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 landing | judith&jade

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MessageSujet: Re: landing | judith&jade   Mer 21 Fév - 22:33

Landing
Elijah, Jade & Judith

With my face against the floor, I can’t see who knocked me out of the way

La joue cotonneuse. La lèvre humide qui colle contre le tissus. La bave à la commissure, le nez qui pique et les yeux secs qui s'écaillent sous les battements des paupières comme d'horribles brûlures, Jade se réveille. Doucement. Un reniflement. Deux. Les bras qui se tendent, qui s'étirent, se rabattent sur le visage pour masquer encore quelques secondes la lumière qui tape et perce sa rétine encore un peu endormie. La voix de Judith fend le silence teinté de soupires, d'une respiration basse, lente qui se relance, qui s'accélère en même temps qu'elle s'anime, se redresse. Les tempes encore mouillés par ses cheveux tressés, elle ressent dans un faible vertige les effets lointain des somnifères. Un plateau posé sur les genoux, elle se frotte le regard embué pour contempler parfaitement le petit déjeuner que la blonde vient de lui déposer. Du jus d'orange, des viennoiseries, des trucs français à la mode qu'ils vendent dans les boutiques aux noms d'enseignes qu'elle ne pige pas et qui ont souvent le mot Paris dedans. Elle pioche dedans après avoir avalé son aspirine, elle mord à pleine bouche dans un petit rond plein de crème et de raisins secs. Elle n'a pas faim, sa gorge est serrée, elle n'a pas envie de manger mais elle sent bien le vide douloureux de son estomac se manifester face à un peu de nourriture si gentiment amenée. « Ça va mieux qu'hier déjà. Merci mon chat. » Elle mâche, parle la bouche pleine, se force pour interrompre les torsions de son ventre agité. Elle noie le tout avec le contenu de son verre. « Ça a été ta nuit, pas trop chiant le boulot ? » Judith sous la couverture à ses côtés lève les épaules, personne ne l'a dérangé avec son retard, c'est comme si rien ne s'était passé, comme si rien de tout cela n'était arrivé. Rassurée, Jade continue de croquer, de sentir le sucre redonner un peu d'énergie à son corps encore rond mais un peu moins qu'à l'accoutumé.
Elles passent plusieurs minutes ainsi, à manger, à remplir la pièce des sons de leur mastication. Elles passent plusieurs minutes ainsi, une bonne demie-heure plus précisément, jusqu'à ce que le regard de la blonde se pose sur elle, jusqu'à ce qu'un tas de questions inaudibles se fassent attendre pour justifier les bleus qu'elle arbore sur les coins de son visage d’ordinaire si parfait. Justifier, expliquer, donner un sens aux actes de la nuit passées, à l'alcoolisme qu'elle a trop souvent devant elle traîné, arboré, comme un vulgaire et pathétique déchet. « Tu...Tu penses quoi des Kings ? 'Fin, leurs activités, c'qu'ils font quoi. T'es ok avec ça ? » Elle se retourne, pousse le plateau au bout du lit et ne trouve que cette phrase pour commencer, que cette comparaison pour être sure de tout pouvoir lui dire, de tout pouvoir balancer, sans filtre, sans risque de la voir déguerpir, sans risquer de la perdre, d'être jugée. C'est tout ce qu'elle trouve pour voir si elle a cette opportunité, si pour la toute première fois de sa vie elle est en mesure de vider son sac, d'aborder son histoire, son passé, d'enfin tout pouvoir raconter, sortir ce qui la ronge, tout ce qui menace au final, d'à petit feu, la tuer. Et pour toute réponse Judith dit qu'elle s'en contre carre, qu'elle s'en branle, que ça les regarde. Elle n'est pas là pour spécialement se faire une idée, pour condamner ou bien accepter. Elle est là et c'est tout. Elle est là à sa place, elle fait ce qu'elle a à faire. Elle est là et c'est tout ce qui importe à Jade qui n'a jamais su trouver en une quelconque personne autant d'amitié.
