intensité qu'il lui est presque difficile de respirer. Parce qu'elle attise tout ce qui s'était enterré, tout ce qui s'était envolé quand les membres de Caleb s'arrachaient. Mais, petit à petit, il croit percevoir ces images s'estomper, dans un recoin de sa tête se caler, cachés par l'obscurité. C'est un soupire qu'il en tire, quelque-chose de salvateur pour celui qui s'en redresse, qui contemple, ressent. Celui qui se laisse bercer d'un contact intensifié et retrouvé. C'est comme si toute son âme s'était assemblée pour n'offrir que quelques brides de son passé. Il soupire à nouveau, frisonne quand il sent les perles de son collier caresser sa peau. Il n'avait rien imaginé, en avait tout oublié jusqu'à ce jour qu'elle s'adonne à vouloir fêter ; ce jour qu'elle parvient à rendre un peu plus coloré. Que ce soit par ses lèvres comme par ce qu'elle porte, cachant l'alléchante silhouette qui se cambre tout au-dessus de lui. C'est faire brûler la mèche, rajouter un peu d'essence sur l'étincelle qui restait. Sebastian croit s'élever, dans son monde parvenir à se redresser. Parce qu'elle est là, la main tendue vers lui comme pour l'aider à se dresser. Chose qu'elle parvient à faire, chose qu'elle parvient aisément à lui faire envisager. Lui s'élevant, venant la surplomber, rattraper ces nombreux jours à errer sans vraiment l'avoir touchée, embrassée, portée jusque dans leurs draps à peine repliés. Et toutes les images qui commencent à se réinstaller ne lui font plus penser qu'à ces idées, ces opportunités gâchées. Raison pour laquelle son regard ne s'en défait pas, raison pour laquelle un peu de couleur semble tout de même s'ancrer sur ses traits tirés. Bordel qu'il aimerait juste finalement contre lui la plaquer, bien la serrer. Mais elle commence à lui échapper, vers les bords du lit s'échapper, le regard toujours sur lui posé. Elle essaie de le rendre complètement cinglé. « Tu as ton petit déjeuner en bas qui t'attends et un gros cadeau à déballer dehors. » Un sourire, malicieux, un peu tortueux. Le corps qui peine à s'élancer mais qui y parvient, rattrapant l'une de ses mains. Il insiste, la mène jusqu'à la lisière de son corps, cherchant sa présence, le moindre tressaillement quand ses caresses se font plus indiscrètes, se jouant de ses sens. Elle est parvenue à taire la douleur, à réinstaller un soupçon d'impatience, à défaire l'instinct du dépressif pour n'offrir de place qu'au mari et son essence. Cet homme-là qui finalement retrouve toute sa confiance. En quelques secondes, à peine, en une main tendue et des baisers égarées ; en des caresses précises qui savaient quoi insuffler. Qui savaient finalement quoi lui trouver, quoi rappeler à ses esprits fatigués, trop longtemps endeuillés. Bien trop longtemps. Car les jours ont passé et le silence, la solitude n'a fait que tout empirer. Et pourtant, pourtant cette fois tout est différent.

« Reste-là, tu veux. » Qu'il vient énoncer, des mots comme retrouvés. Sa voix se rappelle à sa trachée dans une facilité qu'il n'aurait pas imaginé. Lui dont la parole s'était éteinte, lui dont la dépression l'avait rongé avec passion. Il n'en restait plus rien, et le voilà un et entier contre ce qu'il sait comme étant sien, en ce monde son seul et unique lien. La masse féminine menée jusqu'au-dessus de lui, à genoux sur le bas de son ventre. Il s'en redresse, déposant ses lèvres contre sa poitrine, avant d'y soupirer, avant de s'y abandonner, déposant ses traits cernés contre la peau frissonnante de la jeune femme déjà à ses yeux bien assez dénudée. Il a les sens qui s'entremêlent, l'envie, le plaisir qui s'essaie à abattre la douleur, la terreur. Il a cette tempête qui n'en peut plus de tourner dans les tréfonds des dernières parcelles de son humanité ; ce qui tente encore de subsister. « Tu es parfaite. Une pause, le murmure qui s'impose dans l'espace qu'ils animent à eux deux. Le murmure qui vient briser cet effroyable silence depuis des jours et des jours installés. De sa part à lui, lui dont les forces l'avaient quitté jusqu'à ne plus vouloir s'exprimer. Ni même en partie exister. C'est ce souvenir de son néant qu'il essaie de bannir de ses pensées alors qu'il se tient là, contre elle, resserrant la pression de ses bras contre sa taille déjà bien gardée. Tu l'as toujours été. » Et si la pression se fait un peu plus dure, un peu plus violente, il n'y réside qu'à peine quelques secondes. Rien que quelques secondes avant de s'emparer de ses joues, cherchant ses lèvres, sa langue, sa présence toute entière. « Je suis désolé. » Qu'il vient faire entendre avant de la renverser, délicatement défaire les rôles, les inverser. C'est à lui de la surplomber, à lui de caresser délicatement l'une de ses joues sans oser non plus à complètement la toucher ; comme par peur de la blesser, de l'abîmer. Parce qu'il ne fait que cela, Sebastian, abîmer tout ce qui mériterait d'être soigné plutôt que frappé. Le souffle un peu court et le cœur enragé, il a ses esprits qui flanchent mais la raison qui tient, qui lutte. Il a la raison qui rappelle à sa mémoire que tout est à recommencer ; ou à terminer, sur une note que ni lui ni elle ne pourrait oublier. De la tendresse, leur vrai amour tout juste retrouvé.          