Alors elle prend une profonde inspiration, triture les draps et cherche ses mots, par où elle peut bien amener ce qu'elle se doit de dévoiler, ce qu'elle porte comme un fardeau, qu'elle a déjà remué plus d'une fois dans son crâne, qu'elle a déjà analysé pour savoir ce qui la pousse aujourd'hui à autant picoler. « Quand mes parents sont décédés et qu'on a été placé chez ma tante à New York, mon frère s'est précipité dans les quartiers irlandais. La psy, elle parlait d'un truc identitaire avec mon père che pas quelle connerie parce que c'était un activiste de l'IRA, il nous forçait à parler avec des mots en gaélique à la baraque, il gueulait quand on chopait l'accent trop british à son goût à l'école, il a aidé aux attentats d'Londres en 94 'fin...tu vois l'tableau quoi. » Elle rajuste sa position, ne la regarde toujours pas, se contentant juste de dessiner des arabesques de ses ongles contre les plis froissés. Elle pose le contexte, elle passe par là sans trop savoir pourquoi, probablement pour mieux se préparer avant le reste « Il est rentré chez les Irish au fur et à mesure d'ses conneries et c'est comme ça qu'j'ai rencontré Elijah. J'ai suivi l'mouvement sans m'en rendre compte juste parce que j'flippais pour lui et qu'c'est pour ça qu'j'ai fais des études d'infirmière. A force j'ai aidé, ils m'ont jamais demandé grand chose sauf de piquer du matos à l'hosto ou j'bossais. Elijah lui, son job c'était de liquider les cibles qu'on lui indiquait. Mon frère gérait les stocks d'armes qu'ils revendaient aux autres gangs. » Voilà. Ça c'est dit. Désormais Judith le sait, elle sait qu'elle a foutu les pieds dans la mafia, elle s'en doutait déjà, c'était explicite avec sa croix cramée à l'acide sur la main, mais au moins maintenant c'est clairement évoqué. Le mec qui lui a mis un pain est tout bonnement un mercenaire, un meurtrier.
« Y'a deux ans un nouveau procureur a débarqué, il a fait des grandes annonces t'vois l'genre, des grands projets pour libérer ce qui gangrène la ville blablabla. On a été vendu par les ritals avec qui on avait de gros contrats, y'a plein d'nos frères qui ont terminé en taule. Alors les dirigeants ont décidé d'envoyer Elijah pour un avertissement. » Elle se recule un peu, inconsciemment, commençant à nerveusement agiter l'un de ses pieds dans l'espace. « Il a envoyé le message au procureur en tuant sa fille. Elle avait 10ans. » La gorge serrée elle commence à exécuter de légers mouvements de balancier, ce que le corps fait inconsciemment pour se rassurer. Le silence plane, Judith – du moins ce qu'elle en voit, c'est à dire ses jambes – ne bouge pas, ne bronche pas. Le silence plane et semble bizarrement l'inviter à continuer. « ...ensuite. Ensuite les choses ont été grave plus loin forcément. La moitié du clan est tombée. Il a envoyé les flics après nous, il a foutu un merdier pas possible et un matin...un mercredi matin, c'était le 10 juin ; il a envoyé des gars chez nous. » Les larmes montent, les souvenirs passent sous ses iris, sous ce blanc teinté de sang, rougis et liquéfié. « On m'a injecté un truc là et on m'a cogné sur la tronche. » Elle montre son cou qu'elle frotte, ce cou qui laisse échapper une voix étranglée. « J'me suis réveillée dans un entrepôt attachée à une chaise pendant plusieurs jours. » Elle revoit tout défiler. « Il...il voulait l'attirer pour s'venger. Il m'a fait les trucs que j'ai dans l'dos parce que c'est c'qu'Elijah a dans l'sien et que pour être avec lui j'étais qu'une pute qui méritait d'avoir ça tu comprends comme si baiser avec f'sait qu'j'avais buté sa gosse t'sais. » Les larmes coulent, les cicatrices se ravivent tandis qu'elle essuie ses joues et renifle bruyamment. « Ils ont émis un mandat d'arrêt contre lui, il s'est tiré ici sans que j'le sache et moi j'suis restée un an à morfler pour tout ça avec ces conneries d'procès où fallait que j'montre que j'savais rien. J'étais une sale pute quand même sur les journaux, the Whore and the Beast, lol ces putains d'batards genre il méritait pas d'se faire buter sauvagement ce taré. Tous des enfoirés d'leur race, le clan aussi parce qu'ils ont pas assumé les conséquences. Ils nous ont exclu, "gentiment" qu'ils m'ont dit, son propre père m'a cramé la main à l'acide et a ordonné qu'on me tabasse pour pas qu'Elijah revienne et les foute plus dans la merde parce que...parce que j'étais enceinte. »
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MessageSujet: Re: landing | judith&jade   Jeu 8 Mar - 10:44




landing

Marla... the little scratch on the roof of your mouth that would heal if only you could stop tonguing it, but you can't.