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MessageSujet: Re: here on my own again. | irene   Jeu 12 Juil - 23:21

Here on my Own Again
Irene&Sebastian

Tuesday the 9th of January 2018

Divine comédie de laisser parler les sens lorsque les sentiments ne suivent pas toujours. Divine comédie que l'apparat à peine falsifié d'un grand et infaillible amour. L'actrice fait s'entrechoquer les perles et récite du regard des tirades obscènes pour réveiller son public. Elle improvise, tourne entre elles les grâces lascives pour le réveiller, l'extirper de sa sombre et morne léthargie. Elle se poste aux abords des rideaux, des draps de coton lourds, glissants et lance avec panache un baiser. Elle est petite comme ça mais elle sait comment accaparer la scène et le regard spectateur qu'il lui jette. Elle a dans ses provocations des idées de révolution ; elle a des tentatives de libération réprimées, des immatérialités fantasmés de lui faire croire qu'elle est encore et toujours capable de se barrer. Divine tragédie d'un couple qui s'aime autant qu'il se hait, qui se détruit autant qu'il cherche à s'aider, à s'élever et se reconstruire. Elle se recule, tente de s'en aller, de lui échapper pour imprimer cette vérité qu'elle peine à acquérir et même à complètement penser. Elle peut partir, elle peut s'enfuir à n'importe quel moment, c'est ce qu'elle tente à chaque fois de lui faire comprendre. Une triste et insidieuse pseudo réalité. Improbable dans les faits. Divine comédie. Visiblement bon amateur de la pièce malgré la brume encore ensommeillée de ses yeux dépressifs, Sebastian n'hésite pas à prendre son ticket, à réagir et lui capturer le bras pour, tout contre lui, la ramener. Actrice studio, Irene se laisse faire et compose avec l'aléa d'un chapitre dédié seulement à faire taire la mélancolie qui l'a accaparé. Divine comédie. Elle s'y perd avec ses intentions de femme attentionnée, avec ses actes beaucoup trop souvent dévoués quand elle se croit intimement persuadée qu'il faudrait qu'il crève. Elle n'a plus vraiment le script en tête quand il se comporte ainsi, quand il devient une ombre, la dépression personnifiée. Une vie, un deuil, une carcasse existante qui sombre, s'oublie. « Tu es sûr de ne pas vouloir voir ce qu'il y a en bas ? » Elle tente de s'en défaire, de laisser le feu, qu'elle vient d'allumer, prendre pour le rendre encore plus grand. Il faut que le brasier crépite, s'exalte et s'étale mais loin d'elle et de son si cœur serré, si malmené qu'il tente d'être froid pour espérer pouvoir au mieux se conserver. « Reste-là, tu veux. »  Non elle ne veut pas, enfin si elle veut bien. Enfin elle ne sait pas. Les idées s'étiolent quand il la regarde comme ça, avec ces yeux là, ce bleu auréolé de jaune, de cette étincelle transie d'amant fou qui se briserait à la moindre impression d'être éconduit. Éconduit il l'est d'ailleurs, mais sans même qu'elle n'ait voulu qu'il le soit. Il s'est toujours dirigé ailleurs, s'est toujours orienté sur d'autres sentiers blonds, roux, bruns aussi – ses préférés. Quand il l'embrasse, se couche sur elle et lui dit qu'il l'aime, c'est une chose à laquelle elle pense souvent, presque à chacun de ce genre d'instants. Ça lui arrive, alors qu'il déroule sa langue dans son cou, de l'imaginer derrière une garce ou à en tenir deux autres. Jalousie palpable malgré la lassitude de l'habitude. Des putains entre les doigts, perdu, égaré dans son chemin. Avancer vers elle, non sans s'être rassuré, au passage, avec quelques salopes sous les mains. Le final, c'est toujours elle. Elle. Elle, la ligne d'arrivée, le point à atteindre, à retenir et à absolument faire attendre, rester. Elle. Elle doit rester à ses côtés. Demeurer. C'est elle qui doit tendre la main pour le relever, épousseter les vêtements, combler les plaies béantes. Le laver, le faire manger, presque le torcher aussi. Elle doit rester.