« Tu...Tu penses quoi des Kings ? 'Fin, leurs activités, c'qu'ils font quoi. T'es ok avec ça ? Vase question. Je hausse les épaules et répond quasiment du tac au tac : J’en ai rien à foutre de leur merde. C’est pas mon problème, moi je suis là je et je fais mon truc et basta. L’idée étant que ça me retombe pas dessus une deuxième fois tu vois. Je garde ma tasse de café dans les mains, les genoux remontés sous la couette. Question étrange mais qui, je l’imagine, précède quelque chose d’un peu plus profond, d’un peu plus long à raconter. Je sais qu’elle sait que j’attends des explications. Pas uniquement parce que son connard de mec m’a cogné dessus mais parce que je m’inquiète, pour elle, pas pour lui, lui il peut crever et peu importe sa relation avec Jade, elle ne s’en sortira que mieux sans lui. Je l’ai pas vu longtemps mais ça m’a suffit. Je l’observe triturer les draps, ne la brusque pas. Après tout, il n’y a rien de pire que de se sentir pressé, observé. Je me contente de lui sourire tranquillement entre deux gorgées de café quand enfin elle se décide à lever la voix. Quand mes parents sont décédés et qu'on a été placé chez ma tante à New York, mon frère s'est précipité dans les quartiers irlandais. Ok, donc c’est parti, on commence du début. D’abord, sa famille, son frère, l’IRA, les attentats de 94’ et l’implication du frère. Cadre familial donc plutôt sympa. J’acquiesce quant à savoir si je vois le tableau, je comprends très bien et me redresse un peu, croise mes jambes en tailleur et récupère un peu de couverture. Il est rentré chez les Irish au fur et à mesure d'ses conneries et c'est comme ça qu'j'ai rencontré Elijah. Hm, évidemment. Je me retiens très fort d’émettre un commentaire sur le contexte dans lequel elle l’a connu, évidemment que le type fait parti d’une espèce de clan, évidemment. Mais hey tiens, c’est pas fini ! Quand y’en a plus, y’en a encore, et j’ai l’impression qu’il va y en avoir encore pour un long moment. Bah oui, parce qu’en plus d’être dans un gang, le type est mercenaire ! Homme de main ! Connard à la gâchette, qu’en sais-je de la nomenclature adaptée ! Mais c’est un type qui tue pour le compte d’un gang, alors voilà. Voilà à quoi s’est maquée Jade et à quoi j’ai été me frotter. En plus de son frère trafiquant d’armes. On part avec de sacrés bagages là, déjà. Si c’était dur de faire un commentaire quelques minutes plus tôt, il m’est impossible de réfréner une expression de visage entre la confusion et la stupéfaction. Ça donne quelque chose de pas très agréable à regarder et encore moins à expériencer. Elle ne me laisse pas franchement le temps de digérer le truc et reprend. Ça ne me dérange pas au moins, allez, on y va franco et c’est parti. Retour deux ans plus tôt, toujours New York. Il a envoyé le message au procureur en tuant sa fille. Elle avait 10ans. C’est pas une boule qui me tombe dans l’estomac mais un putain de parpaing. Je ne bronche pas, reste droite, mes mains serrées autour de ma tasse, entre mes jambes en tailleur. Je fais l’expérience d’une multitude de sentiments, d’émotions contradictoires, milles idées, réflexions, questions et injures qui se tapent dessus dans mon cerveau mais rien n’est assez fort pour décrire la principale sensation qui me serre la gorge : le dégoût. Un pur, réel, profond mépris pour son mec.

Mais comme j’ai dis, c’est toujours pas fini.

— ...ensuite. Ensuite les choses ont été grave plus loin forcément. J’ai envie de lui demander comment c’est possible à partir du moment ou ce fils de chien a tué une gamine de 10 ans mais, hey, qu’en sais-je encore une fois. Je me contente simplement de la boucler, vraiment, de serrer les dents au risque de m’énerver sur la mauvaise personne. La moitié du clan est tombée. Il a envoyé les flics après nous, il a foutu un merdier pas possible et un matin...un mercredi matin, c'était le 10 juin ; il a envoyé des gars chez nous. J’acquiesce, l’observe, les yeux mouillés. La haine que j’tiens au cœur ne me laisse pas encore le temps de m’adoucir, de compatir, de lui donner la chance que je lui ai promis alors, comme toujours, je reste silencieuse. Elle continue, m’explique qu’elle n’était qu’un appât pour récupérer Elijah, lui explique la provenance des marques que j’ai déjà vues dans son dos, sur lesquelles je n’ai jamais posé de question, me disant que ce jour viendrait peut-être quand elle aurait l’envie ou le besoin d’en parler. Et bien voilà, c’est aujourd’hui et je suis servie. Jade a vécu un tas de merde et je sais pas mais pour moi le schéma est assez simplement explicable dans cette histoire. Ils ont émis un mandat d'arrêt contre lui, il s'est tiré ici sans que j'le sache et moi j'suis restée un an à morfler pour tout ça avec ces conneries d'procès où fallait que j'montre que j'savais rien. Ma mâchoire se décroche, je laisse échapper un rire jaune. Jusque-là je suis restée impassible mais c’est vraiment le petit détail de trop. Enfin, ça, jusqu’à ce qu’elle avance vers la fin de son récit, me parle de la tradition débile des surnoms que les tabloïds filent sans scrupule et puis, termine de m’achever. Ses larmes coulent, elle renifle, ma peine est immense et plus encore lorsqu’elle me parle de la perte de son enfant. De leur enfant. Ce sont ses derniers mots. « Parce que j’étais enceinte », voilà ce qui termine son récit, que je mets un long moment à processer. Je reprends depuis le début, refais passer ses explications sous mes yeux, laisse retomber mes yeux sur la couverture encore quelques secondes avant de me baisser vers ma table de chevet et d’en sortir une boite de mouchoirs que je lui tends.

J’ai promis de ne pas juger. En tout cas, de ne pas la juger, elle. Et je ne le ferais pas, ce n’est pas mon rôle. C’est juste… difficile d’imprégner ça et de ne pas ressentir la haine qui va avec. Je finis par déposer ma tasse sur la petite table, dans mon dos, et passe mes mains dans mes cheveux, les ramène sur le côté de mon cou et me permets quelques minutes de silence pour intégrer le tout. Je secoue la tête à la négative, hausse les sourcils, avant de pousser un soupire fatigué, désabusé. Je ne sais même pas comment j’arrive à rester calme, comment j’arrive à contenir le bordel dans mon ventre, dans ma poitrine, taire le son de mon cœur qui bat trop vite et la rage qui pourrait pourtant aisément glisser sur ma langue et résonner dans les murs de ma chambre. Je ne sais pas. C’est pourtant de connaissance publique, j’ai plutôt un caractère pourri et je ne cache pas mes états d’âme, j’ai cette simplicité là. Mais cette fois, c’est juste… trop, trop dur, trop effrayant. Au-delà de ce qu’il s’est passé hier et bien loin au-dessus de ma petite existence. Je suis profondément atterrée, par ce qu’elle a vécu. Peinée. Et tellement, tellement énervée contre Elijah. Plus que je ne l’ai été, ce que je considérais comme un plafond jusque-là inatteignable.