Son azur se laisse glisser contre cette victoire. Sa victoire. Minuscule, maigre, gagnée sans trop de mal, à dose de charisme et de belles paroles. Sa victoire, cueillie sans trop de vergogne mais suffisamment entretenue pour ne pouvoir lui échapper, le faire perdre, désespérer. Sa victoire, celle qu'il possède depuis maintenant une vingtaine d'années et qui malgré la rancœur, finit par, pour lui, s'inquiéter. « Tu es parfaite. » Un soupir las. Oui elle est parfaite. C'est ce qu'elle est par intermittence, pour un seul côté de sa tête, de sa personnalité. Elle est parfaite pour le faible, le mari, le militaire désarmé, blessé ; le sergent d'armes endeuillé, le père brisé, le fils qu'on a renié, le frère à qui on ne veut plus parler, l'ami ignoré. Une pauvre merde c'est ce qu'elle est pour l'autre côté encore planqué. Le centre de sa bipolarité redressée, Sebastian détaille l'ambre orangé qui ruisselle au dessus de lui dans la lumière matinale, dorée. Il s'approche, ses genoux s'arquent pour ployer à hauteur de poitrine. Il se soumet. Il l'étreint, un soupire d'apaisement qu'il souffle juste sous l'arrondis de son sein. Le parfum, la chaleur d'anciens instants, d'insouciance. Il se fait violence pour ne pas céder aux pulsions, aux choses qui ne dorment jamais, qui s'agitent au creux de ses tréfonds. Et elle le laisse se contenir, se torturer aussi. « Je suis désolé. » Dans le silence elle consent mais ne prend rien non plus pour comptant. Elle ne connaît que trop bien la vitesse avec laquelle son avis peut changer. Les mains apposées au niveau de l'arrière du crâne, elle lui donne sans compter, sans même le remarquer. Doucement, elle réussit en même temps qu'elle échoue. Elle se laisse allonger, coucher sous lui, dominer. Les instincts les plus bas se décuplent bien au delà de la maladie et de la perte de son ami. Prise dans son propre piège elle ne peut s'empêcher de sourire de façon amer, ironique avant d'accueillir un baiser. Quelque chose de tendre, de maîtrisé. Il est faible alors il fait des efforts autrement, quand il se pense invincible, il n'en fait jamais. Elle le sait. Mais elle accepte, des choses pareilles ne se refusent pas quand un mariage ne fonctionne pas plus que ça. Un second baiser, la pulpe des doigts qui caresse sa joue, hésite à contourner les lèvres, la trachée. Frémissante à quelques endroits, elle a l'arrogance de tourner le visage sur le côté, pour mieux s'exposer. Une inspiration et la poitrine se gonfle, impatiente de se faire embaumer de son poids secoué, balancé d'avant en arrière, ses râles qui se tordent au creux de sa crinière. Un murmure. Un double sens pour conclure. « Ce qui t'attend en bas est bien mieux tu sais. »
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MessageSujet: Re: here on my own again. | irene   Mar 14 Aoû - 20:59