« Ok… Ok, honey, je sais qu’t’es pas stupide et qu’tu vois bien le motif là. Tu vois bien… tu vois bien qu’il est la source de tous tes problèmes ? Je me redresse, me rapproche, glisse ma main sur la sienne que je serre. Entends moi bien, je ne te juge pas. Je ne te dirais jamais que t’avais qu’à partir et autres conneries de débiles qui n’ont visiblement jamais vécu une seule merde dans leur petite vie pourrav. Ok ? Je sais comme c’est dur. Néanmoins, aujourd’hui à ce stade, je peux pas me permettre de te laisser me raconter ça, être témoin de ses conneries et ne rien dire, ne rien essayé. Je capte son regard, ne cache pas ce qui s’y trame mais tente d’avoir l’air un peu moins dure. Mon ton est calme, grave, presque tranquille ce qui est étonnant. Tu l’aimes, ok, vous avez vécu des trucs inhumains, et oh si tu savais comme je suis désolée pour tout ça, pour tout c’que t’as morflé t’sais. C’trop pour une seule personne. Mais… j’hésite, fais une pause, puis me décide. Tu t’es faite tabasser, t’as perdu ton bébé, on t’a littéralement torturée, t’es alcoolique et au milieu le seul point qui relie tout ces faits c’est Elijah. Et tu me dis qu’en plus le type s’est barré, il t’a laissée seule, te démerder après avoir foutu lui-même la merde ? T’as un problème d’alcool et il te garde au-dessus d’un bar ? Ce type t’enferme dans un courant de trucs illogiques, inefficaces. Il est nocif pour toi. J’imagine pas ce que t’as vécu et je sais pas, je saurais jamais ce que ça fait. Mais tu peux pas rester dans ses pattes, c’est trop malsain, tu dois te concentrer sur toi-même. Il va pas faire peur à tout le monde comme ça. Il me fait pas peur non plus, t’sais. J’en ai rien à foutre qu’il ait été buté des types, aussi répugnant que ça puisse être. Je parle même pas de la gamine, j’ai pas envie d’aborder le sujet, je me sens déjà au bord du précipice. C’est pas un type pour toi. Il mérite même pas que je parle de lui, là, je devrais simplement t’offrir une chance de te soigner. C’est tout. Rien d’autre et c’est ce que je vais faire, peu importe ce que tu feras après, mais il est important que tu te reprennes en main. »



© TITANIA

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MessageSujet: Re: landing | judith&jade   Mer 11 Avr - 21:03

Landing
Elijah, Jade & Judith

With my face against the floor, I can’t see who knocked me out of the way

Elle ose. A la fin du récit elle ose. Les yeux qui chialent, le nez qui morve et le cœur qui saigne, Jade ose braver le liquide salé qui dégouline de façon dégueulasse de tout son être. Crasseuse des faits, sale de la poussière âcre de ce passé tout juste dévoilé pour la toute première fois, elle ose. Elle ose, elle redresse ses prunelles dilatées sur celles rétrécies de cette silencieuse et discrète furie. Elle ose la regarder, capter ce qu'elle peut bien en penser, ce qu'elle a envie d'en dire, peut être même de gueuler. Elle ose, tente pour la première fois de se soucier du regard de son amie, de prendre en compte enfin le jugement d'autrui sur ses actes infâme, sur cette chienne de vie. Elle aperçoit ce tic distinctif au niveau du front, une espèce de contraction qui vient de sa mâchoire probablement serrée mais c'est léger ; elle ne semble pas vouloir l'ouvrir dans l'immédiat. C'est sans bruit, juste avec un raclement de glaires dans le fond de la gorge qu'elles se contemplent quelques secondes. C'est vrai, elle ose la regarder Jade, mais il faut encore qu'elle garde en tête que c'est dur à ingérer, que c'est dur à digérer tout cet amas de boue cradot qu'elle vient d'expier. Ce truc était déjà à la limite de la faire dégueuler, ça menaçait dangereusement de l'étouffer. C'est épais et collant et ça continuera de sortir, de se faire recracher par la fente entre-ouverte de ses pêchés. C'est épais et collant, c'est noir et gluant, ça s'effiloche à la sortie de sa gueule et ça coule sur ses dents, contre son menton tout doucement et ça s'écrase lentement sur ses mains de salope, de tarée, de meurtrière dégénérée qu'elle vient d'exposer. « Putain. Merde. Ju. Putain. J'suis désolée. »  Désolée, sincèrement désolée, ouais. Parce que ça sert à queudal maintenant d'essayer de rattraper ce qu'elle vient de balancer. Ça sert plus à queudal maintenant de tendre les bras devant elle pour les plaquer contre les tympans de Judith ; pour rattraper les phrases, pour capturer les mots qui s'y sont engouffrés de force parce que, faible, elle n'a pas su la fermer. Il faut faire avec à présent. Il faut faire avec, il faut assumer cette merde qui a percé entre les nombreuses fissures du masque jusqu'alors presque correctement porté. Pourtant elle est coutumière du fait Jade ; elle a beau avoir l'habitude de beugler comme ça en société, d'envoyer les curieux bouler, de faire front et de déclamer ses hystériques monologues mégalos, elle se barre toujours quand c'est trop dur à porter. Elle pourrait se lever, la menacer de la fermer et de lui faire la peau si elle se met à parler. Elle pourrait au pire se tirer plus gentiment, avec un mensonge, un bon gros mito, ceux que sortent les camés à leur famille pour promettre qu'ils vont se reprendre en main, qu'ils vont gérer. Elle pourrait mais elle ne le fait pas, elle est bloquée. Elle ne peut pas.

D'un geste appuyé des deux mains elle s'essuie le visage, chasse d'un coup sec les larmes qu'elle se retient de faire couler ; par cette pointe de fatigue, par cette lassitude à force de chialer mais aussi et surtout par cette misérable pointe de courage au milieu de sa lâcheté, ou d'inconsciente et méprisable fierté, appelez ça comme vous voulez. « Bordel. » Elle souffle, renifle fort. Elle a les joues qui picotent, qui deviennent rouges par les frottements et les expirations puissantes. Et puis elle finit par prendre la parole Judith. Elle finit par donner son avis ou plutôt par se la jouer psychiatre, sans trop prendre position dans ses propos. Et Jade sait ; elle sait ô combien cela vient de lui coûter de se taire pour mieux l'aider, de rester une pote, une pseudo sœur aînée qui veut à tout prix la protéger. « Je...franchement j'sais pas quoi te dire. C'est. Putain, j'étais même pas censée te dire ça quoi ! Tu vas penser quoi d'moi maintenant hein ? J'sais bien qu'tu vas faire genre t'en as rien à carrer d'tout c'merdier mais j'sais aussi que si demain Kurtis te raconte tout ce qu'il fait avec les Kings ou si Max te dit gentiment qu'il a déjà zigouillé des mecs tu les verrais sacrément autrement et même salement. »  Il y a une barrière à chaque fois. Il y a une barrière dès qu'on met les pieds dans la vie de personnes comme ça. C'est fin, c'est subtil. C'est ambiguë et ténue cette frontière entre savoir et supposer, entre être au courant et deviner. Ça peut radicalement tout changer, c'est la différence entre être loin et enfin impliqué. Jade a joué avec l'impudeur, avec les secrets, les supposés et les clichés depuis qu'elle a mis les pieds dans cette ville en se traînant derrière elle toute cette merde au cul. Judith s'en est peu soucié parce que rien n'était explicitement dit. Ça n'était que des devinettes, que des mystères, seulement des supposés. Jusqu'à aujourd'hui. Alors, comme si elle venait d'éclabousser la mine fermée de la blonde, Jade se recule du lit dans une moue de dégoût prononcée. Elle se lève. « Pff, l'pire c'est que j'sais bien pourquoi tu pense qu'c'est d'la faute d'Elijah, j'sais que ça fait la meuf qui se fait taper dessus hein par le type chelou de Psychose qui garde le cadavre de sa mère. J'suis pas conne, je sais de quoi ça a l'air vu d'l'extérieur surtout avec c'qu'il t'a fait et c'que je viens de te dire mais à l'intérieur c'est pas ça. Foutrement pas ! On est un tout voilà. On se retire de l'un ou de l'autre on crève c'est comme ça. Il a jamais levé la main sur moi, il, il fait c'qu'il peut quoi. Il sait pas comment agir en société, il flippe d'me perdre. C'est. Pff, c'est un mafieux quoi, il connaît que ça depuis qu'il est gamin, il fait le sale boulot, lui ou un autre c'est quand même fait et faut pas croire qu'il vit bien avec ça ou qu'il peut partir en un claquement de doigt, aussi dégueulasse que ça puisse te paraître de buter d'autres mafieux. M'enfin, là il a pété un fus' parce que ouais il est malade mais c'est pas un psycho non plus. C'est pas lui le liant d'tout mes problèmes, c'est pas lui, il est à chaque fois dedans mais c'est pas d'sa faute, il fait au mieux. C'est. Nan, c'est pas lui, c'est moi qui ai fermé mon clapet et commencé à picoler toute seule dans mon coin parce que j'peux pas consulter. C'est, c'est tout le bordel dans lequel on est, c'est comme ça, moi ou les autres c'est pareil, c'est comme ça qu'on vit c'est tout, les risques du métier quoi. On morfle pour ce qu'on fait, c'est que justice de toutes façons. C'est le putain de juste retour des choses. Tu crois qu'elles se ramassent quoi dans la gueule les old ladies là ? » A partir de maintenant elle n'ose plus la regarder, elle fait les cent pas contre le parquet de cette chambre qu'elle a tellement foulé. « Avec le Homewrecker j'avais réussi à baisser les doses à un ou deux verres par jour, tu vois, une conso normale quoi et puis j'ai repiqué le nez dedans un soir et voilà qu'il a su et il a paniqué. Écoute. C'est pas Elijah, c'est moi qu'ai fait la connerie de baigner dans ce milieu et j'ai clairement pas les épaules pour encaisser ça. M'enfin, c'est pas ton problème, c'est pas, nan, ça te regarde pas. Je suis désolée que tu ai été mêlée à ça et que j'ai craqué à tout te balancer avec la fatigue et tout ça. J'aurai dû me taire, je suis vraiment désolée Ju. Si tu veux plus m'parler j'comprendrais totalement hein mais juste, par pitié balance rien s'il te plaît, j'frais plus d'histoires à qui que ce soit de toutes façons, j'vais donner ma dem' à James pour soigner mon problème, j'vais gérer ça, c'est promis. Comme tu dis, je vais me reprendre en main, j'y arrivais bien jusqu'à maintenant et puis y'aura pas de soucis après, t'as juste à oublier, Jade et Ju comme depuis un an. Au calme. S'il te plaît. Ça va aller. »
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MessageSujet: Re: landing | judith&jade   Mer 25 Avr - 11:28