here on my own again.
EXORDIUM.
Une étrange ambiance vient s'installer dans la pièce qu'ils animent, de leur deux âmes, cette fois. Parce qu'il est éveillé, sorti de ce sommeil trop long et trop souvent inquiété. Il sort des ombres bien qu'en flirtant avec les restes. Il a le cœur encore lourd, les poumons fatigués et la gorge asséchée. Il est encore ce cadavre ambulant qu'on ne vient plus visiter. Et pourtant, pourtant elle vient oser, essayer, raviver le cœur qui s'était délaissé. Irene vient franchir les portes de sa désolation, l'entrée de ces plaines dénuées des verdures qu'on aimait à traverser, de cette volonté de vivre qui se fait bien trop rare depuis des mois déjà écoulés. Si ce n'est des années, en vérité, avec pour cause à tout cela sa bipolarité, ces deuils qu'il se doit d'essuyer. Ceux qu'ils ont tous à surmonter, bien qu'il n'en soit à penser qu'à sa propre déchéance bien entamée. Un soupire et les baisers qui persistent, l'envie de remonter ne serait-ce que pour se souvenir de ce que c'était, la vie derrière les rideaux opaques récemment tombés sur cette clarté. Et s'il persiste, les lèvres de la jeune femme lui échappe tout de même, en un bref mouvement auquel il ne fait pas attention, continuant sur sa lancée, caressant de sa bouche sa trachée offerte, désormais exposée. « Ce qui t'attend en bas est bien mieux tu sais. » Mieux que cette impression qu'un souffle d'humanité se réintègre à son être ? Il en doute un instant, ne parvient même pas à l'entendre, éperdu dans ce qu'on est venu attiser, ce brasier qui s'était éteint au cours des nuits passées à ruminer, à imaginer ce qu'aurait pu être cet instant si rien de tout ça n'était arrivé. Si James encore aujourd'hui les accompagnait, si Caleb – tout juste rentré chez lui – s'y trouvait bien un et entier. C'est un énième soupire qui franchie ses lèvres tandis qu'il y songe, qu'il revient sur ces images qu'il ne parvient pas à effacer. Ça le coupe dans son élan, dans cette progression jusqu'à la poitrine offerte d'une Irene aux petits soins, femme dévouée à l'enfoiré qu'elle a épousé et qui n'a pas su lui rendre ne serait-ce que la moitié des concessions accordées. Il soupire le roux, revenant sur sa trajectoire, laissant ses lèvres se briser contre la tachée de la Belle. Il lui faut quelques instants, un court instant seulement pour pleinement se relever, de sa maigre hauteur la surplomber. Il a l'azur de ses prunelles qui la guette, la contemple. Il a l'azur de ses prunelles qui retrouve cette légère teinte sombre, comme le ciel d'un été un peu pitoyable qui peine à passer. Le tout se fane aussi certainement qu'il s'était éveillé ; Dieu qu'il aurait voulu tant lui épargner. A elle, comme aux autres qu'il n'a pas su forcément protéger, lui qui avait fait le serment d'au moins s'interposer. C'est cette vérité-là qui commence à remonter, à s'ancrer dans sa tête comme pour parfaire la noirceur qu'il a pour l'instant réussi à surmonter ; non sans être aidé cependant par celle qu'est venu tenté à l'éveiller.

Aussi, il quitte sa proximité, réinstaurant une petite distance entre elle, lui, ce lien fragile qui tente à survivre malgré les nombreuses erreurs qu'il s'évertue à commettre. Sebastian sent la chute, les tréfonds le rappeler. Il croit tomber, de nouveau, dévalant la pente jusqu'à s'en écorcher la peau. Mais rien, rien si ce n'est ce silence lourd, pesant, et ses yeux qui se baissent, qui se cachent, qui quittent la présence de la Belle comme pour ne pas avoir plus mal encore. Il est entre deux mondes, convaincu qu'il pourrait s'en sortir avant de n'imaginer que le pire. Il est entre deux mondes et elle s'essaie finalement à le faire choisir. Il a le cœur qui frappe, qui tape. Il a le palpitant qui s'affole derrière sa poitrine amaigrie. Puis, finalement, c'est sa voix qui revient à la surface de cette ambiance un peu froide. C'est sa voix qui brise l'absence de tout dans un tremblement qu'il ne contient pas forcément. « En bas ? » Qu'il demande, assit sur l'un des côtés du lit, les jambes fatiguées à ne rien faire, le corps aussi las, tendu tristement entre ses bras. « Tu devrais pas te donner autant de mal... ; une pause, la main qui vient frotter ses yeux abîmés, ce regard que les larmes ont déserté. J'le mérite pas vraiment, chérie. » Sa voix se perd dans l'espace de la chambre encore légèrement assombrie, à l'image de cet esprit qu'il peine à raviver autant qu'il ne l'avait été. Par période, par phase. Mais les ombres ont toujours eu ce pouvoir sur lui, cette attraction ; cet effet qu'il aurait voulu s'épargner, offrir un peu plus de bonheur à celle qu'il a marié. Puis, finalement, durant quelques secondes à peine, il perd sa vision sur l'extérieur, sur ces faibles espaces qui parviennent à lui faire deviner qu'au-delà de son deuil rien ne s'est arrêté. Quelques secondes à peine avant qu'il n'ose se redresser, pour l'instant feindre qu'il puisse se relever. « Oublie ça, je te suis. » Il ose un léger sourire, quelque-chose qui se voudrait réconfortant, amical, avenant au possible. Il fait au mieux, tente de ne pas lui imposer sa léthargie.

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