landing

Marla... the little scratch on the roof of your mouth that would heal if only you could stop tonguing it, but you can't.

« Je...franchement j'sais pas quoi te dire. C'est. Putain, j'étais même pas censée te dire ça quoi ! Tu vas penser quoi d'moi maintenant hein ? Je fronce les sourcils, l’observe s’agiter, presque immédiatement alors qu’elle commence la première partie de sa tirade. Je ne sais pas non plus ce qu’elle doit me dire, je ne sais même pas s’il y a réellement quelque chose à cracher.

Intérieurement, je suis juste… complètement abasourdie, choquée et tellement énervée. Pour un peu je retournerais au Penitent écraser la gueule de cet espèce de débile qu’elle a pris pour mec. Rien que pour me défouler, un peu, laisse échapper cette violence que je garde. Mais non, parce que ce type est dangereux et que j’ai d’autres choses à faire que de m’occuper de lui. C’est ce que je me dis, me répète comme un mantra en long, en large et en travers pour ne pas crier ou que sais-je. D’autant plus lorsqu’elle ouvre à nouveau la bouche pour prendre sa défense, a sa manière. Ça me raidit, assise encore dans le lit. Ça me file la nausée et j’ai envie de lui crier dessus, savoir si elle se foutrait pas un peu de ma gueule : mais évidemment que non, non, elle ne se moque pas, ne plaisante pas, se contente de sortir ce qu’elle imagine être des excuses valables pour le comportement de son compagnon. Le nombre de points que j’ai envie de soulever me serre la gorge, mais je garde un silence étonnant, c’est plutôt rare. Je ne sais pas comment ni pourquoi, je me contente d’imprimer ce qu’elle me raconte : « c'est un mafieux quoi, il connaît que ça depuis qu'il est gamin », « il est malade », « il fait au mieux ». Ça me donne envie de vomir. La mâchoire crispée, le regard lourd, je l’observe faire ses cent pas, ses allers retours sur le sol de cette chambre qui était la sienne. Elle fait une pause, je n’élève toujours pas la voix, bien décidée à la laisser tout cracher avant de commencer à monter sur mes grands chevaux.  

Cette fois-ci elle embraye sur un sujet qui m’intéresse davantage à savoir sa consommation excessive d’alcool. Encore une fois, je ne l’interromps pas, même pas lorsqu’elle me rajoute une couche de prétextes stupides pour les actions d’Elijah, et ça, en-dehors du fait qu’il ait voulu me cogner dessus – et a réussi en partie. Puis : « Si tu veux plus m'parler j'comprendrais totalement hein mais juste, par pitié balance rien s'il te plaît, j'frais plus d'histoires à qui que ce soit de toutes façons, je lève les yeux au ciel de manière tout à fat perceptible, j’arrive à la limite de ma patience et ça commence à excéder ma tolérance plutôt incroyable il me semble jusque-là. Il faut qu’elle termine bientôt ce qu’elle a me dire comme conneries plus grosses qu’elle. Comme tu dis, je vais me reprendre en main, j'y arrivais bien jusqu'à maintenant et puis y'aura pas de soucis après, t'as juste à oublier, Jade et Ju comme depuis un an. Au calme. S'il te plaît. Ça va aller. J’attends, quelques secondes et comprends que finalement sa tirade s’achève.
— Ça y’est t’as terminé ? Alors tu poses ton cul, tu te tais, et tu me laisses parler sans m’interrompre. À mon tour de me redresser, comme si la parole avait plus de facilité à faire son chemin une fois mise en mouvement. Je sais pas trop par où commencer… Je reste un moment debout comme ça, essaie de rassembler la multitude de pensées qui a traversé mon esprit. Je passe mes mains sur mon visage et dans mes cheveux comme pour rassembler mes esprits, et c’est parti. J’vais te donner mon avis, que tu prends comme tu veux et ensuite on en parlera plus. “Il fait au mieux“, “il connaît que ça“, ce sont des excuses pour rien, mais alors rien du tout. Ni pour toutes les merdes dont tu viens de me causer, ni pour cette manie complètement stupide de t’avoir gardé comme un putain de caniche enragé, ni pour ça. Je pointe du doigt la marque sur mon visage pour finir en apothéose. Et encore, ça, ça me paraît rien. Je vais te dire exactement ce que je lui ai dis : tu m’expliques la logique qui se cache derrière cette connerie de ne pas me laisser te parler, sous prétexte que je suis néfaste pour toi et ta conso d’alcool alors qu’il t’enferme au-dessus d’un bar ? Et me dis pas “il m’enfermait pas, blabla“, bullshit. Je veux même pas entendre ça. Mais même en dehors de ça ! Alors ce qu’on va faire à propos d’Elijah c’est simple, je vais prétendre de ne jamais avoir entendu un seul mot de ta bouche à son sujet. J’vais vous faire cette “faveur“, je mime les guillemets évidemment, ne cache pas le ressentiment derrière mes mots, ni même la colère qui tord mon visage en des traits disgracieux. Exactement la même chose que les KOS, je veux pas en entendre parler, c’est pas mon problème. Maintenant ce qui m’intéresse plus, c’est toi. Je la pointe du doigt, parle avec mes mains, comme toujours très expressive. Je veux plus entendre une seule fois “si tu veux plus m’parler“ et autres conneries, sérieusement. T’es grande. Tu fais tes choix, quand tu sortiras de là, que tu retournes chez lui, c’est plus mon problème, je dirais rien là-dessus parce que c’est pas ce qui m’intéresse. Tu continueras ta vie avec lui, ok, je le sais, j’ai capté, je peux rien y faire alors ce sera comme ça et puis c’est tout, j’argumenterais plus là-dessus, te jugerais pas plus que je ne l’ai fais. T’as tes raisons. Maintenant je veux t’aider, t’apporter une zone de confort, que tu te reposes, qu’on envisage des choses, pour que t’aies plus à supporter le poids de l’alcool et le reste je fais l’impasse. Je fais une pause. J’ai vu ce que faisait l’alcool. Bien que ça ne soit pas la cause du comportement du mon père, étrangement. Mais je refuse que ça continue de gangréner mon entourage. Je m’arrête, pousse un soupir, laisse retomber mes bras. Tu peux compter sur moi, t’as intérêt d’imprimer ça parce que je te le répèterais pas tous les jours. Et tant qu’Elijah ne barre pas ma route, y’aura pas de problèmes. Tout ce que je veux c’est pouvoir t’aider à trouver une porte de sortie à cette merde. Terminé l’alcool. Entendu ? Je l’observe, chacune de notre côté du lit, debout. C’est comme un match mais personne ne gagne. Je finis par pousser un soupir, faire le tour, et ne pas lui laisser de choix alors que je passe mes bras autour d’elle, la garde quelques secondes contre moi, considérablement calmée. Entendu, hein ? »


© TITANIA

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